harcèlement


Violences sexuelles dans l’armée : ouverture d’une enquête interne

C’est une décision historique.

Et une lueur d’espoir pour les dizaines de femmes militaires qui ont été victimes de violences sexuelles au sein de l’armée.

Elles sont peut-être même des centaines. Mais comment le savoir ? Aucun chiffre n’existe en France sur le sujet.

Cela pourrait bientôt changer, car le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé ce jeudi qu’il avait demandé l’ouverture d’une enquête interne, la première de ce genre en France.

Cette annonce fait directement écho à la sortie en librairie, ce jeudi, d’un ouvrage intitulé «La Guerre invisible» (éditions Les Arènes et Causette).

Dans ce livre, les deux journalistes Julia Pascual et Leila Milano, qui ont enquêté pendant deux ans, ont récolté les témoignages d’une quarantaine de «féminines» (le terme désignant communément les femmes dans l’armée) ayant subi des violences sexuelles.

Un tabou que la Grande Muette, composée de 15% de femmes, n’a encore jamais osé lever.

Très souvent, ces victimes n’osent pas porter plainte, dissuadées par leurs supérieurs (masculins) qui leur rétorquent qu’un tel acte mettrait leur carrière en péril ou que ces violences sont dans l’ordre des choses, dans le huis clos de l’armée, où les femmes ne sont souvent que trois ou quatre pour plus de cent hommes.

Si certaines obtiennent une condamnation au pénal, celle-ci se traduit rarement par une révocation de leurs agresseurs au sein de l’armée.

Ces derniers peuvent ainsi allègrement rester à leur poste, tandis que, la plupart du temps, les victimes, elles, sont mutées, loin de leur bourreau, le temps que l’affaire se tasse et ne devienne plus qu’un mauvais souvenir. Dans d’autres cas, elles se font oublier d’elles-mêmes en partant en congé maladie pour cause de dépression…

L’enquête interne du ministère de la Défense «visera en particulier à présenter et commenter les suites professionnelles, disciplinaires et judiciaires données notamment aux cas évoqués (NDLR : dans le livre), tant du côté des agresseurs présumés que des victimes», a indiqué Jean-Yves Le Drian dans une lettre adressée à l’Inspection générale des armées et au Contrôleur général des armées.

Les services concernés devront rendre leurs conclusions d’ici fin mars. Ils devront formuler des recommandations censées constituer «un plan d’action vigoureux» pour combattre de tels agissements.

La mise en place d’une organisation simple et efficace «pour améliorer la remontée d’informations complètes sur ces sujets et en assurer un suivi fiable» devra également être étudiée, en s’inspirant de ce qui se fait dans d’autres ministères.

«On se réjouit que les choses puissent bouger», a réagi Julia Pascual, l’une des auteures de «La Guerre invisible», interrogée par LeParisien.fr.

Cette journaliste de Causette a tout de même un doute sur l’efficacité d’une telle enquête, estimant qu’ «il aurait été plus fort de commander un rapport à une commission d’enquête parlementaire».

«Cela aurait été un gage de transparence», a-t-elle ajouté.

C’est ce qui s’est passé l’an dernier aux Etats-Unis, où les violences sexuelles dans l’armée sont un véritable fléau (encore 5 415 cas recensés en 2013) .

Le Congrès a en effet été chargé en 2013 d’enquêter sur les cas de violences sexuelles dans l’US. Army et sur la façon dont elles étaient traitées par la justice militaire.

Cela avait donné lieu, en décembre, à une loi ôtant à tout commandant le droit de contourner une condamnation prononcée par une cour militaire (c’était souvent le cas). Le texte prévoit également de faire passer au civil toute plainte qu’un commandant aurait refusé de traiter.

En outre, tout militaire ayant été reconnu coupable d’agression sexuelle doit désormais être révoqué ou, au moins, sanctionné.

En France, il n’existe aucun recensement de victimes de violences sexuelles tel qu’il en existe aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années déjà. Par ailleurs, «cela fait des années que des parlementaires dénoncent l’absence de la notion de harcèlement sexuel dans le code de l’armée», commente Julia Pascual.

Dans le civil, le harcèlement sexuel est passible de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Dans l’armée, un officier peut décider de qualifier un harcèlement sexuel de simple «comportement inadapté» et de se contenter de condamner l’agresseur à dix jours d’arrêt.

Soit la même sanction qu’un matelot reconnu coupable de n’avoir pas ciré ses chaussures…*

* Ces faits sont rapportés dans «La Guerre invisible», p.140, dans le chapitre «Le cas Isabelle D.». Isabelle D., secrétaire de 25 ans au centre d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA) de Metz, harcelée par son supérieur hiérarchique. Sa plainte n’aboutit pas et elle se voit mutée au Centre de commandement de la Marine nationale, à 333 kilomètres de chez elle, tandis que son agresseur est maintenu à son poste avant d’être simplement mis au placard.

Ce lundi matin, Gwendal Peizerat, champion olympique de danse sur glace en 2002 avec Maria Anissina, a confirmé l’existence d’une véritable omerta dans les hautes sphères dirigeantes concernant des violences sexuelles et psychologiques sur les jeunes athlètes.

Quelques jours après la parution du livre «Un si long silence» de Sarah Abitbol dans lequel l’ex-championne de patinage artistique accuse son ancien entraîneur Gilles Beyer de l’avoir violée, et de l’enquête de L’Equipe dévoilant des agressions sexuelles sur des athlètes mineures, les langues se délient dans le milieu des sports de glace.

«A Nice, par exemple, des parents de patineurs m’ont dit : « On a essayé de dire que notre petite subissait des sévices psychologiques, et quand on en a parlé au président de la fédération, il a soutenu le président du club (…) ». Et je peux vous en citer des tonnes comme ça», enchaîne Peizerat, convaincu que le milieu des sports de glace «vit dans la peur».

Malgré ce grand déballage, Gwendal Peizerat affirme que «tous les clubs ne sont pas contaminés» et se veut même rassurant.

«Beaucoup d’entraîneurs de province ne sont pas comme ça», tranche le champion qui avait recueilli cependant des témoignages sur le sujet lorsqu’il avait fait campagne il y a six ans.

Et les autres sports ?

Face à des situations de burn-out, «la question qui domine aujourd’hui est: cette personne est-elle particulièrement vulnérable au con­texte qui lui est imposé ?»

Finalement, ainsi qu’il a été décidé par l’Organisation mondiale de la santé après moult hésitations, ce syndrome n’est pas classé dans la liste officielle des maladies mentales.

Mais dans les classifications psychiatriques américaines, l’existence de «troubles liés au contexte professionnel» est confirmée.

Ce flottement montre nos difficultés à tracer des limites à l’entité «burn-out» et combien il soulève de questions cliniques.

S’agit-il d’une maladie dépressive ?

De troubles de l’adaptation avec humeur anxieuse ou état de stress?

Ce terme renvoie en fait à différentes réalités cliniques, et parfois «simplement» à un désarroi.

Le burn-out regroupe plusieurs syndromes et du coup il peut devenir un concept trop imprécis, jusqu’à passer inaperçu.

Par ailleurs, la fréquence des plaintes de clients faisant part d’une souffrance liée au contexte professionnel ne cesse d’augmenter…

« On fait deux boulots en un » : après le suicide de Christine Renon, des directeurs d’école racontent un « malaise généralisé ».

La mort de Christine Renon, directrice d’une école maternelle à Pantin, a mis en lumière le mal-être de toute une profession.

Elle ne peut contenir ses larmes à l’évocation de la première phrase de la lettre de Christine Renon. Véronique Decker, directrice d’école à Pantin (Seine-Saint-Denis) de 1994 à 2019, est débordée par l’émotion, en relisant les mots de la directrice d’école maternelle, qui s’est suicidée sur son lieu de travail. « Aujourd’hui, samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée », avait-elle écrit dans un courrier de trois pages envoyé à sa hiérarchie et des collègues.

« Cette phrase est terrible, elle est extraordinaire parce qu’elle résume tout en quelques mots », juge la jeune retraitée, qui a longuement milité au sein de Sud-Education. Les obsèques de Christine Renon se déroulent jeudi 3 octobre, en même temps qu’une journée de mobilisation des directeurs et directrices d’école. Son geste a mis en lumière le profond malaise qui secoue la profession.

« Dire que je me reconnais dans les propos de ma collègue est une évidence », lâche Fabrice*, directeur d’une école de six classes dans le sud-est de la France, à franceinfo. Il parle d’« un malaise généralisé ». Pour ce trentenaire non syndiqué, il n’est pas étonnant que Christine Renon évoque son état de fatigue élevé, aussi tôt dans l’année scolaire.

« Septembre, le mois de l’apnée »

« La rentrée d’un directeur d’école se fait rarement à la date de pré-rentrée officielle fixée par l’Education nationale », explique Fabrice. Dès mi-août, il s’agit de « préparer la réunion avec les collègues, gérer les inscriptions tardives, préparer les documents à remettre aux familles, travailler les plannings de réunions, de surveillance, d’utilisation des locaux, etc. », liste le directeur. Ce n’est pas tout. Il faut aussi se coordonner avec la municipalité pour « les imprévus de l’été, comme des travaux en urgence, remettre en état les locaux s’ils ont été utilisés. »

Puis vient septembre. « Le mois de septembre est, pour un directeur, celui de l’apnée », selon Fabrice. Ghislaine*, directrice d’une école de trois classes dans le Sud-Ouest, confirme. « En début d’année, il faut rentrer toutes les fiches dans le système informatique : il faut vérifier tous les numéros de téléphone, toutes les adresses… Cela prend un temps fou. Septembre-octobre, jusqu’aux vacances de la Toussaint, c’est vraiment compliqué », raconte la quadragénaire à franceinfo, qui n’est plus syndiquée depuis quelques années, après avoir longtemps été au Snuipp.

Au menu de la rentrée, Fabrice mentionne également tous les plans et mesures relatifs à sécurité, avec des documents à remplir en version papier et numérique.

Mais au-delà de cette fatigue précoce, les directeurs d’école interrogés par franceinfo pointent, comme Christine Renon, l’accumulation de tâches et d’imprévus au quotidien, « la succession de toutes ces petites actions qui se surajoutent », selon Ghislaine.

Madeleine*, directrice d’une école privée sous contrat d’association dans les Hauts-de-France, évoque pêle-mêle « un conflit entre parents, des choses aussi banales qu’une sortie scolaire où il manque un accompagnateur et à laquelle je dois finalement aller, le manque de papier toilette que je dois aller chercher sur mon temps libre, ou une réunion à 50 km de l’école », compliquant la garde de ses enfants.

 

*Le prénom a été modifié

Source: franceinfo.fr


Si vous avez besoin d’aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d’un membre de votre entourage, il existe des services d’écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est disponible 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. D’autres informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

Ou prenez rendez-vous avec un psy, qui saura vous écouter, et vous apporter des solutions à votre mal-être.

« Même si ça a été dur,

je veux dire que c’est possible de s’en sortir »

Appelons-la Lorelai, un prénom qu’elle affectionne, découvert dans un livre.

Elle a la trentaine, un beau visage qui s’illumine puis s’assombrit au gré du récit de son existence. Sombre donc, le plus souvent.

Lorelai a subi pendant dix ans le calvaire d’une femme battue.

Originaire d’un pays de l’est de l’Union européenne, elle vit en France depuis plusieurs années, et tient aujourd’hui à témoigner de son histoire, une parmi d’autres, alors que s’est ouvert mardi 3 septembre un Grenelle des violences conjugales pour lutter contre ce fléau, qui touche environ 219 000 femmes chaque année.

« Ce pays m’a donné confiance en moi, ça m’a permis de comprendre que les femmes ont le droit d’être respectées », explique-t-elle en nous recevant dans le salon de son pavillon de banlieue.

Après la découverte chez les parents des camarades de classe de son fils d’un quotidien « sans maltraitance, sans humiliation », elle qui n’avait connu que violences et menaces depuis le début de son mariage a trouvé, dit-elle, la force de rompre avec son bourreau.

Aujourd’hui encore, elle se souvient de son étonnement en allant chez un couple « normal » : « En arrivant ici, je suis tombée sur une autre planète. »

Pour s’en sortir, le chemin a été long et les épreuves, nombreuses.

En témoignent les plaintes, attestations et jugements divers qu’elle montre volontiers. Ils sont aujourd’hui rassemblés dans deux épais classeurs rouges, conservés précieusement.

« Même si ça a été dur, je veux dire que c’est possible de s’en sortir, de quitter tout ça. » « Tout ça », une expression pudique pour désigner les cheveux arrachés par poignées, les coups assénés sur le corps et à la tête, les menaces et les vociférations accompagnées de cette rengaine : « Tu n’es qu’une bonne à rien, une pute, une nulle. »

Lorelai a beau remonter le fil de ses souvenirs, pour savoir si elle aurait pu éviter ces années gâchées, si elle aurait dû se méfier, elle ne trouve rien. Rien dans la cour effrénée faite pendant plusieurs mois ne laissait transparaître la nature de son futur époux, rencontré à la fin de ses études supérieures.

Pourtant, après un mariage de raison plus que d’amour – ce qu’il ne cessera de lui reprocher – « le pire de ma vie a alors commencé », dit-elle. Les disputes éclatent, toujours plus violentes. Les cris, les coups pleuvent. Honteuse, elle cache d’abord les marques à sa famille et ses amis. « Je voulais montrer que j’étais heureuse, que je me réalisais dans ma vie », explique-t-elle…

Procès Barbarin et France Télécom : l’enceinte pénale, cœur battant des débats de société !

Qualifiés d’« historiques », les procès du cardinal Barbarin et de France Télécom ont permis la confrontation publique des victimes et des accusés.

Devant le tribunal correctionnel de Paris, jeudi 27 juin, Noémie Louvradoux évoque son père, Rémy, un agent fonctionnaire de France Télécom qui s’est immolé par le feu devant son agence de Mérignac (Gironde) le 26 avril 2011.

La jeune femme égrène le nom de chacun des anciens dirigeants de l’entreprise, assis à deux mètres d’elle : « Ils ont assassiné mon père. Ils ont tué notre vie de famille. Et ils ont dit qu’ils ne savaient pas. »

Quelques mois plus tôt, dans une autre enceinte pénale, la même colère douloureuse avait été jetée à la face des prévenus.

Alexandre, François, Laurent, Pierre-Emmanuel, Stéphane, Mathieu, Christian, Didier, âgés de 38 à 53 ans, étaient venus déposer le secret longtemps enfoui qui avait détruit leur enfance.

Tous avaient appartenu à la troupe scout de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône) et avaient subi les attouchements de l’aumônier Bernard Preynat.

« Je veux que les personnes d’Eglise me voient et voient ma souffrance », avait lancé Christian au cardinal Philippe Barbarin et aux représentants de la hiérarchie de l’Eglise qui comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Lyon.

Dans les deux cas, l’écart est vertigineux entre l’intensité de la souffrance vécue et le délit reproché aux prévenus.

Harcèlement moral érigé en stratégie managériale au procès France Télécom, non-dénonciation de crime ou de délit au procès Barbarin.

Dans les deux cas, ceux qui sont poursuivis devant le tribunal ne sont pas les auteurs directs du mal infligé aux victimes. Mais de la place hiérarchique qui était la leur – dirigeants d’entreprise, autorité ecclésiale –, ils avaient le pouvoir d’empêcher ce mal, du moins de le réparer.

L’ancien PDG Didier Lombard et le cardinal Philippe Barbarin n’ont certes pas attendu d’être renvoyés devant une juridiction pour prendre la mesure des drames vécus pour l’un, dans son entreprise, pour l’autre, dans son Eglise.

Mais la salle d’audience du tribunal correctionnel de Paris, comme celle de Lyon, ont permis quelque chose d’unique : leur confrontation publique.

Quand les familles ou les collègues de travail des agents de France Télécom évoquent à la barre le lent isolement, la perte de confiance en soi, la détresse, la peur de ne pas y arriver, de ceux qui ont mis fin à leurs jours, comme lorsque les victimes de Bernard Preynat racontent ses invitations sous la tente, son souffle court, son haleine qui empeste le cigare, leur honte et leur détresse, on n’entend pas seulement ce qu’ils disent, on regarde les prévenus les écouter…

Est-il temps de quitter Facebook ?

En bref:

  • À la date du 31 décembre 2018, Facebook comptait 2,32 milliards d’utilisateurs actifs dans le monde, un chiffre en augmentation par rapport aux 2,27 milliards recensés à la fin du troisième trimestre de la même année. Ce chiffre inclut les faux profils, dont on estime qu’ils seraient 83 millions
  • Vos passe-temps, vos habitudes et vos préférences sont méticuleusement enregistrés par le site, et vos données personnelles sont ensuite vendues à qui les veut – officiellement à des fins de publicité ciblée, mais il n’existe aucune mesure de protection qui puisse prévenir les escrocs et même les acteurs politiques d’utiliser ces données, comme il est expliqué dans le reportage de l’émission Frontline, « The Facebook Dilemma » (« Le dilemme Facebook »)
  • L’un des précurseurs de Facebook était un site du nom de FaceMash, sur lequel les visiteurs pouvaient donner leur avis sur le charme ou la beauté d’étudiants d’Harvard, à partir de leurs photos – photos que Mark Zuckerberg avait obtenues et utilisées sans autorisation
  • Deux anciens employés de Snopes ont démissionné après avoir découvert que Facebook payait la société Snopes, et poussait les vérificateurs de faits à discréditer les informations susceptibles de nuire à ses annonceurs

En dépit des controverses que soulèvent Facebook et son fondateur, Mark Zuckerberg, depuis quelques années, la plateforme du réseau social continue de se développer.

À la date du 31 décembre 2018, Facebook comptait 2,32 milliards d’utilisateurs actifs dans le monde, un chiffre en augmentation par rapport aux 2,27 milliards recensés à la fin du troisième trimestre de la même année.

Ce chiffre inclut cependant environ 83 millions de faux profils, et ce n’est là qu’un des nombreux dangers de Facebook. Il n’est donc pas surprenant que Facebook monnaye également maintenant votre contribution au site.

Le principal ‘produit’ de Facebook, c’est vous

Vos passe-temps, vos habitudes et vos préférences sont méticuleusement enregistrés par le site, et vos données personnelles sont ensuite vendues à qui les veut – officiellement à des fins de publicité ciblée.

Mais il n’existe aucune mesure de protection qui puisse prévenir les escrocs et même les acteurs politiques d’utiliser ces données, comme il est expliqué dans le reportage de l’émission Frontline, « The Facebook Dilemma » (« Le dilemme Facebook »).

Ce reportage relate l’enquête de James Jacoby, correspondant de Frontline PBS, à propos de l’influence de Facebook sur les démocraties, et sur les paramètres de confidentialité laxistes qui ont permis de détourner et d’utiliser les données de millions d’utilisateurs dans le but d’influer sur les élections américaines.

Le problème, c’est que Facebook a été pris à maintes reprises à faire une utilisation inappropriée des données de ses utilisateurs, et/ou à mentir à propos de ses pratiques de collecte, et il semble que pratiquement rien n’ait été fait pour corriger véritablement ces dysfonctionnements.

Tout son modèle de profit est basé sur la vente d’informations personnelles, qui profite aussi bien à la publicité ciblée qu’aux fraudes ciblées.

Pour les individus qui ont commencé à utiliser Facebook dès leur plus jeune âge, la récolte des données sur leur vie est très certainement incommensurable, et fournit à ceux qui achètent ou accèdent d’une façon ou d’une autre à ces informations un profil extraordinairement complet des individus en question.

Facebook est même capable d’accéder au micro de votre ordinateur ou de votre smartphone sans que vous le sachiez.

Si vous recevez soudainement des publicités pour des produits ou services dont vous venez de parler à haute voix, il y a de fortes chances pour qu’une ou plusieurs applications soient reliées à votre micro, et que vous soyez espionné.

L’origine de Facebook en dit long

Si Mark Zuckerberg affirme que Facebook a été créé « pour rendre le monde plus ouvert et plus connecté » et « donner aux gens le pouvoir de construire des communautés », ses premières interventions dans les réseaux sociaux peuvent difficilement être qualifiées d’altruistes.

L’un des précurseurs de Facebook était un site du nom de FaceMash, sur lequel les visiteurs pouvaient donner leur avis sur le charme ou la beauté d’étudiants d’Harvard, à partir de leurs photos – photos que Mark Zuckerberg avait obtenues et utilisées sans autorisation.

Ainsi qu’il est souligné sur le site Tech Crunch :

« Bloguant à propos de ce que vous étiez en train de faire, vous avez écrit ‘J’ai presque envie de mettre certains de ces visages à côté de photos d’animaux de la ferme, pour que les gens votent pour celui qu’ils trouvent le plus séduisant.’

Juste au cas où il y aurait eu le moindre doute à propos du caractère déplorable de vos intentions.

Les graines de l’entreprise mondiale qu’est devenue Facebook ont donc germé dans un jeu grossier et non autorisé de piège à clics, dont l’idée vous excitait tellement que vous n’avez pas hésité à enfreindre les règles de sécurité, de confidentialité et de morale, uniquement pour gagner quelques vues. »

En effet, le rapport de Frontline commence par une vidéo de Mark Zuckerberg à ses débuts, tournée dans son premier bureau décoré d’un tonneau de bière et de graffitis sur les murs, évoquant le succès surprenant de sa plateforme de réseau social.

À l’époque, en 2005, Facebook venait d’atteindre les 3 millions d’utilisateurs.

Les vérificateurs de faits de Facebook n’ont plus confiance dans le site

Dans un article paru en décembre 2018 dans ‘The Guardian’, Sam Levin indique que de nombreux journalistes embauchés comme vérificateurs de faits pour le site, ont démissionné, expliquant que « la société ignorait leurs inquiétudes et ne mettait pas leur expertise à profit pour combattre la désinformation. »

L’une de ces journalistes, Brooke Binkowski, a déclaré à Sam Levin que Facebook « ne prend rien au sérieux », et que la société « préférait préserver sa bonne image et rejeter la responsabilité sur d’autres ».

Elle a également déclaré qu’elle « était convaincue que Facebook répandait des fake news pour le compte de puissances étrangères hostiles et de gouvernements autoritaires et que cela faisait partie de son modèle d’affaires. »

Brooke Binkowski a été la rédactrice en chef de Snopes, un site de vérification de faits qui a collaboré avec Facebook pendant deux ans. Elle a depuis donné sa démission, et démarré son propre site de vérification de faits.

Une autre gestionnaire de contenu du site Snopes a quitté l’entreprise, déçue des relations de Snopes avec Facebook, et a expliqué qu’elle pensait que les responsables de Facebook faisaient « semblant d’essayer d’empêcher les dégâts, mais qu’ils ne faisaient en réalité rien du tout. »

Elle a également découvert que Snopes était payé par Facebook, ce qu’elle a trouvé « vraiment écœurant », car les deux entreprises « ont des missions totalement différentes ».

Le fait que des employés de Snopes soient écœurés de l’apparent désintérêt de Facebook pour les faits est ironique en soit, quand on sait que le site Snopes lui-même a été critiqué à maintes reprises et accusé d’être mal placé pour discerner la vérité des mensonges, au vu de certains partis pris manifestes.

Tout récemment la vérification par Snopes d’un rapport sur les préjudices liés à un vaccin, réalisée par une ancienne correspondante de CBS, Sharyl Attkisson, a obtenu la note de « F », car le site faisait visiblement tout ce qu’il pouvait pour discréditer le rapport, sans véritablement s’intéresser aux éléments factuels sur lesquels il était basé.

Facebook accusé de créer une propagande

Facebook est également accusé d’avoir fait appel à Definers Public Affairs, une agence de relations publiques, dont l’utilisation de « discours antisémites pour discréditer les critiques » – en l’occurrence un groupe de protestataires baptisé Freedom From Facebook – avait créé « le type même de propagandes que les vérificateurs de faits dénoncent régulièrement ».

D’après The Guardian, les médias partenaires de Facebook (environ 40 au total, répartis dans le monde) sont divisés quant à leurs relations avec Facebook, s’agissant de vérification des faits.

Si certains pensent qu’il s’agit d’une mesure positive, d’autres déclarent :

« … être de plus en plus amers envers Facebook, en particulier suite à des révélations selon lesquelles la société avait payé un cabinet de consultants pour s’attaquer à leurs opposants en divulguant leur association avec le milliardaire et philanthrope juif, George Soros.

Ces attaques ont nourri une théorie de complot bien connue selon laquelle George Soros serait l’homme qui se cache derrière toutes sortes de causes et d’évènements libéraux dans le monde.

Il a plus tard été révélé que Sheryl Sandberg, directrice administrative, avait ordonné à son équipe d’enquêter sur les intérêts financiers de George Soros, après qu’il ait publiquement critiqué l’entreprise.

‘Comment pouvons-nous faire confiance à Facebook alors qu’il fait circuler les mêmes rumeurs que ses propres vérificateurs de faits qualifient de fake news ?’, a déclaré un vérificateur de faits de Facebook…

‘On peut se demander comment ils gèrent les histoires à propos de George Soros sur la plateforme, sachant qu’ils payent des gens spécialement pour essayer de faire le lien entre lui et des ennemis politiques ?’ »

D’après le magazine Wired, l’association Freedom From Facebook était l’idée de David Magerman, ancien cadre dirigeant d’un fonds de couverture, qui a contacté l’institut Open Markets, un groupe de réflexion dirigé par Barry Lynn, qui critique ouvertement les monopoles tels que Google et Facebook.

Les vérificateurs de faits de Facebook accusés de protéger les intérêts des annonceurs

D’après Brooke Binkowski, Facebook « poussait également les journalistes à dénoncer en priorité les fausses informations qui nuisaient aux annonceurs de Facebook ». Cela ne me surprend pas, vu la façon dont mon propre site a été la cible de cette méthode.

NewsGuard – encore un arbitre de la vérité biaisé

NewsGuard est un autre site de vérification de faits qui se positionne comme arbitre mondial de la crédibilité. Un article paru récemment sur le site Slate, met en évidence les répercussions que peut avoir une mauvaise évaluation de la part de NewsGuard, puisque l’entreprise s’est associée à Microsoft pour intégrer ses évaluations dans les critères du navigateur Microsoft Edge.

Si un utilisateur active ce paramètre, tous les résultats de ses recherches, ainsi que toutes les publications des médias sur les fils de Facebook et de Twitter, indiqueront l’évaluation de crédibilité de NewsGuard pour les sites en question.

NewsGuard s’est également associé au système des bibliothèques publiques, de sorte que tous les ordinateurs des bibliothèques affichent ses évaluations.

Le Daily Mail Online – l’un des plus importants journaux en ligne au monde – n’a obtenu qu’une note de 3 sur les 9 critères possibles, ce qui lui a valu un « carton rouge » de NewsGuard, qui avertit les lecteurs que « Ce site ne respecte généralement pas les normes de base d’exactitude et de responsabilité » !

 

Références: mercola.com, divers

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