C’est ce que m’a dit Fabienne après 6 mois de thérapie classique.
Je sais que cette phrase peut déranger. Pourtant, c’est exactement ce que m’a raconté Fabienne M. lorsqu’elle est venue me voir.
Elle sortait de 6 mois de thérapie avec une psychologue. Pendant 6 mois, elle avait parlé de son anxiété, de ses peurs, de ce qu’elle ressentait, de son histoire. Elle avait échangé, analysé, essayé de comprendre ce qui lui arrivait.
Elle comprenait beaucoup de choses. Mais dans sa vie quotidienne, rien n’avançait comme elle l’espérait.
Elle avait fini par en avoir assez. Au point de se dire que même si ses séances étaient remboursées, elle préférait chercher une autre approche. C’est finalement par le bouche-à-oreille qu’une amie lui a parlé de moi.
Son histoire pose une question que je trouve fondamentale : est-ce que comprendre pourquoi vous êtes anxieuse suffit à ne plus l’être ?
Si c’était le cas, beaucoup de personnes souffrant de troubles anxieux auraient déjà réglé leur problème depuis longtemps.
Parce que la plupart savent très bien que leur peur est disproportionnée. Elles savent qu’elles ne vont probablement pas s’évanouir dans ce magasin. Elles savent qu’elles sont capables de conduire. Elles savent qu’une accélération du rythme cardiaque ne signifie pas nécessairement qu’une catastrophe est en train d’arriver.
Elles le savent intellectuellement. Elles peuvent même se répéter 100 fois qu’il n’y a aucun danger.
Mais leur corps continue à déclencher l’alarme.
C’est pour cette raison que, dans mon travail, je n’oppose pas la consultation analytique à l’hypnose profonde. J’associe les deux.
Le travail analytique est important. Il me permet de comprendre avec la personne ce qu’elle vit, son histoire, ses déclencheurs, ses évitements et les mécanismes qui entretiennent son anxiété. Il permet aussi à la personne de mettre du sens sur ce qui lui arrive.
Mais ensuite, il faut parfois aller travailler à un autre niveau : celui de ce qui se déclenche automatiquement, en dehors de la volonté consciente.
C’est là que j’utilise l’hypnose profonde, avec notamment des outils comme le signaling ou l’écriture automatique.
Avec le signaling, par exemple, j’établis un mode de communication à travers certains mouvements involontaires convenus à l’avance.
Pourquoi ? Pour contacter les parties inconscientes impliquées, à dialoguer avec elles et à comprendre ce qu’elles cherchent à faire, à éviter ou à protéger.
Parce qu’on peut passer énormément de temps à demander consciemment : « Pourquoi ai-je peur ? » alors que la partie qui déclenche cette peur n’est justement pas consciente.
Voilà pourquoi je refuse les deux extrêmes.
Pour moi, le travail intéressant se trouve dans l’association des deux : comprendre avec le conscient, puis aller travailler avec ce qui échappe au conscient.
Parce que le but d’un accompagnement n’est pas que vous deveniez une experte capable d’expliquer parfaitement pourquoi vous êtes anxieuse.
Le but, c’est que cette compréhension s’accompagne d’un changement réel : conduire, entrer dans un magasin, sortir seule, ne plus anticiper la prochaine crise, etc.






