Le ciel bleu, les longues soirées, le Sud, cette sensation que l’été étire enfin les journées… D’habitude, je prends tout. D’ailleurs, j’habite à Toulouse !
Mais ces derniers jours, je sens surtout que mon corps aimerait bien qu’on lui accorde une pause.
Et ça m’a fait penser à quelque chose que je retrouve souvent chez les femmes que j’accompagne.
Quand on a vécu longtemps avec l’anxiété et connu des crises d’angoisse, la chaleur peut devenir particulièrement inconfortable. Parce qu’elle peut provoquer exactement le genre de sensations que l’on a appris à surveiller : le cœur qui accélère, une respiration différente, des étourdissements, davantage de fatigue, des nuits moins réparatrices…
Pour quelqu’un qui n’a pas peur de ces sensations, la conclusion sera souvent assez simple : « J’ai chaud. »
Mais quand votre cerveau a appris à surveiller votre corps en permanence, une autre pensée peut rapidement apparaître : « Qu’est-ce qui m’arrive ? Et si je faisais une crise ? »
Et parfois, le cercle repart.
Vous remarquez davantage la sensation, elle vous inquiète, vous la surveillez encore plus et cette inquiétude augmente elle-même votre activation. Résultat : votre cœur bat peut-être encore plus vite, votre respiration change et vous obtenez de nouvelles sensations à surveiller.
Ajoutez à cela plusieurs mauvaises nuits, de la fatigue, du stress et la charge mentale habituelle… et votre marge de tolérance n’est forcément pas la même.
C’est aussi dans ces moments-là qu’on peut être tentée de ressortir toute sa boîte à outils.
Respirer. Méditer. Contrôler ses pensées. Se raisonner. Essayer absolument de se détendre.
Ces outils peuvent être utiles. Le problème commence plutôt lorsque chaque sensation inconfortable devient quelque chose qu’il faudrait immédiatement faire disparaître pour se sentir en sécurité.
Parce qu’à force de chercher constamment comment calmer son corps, on peut finir par lui envoyer involontairement un autre message : « Ce que je ressens est dangereux. Il faut absolument que ça s’arrête. »
Et c’est justement une distinction importante dans mon approche.
Sortir du mode survie ne signifie pas réussir à ne plus jamais ressentir d’angoisse, de fatigue, un cœur qui accélère ou une sensation désagréable.
Cela signifie aussi apprendre progressivement à ne plus interpréter automatiquement chaque sensation comme une menace.
Parfois, cela passe simplement par reconnaître : « Là, j’ai chaud. Je suis fatiguée. Mon corps a besoin de récupération. »
Alors oui, on se met au frais. On ralentit si on le peut. On dort. On réduit un peu la charge. Pas nécessairement parce qu’on a peur de ce qui pourrait arriver, mais parce qu’on écoute ce dont notre corps a réellement besoin.
Et toute la nuance est là.
Car se respecter n’est pas la même chose que commencer à organiser sa vie pour éviter toute sensation susceptible de déclencher de l’anxiété.
C’est aussi ce que nous travaillons dans mes accompagnements : comprendre ce qui entretient l’état d’alerte, retrouver progressivement de la sécurité face aux sensations et sortir des évitements qui finissent par réduire la vie.
Pas pour devenir excellente dans l’art de contrôler son corps.
Mais pour pouvoir ressentir quelque chose d’inconfortable sans que votre cerveau déclenche immédiatement : « Danger. »
Aujourd’hui, je ne peux pas négocier avec la météo. Et clairement, j’aimerais bien. 😅
Mais je peux arrêter d’être en guerre contre chaque sensation que mon corps me fait ressentir.
Et vous, est-ce que vous avez remarqué que la chaleur augmentait votre anxiété ou votre hypervigilance cet été ?





