mal-être


La panique liée au Covid-19 replace la sécurité à la base des priorités humaines.

Pourquoi ?

La pyramide des besoins de Maslow apporte une réponse, et prouve sa pertinence.

En 1943, la très sérieuse revue américaine Psychological Review a publié un article proposant une théorie dont l’auteur, Abraham Maslow, allait devenir mondialement célèbre grâce à une pyramide.

pyramide-des-besoins-maslow-1024x651Aujourd’hui, l’emblématique pyramide de Maslow – ou pyramide des besoins – est tellement connue que lorsque l’on s’amuse à taper «pyramide» dans le moteur de recherche Google, elle arrive dans le trio de tête des suggestions, bien avant Gizeh !

Cependant, la notoriété de l’outil ne vient pas tant de sa propension à expliquer les comportements humains, notamment de consommation, que des critiques qu’il a reçues depuis sa création. Maslow a pourtant élaboré son modèle jusqu’à sa mort, en 1970.

Lorsqu’Abraham Maslow, psychologue américain considéré comme le père de l’approche humaniste aux côtés de Carl Rogers, James Bugental ou encore Rollo May, propose son modèle, il part du principe que les besoins humains s’organisent en cinq catégories.

Là où le bât blesse, c’est lorsque l’auteur soutient que l’être humain ne s’engage à combler un type de besoin que lorsque le précédent a été satisfait.

Théoriquement, personne ne devrait donc créer de relation amoureuse sans avoir d’abord trouvé de quoi se nourrir physiquement, ni appartenir à un groupe social sans s’être d’abord assuré d’être en sécurité. Sauf que dans la réalité, ce séquençage ne fonctionne pas.

Au début des années 1980, le modèle «Foote, Cone et Belding» (FCB) est notamment venu bousculer la théorie de Maslow.

Cette matrice distingue les comportements d’achat intellectuels (réfléchis) des comportements d’achat émotionnels (impulsion), le tout selon un degré d’implication du consommateur lié à son budget, à la durée de vie du produit, à la valeur accordée à l’achat, etc.

Les auteurs soulignent que si le modèle de Maslow était vérifié, nous n’achèterions presque jamais de produits de luxe et les achats d’impulsion seraient inexistants tant que nous n’aurions pas déjeuné, ce qui n’est pas le cas.

Les consommateurs ou consommatrices sautent facilement un repas pour faire les soldes, appeler une personne chère ou acheter un produit non vital mais que le corps réclame en urgence, comme un paquet de cigarettes.

De même, on peut rechercher l’amour pour se sentir en sécurité dans des standards sociaux (niveau 3 puis 2) ou avoir l’ambition de l’accomplissement de soi avant de trouver l’amour, une maison, voire de quoi se nourrir correctement en travaillant des heures d’affilée sans sommeil ni apport calorique raisonnable (le niveau 5 passe alors avant tous les autres).

Malgré la pertinence des besoins qu’elle identifie, le séquençage de la pyramide de Maslow ne fonctionne donc pas.

Sauf que cette conclusion s’insère dans un contexte politiquement et psychologiquement stable.

Dans le contexte instable de ce début d’année 2020, le Covid-19 apparaît comme un point d’inflexion remarquable, qui rebat les cartes de la hiérarchie des besoins.

Remarquable car il concerne la totalité de la population mondiale, sans distinction de niveau social, de goûts de consommation, d’âge ou de genre, mais surtout car il réhabilite la pyramide de Maslow en replaçant la sécurité à la base de la hiérarchie des besoins, au niveau 2, après les besoins physiologiques.

Les besoins d’appartenance, d’estime ou d’accomplissement (niveaux 3, 4 et 5) repassent après, comme l’illustrent les conséquences observables de la propagation du coronavirus.

En Chine, le confinement et la crainte de la contamination ont considérablement réduit toute activité, comme l’illustre notamment la chute drastique du niveau de pollution dans la zone géographique autour de Wuhan.

De même, les acteurs sont contraints de repenser leur activité : les circuits longs se raccourcissent, les marques de luxe, rassurantes en matière de valeur, perdent peu à la Bourse et des marques telles que Veolia (traitement de l’eau), Carrefour (il faut se nourrir) ou encore Engie (l’énergie est un besoin fondamental) tirent leur épingle du jeu.

Ce basculement s’observe également à l’échelle comportementale.

On ne se saluera désormais plus au travers d’une bise ou d’une poignée de main, ce qui risque de s’ancrer dans les coutumes occidentales si le danger sanitaire devait persister.

Désormais, rien d’autre ne compte que de survivre :

  • les denrées alimentaires sont redevenues la priorité (niveau 1 de la pyramide) afin de pouvoir rester en confinement chez soi, en sécurité (niveau 2) et éviter la contamination.

Le besoin d’appartenance conforte sa place au niveau 3 : une fois que la survie et la sécurité sont assurées, on a besoin de prendre des nouvelles de ses proches, notamment s’ils sont en voyage, en zone critique ou, pire, en quarantaine.

Quant à la reconnaissance et à l’accomplissement de soi (niveaux 4 et 5), cela viendra en temps voulu.

Ainsi, de la même manière que l’augmentation du prix de l’or envoie un signal de défiance aux marchés financiers, le fait que le séquençage originel de la pyramide de Maslow fonctionne indique que la planète va mal.

Sa réhabilitation devrait vraiment nous faire réfléchir à nos priorités, évidemment en période de crise ou de conflit, mais surtout lorsque le ciel est bleu…


Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.
Lisez l’article original.

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Et si le 4 mars le regard de la société contre l’obésité changeait ?

Changer les lignes, c’est l’objectif de cette journée d’actions et de sensibilisation, pour faire reconnaître l’obésité comme une maladie à part entière.

A la clinique du Château de Vernhes de Bondigoux (31), Monsieur XXX vient faire un séjour de plusieurs semaines dans le service spécialisé dans le traitement de l’obésité morbide.

Lors de sa prise en charge, ce Toulousain de 55 ans affichait 320 kg sur la balance. Un poids qui l’avait totalement coupé du monde.

« C’est une forme de suicide à long terme, vous n’avez plus envie de rien. »

La première fois que Monsieur XXX a séjourné dans cette clinique spécialisée, il avait perdu 200 kg. Quelques mois après il a rechuté plusieurs fois, jusqu’à stabiliser son poids à 180 kg aujourd’hui.

Monsieur XXX y fait deux séjours par an, et c’est lors de ces traitements qu’il reprend goût à la vie et à l’activité physique.

Un combat difficile contre la maladie et contre les préjugés

Monsieur XXX fait partie des 8 millions de Français souffrant d’obésité. C’est 17 % de la population.

L’obésité est une maladie parce que le corps à une résistance à l’insuline, et elle est chronique parce qu’elle va durer toute la vie avec la création de maladies du métabolisme (diabètes etc…).

Une maladie chronique et une dépendance aux sucres

L’obésité est reconnue comme une maladie chronique par l’OMS (organisation Mondiale de la Santé) depuis 1997. Elle se définit comme un excès de masse grasse entrainant des complications et une altération de la qualité de vie.

Si l’Italie ou la Grande-Bretagne reconnaissent l’obésité comme une maladie ce n’est pas encore le cas en France.

L’obésité peut s’expliquer par quelques facteurs. Une intolérance aux glucides, une résistance à l’insuline développe la formation excessive de graisses corporelles. Le manque de sport n’influence pas l’obésité. Le sport entretient les muscles, et n’a jamais fait maigrir.

Depuis 2014, la Ligue Contre l’Obésité (LCO) lutte pour la reconnaissance de l’obésité comme une maladie à part entière et pour faire tomber les préjugés.

Rétablir la vérité sur cette maladie

Dans la croyance populaire les idées reçues ont la vie dure car 62% des Français estiment que l’obésité prend sa source dans les mauvaises habitudes alimentaires et l’absence d’activité physique.

Les campagnes de communication « Manger moins bouger plus » n’ont pas démontré leur efficacité dans la lutte contre l’obésité mais pire encore, elles ont renforcé la culpabilité des personnes victimes de la maladie.

Victimes de « grossophobie »

Quand le regard des autres vous empêche de sortir, de bouger, le cercle vertueux est difficile à amorcer.

Entre perte de confiance en soi et culpabilité, le quotidien des personnes obèses est un parcours avec handicaps.

Dans le travail, l’accès aux soins ou aux loisirs, les difficultés liées à l’excès de poids sont vécues comme un échec moral.

67% des Français pensent que perdre du poids est d’abord une question de volonté.

C’est faux. Une des rares solutions qui a fait ses preuves, est une alimentation moins riche en glucide, voire cétogène.

Le regard de la société doit changer. Le mercredi 4 mars, journée mondiale contre l’obésité donne l’occasion d’informer sur les causes de la maladie et donner la parole aux malades.

« J’ai peur de déranger, de me prendre un vent » : en début de carrière, l’angoisse de  l’appel téléphonique.

Une fois en entreprise, les jeunes diplômés, plutôt habitués à communiquer par les messageries instantanées ou les réseaux sociaux, sont confrontés à l’épreuve du coup de téléphone.

Un apprentissage parfois déroutant.

« Rien que d’y penser, j’en ai des sueurs froides », souffle Laura, 29 ans.

Au début de sa carrière, cette diplômée d’un master de lettres à la Sorbonne a enchaîné les stages en agence média et les contrats en production audiovisuelle. « Je devais passer ma journée au téléphone pour caler des rendez-vous ou les invités des émissions. A chaque fois, le simple fait d’appeler me rendait malade. »

Balbutiements, transpiration excessive, anxiété : la jeune femme présente quelques symptômes de « téléphonophobie », ou « peur du téléphone » – l’expression détient même son entrée sur Wikipédia.

Elle développe alors des stratégies pour s’en sortir.

Avant chaque appel, elle travaille un brouillon sur Word listant les phrases qu’elle devra prononcer.

« J’étais terrorisée par l’improvisation, raconte-t-elle. Quand mon téléphone sonnait sans prévenir, je courais aux toilettes pour que la personne laisse un message et que je puisse la rappeler en m’étant préparée. »

Plus ou moins envahissantes, ces angoisses vis-à-vis des appels téléphoniques sont courantes chez les jeunes diplômés, surtout lors de premières expériences

Peur de ne pas maîtriser la situation, de ne pas savoir quoi dire, d’avoir « l’air bête », d’être jugé ou moqué par ses collègues, de mal s’exprimer, de déranger…

Un phénomène paradoxal, quand leurs aînés imaginent que cette génération « née avec » le téléphone portable serait forcément à l’aise avec les technologies de la communication.

Plus largement, la peur du téléphone rejoint une forme d’anxiété sociale liée au regard de l’autre.

Pour Antoine Pelissolo, professeur de psychiatrie à l’université Paris-Est Créteil et chef de service au CHU Henri-Mondor (Val-de-Marne), la tâche est doublement complexe :

« Ce n’est pas naturel d’avoir un échange privé avec des gens autour. Je dois être convaincant au téléphone tout en essayant de faire bonne figure devant mes collègues, spectateurs de l’appel. Mais plus on essaie de trouver des parades, plus on sera vulnérable. Il vaut mieux se forcer : souvent, il suffit de peu pour dépasser son angoisse. »

Comment surmonter l’angoisse ? En douceur, en toute confiance, en s’améliorant avec un thérapeute. Avec l’hypnose notamment.

Et par la préparation, avec du coaching. Comme un comédien avant de monter sur scène, travailler son texte, sa voix, sa respiration, l’employé novice peut répéter avant de décrocher son téléphone.

Stress chronique, perfectionnisme : l’« épuisement académique », phénomène méconnu, en êtes-vous victime ?

Des chercheurs et professionnels de santé n’hésitent pas à parler de burn-out pour certains étudiants très investis dans leurs études.

Les établissements commencent à se pencher sur le problème.

Julia, 22 ans, ne sait pas comment elle va réussir à finir l’année.

« Je vis en apnée », confie cette étudiante en cinquième année de médecine à Rouen. Elle qui « aime avoir le contrôle » a perdu pied l’année dernière, alors qu’elle débutait son externat à l’hôpital. « Il faut toujours être à la hauteur vis-à-vis des patients, des chefs et pour nos examens. La pression est telle que je ne vois plus personne et ne fais plus rien en dehors de la médecine. »

Comme Julia, quelque 60 % des étudiants se disent « épuisés », selon l’enquête de 2016 de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), un taux qui a augmenté de 8 % depuis l’enquête précédente, en 2013. Certains se dirigent vers ce que l’on appelle « l’épuisement académique », une forme grave de fatigue physique et psychique qui peut conduire à une dépression ou à une anxiété généralisée.

« L’épuisement académique est un enjeu de santé publique », alerte Christine Faye, psychologue et chercheuse associée à l’université de Nantes.

Dans sa thèse soutenue en 2018, elle le définit comme le premier facteur de pathologie psychique des étudiants. « L’entrée dans les études correspond à un âge du changement, où on leur demande adaptation, mobilité, cumul d’activités, mais aussi apprentissage de la vie d’adulte, décrypte Laurentine Véron, psychologue. Le disque dur peut vite être saturé. »

Sous la pression de diverses obligations (scolaires, financières et sociales), certains étudiants plongent dans un état de fatigue extrême, et ressentent un soudain sentiment de « panne ».

Accompagné de troubles du sommeil, l’épuisement académique se vit comme un cercle vicieux avec des conséquences en cascade.

« Les manifestations sont corporelles – la vue qui se brouille, des crises d’angoisse, des tensions musculaires – mais aussi psychiques, avec un sentiment de vide, de tristesse et l’incapacité à se mobiliser, analyse Christine Faye. Toutes les sphères vont être touchées, avec une intensité émotionnelle qui va déborder les ressources de l’individu. L’épuisement peut alors mener au désengagement et au décrochage. »

Pour la chercheuse, la notion d’épuisement académique peut être comparée à celle du burn-out, qui combine fatigue émotionnelle et physique, déshumanisation des rapports avec les autres, vision négative des autres, de soi et de son travail, et sentiment d’inefficacité.

Les vices d’un « système et d’une société de l’hyper-performance »

Demander conseil ou de l’aide à un thérapeute pourrait être une bonne solution.

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Un couple en difficulté,

ce sont deux personnes normales

qui pensent chacune

que l’autre ne l’est pas…

Qu’en pensez-vous ?

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« Séparation : les enfants d’abord », une immersion dans les bureaux des juges aux affaires familiales du tribunal de Créteil.

Si courante qu’elle en est devenue banale, la séparation des couples avec enfants n’en reste pas moins une source de turbulences qui, parfois, nécessite le recours à la justice et à la médiation pour maintenir un semblant de lien familial en dépit des conflits.

Le documentaire de Delphine Cinier, présenté dans l’émission « Le Monde en face », s’est focalisé sur des paroles d’enfants recueillies par les juges aux affaires familiales (JAF) du tribunal de Créteil (Val-de-Marne), le premier en France à avoir « sanctuarisé » cette parole grâce à la présence d’un avocat aux côtés des enfants.

La réalisatrice en a suivi cinq (deux fratries de jeunes ados et une petite fille de 3 ans et demi) pendant la période délicate qui a suivi la séparation de leurs parents.

Tous ont le droit d’être entendus par un juge, mais c’est ce dernier qui décide qui peut venir s’exprimer dans son bureau, d’après les éléments qui constituent le dossier.

« L’enfant n’est pas là pour nous dire la vérité », avertit une JAF, « il est là pour nous dire ce qu’il souhaite ».

Iris et Adrien ne souhaitent plus voir leur père. Ils ont écrit un courrier à la juge, qui pourtant choisira de ne pas les recevoir, car elle estime qu’ils sont manipulés par leur mère. Ninon et Louis ne veulent plus voir leur père non plus. Trop de violence, d’insultes. Ils sont reçus. Les mots durs, impensables de la part d’un père contre ses propres enfants, résonnent dans le bureau de la juge.

Les parents seront entendus, eux aussi, pour démêler ce qui relève de leur couple de ce qui relève de leurs enfants.

Plus délicat est le cas de la petite Lila, 3 ans et demi, dont la maman a été frappée par son ex-conjoint, qui a désormais interdiction de l’approcher. Celui-ci ne voit sa fille qu’en présence d’une médiatrice familiale, dans un lieu tiers. Là encore, la justice soupçonne la mère de manipuler l’enfant. Une enquêtrice sociale estime de son côté le père apte à s’occuper de Lila car, justifie-t-elle, « il a une nouvelle épouse et un autre enfant… ».

Filmée avec sobriété et délicatesse, cette immersion met en lumière le travail important, même s’il est imparfait, de ces professionnels qui œuvrent pour le maintien – « mais pas à n’importe quel prix » – des liens entre parents et enfants.

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FRANCE 5 – MARDI 25 FÉVRIER À 20 H 50

« Le Monde en face. Séparation : les enfants d’abord », réalisé par Delphine Cinier (Fr., 2019, 70 min). Suivi, à 22 heures, d’un débat animé par Marina Carrère d’Encausse.

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Violences sexuelles dans l’armée : ouverture d’une enquête interne

C’est une décision historique.

Et une lueur d’espoir pour les dizaines de femmes militaires qui ont été victimes de violences sexuelles au sein de l’armée.

Elles sont peut-être même des centaines. Mais comment le savoir ? Aucun chiffre n’existe en France sur le sujet.

Cela pourrait bientôt changer, car le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé ce jeudi qu’il avait demandé l’ouverture d’une enquête interne, la première de ce genre en France.

Cette annonce fait directement écho à la sortie en librairie, ce jeudi, d’un ouvrage intitulé «La Guerre invisible» (éditions Les Arènes et Causette).

Dans ce livre, les deux journalistes Julia Pascual et Leila Milano, qui ont enquêté pendant deux ans, ont récolté les témoignages d’une quarantaine de «féminines» (le terme désignant communément les femmes dans l’armée) ayant subi des violences sexuelles.

Un tabou que la Grande Muette, composée de 15% de femmes, n’a encore jamais osé lever.

Très souvent, ces victimes n’osent pas porter plainte, dissuadées par leurs supérieurs (masculins) qui leur rétorquent qu’un tel acte mettrait leur carrière en péril ou que ces violences sont dans l’ordre des choses, dans le huis clos de l’armée, où les femmes ne sont souvent que trois ou quatre pour plus de cent hommes.

Si certaines obtiennent une condamnation au pénal, celle-ci se traduit rarement par une révocation de leurs agresseurs au sein de l’armée.

Ces derniers peuvent ainsi allègrement rester à leur poste, tandis que, la plupart du temps, les victimes, elles, sont mutées, loin de leur bourreau, le temps que l’affaire se tasse et ne devienne plus qu’un mauvais souvenir. Dans d’autres cas, elles se font oublier d’elles-mêmes en partant en congé maladie pour cause de dépression…

L’enquête interne du ministère de la Défense «visera en particulier à présenter et commenter les suites professionnelles, disciplinaires et judiciaires données notamment aux cas évoqués (NDLR : dans le livre), tant du côté des agresseurs présumés que des victimes», a indiqué Jean-Yves Le Drian dans une lettre adressée à l’Inspection générale des armées et au Contrôleur général des armées.

Les services concernés devront rendre leurs conclusions d’ici fin mars. Ils devront formuler des recommandations censées constituer «un plan d’action vigoureux» pour combattre de tels agissements.

La mise en place d’une organisation simple et efficace «pour améliorer la remontée d’informations complètes sur ces sujets et en assurer un suivi fiable» devra également être étudiée, en s’inspirant de ce qui se fait dans d’autres ministères.

«On se réjouit que les choses puissent bouger», a réagi Julia Pascual, l’une des auteures de «La Guerre invisible», interrogée par LeParisien.fr.

Cette journaliste de Causette a tout de même un doute sur l’efficacité d’une telle enquête, estimant qu’ «il aurait été plus fort de commander un rapport à une commission d’enquête parlementaire».

«Cela aurait été un gage de transparence», a-t-elle ajouté.

C’est ce qui s’est passé l’an dernier aux Etats-Unis, où les violences sexuelles dans l’armée sont un véritable fléau (encore 5 415 cas recensés en 2013) .

Le Congrès a en effet été chargé en 2013 d’enquêter sur les cas de violences sexuelles dans l’US. Army et sur la façon dont elles étaient traitées par la justice militaire.

Cela avait donné lieu, en décembre, à une loi ôtant à tout commandant le droit de contourner une condamnation prononcée par une cour militaire (c’était souvent le cas). Le texte prévoit également de faire passer au civil toute plainte qu’un commandant aurait refusé de traiter.

En outre, tout militaire ayant été reconnu coupable d’agression sexuelle doit désormais être révoqué ou, au moins, sanctionné.

En France, il n’existe aucun recensement de victimes de violences sexuelles tel qu’il en existe aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années déjà. Par ailleurs, «cela fait des années que des parlementaires dénoncent l’absence de la notion de harcèlement sexuel dans le code de l’armée», commente Julia Pascual.

Dans le civil, le harcèlement sexuel est passible de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Dans l’armée, un officier peut décider de qualifier un harcèlement sexuel de simple «comportement inadapté» et de se contenter de condamner l’agresseur à dix jours d’arrêt.

Soit la même sanction qu’un matelot reconnu coupable de n’avoir pas ciré ses chaussures…*

* Ces faits sont rapportés dans «La Guerre invisible», p.140, dans le chapitre «Le cas Isabelle D.». Isabelle D., secrétaire de 25 ans au centre d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA) de Metz, harcelée par son supérieur hiérarchique. Sa plainte n’aboutit pas et elle se voit mutée au Centre de commandement de la Marine nationale, à 333 kilomètres de chez elle, tandis que son agresseur est maintenu à son poste avant d’être simplement mis au placard.

Ce lundi matin, Gwendal Peizerat, champion olympique de danse sur glace en 2002 avec Maria Anissina, a confirmé l’existence d’une véritable omerta dans les hautes sphères dirigeantes concernant des violences sexuelles et psychologiques sur les jeunes athlètes.

Quelques jours après la parution du livre «Un si long silence» de Sarah Abitbol dans lequel l’ex-championne de patinage artistique accuse son ancien entraîneur Gilles Beyer de l’avoir violée, et de l’enquête de L’Equipe dévoilant des agressions sexuelles sur des athlètes mineures, les langues se délient dans le milieu des sports de glace.

«A Nice, par exemple, des parents de patineurs m’ont dit : « On a essayé de dire que notre petite subissait des sévices psychologiques, et quand on en a parlé au président de la fédération, il a soutenu le président du club (…) ». Et je peux vous en citer des tonnes comme ça», enchaîne Peizerat, convaincu que le milieu des sports de glace «vit dans la peur».

Malgré ce grand déballage, Gwendal Peizerat affirme que «tous les clubs ne sont pas contaminés» et se veut même rassurant.

«Beaucoup d’entraîneurs de province ne sont pas comme ça», tranche le champion qui avait recueilli cependant des témoignages sur le sujet lorsqu’il avait fait campagne il y a six ans.

Et les autres sports ?

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Les bénéfices observables d’un mois sans alcool…

Sur le même principe que le Mois sans tabac, la Fédération Addiction veut faire de janvier un mois sobre, pour toutes celles et ceux qui le souhaitent.

Une initiative qui séduit notamment les moins de 30 ans, et qui peut avoir des effets positifs sur la santé, même à court terme.

Après les excès des fêtes de fin d’année, le mois de janvier peut être l’occasion d’adopter un mode de vie plus sain. C’est l’idée du Mois sans alcool, pour la première fois proposé en France par la Fédération Addiction.

Selon l’OCDE, la France est le troisième plus gros consommateur d’alcool au monde avec une moyenne de 11,7 litre d’alcool pur (soit l’équivalent de 130 litres de vin) par an et par habitant.

Cette initiative existe déjà au Royaume-Uni depuis 2013.

« C’est un beau challenge », explique Céline, une participante qui a bu son dernier verre d’alcool avant février dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. A 48 ans, elle se lance ce défi pour prouver que l’on peut s’amuser sans ivresse. « J’aime faire la fête, voir des amis. Je n’ai pas l’habitude de boire de l’alcool tous les jours mais j’ai des occasions assez nombreuses« , précise cette habitante de la banlieue parisienne.

Céline explique avoir déjà reçu des « petites blagues » de la part de ses amis : « tu ne seras pas capable » ou « on ne va plus te voir » mais elle compte bien aller au bout pour « montrer aux autres que c’est possible ».

Le Mois sans alcool questionne aussi sur l’importance sociale accordée aux boissons alcoolisées qui ne sont « pas obligatoires » pour passer une bonne soirée.

La Fédération Addiction espère le même engouement pour le Mois sans alcool en France qu’au Royaume-Uni.

L’an dernier, 4 millions de Britanniques y ont participé. 4 500 français s’étaient également inscrits sur l’application anglaise dont près de 50% avaient moins de 34 ans. « On voit que ce type de campagne attire un public jeune », confirme Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération Addiction.

 

 

 

Juste sous la vidéo, je vous invite à lire ce qu’a écrit Morgane, où elle explique pourquoi elle a dû fermer les commentaires.

 

Sur la page de son blog (en cliquant ici), j’ai beaucoup apprécié les commentaires respectueux des spectateurs.

J’ai aussi aimé la modération et l’équilibre, le respect de la liberté de chacun, dans chaque réponse de Morgane.

Très souvent, vos pensées ne sont que des opinions, des croyances.

Une opinion n’est pas un fait établi, c’est une pensée que l’on peut discuter et contredire.

Voire même changer 😉

Par exemple :

    1. Quelles sont les preuves qui soutiennent votre opinion ? Qu’est-ce qui vous fait dire que les gens à cette soirée vont vous trouver ennuyeux ?
    2. Quelles sont les alternatives ? Existe-t-il d’autres possibilités ? Peut-être que vous aller croiser le regard d’une personne et que vous allez sentir que vous êtes le bienvenu. Il est possible que vous tombez sur un sujet de conversation qui vous passionne. Il est tout à fait concevable que les membres du groupe soient intéressés par ce que vous avez à dire. Trouvez d’autres pensées qui sont à l’opposé de vos pensées pessimistes.
    3. Dédramatiser. Il se trouve que le groupe que vous avez choisi est en train de parler d’un sujet qui ne vous intéresse pas, et pour lequel vous n’avez aucune compétences. Il est donc possible que vous n’ayez rien à dire, que l’on vous trouve ennuyeux et que l’on vous ignore. Est-ce vraiment une catastrophe ? Quelles seraient les conséquences pour vous ? Sont-elles réellement aussi terribles que vous l’imaginiez ?
    4. Y-a-t-il un intérêt d’une pensée pessimiste ? Vous sert-elle vraiment à quelque chose ? Est-elle utile pour vous ?

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Il y a autant de douleurs que d’individus qui souffrent.

Issu des regards croisés de trois spécialistes – un neurobiologiste, un médecin de la douleur et un anthropologue –, ce livre montre que la douleur ne s’élabore pas dans un cerveau amnésique.

Mais au sein d’un système nerveux façonné par le passé singulier et les expériences de chacun.

douleur, psy, Toulouse, Duval-Levesque, hypnose, PNL, mal-être, phobie, cigaretteVoilà pourquoi, sans négliger les progrès considérables de la biomédecine et des neurosciences, il est urgent de remettre le patient au cœur du phénomène douloureux.

Ce qui implique de se focaliser sur son histoire individuelle. Donc sur sa vulnérabilité particulière à la douleur, laquelle relève autant de questions existentielles que de questions biologiques.

Une analyse complète et originale du phénomène douloureux. En même temps qu’un questionnement salutaire sur le rôle possiblement délétère de certains médicaments.

Auteurs

Guy Simonnet est professeur émérite à l’université de Bordeaux. Membre de l’Institut de neurosciences cognitives et intégratives d’Aquitaine du CNRS, il est à l’origine du concept d’hypersensibilité durable à la douleur, observée après l’analgésie induite par la morphine et ses dérivés. Ce regard nouveau sur la prise en charge de l’homme douloureux, qui tient compte de son histoire individuelle, l’a conduit à proposer des stratégies thérapeutiques innovantes, dont une thérapie nutritionnelle.
Bernard Laurent est professeur de neurologie à l’université de Saint-Étienne, membre de l’équipe Inserm NeuroPain, qui étudie les réponses cérébrales à la douleur chez l’homme. Il a consacré sa carrière médicale à la prise en charge de la douleur chronique et des troubles de la mémoire. Membre correspondant de l’Académie de médecine, il a été successivement président des Sociétés françaises de la douleur, de neuropsychologie et de neurologie.
David Le Breton est professeur de sociologie à l’université de Strasbourg. Membre de l’Institut universitaire de France et de l’Institut des études avancées de l’université de Strasbourg (USIAS), il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’anthropologie de la douleur.

 

De quels troubles psychiatriques souffre le Joker ?

Le Joker joué par Joaquin Phoenix laisse peu de spectateurs indifférents.

Il était attendu depuis longtemps par les nombreux fans du personnage ennemi juré de Batman : le film Joker en salle depuis le 9 octobre 2019 a déjà fait couler beaucoup d’encre.

En cause, la brutalité du long-métrage qui suit la déchéance d’un comique raté : Arthur Fleck. « Avions-nous vraiment besoin d’un film brutal sur une figure terroriste blanche qui utilise la violence armée pour se venger de la société qui le rejette ?« , s’interrogeait même dans un billet de blog la journaliste canadienne Kathleen Newman-Bremang, avant de répondre par la négative.

On l’aura compris, « Joker » a mis de nombreux spectateurs mal à l’aise.

Peut-être justement car le personnage est réaliste sur le plan psychologique ?

Qualifié de « terroriste », « d’anti-héros » ou encore de « sociopathe », Arthur Fleck présente plusieurs problèmes psychologiques. L’avis d’une psychiatre, la docteure Françoise Duplex. Attention spoiler.

Arthur Fleck souffre d’une maladie qui induit des fous rires, notamment dans les moments de stress. Est-ce qu’une telle pathologie existe vraiment ?

Françoise Duplex : Il arrive que des personnes aient un fou rire dans les moments de stress : il s’agit là de fous rires défensifs qui ne sont pas forcément liés à la folie. Mais dans le cas du Joker, il pourrait s’agir de « rires immotivés » relevant d’une dissociation idéo-affective. Ils sont alors les témoins d’une discordance psychique et on entre alors dans un cadre pathologique. Même si le film ne va pas jusque-là, les rires du personnage ou d’une personne réelle pourraient très bien être le signe qu’il/elle entend une voix et donc qu’il/elle est sujet à des hallucinations auditives émettrices de messages auxquels il/elle adhère. L’interlocuteur présent ressent un malaise, voire de l’angoisse devant une telle situation. Cela arrive chez les patients schizophrènes qui délirent.

Le personnage est renfermé, maladroit dans ses relations sociales, souffre d’hallucinations puis tombe peu à peu dans la violence après avoir été lui-même victime de sévices durant l’enfance. Quel type de diagnostic poseriez-vous ?

Il y a beaucoup d’éléments en faveur d’un trouble de la personnalité, comme je l’ai évoqué. Maintenant dire que « parce qu’il a subi des sévices, il est conduit à faire de même » est réducteur. En effet, toute personne maltraitée ne s’identifie pas forcément aux conduites d’un bourreau. Cependant, il est vrai qu’un enfant maltraité, « sadisé », soit cassé psychiquement et que cela entraîne des délires. Sans plus de détails, on entre ici dans le domaine de la psychopathologie.

Est-ce que le fait que ce film puisse conduire à avoir de l’empathie pour cet anti-héros est dangereux, et peut pousser des individus à adopter le même comportement ? Est-ce donc un film « dangereux », comme l’ont considéré plusieurs spectateurs sur le net ?

Dans n’importe quel film, le spectateur peut s’identifier au personnage. Mais effectivement, selon moi ce n’est pas une bonne chose de conduire à cela dans un film considéré comme violent. 

Sources: sciencesetavenir.fr, refinery29.com/en-us/2019/09/8407419/joker-violence-racist-movie-reaction

Octobre rose à Toulouse : comment apprivoiser les émotions “négatives” pendant et après un cancer du sein ?

Les émotions, quelles qu’elles soient, sont normales et naturelles.

On en a besoin, même si elles sont par moment désagréables à ressentir. Leur intensité est variable et elles peuvent se manifester de manière différenciée… ça va de l’absence de manifestation (et ça n’est pas un problème) à des manifestations très bruyantes.

Il y a une valorisation de l’expression émotionnelle d’un point de vue sociétal.

Mais on assiste à une injonction paradoxale : on valorise l’expression des émotions mais il faut qu’elles soient maîtrisées.

C’est vrai que personne n’est très à l’aise quand quelqu’un est débordé par les émotions…

Bref on demande aux gens d’avoir des émotions, mais pas bruyantes.

Or le but est que chacun s’exprime comme il peut que ce soit lors du diagnostic, pendant le traitement ou durant l’après cancer.

Il y a des émotions spécifiques associées à l’après cancer ? N’est-ce pas une libération ?

Ce n’est pas forcément aussi simple.

Le traitement d’une certaine manière contenait l’angoisse. Quand les rendez-vous s’estompent, la personne qui a été encadrée, « couvée », « protocolisée » peut se retrouver seule avec un sentiment d’être lâchée dans la nature, abandonnée.

Et puis revenir dans la « vie normale » ne va pas de soi. C’est plus complexe qu’il n’y paraît. Même si la personne a la volonté d’avoir une vie dite normale, elle peut rencontrer des difficultés du fait de son parcours qui lui a fait rencontrer la maladie et la mort. 

Elle revient dans une vie où les repères peuvent avoir changé. Tout comme la dynamique familiale. Elle doit ré-apprivoiser sa vie. Ces personnes ont un manque de visibilité sociale (on parle peu de l’après cancer). Cela ne les rend pas légitimes, alors qu’elles le sont, à s’exprimer et faire reconnaître leur désarroi ou le fait qu’elles peuvent se sentir mal.

En tant que psychologue, quel est votre rôle ?

Chaque personne arrive avec sa propre histoire, sa propre singularité et elle se débrouille avec ce qui se passe. Si elle est trop submergée, c’est important qu’elle ait un espace d’élaboration avec un psychologue. 

Cela permet de comprendre ce qui se passe, observer les processus psychiques en nous, les émotions qui nous traversent, les émotions internes, les pressions…

L’idée est de déplier, de « déplisser » tout ça. Parfois de se délester d’une pensée.

Par exemple, il arrive que les histoires se téléscopent : une patiente dont la mère est morte du même cancer. Même s’il existe des dispositions génétiques ou familiales, il faut décoller sa propre histoire de celle de sa mère. Il peut y avoir identification, téléscopage… Echanger avec un psychologue peut permettre de retrouver son chemin singulier.

Dans la plupart des cas, on aboutit à un apaisement.

La personne peut voir ses ressources propres, se permettre de parler de choses auxquelles elle a peur de se confronter seule ou d’évoquer avec les médecins ou la famille. ça peut être par exemple la question de la mort.

Peut-on parler d’émotions négatives ?

On peut supposer que la peur, l’anxiété, la tristesse, la colère sont des émotions négatives.

En fait, elles sont adaptatives. Lorsqu’on va assister à une agression, on va être envahi par la peur ou la colère. Ce sont des émotions adaptées.

L’idée est de ne pas être dans le jugement des émotions qui nous traversent.

Par exemple, une jeune femme qui est malade depuis toute jeune et qui manifeste son ras-le-bol, mais se culpabilise de cette colère. Elle ajoute de la culpabilité alors que sa colère est légitime et lui permet de tenir de bout par exemple. C’est une émotion adaptée.
 
Il y a une image sociétale : le malade a le droit de se plaindre, mais pas trop. Or quand on est malade, on est parfois anxieux, triste.

Avec cette tyrannie du positif, les patients peuvent être amenés à penser que si le traitement ne fonctionne pas, c’est de leur faute. Parce qu’ils n’ont pas été combattifs par exemple. Ce sont des pensées qui ne servent qu’à « plomber » les gens.

La dépression est une maladie psychique et il est important de consulter un psychiatre.

Mais elle peut constituer un travail psychique important, un travail sur la perte d’un sein par exemple, d’un statut social… et forcément quand on est dans la perte, on est dans la tristesse.

Or ce temps est intéressant, constructif. 

* Les liens html dans l’interview renvoient à une bande dessinée « La guerre des tétons » de Lili Sohn, qui après l’annonce de son cancer du sein en février 2014, fait face à toutes les étapes, du diagnostic à l’après cancer et ce qu’elle va faire de son « nouveau moi ».

Source: tchaogunther.com/a-propos

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Rien de mystérieux, comme vous allez le constater.

Regardez « Quand une mémoire traumatique est réactivée » ci-dessous.

 

 

 

 

Face à des situations de burn-out, «la question qui domine aujourd’hui est: cette personne est-elle particulièrement vulnérable au con­texte qui lui est imposé ?»

Finalement, ainsi qu’il a été décidé par l’Organisation mondiale de la santé après moult hésitations, ce syndrome n’est pas classé dans la liste officielle des maladies mentales.

Mais dans les classifications psychiatriques américaines, l’existence de «troubles liés au contexte professionnel» est confirmée.

Ce flottement montre nos difficultés à tracer des limites à l’entité «burn-out» et combien il soulève de questions cliniques.

S’agit-il d’une maladie dépressive ?

De troubles de l’adaptation avec humeur anxieuse ou état de stress?

Ce terme renvoie en fait à différentes réalités cliniques, et parfois «simplement» à un désarroi.

Le burn-out regroupe plusieurs syndromes et du coup il peut devenir un concept trop imprécis, jusqu’à passer inaperçu.

Le burn-out regroupe plusieurs symptômes, et du coup il peut devenir un concept trop imprécis, jusqu’à passer inaperçu pour la victime.

Par ailleurs, la fréquence des plaintes de clients faisant part d’une souffrance liée au contexte professionnel ne cesse d’augmenter…

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« Exercice solitaire »

Pour assurer ces nombreuses tâches, les directeurs sont souvent seuls, alors qu’ils ont également la responsabilité d’une classe.

Certains bénéficient d’une « décharge », c’est-à-dire d’une personne qui va assurer la classe à leur place, quelques jours par mois, selon la taille de l’école, pour leur permettre d’assurer leur fonction de directeur. Mais pour nombre d’entre eux, les décharges sont inexistantes ou jugées insuffisantes.

Pierre* ne se dit pas accablé par son travail qu’il affirme toujours aimer. Il est directeur d’établissement à Paris et a donc le privilège d’être totalement déchargé. Mais il a également officié dans les Yvelines, pendant une vingtaine d’années sans décharge, et reconnaît qu’assurer la direction et la classe « est juste énorme : on fait deux boulots en un ».

Concrètement, un directeur des écoles est pris entre l’académie, la mairie, les enseignants (dont il n’est pas le supérieur hiérarchique), ses élèves, tous les élèves de l’établissement, les parents d’élèves, puis les associations ou encore les assistantes sociales.

« Aujourd’hui, l’exercice de la direction d’école est un exercice solitaire », affirme à franceinfo Alain Rei, président du Groupement de défense des idées des directeurs d’école (GDID), une association qui milite pour la création d’un nouveau statut spécifique pour les directeurs d’établissement. Et dans les zones reculées, le directeur est réellement livré à lui-même. « A la campagne, vous êtes tout seul dans votre école avec les élèves », insiste Ghislaine. Et d’ajouter : « Il y a déjà un isolement quand on est directeur d’école, et si on n’a pas de collègue, c’est encore pire. »

« Jamais remercié »

Le directeur est donc seul face à son administration, qui n’est pas tendre lorsqu’un incident survient. « Souvent, quand il y a un problème dans votre école avec un élève, ou un parent d’élève, tout de suite, la hiérarchie a un côté suspicieux : ‘Mais comment avez-vous fait ? Et pourquoi vous n’avez pas fait comme ça ?’ C’est extrêmement pénible à vivre », raconte Ghislaine. Véronique Decker estime que, dans un contexte de « judiciarisation croissante », « l’administration ne cherche qu’à se couvrir ». Et de trancher : « L’intérêt de l’élève, l’intérêt de la famille, l’humanité de la relation, tout le monde s’en fout. »

« Le directeur se doit d’être réactif et, en cas de faute, accepter d’être le seul vers qui les reproches convergent. Il est la pierre angulaire du premier degré, mais il n’est jamais remercié », analyse Fabrice.

Le bilan est amer pour Ghislaine : « On veut toujours bien faire. Et on a l’impression que ce n’est jamais assez. On est tous plus ou moins dans les symptômes du burn-out. » De son côté, Madeleine reconnaît « faire partie des directrices qui emmènent leurs problèmes à la maison » et ne cache pas « se laisser parfois envahir par les pleurs ». « On a le sentiment de ne pas y arriver », poursuit Alain Rei.

Un poste mal payé, une formation inadaptée

Des tourments pour un travail débordant, et un salaire qui ne fait pas rêver les enseignants. L’OCDE a demandé à la France, en septembre 2018, de clarifier et revaloriser le statut et le rôle des directeurs d’école primaire en France. En effet, un directeur d’école primaire (maternelle et élémentaire) ne gagne que 7% de plus qu’un enseignant, alors que l’écart est de 41% en moyenne dans les autres pays de l’OCDE.

« Pour tout ce qu’on fait, on n’est pas bien payé. Personne ne se bouscule au portillon » pour les postes de direction, souffle Ghislaine. Pourtant, devenir directeur n’est pas spécialement compliqué. L’enseignant qui se porte candidat passe un oral d’une trentaine de minutes et « presque tous les gens qui passent cet entretien sont admis », affirme Pierre. Résultat : beaucoup de directeurs arrivent en poste sans vraiment réaliser la charge de travail. « Dans la majorité des cas, après un an d’essai, c’est une volonté de rester », assure Fabrice.

La formation des directeurs est également mise en cause. Elle se fait sur trois semaines perlées, c’est-à-dire réparties à différents moments de l’année. Outre cette formation en pointillé, pour Pierre, il y a un « déficit dans la formation en termes de management », soulignant que « parler en public, en réunion, devant les parents ou des représentants, est hyper stressant ».

Une réflexion sur la création d’un nouveau statut spécifique pour les directeurs d’école est en cours. Mais rien n’est encore tranché.

Le ministère de l’Education nationale se contente d’indiquer à franceinfo que « cette réflexion est inscrite à l’agenda social » et qu’elle est « l’un des dossiers les plus importants ».

Il ne peut donner d’échéance ou se prononcer sur des pistes, comme l’éventuelle création d’un statut hiérarchique supérieur pour les directeurs d’école, ou un dédoublement avec un poste de directeur administratif et un autre de directeur pédagogique. En attendant, le malaise risque de perdurer.

Pour tenir, les directeurs s’accrochent « aux sourires des enfants et la reconnaissance des parents », glisse Ghislaine.

Mais pour combien de temps ?

 

*Le prénom a été modifié

Source: franceinfo.fr


Si vous avez besoin d’aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d’un membre de votre entourage, il existe des services d’écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est disponible 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. D’autres informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

Ou prenez rendez-vous avec un psy, qui saura vous écouter, et vous apporter des solutions à votre mal-être.

 

« On fait deux boulots en un » : après le suicide de Christine Renon, des directeurs d’école racontent un « malaise généralisé ».

La mort de Christine Renon, directrice d’une école maternelle à Pantin, a mis en lumière le mal-être de toute une profession.

Elle ne peut contenir ses larmes à l’évocation de la première phrase de la lettre de Christine Renon. Véronique Decker, directrice d’école à Pantin (Seine-Saint-Denis) de 1994 à 2019, est débordée par l’émotion, en relisant les mots de la directrice d’école maternelle, qui s’est suicidée sur son lieu de travail. « Aujourd’hui, samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée », avait-elle écrit dans un courrier de trois pages envoyé à sa hiérarchie et des collègues.

« Cette phrase est terrible, elle est extraordinaire parce qu’elle résume tout en quelques mots », juge la jeune retraitée, qui a longuement milité au sein de Sud-Education. Les obsèques de Christine Renon se déroulent jeudi 3 octobre, en même temps qu’une journée de mobilisation des directeurs et directrices d’école. Son geste a mis en lumière le profond malaise qui secoue la profession.

« Dire que je me reconnais dans les propos de ma collègue est une évidence », lâche Fabrice*, directeur d’une école de six classes dans le sud-est de la France, à franceinfo. Il parle d’« un malaise généralisé ». Pour ce trentenaire non syndiqué, il n’est pas étonnant que Christine Renon évoque son état de fatigue élevé, aussi tôt dans l’année scolaire.

« Septembre, le mois de l’apnée »

« La rentrée d’un directeur d’école se fait rarement à la date de pré-rentrée officielle fixée par l’Education nationale », explique Fabrice. Dès mi-août, il s’agit de « préparer la réunion avec les collègues, gérer les inscriptions tardives, préparer les documents à remettre aux familles, travailler les plannings de réunions, de surveillance, d’utilisation des locaux, etc. », liste le directeur. Ce n’est pas tout. Il faut aussi se coordonner avec la municipalité pour « les imprévus de l’été, comme des travaux en urgence, remettre en état les locaux s’ils ont été utilisés. »

Puis vient septembre. « Le mois de septembre est, pour un directeur, celui de l’apnée », selon Fabrice. Ghislaine*, directrice d’une école de trois classes dans le Sud-Ouest, confirme. « En début d’année, il faut rentrer toutes les fiches dans le système informatique : il faut vérifier tous les numéros de téléphone, toutes les adresses… Cela prend un temps fou. Septembre-octobre, jusqu’aux vacances de la Toussaint, c’est vraiment compliqué », raconte la quadragénaire à franceinfo, qui n’est plus syndiquée depuis quelques années, après avoir longtemps été au Snuipp.

Au menu de la rentrée, Fabrice mentionne également tous les plans et mesures relatifs à sécurité, avec des documents à remplir en version papier et numérique.

Mais au-delà de cette fatigue précoce, les directeurs d’école interrogés par franceinfo pointent, comme Christine Renon, l’accumulation de tâches et d’imprévus au quotidien, « la succession de toutes ces petites actions qui se surajoutent », selon Ghislaine.

Madeleine*, directrice d’une école privée sous contrat d’association dans les Hauts-de-France, évoque pêle-mêle « un conflit entre parents, des choses aussi banales qu’une sortie scolaire où il manque un accompagnateur et à laquelle je dois finalement aller, le manque de papier toilette que je dois aller chercher sur mon temps libre, ou une réunion à 50 km de l’école », compliquant la garde de ses enfants.

 

*Le prénom a été modifié

Source: franceinfo.fr


Si vous avez besoin d’aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d’un membre de votre entourage, il existe des services d’écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est disponible 24h/24 et 7j/7 au 01 45 39 40 00. D’autres informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

Ou prenez rendez-vous avec un psy, qui saura vous écouter, et vous apporter des solutions à votre mal-être.

« Même si ça a été dur,

je veux dire que c’est possible de s’en sortir »

Appelons-la Lorelai, un prénom qu’elle affectionne, découvert dans un livre.

Elle a la trentaine, un beau visage qui s’illumine puis s’assombrit au gré du récit de son existence. Sombre donc, le plus souvent.

Lorelai a subi pendant dix ans le calvaire d’une femme battue.

Originaire d’un pays de l’est de l’Union européenne, elle vit en France depuis plusieurs années, et tient aujourd’hui à témoigner de son histoire, une parmi d’autres, alors que s’est ouvert mardi 3 septembre un Grenelle des violences conjugales pour lutter contre ce fléau, qui touche environ 219 000 femmes chaque année.

« Ce pays m’a donné confiance en moi, ça m’a permis de comprendre que les femmes ont le droit d’être respectées », explique-t-elle en nous recevant dans le salon de son pavillon de banlieue.

Après la découverte chez les parents des camarades de classe de son fils d’un quotidien « sans maltraitance, sans humiliation », elle qui n’avait connu que violences et menaces depuis le début de son mariage a trouvé, dit-elle, la force de rompre avec son bourreau.

Aujourd’hui encore, elle se souvient de son étonnement en allant chez un couple « normal » : « En arrivant ici, je suis tombée sur une autre planète. »

Pour s’en sortir, le chemin a été long et les épreuves, nombreuses.

En témoignent les plaintes, attestations et jugements divers qu’elle montre volontiers. Ils sont aujourd’hui rassemblés dans deux épais classeurs rouges, conservés précieusement.

« Même si ça a été dur, je veux dire que c’est possible de s’en sortir, de quitter tout ça. » « Tout ça », une expression pudique pour désigner les cheveux arrachés par poignées, les coups assénés sur le corps et à la tête, les menaces et les vociférations accompagnées de cette rengaine : « Tu n’es qu’une bonne à rien, une pute, une nulle. »

Lorelai a beau remonter le fil de ses souvenirs, pour savoir si elle aurait pu éviter ces années gâchées, si elle aurait dû se méfier, elle ne trouve rien. Rien dans la cour effrénée faite pendant plusieurs mois ne laissait transparaître la nature de son futur époux, rencontré à la fin de ses études supérieures.

Pourtant, après un mariage de raison plus que d’amour – ce qu’il ne cessera de lui reprocher – « le pire de ma vie a alors commencé », dit-elle. Les disputes éclatent, toujours plus violentes. Les cris, les coups pleuvent. Honteuse, elle cache d’abord les marques à sa famille et ses amis. « Je voulais montrer que j’étais heureuse, que je me réalisais dans ma vie », explique-t-elle…

-> Psychothérapie et/ou coaching : les séances se font à mon cabinet toulousain, ou en télé-séances par Skype, WhatsApp ou Zoom (cliquez sur les liens en haut de ce blog « duvallevesque-psychotherapie-hypnose.fr » pour plus d’informations utiles. Et mailez-moi pour tout conseil dont vous avez besoin)

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