C‘est la première phrase que Sylvie, une cliente, m’a dite.

Elle connaissait déjà la cause de ses crises d’angoisse.
Le problème, c’est que ce n’était pas la bonne.
Depuis des années, elle vivait avec des crises d’angoisse.
Elle connaissait déjà leur explication médicale.
Elle était suivie.
Elle savait que les hormones pouvaient avoir un impact.
Bref… elle avait des réponses.
Et pourtant, les crises devenaient de plus en plus fréquentes.
Quelque chose manquait.
Au début, je pensais que nous allions surtout travailler sur ses migraines. Mais très vite, j’ai compris que ni les migraines… ni même les crises d’angoisse… n’étaient le véritable sujet.
La première pièce est apparue.
Ses crises revenaient souvent après avoir accepté quelque chose qu’elle ne voulait pas vraiment.
Dire oui.
Se taire.
S’adapter.
Comme si son corps exprimait ce qu’elle retenait depuis trop longtemps.
Quelques jours plus tard, une deuxième pièce est apparue.
Depuis l’enfance, elle avait appris à prendre sur elle.
À ne pas déranger.
À faire passer les autres avant elle.
Puis la troisième.
Son quotidien.
Toujours anticiper.
Toujours contrôler.
Toujours être forte.
Toujours tenir.
Et c’est là que tout est devenu cohérent.
Je ne regardais plus une femme qui faisait des crises d’angoisse.
Je regardais un système nerveux qui essayait, depuis des années, de maintenir un équilibre devenu impossible.
Les crises n’étaient peut-être pas le problème.
Elles semblaient être le dernier signal d’un système qui n’arrivait plus à compenser.
Quelques semaines plus tard, elles étaient devenues beaucoup plus rares.
Pas parce que nous avions « combattu » les crises.
Mais parce que nous avions commencé à comprendre ce qui semblait les entretenir chez elle.
C’est pour cette raison que j’utilise souvent l’image du puzzle.
Quand on souffre d’anxiété, on cherche presque toujours LA cause.
Le bon diagnostic.
La bonne méthode.
Le bon thérapeute.
Comme s’il existait une seule explication.
Pourtant, ce n’est généralement pas ainsi que les choses se présentent.
Il y a souvent plusieurs pièces qui s’emboîtent.
Une histoire.
Des apprentissages.
Des habitudes.
Un environnement.
Un système nerveux qui s’est adapté pendant des années.
Et tant qu’on regarde une seule pièce…
L’image reste incomplète.
C’est souvent lorsque les pièces commencent enfin à s’assembler que tout prend un autre sens.
Et qu’un système nerveux peut, progressivement, retrouver davantage de sécurité.
Dites-moi en commentaire :
Avez-vous parfois l’impression de chercher LA cause… sans jamais réussir à comprendre l’ensemble du puzzle ?







