Sachez dénouer les liens toxiques.

Les ouvrages qui s’attaquent au décryptage des mécanismes d’emprise – affective ou psychologique – sont relativement récents.

Mais par les temps qui courent, tout travail accompli qui va dans le sens d’une résolution de cette problématique doit être souligné et encouragé.

Car les phénomènes que recouvre ce type de relation à autrui, marquée par la dialectique domination/soumission, conduisent fréquemment à ce que l’on désigne en psychopathologie sous l’appellation de « meurtre psychique ».

psychotherapie-addiction-sexuelle-dependance-boulimie-f-duval-levesque-psychopraticien-hypnotherapeute-coach-toulouse-tcc-hypnose-mal-etre-emprise-affective-dependanceAlors oui, l’emprise affective peut prendre diverses formes, et se retrouver dans chaque type de relation : professionnelle, familiale, amicale, amoureuse…

Tout attachement peut receler un besoin, parfois inconscient, de dominer l’autre, ou de s’y soumettre.

Si chaque lien est potentiellement une prison, pour autrui et soi-même, comment, alors, prendre conscience de l’emprise et nous en affranchir ?

Parfois, nous rejouons sans le savoir des scénarios de notre passé, dans certaines circonstances, avec un type de personne particulier.

Nous pouvons aussi avoir une fausse idée de nous-mêmes ou de nos capacités, ce qui nous pousse à rester dans les chemins que d’autres balisent à notre place.

Dépendre de l’avis des autres pour se construire, ou contrôler son environnement, peut sembler confortable, mais renoncer à son libre-arbitre et à son propre point de vue engendre de grandes souffrances.

Si nous faisions le pari du courage, de l’inconnu ?

Si nous apprenions à nous faire confiance et à moins attendre des autres ?

Pour celles et ceux, évoqués dans la nouvelle édition de ce livre, qui ont pris le temps d’emprunter cette voie, sortir de l’emprise a été source de joie, de vie et de liberté.

Voici le sommaire:

  • Comment se manifeste l’emprise ?
    • Les fondations de nos impasses
    • Au nom de l’amour : quand famille rime avec prison
    • L’existence verrouillée Quand le modèle du couple parental se répète
  • Comment naissent et grandissent les emprises
    • La capture : mettre la main sur l’autre
    • La reddition : se laisser séduire et convaincre
    • La maîtrise : maintenir son emprise
    • L’emprise entretenue, de part et d’autre
    • « C’est plus fort que moi » : rester dans l’emprise
  • Comment sortir d’une relation d’emprise ?
    • Accepter la réalité telle qu’elle est
    • Ne plus se sacrifier et ne plus se laisser faire
    • Trouver le courage d’accepter l’inconnu

 

Qui sont les deux auteurs ?

Saverio Tomasella est psychanalyste, docteur en sciences humaines, fondateur du Centre d’Études et de Recherches en Psychanalyse. Il a obtenu le prix Nicolas Abraham et Maria Torok 2012 pour son livre Renaître après un traumatisme, paru aux éditions Eyrolles.

Barbara Ann Hubert est psychanalyste, membre de l’Association Européenne Nicolas Abraham et Maria Torok.

 

Source: « L’emprise affective. Sortir de sa prison« , de S. Tomasella et B.A. Hubert, éditions Eyrolles

En matière de violences sexuelles, les idées fausses fleurissent…

Pour en finir avec le déni qui prévaut encore face aux victimes, le Dr Muriel Salmona publie « Violences sexuelles, les 40 questions incontournables » (Dunod, 2015). Spécialiste de la mise en lumière du phénomène de la mémoire traumatique et de son traitement, l’auteur s’adresse aux victimes, à leurs proches et aux professionnels.

Elle apporte des réponses claires et argumentées dans la première partie de l’ouvrage aux questions que plus personne ne devrait se poser et dans la deuxième, aux questions que tous devraient se poser.

Une information essentielle et des outils pour la reconnaissance des victimes, leur protection et la mise en place de soins adaptés.

– Pourquoi est-il nécessaire de publier ces 40 questions-réponses concernant les violences sexuelles ?

Aujourd’hui encore, très peu de victimes de violences sexuelles sont protégées et prises en charge, rares sont celles qui parviennent à porter plainte, et lorsqu’elles y arrivent c’est presque toujours un véritable parcours du combattant pour que soit reconnu ce qu’elles ont subi.

La loi du silence, l’impunité et le manque de solidarité envers les victimes sont la règle.

Il y a, hélas, une méconnaissance et une sous-estimation de la réalité des violences sexuelles : qui sait que plus de 20% des femmes en ont subi au cours de leur vie, que les mineures en sont les principales victimes (81% ont moins de 18 ans, 51% moins de 11 ans et 21% moins de 6 ans), qu’elles sont commises dans plus de 80% des cas par des proches, qu’elles ont lieu majoritairement dans la famille et dans le couple ?

Qui connaît la loi et la définition précise d’un viol ou d’une agression sexuelle ?

Qui connaît les mécanismes psychotraumatiques qui permettent de comprendre les réactions et les souffrances des victimes ?

La société est encore dans le déni. Ce déni repose sur ce qu’on nomme la « culture du viol », qui, par un habile retournement met en cause la victime et non l’agresseur. La victime l’a cherché en étant provocante, trop sexy, en ne faisant pas assez attention, en ne résistant pas assez à son agresseur, etc.

Avec l’adhésion du plus grand nombre à un tel système de représentations, non seulement les agressions perdurent mais en plus, les conséquences pour les victimes sont passées sous silence, escamotées, et les victimes sont abandonnées, sans soutien ni soins.

– Quelles idées fausses faut-il encore et toujours combattre dans ce domaine ?

L’un des mythes les plus tenaces est la croyance qu’un viol ou une agression sexuelle est majoritairement commis par un inconnu, la nuit, dans l’espace public et sous la menace d’une arme.

Or rien n’est plus faux, seul un faible pourcentage des viols correspond à ce cliché. Dans la majorité des cas, les violences sexuelles sont infligées à des mineur(e)s, par des proches (famille, écoles, activités périscolaires, institutions de soins …) et pour les adultes, au travail ou dans leur couple. C’est ce que j’explique dans mon ouvrage.

Il y a également l’idée que les viols et agressions sexuelles sont dus à des pulsions sexuelles irrépressibles de l’homme qui agresse. Les stéréotypes sexistes voudraient faire croire que la sexualité masculine est violente par essence et a des besoins incontrôlables qui doivent et ont le droit de s’exercer sur la femme.

Mais c’est faux, le viol est froidement intentionnel, ce n’est pas un désir sexuel qui en est à l’origine mais une volonté d’exercer une domination en prenant possession du corps d’autrui pour l’instrumentaliser.

Par ailleurs, l’idée selon laquelle les victimes mentent ou exagèrent est encore trop largement répandue. Les victimes ont énormément de mal à parler et à se faire entendre, d’ailleurs seules 10% des victimes portent plainte suite à un viol ou une tentative de viol. Le peu d’entre-elles qui osent parler de ce qu’elles ont subi courent le risque d’être mises en cause et maltraitées.

– Vous avez travaillé sur la mémoire traumatique. Comment la définiriez-vous ?

La mémoire traumatique est le symptôme central des troubles psychotraumatiques. En faisant revivre à l’identique (par des réminiscences, des flash-backs et des cauchemars) les pires moments des violences pendant des années, voire des dizaines d’années, elle transforme la vie des victimes en une véritable torture.

Les troubles psychotraumatiques sont des conséquences normales et universelles de violences et ils sont particulièrement fréquents lors de violences sexuelles. Ils s’accompagnent d’atteintes neurologiques qui régressent sous l’effet du traitement (réminiscences). Ces conséquences s’expliquent par la mise en place de mécanismes neuro-biologiques et psychiques de survie à l’origine d’une mémoire traumatique.

amygdale-cerebraleIl est utile de rappeler que la gravité de l’impact psychotraumatique n’est pas liée à une fragilité psychologique de la victime, mais au caractère particulièrement terrorisant et impensable des violences et à l’intentionnalité destructrice des agresseurs qui créent une effraction psychique et un état de choc avec une sidération, c’est à dire une paralysie de toute l’activité du cortex cérébral.

La victime se retrouve alors dans l’incapacité de réagir de façon réfléchie, elle reste pétrifiée ou agit sur un mode automatique. Cet état de sidération est à l’origine d’une cascade de réactions traumatiques, il met le cerveau dans l’incapacité de contrôler la réponse émotionnelle qui rapidement devient extrême avec surproduction d’hormones de stress (adrénaline et cortisol).

Ce stress dépassé représente un risque vital cardiologique et neurologique, pour y échapper le cerveau met en place des mécanismes de sauvegarde exceptionnels afin de désactiver de force la réponse émotionnelle, il provoque une disjonction.

Cette disjonction interrompt à la fois le circuit émotionnel et isole la structure cérébrale à l’origine de la réponse émotionnelle (l’amygdale cérébrale), ce qui entraîne ce qu’on appelle une dissociation traumatique avec une anesthésie émotionnelle (la victime est déconnectée, elle se sent spectatrice de l’évènement qui lui paraît irréel). La disjonction interrompt également le circuit de la mémoire, la mémoire des évènements ne peut pas être intégrée ni transformée en mémoire autobiographique par l’hippocampe (structure cérébrale qui est le système d’exploitation de la mémoire, des apprentissages et des repérages temporo-spatiaux) ce qui entraîne des troubles de la mémoire : amnésies partielles ou complètes et une mémoire traumatique.

– Pourquoi est-il essentiel de traiter la mémoire traumatique ?

Cette mémoire traumatique brute, bloquée dans l’amygdale cérébrale, non intégrée, non différenciée, au moindre lien rappelant les violences, les fera revivre à la victime à l’identique comme une machine à remonter le temps, avec les mêmes émotions et les mêmes perceptions qui leurs sont rattachées (images, odeurs, bruits, paroles, cris, douleurs fulgurantes).

Elle contient non seulement les violences et les émotions  ressenties par la victime, mais également la mise en scène, les paroles, la haine, le mépris et l’excitation de l’agresseur. Tout y est mélangé, sans identification, ni contrôle possible. Cette indifférenciation empêchera la victime de faire une séparation entre ce qui vient d’elle et de l’agresseur.

Là réside l’origine de sentiments de culpabilité et de honte chez la victime.

La mémoire traumatique colonisera la victime et transformera sa vie en un terrain miné, avec d’intenses souffrances et des sensations de danger permanent, l’obligeant à mettre en place des stratégies de survie coûteuses, épuisantes et souvent handicapantes comme des conduites d’évitement (contrôle, hypervigilance, phobies, TOC ) pour éviter tout allumage de la mémoire traumatique, et des conduites dissociantes pour l’anesthésier. Ces conduites dissociantes prennent la forme d’addictions, de mises en danger, de violences contre soi-même (il s’agit de provoquer un stress extrême pour faire disjoncter à nouveau le circuit émotionnel). Rapidement ces conduites dissociantes deviennent de véritables addictions, entraînant des risques pour la santé des victimes.

Il est impossible pour les victimes traumatisées de prendre sur elles, d’oublier, de passer à autre chose, de tourner la page, comme on le leur demande trop souvent… Il est important de savoir que lorsque cette impressionnante mémoire traumatique sera traitée et transformée en mémoire autobiographique, la victime pourra se remémorer les violences sans les revivre.

De même, les phénomènes de dissociation traumatique que présentent souvent les victimes peuvent être trompeurs puisque la victime a l’air calme, détachée comme si rien de grave ne s’était passé. Cet état discordant avec la situation traumatique doit alerter, il est l’indice d’un traumatisme majeur.

L’état dissociatif ne signifie pas que la personne n’est pas en état de détresse; elle est privée de ses émotions et ne peut pas les exprimer.

Les victimes dissociées ont une tolérance aux violences et à la douleur qui font qu’elles ne pourront pas se protéger de situations dangereuses, et qu’elles seront encore plus traumatisées, avec une mémoire traumatique qui se rechargera d’autant plus, se transformant en une bombe à retardement. Quand la personne sort de son état dissocié (parce qu’elle est à distance de l’événement traumatisant et de l’agresseur), sa mémoire traumatique (qui n’est plus anesthésiée par la dissociation) risque fortement d’exploser, déclenchant des réactions émotionnelles exacerbées.

C’est important de comprendre qu’il s’agit encore d’un processus psychotraumatique normal, et que la victime ne devient ni folle, ni « hystérique ».

Sans une prise en charge adaptée, sans soutien et protection, ces troubles psychotraumatiques peuvent durer parfois toute une vie.

Ils sont à l’origine d’une très grande souffrance mentale et d’un possible risque vital (suicide, conduites à risque, accidents, maladies). Ils ont un impact considérable démontré par les études internationales que ce soit sur la santé mentale (troubles anxieux, dépressions, troubles du sommeil, troubles cognitifs, troubles alimentaires, addictions, etc.), ou physique (troubles liés au stress et aux stratégies de survie), et la qualité de vie.

Quelles étapes sont incontournables pour se reconstruire après des violences sexuelles ?

Pour pouvoir se reconstruire, il est impératif que les victimes soient protégées et bénéficient de soutien et de soins spécifiques, mais c’est loin d’être le cas actuellement : 83% des victimes de violences sexuelles déclarent n’avoir bénéficié d’aucune protection et un tiers d’entre elles n’ont pas pu trouver de professionnel formé à la prise en charge des victimes de violences sexuelles. Les professionnels de santé ne sont que trop rarement formés à ce type de prise en charge. Or, les soins sont essentiels : la mémoire traumatique doit être traitée.

Le rôle du soignant est d’aider la victime à faire des liens, à comprendre, à sortir de la sidération en démontant le système agresseur, à petit à petit désamorcer la mémoire traumatique et à l’intégrer en mémoire autobiographique, décolonisant ainsi la victime des violences et du système agresseur.

L’impact des violences sexuelles sur la santé des victimes est particulièrement important, même cinquante ans après pour les enfants, si aucune prise en charge n’est mise en place. Plus les violences ont été répétées et assorties de circonstances aggravantes, plus les conséquences sont importantes : risque de mort précoce par accidents, maladies et suicides, de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, de diabète, d’obésité, d’épilepsie, de troubles de l’immunité, de troubles psychiatriques (dépressions, troubles anxieux, troubles graves de la personnalité), d’addictions, de troubles du sommeil, de l’alimentation et de la sexualité, de douleurs chroniques invalidantes, de troubles cognitifs, etc.

Il est donc urgent et indispensable que les victimes de violences sexuelles puissent bénéficier de soins et d’une prise en charge adaptée.

Malheureusement, tous ces symptômes psychotraumatiques sont le plus souvent interprétés comme provenant de la personne elle-même, de sa nature, de son sexe, de sa personnalité, de sa mauvaise volonté, de ses provocations, ou sont étiquetés comme des maladies mentales ou des déficiences intellectuelles. La personne est alors considérée comme étant à l’origine de ses symptômes et de sa souffrance. C’est avec ces rationalisations que les suicides, les conduites à risque, les explosions de mémoire traumatique et les états dissociatifs traumatiques seront mis sur le compte de troubles de la personnalité (border-line), de troubles du comportement » ou de « problèmes éducatifs » chez les enfants, de dépressions, voire même de psychoses, les violences sexuelles subies n’étant presque jamais évoquées comme cause principale, et la question : « avez-vous subi des violences ? » n’étant que très rarement posée.

Lorsque les victimes ne sont pas repérées, elles ne reçoivent ni la protection ni les soins nécessaires, mais en plus elles sont culpabilisées, voire maltraitées. Elles se retrouvent isolées, souvent exclues, voire marginalisées, à subir de nouvelles violences.

Alors que les soins sont efficaces, la plupart des victimes n’en bénéficient pas et développent des symptômes traumatiques, qui les poursuivent tout au long de leur vie. L’absence de prise en charge est donc une perte de chance considérable pour la victime et un véritable scandale de santé publique. Il est urgent de former les professionnels au repérage, au soin et à la prise en charge des violences sexuelles.

Source: dunod.com/interview/violences-sexuelles-stop-au-deni

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Je suis totalement en accord avec les propos du Dr Salmona.

Lors du rdv d’information ou même pendant les premières séances, les violences sexuelles subies ne sont presque jamais évoquées comme cause principale de tous les symptômes.

Quand je suis en présence de troubles de la personnalité (borderline), de troubles du comportement » ou de « problèmes éducatifs » chez les enfants, de dépressions chroniques, je pose la question : « Avez-vous subi des violences ? ». Vient ensuite un important travail psychothérapeutique.

Dans ma pratique de psychopraticien, mon rôle est d’aider la victime à faire des liens, à comprendre, à sortir de la sidération en démontant le système agresseur, à petit à petit désamorcer la mémoire traumatique et à l’intégrer en mémoire autobiographique, décolonisant ainsi la victime des violences et du système agresseur.

Plus d’infos sur le livre du Dr Salmona dans ma chronique:

https://psychotherapeute.wordpress.com/2016/03/11/violences-sexuelles-40-questions-reponses-incontournables/

 

 

« Déshabille-toi. Mets-toi à genoux. Enlève ta chemise et baisse ton pantalon. »

Le jeune homme s’exécute.

Ils sont une dizaine autour de lui.

Quelqu’un grave dans son dos, profondément, d’une épaule à l’autre, en lettres de sang « JAPAD », le nom de l’association étudiante que le jeune première année de l’Université Paris-Dauphine aurait aimé intégrer.

L’auteur des scarifications s’est excusé lors du procès, le 7 juillet. Il a tout de même ajouté, pour sa défense, que la victime, un jeune homme de 18 ans, était souriant du début à la fin : « Il n’a jamais réagi, ni même protesté. »

Entre l’alcool, la peur et l’effet de groupe, il n’est pas évident de savoir quand et comment dire « stop » sans perdre la face, lors d’une soirée d’intégration qui tourne mal.

Comment faire ?

1 – APPRENDRE À DIRE NON

Déjà, prendre votre courage à deux mains.

Claude Halmos, psychanalyste, explique que même si c’est difficile, il est très important d’apprendre à dire non : « Il y aura beaucoup de situations dans votre vie où il vous faudra dire non face à tous. C’est quelque chose qui va vous construire. »

La psychanalyste, spécialiste de l’enfance, va plus loin.

Pour elle, les conséquences psychologiques du bizutage s’apparentent à celles consécutives à un viol ou à des maltraitances infantiles : « Lors d’un bizutage, la victime va ressentir des émotions très fortes : de la peur, du dégoût, la peur d’être rejeté, de la honte. Le tout est presque toujours sexualisé, même si ce n’est pas clairement sexuel. »

En effet, nudité, domination, positions suggestives ou même actes sexuels plus ou moins consentis font souvent partie des « jeux » d’intégration.

Claude Halmos poursuit : « L’émotion sexuelle qui se joue à ce moment-là entre le bourreau et la victime va s’ancrer dans l’inconscient et se rattacher à ces émotions négatives. Plus tard, lors d’une relation sexuelle « normale », la honte, la peur ou le dégoût peuvent resurgir. Cela peut vous poursuivre très longtemps. »

2 – FAIRE PREUVE DE BON SENS

Pourtant, la plupart des soirées d’intégration se passent dans la bonne humeur.

Comment savoir alors que la soirée dérape, que les choses vont trop loin ?

« Il faut en parler et faire preuve d’un peu de bon sens, conseille Claude Halmos. Faire ce dont vous avez envie sans être dans la soumission. Autant un rite initiatique peut être sympa et structurant, même s’il est parfois dur, autant ces soirées tournent parfois en véritables orgies sadiques. C’est de la torture. »

Les limites à ne pas franchir apparaîtraient donc à la lumière du bon sens.

Pour ceux qui en manqueraient, il reste celles imposées par la loi (Article 225-16-1 du Code pénal):

« Le fait pour une personne d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire et socio-éducatif est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. »

Le risque quand on s’oppose ?

Etre exclu du groupe. Un moindre mal, pour Claude Halmos, qui préfère relativiser : « Evidemment, il y a un prix à payer. Dire non, c’est le début d’une bataille pour mobiliser les autres. Dans ces soirées, il y a un effet de soumission de groupe, tout le monde n’est pas d’accord avec ce qui se passe. Dites-vous qu’un groupe dans lequel il faut sauter par la fenêtre ou faire un coma éthylique pour s’intégrer, c’est peut-être un groupe qu’il vaut mieux éviter. »

Vous pouvez également tenter d’alerter les autres sur leur comportement et provoquer une prise de conscience :

« Vous vous rendez compte de ce que vous me demandez ? Vous trouvez ça normal ? »

Difficile mais souvent payant, comme conclut Claude Halmos : « Dans la vie en général, faire ce qui est droit, ce n’est pas facile. Mais ça vaut vraiment le coup. »

 

Sources : lemonde.fr, sos-bizutage.com

 

 

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Des peurs d’enfance…

Elle est une manifestation de la peur (de soi et de l’autre) qui résulte inévitablement – tout comme l’agressivité d’ailleurs – du fait de ne pas bien se connaître, de ne pas bien discerner son centre ni ses limites, et donc de ne pas se sentir en sécurité à l’intime de soi.

J’observe que, pour beaucoup, ce climat de peur s’installe dès l’enfance, du fait de cette autre vieille et tragique habitude qui consiste à vivre les rapports humains comme des rapports de force (domination / soumission / compétition).

Celle-ci résulte elle-même de l’habitude qui a longtemps prévalu d’éduquer nos enfants – malgré nos plus belles intentions – dans un climat où l’amour est vécu comme conditionnel.

Rappelons nous : nous avons (presque) tous entendu des phrases comme

« Tu serais gentil de ranger ta chambre ; tu serais gentil de travailler un peu plus à l’école ; tu serais gentil de venir déjeuner chez ta grand-mère, etc. » Cela, nous l’avons entendu avec nos oreilles.

Mais ce que nous avons inconsciemment encodé à l’intime de nous-mêmes, dans notre propre disque dur – et qui risque de nous télécommander notre vie durant – est d’un tout autre ordre.

Dans notre inconscient, la phrase est devenue : « Je t’aime si tu ranges ta chambre, je t’aime si tu performes à l’école, je t’aime si tu fais plaisir… »

Il en résulte, pour nombre de gens, un profond et inévitable sentiment d’insécurité affective, ancré dans la croyance : « Si je ne fais pas tout bien, si je dis non, on ne m’aimera pas, donc je tente désespérément de tout bien faire et de dire oui à tout. »

Si cette croyance n’est pas détruite par une psychothérapie,

elle peut compromettre la capacité à vivre

des relations authentiques et saines avec soi et les autres.

Car elle empêche autant l’estime et l’expression justes de soi que l’écoute et l’accueil de l’autre.

Elle rend impossible la traversée lucide et constructive des conflits et peut finalement anesthésier complètement la capacité d’abandon dans la confiance, la créativité et même l’élan de vie.

Et je m’aperçois aussi que ces fragilités affectives peuvent entraîner le développement d’une addiction sévère à partir de l’adolescence : TCA pour les femmes et dépendance sexuelle pour les hommes.

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Je reçois des personnes souffrant d’addictions, au sexe aussi, depuis des années. Et depuis l’affaire DSK, celles-ci sortent du déni et osent enfin consulter.

Comme la boulimie (addiction à la nourriture), ces personnes sont en mal-être. Elles cachent leurs problèmes à leur entourage, parfois pendant des années.

Oui, mes patients guérissent de leurs addictions. Et oui, après être guéris, trournent la page définitivement et vont de l’avant.

Puis-je vous recommander de jeter un oeil à mes articles ci-dessous ? Ils pourraient beaucoup vous aider :

https://psychotherapeute.wordpress.com/2012/10/29/les-sex-addicts-se-devoilent-a-mon-cabinet-depuis-laffaire-dsk/

https://psychotherapeute.wordpress.com/2012/11/15/accro-au-telephone-laddiction-pour-vous-proteger-de-la-solitude/

https://psychotherapeute.wordpress.com/2012/11/11/sex-addicts-quand-le-sexe-devient-une-drogue-dure/

https://psychotherapeute.wordpress.com/2012/10/31/etes-vous-dependante-au-sexe-faites-ce-test-rapide/

https://psychotherapeute.wordpress.com/2012/11/08/origine-dune-addiction-dependance-profond-sentiment-dinsecurite-affective-dans-lenfance/

https://psychotherapeute.wordpress.com/2012/11/05/quel-est-lun-des-plus-gros-problemes-dun-addictif/

Et la Boulimie, savez-Vous ce que c’est ?

Etes-Vous Hyperphagique ? Vous en êtes Sûr ?

C’est Prouvé ! L’Anorexie peut se Guérir selon cette Etude Finlandaise

Dépression et Prise de poids vont Ensemble : que Faire pour Guérir ?

Mal-Etre, Dépression : 7 Conseils Pratiques pour Aller Mieux !

Le Mal-Etre, c’est Quoi au Juste ?

eux grands bureaux qui se font face, un silence interrompu de temps à autre par des cris d’oiseaux et des fenêtres donnant sur un petit jardin : la plate-forme d’écoute du 3919, qui a reçu plus de 25 000 appels depuis le 1er juin, n’a rien d’une ruche.

« Nous tenons à ce que le plateau soit tranquille, souligne la responsable du 3919, Marie Bellanger. Les appels sont nombreux et les histoires que nous entendons sont souvent très lourdes. Nous voulons donc que les écoutantes travaillent au calme pour aider au mieux ces femmes en difficulté. C’est pour cela qu’elles ne sont que deux par bureau. »

Au printemps, le 3919 – numéro national facturé au prix d’un appel local – a pris le relais d’un numéro d’accueil pour les femmes victimes de violences qui existait depuis 1992. Il fonctionne désormais six jours sur sept, de 8 heures à 22 heures. A peine ouverte, la ligne d’écoute gérée par la Fédération nationale solidarité femmes a été submergée : de mars à octobre, 56 000 appels ont été enregistrés. Soixante-dix pour cent d’entre eux émanaient de victimes de violences conjugales (dont 97,6 % de femmes), les autres venaient de l’entourage – famille, amis, collègues ou voisins.

Les écoutantes sont là pour donner des informations sur les centres d’hébergement ou le recueil des plaintes, mais aussi pour écouter les femmes qui contactent le 3919.

« L’essentiel, c’est d’accueillir leur parole avec bienveillance, explique Marie Bellanger. Ces femmes ont peur pour leurs enfants et beaucoup sont encore sous l’emprise psychologique de leurs maris. Il faut donc les rassurer, leur dire qu’elles ne sont pas seules, leur expliquer que la loi les protège et que beaucoup s’en sont sorties. C’est un travail difficile car les hébergements ne sont pas assez nombreux. Mais il faut être patient : partir suppose un cheminement qui prend parfois des mois. »

Les femmes qui appellent sont souvent abîmées par les violences qu’elles ont subies : beaucoup ont perdu confiance en elles, se sont éloignées de leurs familles et craignent des représailles au cas où elles partiraient.

« Nous disons toujours que ces violences sont interdites par la loi mais, après, tout dépend de leur réceptivité, raconte Anne Nguyen Dao, la responsable du service formation, observation, recherches et études, qui a été écoutante pendant près de dix ans. Certaines réalisent à peine que les coups ne sont pas normaux, d’autres le savent mais hésitent à partir, d’autres sont plus avancées dans leur cheminement : elles ont déjà porté plainte ou elles sont déjà parties une fois, même si elles sont finalement revenues. Ce que nous essayons de faire, c’est de marcher auprès d’elles : ce sont à elles de prendre une décision. Les pousser à agir alors qu’elles ne sont pas prêtes, cela ne sert à rien, sinon à perpétuer les rapports de domination. »

La vingtaine d’écoutantes de Violences conjugales info ont suivi une formation d’un mois qui mêle théorie et pratique : des cours sur les violences conjugales – les cycles, les allers-retours, les risques d’isolement – et de longues heures de double écoute sur la plate-forme d’appels. Pour évacuer les tensions et revenir sur les appels les plus lourds, elles bénéficient chaque semaine d’une réunion d’équipe ou d’une supervision avec un psychologue. « C’est un travail qui demande une grande disponibilité et beaucoup d’optimisme, conclut Anne Nguyen Dao. L’essentiel, c’est de faire en sorte que les appels de ces femmes, aussi désespérés soient-ils, n’aient pas été inutiles. Ne serait-ce que parce que quelqu’un a été présent rien que pour elles pendant un quart d’heure. »

Source : LeMonde du 22/11/07

Pour toute information, précise, concernant une aide ou un soutien psychologique, ou une thérapie pour guérir, cliquez ici. Un entretien d’une demi-heure vous est aussi proposé, gratuit et sans engagement