souffrance


Les jeunes rencontrent de plus en plus tôt l’alcool, le tabac et le cannabis.

Alors que les jeunes Français de moins de 16 ans viennent d’être sacrés « champions du pétard », les spécialistes s’inquiètent sur l’explosion des addictions de toute sorte. Entre répression et prévention, il n’y a pas une réponse unique.

Il y a l’alcool, le tabac, la drogue.

Mais il y a aussi la nourriture, le jeu, l’argent, le sexe et internet.

Les addictions comportementales concernent des millions de gens en France et ne cessent d’augmenter. « C’est la plus grande question de santé publique », prévient Jean-Pierre Couteron, le président de la fédération Addiction qui tient congrès jusqu’à demain à Toulouse. Pour se pencher sur une crise sanitaire qui ne dit pas son nom.

« Nous sommes dans une société addictogène qui valorise, la rapidité, l’intensité, le plaisir, la nécessité d’être à la hauteur. Le problème ce n’est pas le produit lui-même. Le problème existe souvent avant même qu’on rencontre le produit », souligne-t-il.

Et côté drogue, les indicateurs sont alarmants pour les nouvelles générations.

L’enquête européenne Espad, qui est réalisée tous les cinq ans, vient de sacrer les jeunes Français « champions du pétard » et de l’alcool. Avec ce constat : 24 % des adolescents âgés de 15 et 16 ans consomment du cannabis au moins une fois par mois. « Le discours parental du ne te drogue pas est en contradiction avec la pression du discours social ambiant, note Jean-Pierre Couteron. Les âges d’entrée dans la dépendance sont de plus en plus précoces. Or un ado déscolarisé, qui perd trois à quatre mois à cause du cannabis, met parfois des années à rattraper le temps perdu »

Comment endiguer un phénomène qui se conjugue rapidement avec la précarité psychologique et sociale ?

« Il ne faut pas une réponse unique, avertit Jean-Pierre Couteron, mais une politique cohérente. Avec la seule répression, on voit bien qu’on n’y arrive pas. Il faut changer notre façon de travailler. Il faut être capable d’intervenir plus tôt, partout sur les lieux où l’on consomme. Nous ne devons plus être là pour interdire, mais pour faire comprendre aux jeunes ce qu’ils risquent et qu’ils ne sont pas seuls ».

Alors quid du débat sur la dépénalisation du cannabis relancé par Cécile Duflot, la nouvelle ministre de l’Égalité, des territoires et du Logement ? « Ce n’est pas parce qu’on légalisera le cannabis qu’on réglera la question, insiste le président de la fédération Addiction. On arrêtera simplement d’arrêter des gens pour rien. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut pas faire que punir ».

D’autant que l’offre s’adapte en permanence.

Dans le monde de la nuit, de nouveaux produits chimiques mis au point par des labos sauvages et achetés sur internet jouent avec des molécules pas encore interdites. Tout va très vite. Au nom d’un plaisir toujours éphémère.


« Ces libertés qui nous échappent »

L’alcool, c’est 70 000 morts par an.

Le tabac 30 000.

Voilà pour les chiffres des addictions qui peuvent se comptabiliser concrètement en terme de maladie ou d’accidents.

Mais il y a des addictions moins visibles dont le coût sanitaire et social est aussi important (internet, jeux d’argent, en ligne, sexe, nourriture…). Jusqu’à demain, au centre des congrès Pierre Baudis, médecins, psychologues, chercheurs, universitaires, infirmiers, travailleurs sociaux, et représentants des institutions, font le point de leurs pratiques et échangent sur leurs connaissances sur le thème « addictions et précarités, ces libertés qui nous échappent ». Le directeur général de la santé, Jean-Yves Grall sera là en plein débat sur la dépénalisation du cannabis… relancé un peu vite par Cécile Duflot.

 

Références: Gilles-R. Souillés, ladepeche.fr, Espad

 

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Votre mariage vire à La Guerre des Rose.

Votre conjoint vous mène une vie d’enfer, mais il faut vous armer de courage tant que la séparation n’est pas prononcée.

Dans ce contexte explosif, il ne vous est pas facile de garder votre sang-froid et votre concentration pour travailler.

Alors, comment vous y prendre pour ne pas planter votre vie professionnelle ?

 

1 – Soignez votre apparence
Pas question d’arriver au bureau avec une barbe naissante ou le chignon en bataille, vêtu(e) d’une chemise ou d’un corsage défraîchis. C’est lorsque vous avez envie de vous laisser aller que vous devez redoubler de vigilance. Faites du pressing et du centre de bronzage de votre quartier des alliés. Un costume ou un tailleur impeccables et une mine hâlée vous regonfleront le moral. Souriez, vous êtes en représentation.

2 – Ne faites aucune confidence
L’entreprise n’est pas un bureau des pleurs. Même si vous en crevez d’envie, ne faites aucune confidence à vos collaborateurs ou à vos confrères. La moindre faiblesse pourra être exploitée plus tard contre vous. Bien sûr, on aura remarqué que vous avez fondu dans vos pantalons. Alors, si l’on vous dit « que se passe-t-il ? », répondez « je divorce », sans plus de commentaires. Dans cette période, il vous faut jouer le rôle de quelqu’un pour qui tout va bien, comme si vous étiez le comédien d’une pièce de théâtre. Ça fait deux jobs en un dans la même journée, mais ça marche !

3 – Faites-vous accompagner
Vous êtes dépressif et vous ne dormez plus ? A ce rythme-là, vous risquez de perdre votre job. Faites-vous accompagner par un psychothérapeute en TCC, qui saura vous remettre rapidement d’aplomb.

4 – Rapprochez-vous de vos ami(e)s
Ne passez pas vos soirées à ressasser vos problèmes. Voyez vos très bons amis, ceux qui vous écoutent et ne vous jugent pas, ceux qui vous aiment tel(le) que vous êtes. Même dans les moments de désespoir, tâchez de garder votre humour, tentez un mot d’esprit. Franchement, la vie vaut-elle la peine d’être prise au sérieux ?

 

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Profiter de la crise pour faire peau neuve ?

Et si vous mettiez à profit ce moment de détresse passagère, pour vous poser des questions ?

Si vous êtes mal ce n’est peut-être pas un hasard.

« Tout a un sens. Si le mécanisme s’enraye cela veut dire qu’il y a quelque chose qui ne va plus. »

Alors, le problème n’est plus de ne pas se sentir bien dans ses bottes mais de se poser la question du pourquoi on ne va pas bien, quitte à se remettre en cause. Pour ce faire, il faut être « courageux et humble. C’est quoi le burn out sinon un court-circuit qui intervient lorsqu’il y a trop de tension ? »

Suivant une démarche existentielle, voyez la crise comme « une opportunité » de donner du sens à votre vie. « Le moment de difficulté peut être le début d’un changement positif : l’occasion nous est donnée de reprendre notre vie en main .»

 

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A quoi cela ressemble-t-il d’être le partenaire d’un dépendant sexuel?

Les avis sont partagés. Le sentiment de solitude, ainsi que l’impression que l’autre ne peut pas s’ouvrir et montrer sa véritable nature, sont toujours ressentis. Il y a aussi la confusion venant de l’impuissance que l’on ressent devant l’insatisfaction de l’autre en dépit de tous nos efforts. On peut aussi ressentir de la colère à cause des nombreux besoins qui ne sont pas comblés en tant que personne.

Est-ce que les partenaires de dépendants sexuels peuvent se faire aider, même s’ils sont seuls à recevoir de l’aide?

Oui, même si la dépendance est niée. Les sentiments de colère, de perte, de solitude et autres vont au fil des ans affecter le partenaire d’un dépendant sexuel. Il faut affronter ces sentiments et les traiter, que l’on reste en couple ou non. La dépendance ne dépend en effet pas du partenaire, car elle a souvent commencé avant même que le couple ne se forme. Cette dépendance aurait grandi et fait du mal à tout autre partenaire.

Peut-on en guérir?

Oui, on peut guérir de la dépendance sexuelle.

Cela demande du temps et des efforts, une quarantaine de séances en moyenne, mais avec de l’aide et du soutien d’un thérapeute formé en addictions, le dépendant sexuel peut être guéri dans les aspects émotionnels, relationnels, sexuels, financiers.

Peut-on se procurer des études sur les dépendances sexuelles?

Des recherches et des études ont été faites. Leur liste est mise à jour chaque semaine par les centres de conseil: “Heart to Heart Counselling”, ainsi que des procédés pratiques de guérison tels que “101 Practical Exercises for sexual addiction recovery ” (101 exercices pratiques pour se libérer de la dépendance sexuelle) ou des groupes de discussions tels que “Twelve Step” (Douze étapes).

Les femmes peuvent-elles aussi être dépendantes sexuelles?

Oui ! Le nombre de femmes désirant se libérer d’une dépendance sexuelle ne cesse d’augmenter. Les comportements sont les mêmes que pour les hommes: masturbation, pornographie, activité sur Internet, rencontres et relations amoureuses anonymes. Une vingtaine de femmes guéries ont écrit ensemble le livre  “She Has a Secret: Understanding Female Sexual Addiction” (Elle a un secret – Comprendre les dépendances sexuelles des femmes). C’est un livre excellent pour toutes les femmes concernées.

Y a-t-il moyen d’éviter cela à nos enfants?

Oui ! Même si de nombreux patients racontent que leurs pères étaient des dépendants sexuels (pornographie, relations extra conjugales, prostituées, etc.), ils disent aussi avoir reçu de mauvaises ou peu d’informations sexuelles pour compenser. Si vous comprenez l’anglais, la vidéo “Good Enough to Wait” est la première vidéo de cette sorte qui aident les enfants à comprendre le lien entre les pensée et le sexe, les effets pervers de la pornographie, comment avoir des relations sexuelles satisfaisantes à long terme, etc. C’est la meilleure combinaison d’étude sexuelle et de principes spirituels qui offre aux jeunes des informations à la fois bonnes et actuelles.

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Qu’est-ce que la dépendance sexuelle ?

La dépendance sexuelle est pour certaines personnes une manière de soigner leurs sentiments et/ou de faire face aux tensions, de telle sorte que leurs comportements sexuels deviennent le principal mécanisme de défense face au stress. En général, la personne concernée ne peut pas supporter d’être privée de relations sexuelles pendant tout le temps où elle est seule. Une personne dépendante sexuelle passe beaucoup de temps à la recherche de l’assouvissement de ses fantasmes ou de ses comportements sexuels. Elle peut encore être sous l’emprise de pratiques sexuelles particulières.

Pourquoi devient-on dépendant sexuelle ?

Cela diffère selon les personnes, mais de manière générale, il existe des raisons biologiques, psychologiques et spirituelles. Voici une courte explication des raisons qui font que quelqu’un devient dépendant sexuel.

La raison biologique, c’est quand quelqu’un a habitué son corps à recevoir de l’endorphine et des enképhalines, ce qui se fait principalement quand on fantasme au moment de l’éjaculation, et ce qui produit alors dans le cerveau ces deux produits chimiques.

La raison psychologique vient du besoin de guérir ou d’échapper à des abus sexuels, émotionnels ou physiques. Ceci se trouverait dans une substance produite par l’activité sexuelle, habituellement avant l’alcool et les drogues.

Et spirituellement, ce serait une manière de combler le manque de Dieu. Dans ce cas-là, le sexe devient une spiritualité qui réconforte, qui glorifie la personne et qui est toujours disponible et actuel. Les dépendants sexuels combinent souvent deux de ces raisons, voire les trois.

C’est pour cette raison qu’il vaut mieux s’adresser à un thérapeute en psychothérapie (pas un psychiatre ou un psychologue) quand on veut se libérer d’une dépendance sexuelle sans médicament.

Quelle est la différence entre dépendance sexuelle et grande activité sexuelle ?

Cette question est posée à chaque émission radio ou télé sur le sujet. Une personne qui a une grande activité sexuelle est satisfaite sexuellement. Cela n’a rien à voir avec une fixation car face à un refus, cette personne ne s’imagine ni être totalement rejetée, ni être obligée de rompre ou de quitter les lieux à cause de cela, ou ce genre de choses. Si un refus de relation sexuelle vous pousse à ce type de fonctionnement, vous pourriez bien avec des problèmes de dépendance sexuelle.

Peut-on être dépendant de la masturbation ?

Oui, et c’est la dépendance sexuelle la plus répandue. C’est habituellement le premier comportement sexuel que l’on a régulièrement. C’est en général par là que commencent les compulsions sexuelles de dépendances, et ce comportement, sans tenir compte des autres comportements acquis, reste en général actif.

La pornographie joue-t-elle un rôle dans les dépendances sexuelles ?

La pornographie associée à l’habitude de se masturber est souvent la pierre d’angle des dépendances sexuelles. Beaucoup de dépendants sexuels ont de grandes difficultés à se libérer de cette combinaison de comportements. La pornographie et ses fantasmes créent un monde irréel que les dépendants sexuels traversent pendant leur adolescence. Cela se développe ensuite et crée un objet relationnel qui conditionne leurs émotions et leur sexualité de telle sorte qu’ils éprouvent du plaisir ainsi des centaines de fois avant d’avoir une relation sexuelle avec une personne réelle.

Peut-on être dépendant sexuel et ne pas avoir de relation sexuelle avec son partenaire ?

OUI !  On appelle cela de l’anorexie sexuelle. Cela advient quand la personne préfère les fantasmes et le monde des fantasmes avec elle-même au détriment de la relation sexuelle avec son partenaire. Le dépendant sexuel évite en fait les relations sexuelles. Ces couples n’ont donc que peu de relations sexuelles, et quand ils en ont, c’est à la demande de celui des deux qui n’est ni dépendant, ni anorexique sexuel.

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« Je passe ma vie à l’obscurcir

parce que

la lumière me gêne »

Boris Vian

Après le harcèlement sexuel, le harcèlement moral suspendu à une QPC

Le tribunal correctionnel d’Epinal a accepté de transmettre, jeudi 10 mai, une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) relative au harcèlement moral, qui suspend l’ensemble des procédures en France, a-t-on appris auprès de l’avocat qui l’a soumise.

Me Stéphane Giuranna estime que la notion de « harcèlement moral » est aussi floue que celle de « harcèlement sexuel », dont la loi a été censurée le 4 mai par le Conseil constitutionnel.

« Le tribunal a estimé que le motif d’inconstitutionnalité soulevé était sérieux et a transmis la requête à la Cour de cassation », s’est réjoui Me Giuranna, avocat d’un prévenu qui devait comparaître devant la juridiction correctionnelle jeudi après-midi.

Chef d’entreprise, il était poursuivi par plusieurs de ses salariés.

UN PROBLÈME DE PRÉCISION DE LA LOI

Selon l’avocat, les raisons qui ont conduit les Sages à censurer la loi sur le harcèlement sexuel doivent produire les mêmes effets sur celle relative au harcèlement moral.

« Le Conseil constitutionnel a estimé que la définition de ‘harcèlement’ n’était pas bien définie. Il en va exactement de même pour le harcèlement moral, puisque les deux infractions sont issues de la même loi, du 17 janvier 2002 », a expliqué l’avocat.

« Le fait de ‘harceler autrui’, c’est flou. La notion d »agissement répétés’, on ne sait pas ce que ça veut dire : il y a un problème de précision de la loi, puisqu’on ne sait pas quels agissement peuvent tomber sous le coup de la loi », a-t-il poursuivi.

Le Conseil constitutionnel a décidé le 4 mai de l’abrogation immédiate de la loi sur le harcèlement sexuel, dont il a jugé la formulation trop floue.

En raison de cette décision, toutes les procédures en cours pour harcèlement sexuel sont annulées.

La Cour de cassation a désormais trois mois pour se prononcer sur la QPC, avant une éventuelle transmission au Conseil constitutionnel.

Durant ce délai, toutes les procédures en cours pour harcèlement moral sont suspendues.

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Référence: Agence Nationale de Sécurité Alimentaire

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Le cancer coûte cher aux patients

Le cancer entraîne pour de nombreux malades des baisses importantes de revenus, des frais supplémentaires et des difficultés pour se réinsérer dans le monde du travail, selon une enquête diffusée mercredi par la Ligue contre le cancer.

60% des personnes qui étaient actives au début de leur maladie, déclarent avoir subi une baisse de revenus, selon les résultats de cette enquête «Dopas» conduite auprès de 1 700 malades par la Ligue.

La diminution de salaire est la conséquence de l’arrêt de travail et d’un remboursement partiel par le système de prévoyance qui, souvent, ne tient pas compte des primes et heures supplémentaires.

Ces difficultés financières exacerbent «le sentiment de dévalorisation déjà très présents dans la maladie et la baisse ou perte de revenus (…) peut être vécue comme une mort sociale», souligne la Ligue contre le cancer dans les conclusions de cette enquête.

Dépassements d’honoraires, prothèses capillaires non remboursées, crèmes «de confort» contre les brûlures des radiothérapies, frais de transport pour aller suivre les traitements ou frais de garde pour les enfants : le cancer entraîne de nombreux frais non remboursés par la sécurité sociale et les mutuelles, qui s’ajoutent aux baisses de revenus.

 

Références : legeneraliste.fr, VMEH

Quelle définition vous pourriez donner à la boulimie ?

Catherine Hervais : Je crois qu’on peut voir la boulimie comme un réflexe de survie.

Elle est habituellement regardée comme trouble du comportement alimentaire (TCA), mais j’observe dans ma pratique que ce TCA traduit en réalité un trouble de l’identité : même quand on réussit très bien sa vie sociale, on a peur du regard de l’autre, on ne sait pas qui on est, on a toujours peur de déplaire, on se sent vide, un vide qui fait mal, qui prend toute la place et qui ne s’apaise que lorsqu’on mange. La boulimie est donc la réponse (même si ce n’est pas la meilleure) à une angoisse profonde, elle-même reliée à un trouble de l’identité.

La boulimie est-elle une maladie typiquement féminine ?

C. H. : Non, il y a aussi des hommes boulimiques mais ils sont moins nombreux que les femmes. Selon une étude du Journal Britannique de Psychiatrie qui date de 2005 il y aurait 18 femmes pour un homme. Chez l’homme la boulimie se vit exactement comme chez la femme (certains se font vomir, d’autres pas), avec le même sentiment de ne pas être à la hauteur, la même peur de déplaire, le même vide, la même souffrance au quotidien.

Quels sont en général, les grands déclencheurs de cette maladie ?

C. H. : Généralement la boulimie commence à se manifester vers l’adolescence, au moment où l’on a besoin d’exister par soi-même et non plus à travers l’image de ses parents. Comme on se sent vide, on a peur de ne pas être à la hauteur et cela se focalise par le besoin de plaire, et notamment par le besoin de plaire avec son corps (d’où les préoccupations de silhouette : il faut ressembler aux plus beaux de ce monde, aux top-modèles notamment, sinon on déprime). La boulimie peut également se déclencher plus tard, lorsqu’on se retrouve dans une situation de solitude, par exemple lorsqu’on quitte le foyer des parents pour s’installer dans un lieu à soi, ou bien après un divorce, après la perte d’un être cher (même à 50-60 ans), c’est-à-dire lors d’une situation où il y a nécessité d’affirmer son identité en tant que personne autonome. Cela dit on voit également des enfants boulimiques de très jeune âge (probablement parce qu’ils se sentent déjà très seuls). C’était le cas de Guy Carlier, par exemple, qui raconte son histoire dans son livre Le Cœur au Ventre.

Symboliquement, qu’est-ce qui fait que la nourriture devient un refuge pour les malades ?

C. H. : Les personnes boulimiques sont dans un contrôle permanent, de l’alimentation (même si elles finissent toujours par craquer) et de leur image. Manger c’est le seul moment où elles sont elles-mêmes, où leur inconscient se lâche, où elles ne jouent pas. C’est généralement un moment solitaire d’ailleurs, même quand on « boulime » devant des gens, on n’est pas vraiment avec eux, on fait semblant, on est avec soi-même.) C’est peut-être finalement le seul moment où on est avec soi-même ! Symboliquement donc, la nourriture est un refuge, parce qu’on est enfin avec soi-même et parce que ça renvoie aussi à la sensation qu’on a connu quand on était nourrisson lorsqu’on avait la bouche pleine. La bouche pleine, c’est la présence rassurante d’une mère idéale dont on a tout le temps besoin et qui serait tout le temps là *.

En quoi la boulimie peut-elle être différente des autres formes d’addiction ?

C. H. : Il n’y a pas vraiment de différence, on a le mental et le comportement d’un drogué. Sauf sur un point : je me suis rendue compte à travers ma pratique que la personne boulimique n’avait pas besoin d’un sevrage préalable, contrairement aux addictions à l’alcool et au drogues dures qui altèrent les capacités de réflexion et de jugement. Le fait qu’il n’y ait pas vraiment besoin de sevrage préalable rend la psychothérapie un peu moins difficile. Quand il faut se sevrer d’une addiction, ça rend très nerveux, très fragile et peu disponible à la psychothérapie. Avec la boulimie, on peut commencer par la psychothérapie. Et étonnamment, quand la psychothérapie marche, la boulimie s’arrête toute seule, sans effort de volonté, parce qu’il n’y a pas d’accoutumance à la nourriture une fois qu’on a « réparé » le manque de confiance en soi. Bien sûr, il y a des cas de boulimie où le sevrage est nécessaire : quand une personne se noie dans la nourriture, qu’elle ne sort plus de chez elle, qu’elle grossit d’une manière trop rapide, ou bien, au contraire, quand une personne boulimique se fait vomir tout le temps et maigrit de manière inquiétante. Dans ce cas, évidemment, on passe d’abord par un service hospitalier et on fait la psychothérapie plus tard, quand la personne a plus de forces physiques et mentales.

Référence: documentaire de france5

* vieille interprétation psychanalytique, sujette à caution et rejettée par les thérapeutes modernes. Dans toute ma pratique professionnelle, face à leur douloureuse compulsion, aucune de mes clientes ne m’a confirmé ce souvenir de nourrisson (!) et cette recherche de mère idéale, soyons sérieux ! Chaque cliente à sa propre explication. F.Duval-Levesque

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Êtes-vous dépendant(e) au travail (workaholic)?

Voyez les 7 critères de l’échelle de Bergen.

Des chercheurs norvégiens et britanniques, dont les travaux sont publiés dans le Scandinavian Journal of Psychology, ont développé un test d’évaluation de la dépendance au travail (workaholism), l’Échelle d’addiction au travail de Bergen (Bergen Work Addiction Scale). Ce test est basé sur le modèle des critères diagnostiques de l’addiction en général dont celles aux substances psychoactives.

Cecilie Schou Andreassen et ses collègues des universités de Bergen et Nottingham Trent ont élaboré ce test sur la base d’une étude menée avec 12 135 employés de 25 entreprises. Des études de validation menées avec des groupes de différents secteurs de travail montrent que les résultats concordent avec ceux d’autres tests de dépendance au travail.

L’échelle comporte 7 items qui reflètent les critères de base de l’addiction. Voyez si vous rencontrez ces critères.

Pour chacune des questions suivantes, indiquez leur fréquence:

1 : Jamais
2 : Rarement
3 : Parfois
4 : Souvent
5 : Toujours

  • Vous réfléchissez à la manière dont vous pourriez libérer plus de temps pour travailler
  • Vous passez beaucoup plus de temps à travailler que prévu initialement
  • Vous travaillez afin de réduire des sentiments de culpabilité, d’anxiété, d’impuissance ou de dépression
  • Des personnes vous ont suggéré de travailler moins sans que vous les écoutiez
  • Vous devenez stressé(e) si vous ne pouvez pas travailler
  • Vous dépriorisez les hobbies, les loisirs, ou l’exercice à cause de votre travail
  • Vous travaillez tellement que cela a nuit à votre santé.

Un notation de 4 ou 5 à 4 items ou plus indique une dépendance au travail, indique la chercheuse.

Des études, rappelle-t-elle, ont montré que la dépendance au travail est associée à l’insomnie, aux problèmes de santé, à l’épuisement professionnel et au stress ainsi qu’aux conflits entre le travail et la famille.

Références: psychomedia.qc.ca, eurekalert.org, The University of Bergen

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Connaît-on le mécanisme des attaques de panique ?

Dr Laurent Chneiweiss : On pense qu’elles sont liées à une hypersensibilité à l’oxyde de carbone. En cas de baisse de la concentration d’oxyde de carbone dans le sang, des récepteurs situés dans le tronc cérébral déclenchent une alarme de fausse suffocation. Quand les sujets se trouvent dans un endroit un peu stressant, comme un endroit confiné, ils augmentent leur rythme respiratoire et se mettent en respiration superficielle, en haletant.

De ce fait, ils inhalent l’air qu’ils viennent d’expirer et augmentent leurs taux sanguins d’oxyde de carbone, ce qui déclenche la crise. Le mécanisme de l’attaque de panique serait ainsi l’inverse que celui avancé pour la crise de tétanie. Il correspond au syndrome d’hyperventilation des Américains. Ce n’est pas la seule cause d’attaque de panique, mais c’est une cause très fréquente, lorsque les signes respiratoires sont au premier plan. Ce qui est cocasse c’est que les “spasmologues” recommandent souvent de respirer dans un sac pour faire cesser la crise, comme dans le cas de la crise de tétanie, afin d’augmenter la teneur du sang en oxyde de carbone. Cette technique apaise assez régulièrement la crise. Pourtant elle est totalement contraire à la théorie d’une hypersensibilité à l’oxyde de carbone. Alors pourquoi marche-t-elle ? Tout simplement parce que respirer dans un sac c’est difficile. Les personnes sont obligées de ralentir leur rythme respiratoire et donc de cesser leur respiration superficielle. La crise s’arrête à partir du moment où les personnes retirent la tête du sac et respirent normalement. Le sac les a distrait de leur crise et les a contraint à respirer plus calmement.

Comment traiter vous ces patients ?

Dr Laurent Chneiweiss : Nous essayons de leur faire comprendre qu’avec des techniques dérivés de la relaxation, ils peuvent éviter les crises et retrouver leur autonomie. Pour les aider à contrôler leur crise de panique, on leur apprend à ralentir leur rythme respiratoire et à retrouver une respiration abdominale plutôt qu’une respiration thoracique. On les fait respirer de manière rapide et superficielle pour qu’ils éprouvent les premiers symptômes de panique, puis progressivement ont les amène à calmer leur respiration pour faire cesser les troubles.

Quel est l’intérêt des thérapies médicamenteuses ?

Dr Laurent Chneiweiss : Aucune étude rigoureuse n’a été menée pour évaluer l’intérêt du magnésium ou du calcium dans les attaques de panique ou l’anxiété. Les antidépresseurs à faible dose sont efficaces, autant qu’une marche rapide de 30 minutes par jour.

Malheureusement, beaucoup de spasmophiles sont traités par des médicaments autres, comme les bêta-bloquants, parce qu’ils se plaignent de palpitations. Les médecins ont tendance à traiter chaque symptôme, sans identifier la maladie qui se cache derrière. Il est important de rechercher les problèmes d’anxiété et de dépression. La dépression est le premier diagnostic à évoquer.

Dans tous les cas, une psychothérapie comportementale et cognitive pourrait permettre d’apporter une solution définitive à la spasmophilie.

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Spasmophilie : rechercher la dépression cachée…

Spécificité bien française, la spasmophilie n’est pas connue de nos voisins anglais ou américains. Quelles en sont les causes ? De nombreuses hypothèses sont avancées : trouble anxieux ou dépressif, une anomalie du magnésium… Le Dr Laurent Chneiweiss, psychiatre et spécialiste de l’anxiété, donne son point de vue sur la question.

Vous voyez régulièrement en consultation des patients dits « spasmophiles ». Comment définiriez-vous la spasmophilie ?                  

Dr Laurent Chneiweiss : La définition clinique de la spasmophilie n‘existe pas vraiment. Mais quand on regarde les symptômes décrits dans les articles sur la spasmophilie, ceux-ci ont trait soit à la dépression (ralentissement psychomoteur, difficultés de concentration, tristesse, somatisation…), soit à l’anxiété, avec en particulier ces fameuses crises de spasmophilie.

Spasmophilie : rechercher la dépressionAinsi, si l’on décrypte ces symptômes selon les critères de diagnostic des maladies psychiatriques (DSM), on tombe systématiquement sur les diagnostics d’épisodes dépressifs majeurs ou de troubles anxieux, d’anxiété généralisée ou plus souvent troubles paniques. Quand les patients décrivent leurs crises de tétanie, il s’agit avant tout d’attaques de panique.

Pouvez-vous préciser ce qu’est l’anxiété ?

Dr Laurent Chneiweiss : L’anxiété est caractérisée par un souci excessif à propos de problèmes mineurs. Elle peut être le symptôme d’un autre trouble, notamment trouble de la personnalité ou dépression. L’anxiété est une manière d’exprimée une souffrance interne.

Mais parfois il s’agit d’un trouble en soi : le fonctionnement psychique est totalement tourné vers une préoccupation ou un danger bien particulier, entraînant des conduites d’évitement. Par exemple, certaines personnes ont peur de se trouver dans des endroits d’où elles ne pourraient pas sortir. Elles redoutent toute la journée d’avoir une crise d’anxiété et évitent les endroits où elles pourraient se produire.

Les symptômes de la crise de spasmophilie (impression d’étouffer, palpitations, peur de mourir ou de devenir fou, vertiges, tremblements, impression de dépersonnalisation, nausées, vomissements…) sont exactement ceux de l’attaque de panique. Certains patients appréhendent en permanence la survenue de crise. Et tout leur comportement tourne autour de cette peur.

Dans l’anxiété généralisée, ce sont tous les petits soucis de la vie quotidienne (argent, famille, santé) qui envahissent la vie. Il s’agit, par exemple, de mères de famille qui passent leur temps à redouter que leurs enfants ou leur mari ne rentrent pas à l’heure.

La suite demain  🙂

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Dans les files d’attente de la CAF : « C’est pas ça, la vie »

Cela se passe pendant l’année de l’élection présidentielle, pas celle-là, la précédente, en 2007.

On est à l’automne, au moment où, dans les fermes et les maisons de la Creuse, on remplit les cuves de fuel en prévision des grands froids.

A Guéret, les agents de la caisse d’allocations familiales (CAF) voient alors arriver des gens qui ne venaient jamais dans leurs bureaux : des retraités avec des pensions de quelques centaines d’euros à peine, mais qui en vivaient silencieusement depuis toujours et se seraient étonnés d’être considérés comme pauvres.

Cette année-là, ils poussent la porte de la CAF, gauches, effarés d’avoir à demander quelque allocation, se présentant tous par la même phrase : « Pour la première fois, je n’ai plus les moyens de faire rentrer le fuel. »

Chargé de la gestion à l’agence, Patrick Perrichon se souvient en avoir discuté avec ses collègues : « On voyait que quelque chose était en train de se passer. Mais quoi ? »

Six mois plus tard éclatait la crise économique. La CAF de Guéret, préfecture de la Creuse, est la plus petite de France : 15 salariés, 17 000 allocataires. Un tiers d’entre eux vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Ici comme ailleurs, cette branche de la Sécurité sociale, chargée de verser les prestations familiales ou sociales (dont le revenu de solidarité active, RSA), est le premier maillon qui relie les Français à l’Etat. Ou alors le dernier.

Retour en 2012, ces jours-ci exactement, juste avant le nouveau scrutin : à la CAF de Guéret, dans le bureau d’Emilienne, il y a Pierrot, cheveux noirs sur le front, blouson de cuir et sourire du joli garçon accoudé au baby-foot. Il vient vérifier le montant de ses allocations, ce qui consiste ici à dévider sa vie. Pierrot est éboueur, 1 100 euros par mois ; sa femme enchaîne des petits boulots. Leur fille va fêter ses 3 ans et la nouvelle sonne comme une catastrophe : l’allocation « jeune enfant » s’arrête (182 euros). « On ne va plus y arriver », annonce Pierrot. Il faudra lâcher l’appartement au village, revenir s’installer chez sa mère. Pierrot parle tout seul : « Et si on arrêtait aussi la nounou ? Et si on vendait la voiture ? »

« ON TRAVAILLE, ON FAIT TOUT CE QU’IL FAUT ET ON SE VOIT TOMBER »

De toute façon, tout est compté, ils ne bougent plus ou presque, s’autorisant de moins en moins l’hypermarché et plus jamais la sortie au lac de Courtille, le dimanche après-midi. « Et si on ne travaillait plus ? Et si on vivait des aides ? Des gens font ça, non ? » Pierrot n’est pas en colère. Il ne jette pas ses phrases, rage aux lèvres, pour annoncer un vote Front national parce que, décidément, trop de gens profitent du système, surtout les étrangers – terme qui désigne ici les Anglais, un temps considérés comme les vampires de la Creuse, achetant nos châteaux et vivant de nos allocs. Non, Pierrot sourit. Il raconte ce monde où les voitures s’arrêtent parce qu’on n’a plus de quoi mettre de l’essence. « On travaille, on fait tout ce qu’il faut et on se voit tomber. C’est pas ça, la vie. » Il regarde par la fenêtre les toits de Guéret dans le vert tendre des prés. Puis, à Emilienne derrière son ordinateur, il demande : « Et vous, vous savez pour qui voter ? »

Patrick Perrichon, à la gestion, tempère. « Cette année, beaucoup de jeunes viennent nous dire la même chose : et si on arrêtait de travailler ? Ils se sentent à la limite, ils ne le font pas, heureusement. » Pourtant, ses collègues et lui se posent la même question qu’en 2007, avant la crise : « Quelque chose est en train de se passer. Mais quoi ? »

Il est 7 h 30, à la CAF toujours, mais à Grenoble cette fois, dans l’Isère. Vu d’ici, Guéret paraît loin, à l’opposé même : Grenoble est une grosse agence urbaine (850 salariés, 216 000 allocataires). L’accueil n’ouvre que dans une heure, mais des personnes commencent à affluer. Ce matin, ce sont deux soeurs blondes, avec le même chignon en pelote posé haut sur la tête, qui sont arrivées les premières. Cela fait des jours que des agents, notamment de la CGT, envoient des SOS : les bureaux sont débordés, ils n’y arrivent plus.

En attendant l’ouverture, on se met à parler présidentielle, presque malgré soi. « Hier soir, j’ai dit à mon mari : éteins-moi cette télé, il y a encore les élections », explique une soeur à chignon. Et l’autre : « Nous, en ce moment, on ne l’allume plus du tout, sauf quand on a des invités, bien sûr. Sinon, ça fait trop triste. » Avant, elles voulaient être coiffeuse. Puis vendeuse. Puis femme de ménage. Maintenant, elles disent qu’elles seront ce qu’on veut, « c’est-à-dire rien pour l’instant », précise l’une, sans fâcherie. Aucune n’a le souvenir d’un fait ou geste de la campagne électorale. A vrai dire, personne n’en a retenu une seule réplique dans la file d’attente ce jour-là. « Pourtant j’ai bonne mémoire, s’étonne lui-même un boulanger devenu déménageur. Je pourrais vous réciter la recette que j’ai vue sur Cuisine-TV. »

La dernière fois, il avait voté Ségolène Royal. Il le regrette. « J’aime gagner, il dit. Je suis un battant. » Une femme annonce qu’elle a choisi Chirac. Quand un Turc derrière elle dans la queue lui révèle qu’il ne se présente pas, elle encaisse rudement le choc. « De toute façon, les politiques ne font que s’envoyer des gros mots entre eux, reprend une soeur à chignon. Avant, au moins, c’est nous qui les engueulions, ça défoulait. Mais même les insultes, ils nous les ont piquées. » Un soleil pâle flotte dans un ciel pâle, les montagnes paraissent très près, juste au bout du parking.

A SAINT-DENIS, QUATRE HEURES POUR ATTEINDRE L’ACCUEIL DE LA CAF

A 8 h 30, un vigile ouvre les portes de la CAF avec une bonne humeur désarmante et pour 1 100 euros par mois. Il complète avec un deuxième boulot le week-end : nettoyer les hôtels des stations de ski. Le patron vient le chercher en camionnette à 5 heures du matin et le ramène le soir. 68 euros. Le vigile a bien observé chaque candidat à l’élection. Il reste perplexe : « Je n’arrive pas à m’identifier à l’un d’eux. »

Le nouveau cahier des charges impose que l’attente n’excède pas vingt minutes : elle culmine parfois à deux heures, ici comme dans les grands centres, le Nord ou Clermont-Ferrand. A Saint-Denis, dans le 93, il faut quatre heures pour atteindre l’accueil. Il y a toujours plus de crise économique, toujours plus de mesures et de législation, toujours moins de personnel : ici, comme dans l’ensemble des services de l’Etat, seul un départ à la retraite sur deux est remplacé, les congés maternité ne le sont plus du tout.

Une dame avec une poussette déplie son relevé de compte pour prouver qu’elle n’a plus rien : ses allocations n’ont pas été versées. « Un dossier met deux mois à être traité en ce moment », répond l’agent. Seize mille attendent dans les Bouches-du-Rhône.

En 2010, Jean-Louis Deroussen, président du conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales (la CNAF, qui regroupe les CAF locales), s’était alarmé d’une possible « implosion ». « En poussant un coup de gueule, il croyait décrocher des effectifs, comme ça se faisait habituellement », raconte un cadre de la caisse. Il a réussi à gratter quelques CDD, pas plus. C’est alors que tout le monde a compris que l’époque avait changé : « La crise ne touche pas seulement les allocataires, mais nous aussi, reprend le cadre. Désormais, il faut faire avec ce qu’on a. »

Aujourd’hui, certaines caisses doivent fermer ponctuellement pour écluser les retards. Partout, les services de travailleurs sociaux se réduisent. Ici, une photocopieuse s’arrête, parce que le contrat d’entretien n’a pas été payé. Des rumeurs de restructuration circulent, des fonctions valsent. Un peu comme à La Poste ou à ERDF, les arrêts maladie et les dépressions augmentent, surtout dans les grands centres. Dans le cadre d’un plan gouvernemental d’urgence sur le stress et les risques psycho-sociaux au travail, une enquête interne menée en 2011 sur l’ensemble de la Sécurité sociale relève que 5 % des salariés ont pu avoir « des pensées mortifères ou suicidaires ».

En ces temps d’élections, reconnaître un manque de moyens reviendrait de fait à s’engager dans la campagne. Jean-Louis Deroussen s’est fait silencieux et prudent, mettant en avant de réelles réussites, comme la décentralisation de la plate-forme téléphonique de Paris à Guéret.

Plus haut que Grenoble, vers Lyon, Vienne est une ville coquette de 30 000 habitants. A la CAF locale, des allocataires apportent des chocolats à Noël et quelques-uns refusent de toucher le complément RSA, par crainte des voisins. Chacun se connaît, y compris les SDF, toujours les mêmes sur le même banc, et personne n’imagine se retrouver, un jour, assis à leurs côtés.

Aujourd’hui, c’est Ben qui arrive au guichet. Couvreur-zingueur, la chemise d’une blancheur de lessive, 2 200 euros par mois jusqu’à l’année dernière : Clara, la femme de sa vie, était fière de le présenter à ses parents. Ils ont eu trois enfants et aussi une ambition : ouvrir un local de restauration rapide. C’était l’idée de Clara, « qui a toujours eu une certaine classe ». Il y a un an, les chantiers ralentissent, Ben ne trouve plus d’embauche. Clara finit par lui demander de partir, gentiment.

« ET SI J’ARRÊTAIS TOUT? »

Pour parler de sa vie maintenant, de sa voiture qu’il ne fait plus rouler depuis qu’il dort dedans, de ce sentiment de n’être plus un homme, Ben a un mot : « Le gouffre ». Quelques fois, il s’assoit au volant, fait tourner le moteur et allume l’autoradio. Alors, il se sent en sécurité. Il se dit qu’il n’est pas à plaindre, que le système social français est le meilleur du monde, il a entendu ça quelque part et le répète avec confiance. Il se met à espérer qu’on va parler football aux informations. Et puis non, c’est encore la voix d’un homme politique, qu’il arrive mal à distinguer des autres. « Pourvu que les gens ne se révoltent pas, pense Ben. Je pourrais tout perdre. »

La femme en face de lui, à l’accueil, ce jour-là, s’appelle Jeanne. Elle doit aller vite, tenir les cadences, « dégager » les gens, c’est le terme officiel. Entre elle et les allocataires de l’autre coté du guichet, il n’y a parfois presque rien : Jeanne a 52 ans, divorcée, une fille, 1 300 euros net. Ça fait un moment que les Chèques Restaurants servent surtout à remplir le frigo et qu’elle oublie de partir en vacances. « C’est la fibre sociale qui me fait tenir », dit-elle. Ici, on est dans « l’Etat d’en bas », comme on a pu dire la « France d’en bas ». En 2009, quand le RSA a été lancé, cela avait été une des surprises à la direction de la CNAF : des salariés de la caisse se sont retrouvés bénéficiaires d’un complément des minima sociaux.

A la CAF de Guéret, Emilienne et sa collègue Martine regardent Pierrot qui s’en va avec son blouson de cuir. Martine se souvient de la naissance de son fils, quand, elle aussi, elle s’est dit : « Et si j’arrêtais tout ? »

Florence Aubenas, lemonde.fr du 18/04/2012

Recevoir un diagnostic de cancer est un événement très stressant.

Dans la semaine qui suit un tel diagnostic, les risques de suicide et de crise cardiaque sont beaucoup plus élevés, selon une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine.

Fang Fang et Unnur Valdimarsdottir de l’Université d’Iceland (Reykjavik) ont, avec leur collègues, analysé les données concernant plus de six millions de Suédois entre 1991 et 2006 dont plus de 500 000 ont, durant cette période, reçu un diagnostic de cancer.

Le risque de suicide durant la première semaine suivant le diagnostic était 12,6 fois plus élevé que chez les personnes sans cancer ayant des caractéristiques similaires et 5 fois plus élevé au cours des 12 premières semaines.

Le risque de décès par crise cardiaque ou autre complication cardio-vasculaire était 5,6 fois plus élevé durant la première semaine et 3 fois plus élevé durant le premier mois.

Les risques étaient les plus élevés (risque de suicide de 16% et de décès cardiaque de 15%) pour les personnes souffrant de cancers difficiles à soigner comme ceux de l’œsophage, du foie, ou du pancréas, des poumons et du cerveau et le moins élevé pour les cancers de la peau. Après un an, le risque de suicide était plus élevé de 80% (un peu moins que le double) et le risque de décès de cause cardiovasculaire de 20%.

Ces résultats montrent à quel point l’annonce d’un cancer constitue un stress psychologique majeur et a un impact bien avant la souffrance émotionnelle ou physique liée à l’évolution de la maladie ou son traitement, concluent les chercheurs.

Ils espèrent que ces résultats puissent favoriser de meilleurs soins pour les personnes qui viennent de recevoir un diagnostic.

Références: psychomedia.qc.ca, Los Angeles Times, Université d’Iceland (Reykjavik)

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La psychanalyse a perdu définitivement le combat.

Dans leurs recommandations de bonne pratique sur la prise en charge des enfants et adolescents souffrant de troubles envahissants du développement (TED), publiées jeudi 8 mars, la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) estiment impossible de conclure à « la pertinence » des interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle, qu’elles considèrent comme « non consensuelles ».

Ce point avait fait ces dernières semaines l’objet d’une intense agitation médiatique, après la publication par Libération, le 13 février, d’un article faisant état d’une version non définitive de ce rapport. A un détail près, la position de la HAS est restée inchangée, augurant sans doute une ère nouvelle dans la prise en charge de l’autisme.

Très attendu des professionnels comme des associations de familles, ce rapport, fruit d’un travail de deux ans, a mobilisé 145 experts, et a été complété par une consultation publique à laquelle ont répondu plus de 180 organisations. Définis comme un groupe hétérogène de troubles se caractérisant tous par des altérations des interactions sociales, de la communication et du langage, les TED concernaient en 2009 une personne de moins de 20 ans sur 150, soit entre 92 000 et 107 500 jeunes.

Une population à laquelle répond depuis des décennies un manque criant de diagnostic et de structures d’accueil, notamment dans le domaine éducatif.

CHANGEMENT DIPLOMATIQUE

Les recommandations de la HAS et de l’Anesm se déclinent autour d’un axe fort : « La mise en place précoce, par des professionnels formés, d’un projet personnalisé d’interventions adapté et réévalué régulièrement » pour les enfants souffrant de TED. Particulièrement préconisées « si elles sont débutées avant 4 ans et dans les trois mois suivant le diagnostic », ces interventions seront fondées « sur une approche éducative, comportementale et développementale, en respectant des conditions de mise en œuvre ayant fait preuve de leur efficacité: utilisation d’un mode commun de communication et d’interactions avec l’enfant, équipes formées et supervisées, taux d’encadrement d’un adulte pour un enfant, rythme hebdomadaire d’au moins 20-25 heures par semaine ».

Pour la première fois en France dans le champ de la pédopsychiatrie, un texte recommande officiellement le recours intensif aux méthodes éducatives et comportementales, dont les résultats prometteurs ont été actés de longue date dans plusieurs pays occidentaux.

Autre point essentiel : l’attention portée à la place et à la singularité de la famille et de l’enfant dans l’accompagnement. Les rapporteurs recommandent par ailleurs aux parents d’être « particulièrement prudents vis-à-vis d’interventions présentées comme permettant de supprimer complètement les manifestations des TED » : aucun traitement ne permet de guérir l’autisme, ni d’en supprimer totalement les troubles.

L’approche éducative et comportementale (type ABA ou Teacch), basée sur des apprentissages répétés, fait donc désormais partie des « interventions recommandées ».

Il n’en va pas de même pour les approches psychanalytiques. « L’absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle », lit-on au chapitre des « Interventions globales non consensuelles ». Un changement diplomatique mais minime au regard de la version de février, qui ajoutait à l’appréciation « non consensuelles » celle de « non recommandées ».

« RÉACTIONS EXTRÊMEMENT PASSIONNELLES »

Face au tollé déclenché par cette version provisoire, la HAS a-t-elle tenté de ménager le milieu pédo-psychiatrique en adoucissant son propos ? « Notre objectif n’était pas d’apaiser le jeu. Nous avons pris bonne note des réactions extrêmement passionnelles qui se sont exprimées, mais nous avons décidé de ne pas modifier notre calendrier ni notre procédure », affirme le professeur Jean-Luc Harousseau, président du collège de la HAS. Constatant que « plus de trente ans après leur introduction, ces méthodes n’ont pas fait la preuve ni de leur efficacité ni de leur absence d’efficacité », il estime qu’il est temps que les psychiatres se remettent en question, et « acceptent une évaluation de leurs actions en fonction de critères d’efficacité sur le comportement des enfants, définis par eux et avec la coopération et l’accord des parents ».

Reste le packing, technique d’enveloppements humides réservés aux cas d’autisme les plus sévères, contre laquelle la plupart des associations de parents s’élèvent violemment depuis des années. Sans grande surprise, la HAS et l’Anesm, « en l’absence de données relatives à son efficacité ou à sa sécurité », se déclarent « formellement opposées à l’utilisation de la pratique du packing ». A l’exception des essais cliniques autorisés et « respectant la totalité des conditions définies par le Haut Conseil de la santé publique », dont l’un est en cours au CHRU de Lille.

>>> Lire notre reportage à Lille, « Une mère, deux enfants, une bataille sans fin ».

Références: Catherine Vincent, lemonde.fr

Pour l’autisme, la HAS propose une prise en charge sur mesure.

En pleine polémique sur le packing ou sur la place de la psychanalyse, la Haute Autorité de Santé a rendu publiques en mars ses recommandations sur la prise en charge de l’autisme.

Comme prévu, ses experts se démarquent de ces deux thérapies et plaident plutôt pour les techniques comportementales, mais sans décerner pour autant à ces dernières un brevet d’efficacité absolue.

Très attendues, les recommandations sur la prise en charge de l’autisme ou autre trouble envahissant du développement viennent d’être publiées. Elles ne décernent a aucun label d’efficacité absolue à quelque technique que ce soit. La prudence de la Haute Autorité de Santé (HAS) témoigne de la difficulté de prise en charge de cette pathologie pas comme les autres et de la nécessité de déminer les polémiques de ces dernières semaines. Mais ça ne l’empèche pas ses experts de définir quatre points de repères majeurs dans la prise en charge de l’autisme.

En premier lieu, les recos mettent en avant la nécessité d’une prise en charge précoce. «Il est recommandé de débuter, avant l’âge de 4 ans et dans les 3 mois qui suivent le diagnostic», une prise en charge fondée sur «une approche éducative, comportementale et développementale, qu’il y ait ou non un retard mental associé», indique la HAS. Toutefois, faut il encore que cette recommandation soit assortie de moyens financiers et humains, précise le Pr Philippe Evrard (président du comité de pilotage des recommandations, neuropédiatre, Paris). Aujourd’hui, un tiers des enfants reçoit à temps et en service spécialisé la prise en charge nécessaire. Le diagnostic pourra-t-il être fait en temps voulu, alors qu’il faut entre 6 et 18 mois pour avoir une chance d’être examiné par les spécialistes, s’interroge-t-il ? A défaut de garanties pour l’instant, il est toujours permis d’y croire. C’est en tout cas la philosophie du président de la HAS : «on peut espérer que le troisième plan autisme s’appuiera sur ces recommandations et donnera les moyens nécessaires à leur mise en oeuvre», lance Jean-Luc Harousseau.

Deuxième point : la prise en charge doit être personnalisée, car «chaque enfant atteint est particulier, avec des symptômes qui lui sont spécifiques, et se trouve dans un contexte particulier» indique Jean-Luc Harrousseau. Troisièmement, la prise en charge ne doit jamais être imposée, mais proposée. Une façon pour la HAS de prendre un peu de champ par rapport aux très vives polémiques entre pro et anti-psychanalyse, tenants et adversaires du packing…

Psychanalyse et packing renvoyés dos à dos !

D’ailleurs, pour la HAS, il ne doit jamais y avoir de prise en charge exclusive. Tous les acteurs doivent être associés, tant médico-sociaux, que l’école, les parents, etc. « Le psychiatre garde une place essentielle pour coordonner et évaluer les troubles, les psychologies et éducateurs évaluent les progrès réalisées ou non, le pédiatre ou le généraliste assurent le suivi somatique : en sachant que l’épilepsie, les douleurs dentaires sont souvent mal traitées chez ces enfants et peuvent exacerber leurs troubles, et que, par ailleurs, les troubles du sommeil et de l’alimentation sont fréquents », souligne Philippe Evrard.

On retiendra aussi de ces Recos tant attendues de la HAS que le traitement idéal reste à inventer. « N’oublions pas que l’on ne sait pas guérir de l’autisme aujourd’hui, martèle le Dr Cédric Grouchka (HAS). Toutefois, il existe des moyens pour améliorer les symptômes, le QI, les troubles de la communication, du comportement, pour certes, seulement la moitié des enfants », poursuit-il.

Cela passe en premier lieu par des méthodes comportementales validées et très spécifiques que privilégient, comme prévu, la HAS et l’ANESM dans leurs recommandations. Mais avec la prudence d’usage: « aucune intervention ne permet de supprimer la totalité des troubles et aucune exclusivité dans l’intervention ne peut améliorer l’état de l’enfant », lance, comme message d’alerte aux familles, Cédric Grouchka. Si une intervention mono-professionnelle est proposée, les parents doivent donc la refuser catégoriquement.

Circonspection également concernant les traitements pharmacologiques: pour la HAS, ils sont envisageables, mais ne seront utilisés qu’en seconde intention, et seulement pour traiter les comorbidités : trouble d’hyperactivité, anxiété, dépression, épilepsie…

Quant aux sujets qui fâchent – à savoir la prise en charge psychanalytique et le recours au packing – elles ne figurent pas parmi les méthodes recommandées. « Elles sont non consensuelles », tranche Jean Luc Harousseau. Façon soft de signifier qu’elles ne font pas l’objet d’un consensus, étant donné que certains psychiatres sont pour et d’autres contre. Par ailleurs, elles pêchent aussi par leur insuffisance d’évaluation. Elles n’ont pas fait la preuve de leur efficacité, aucune étude ne s’étant intéressée à évaluer leur intérêt dans l’autisme. Les recos ne les retiennent donc pas. «Les psychiatres sont des médecins comme les autres, ils doivent se soumettre aux règles d’évaluation», a déclaré le Pr Jean-Luc Harousseau lors de la présentation du rapport. «Les psychiatres doivent se remettre en question», a-t-il répété, notant que, «plus de 30 ans après leur introduction», les approches psychanalytiques n’ont pas fait la preuve de leur pertinence dans ce domaine.

En ce qui concerne le packing (qui consiste à envelopper de linges humides certains enfants autistes), le niet est plus ferme encore. La HAS et l’ANESM sont formellement opposées à son utilisation en dehors de travaux de recherche. A ce sujet, une étude clinique est en cours, coordonnée par le Pr Pierre Delion (Lille), afin d’évaluer son intérêt dans l’autisme. Mais elle se heurte à des difficultés de recrutement.

Preuve supplémentaire que cette technique est un véritable repoussoir pour les familles.

Références: Charlotte Demarti, legeneraliste.fr, parents d’enfants autistes déçus de la psychanalyse

Parmi les personnalités qui se compensent par une addiction, les boulimiques sont les rares à être spontanément demandeuses d’une aide thérapeutique.

Bien que trouvant ses racines dans le tout premier âge de la vie, la boulimie ne se manifeste souvent qu’à l’adolescence, à la suite d’un premier « régime » amincissant. Mais elle peut aussi survenir à n’importe quel âge, à l’occasion d’un événement déclenchant: rupture amoureuse, divorce, perte d’un être cher… à un moment où la personne ne se sent pas capable de se retrouver face à elle-même.

Que l’on se fasse vomir ou pas, que l’on ait dix crises par jour ou une par semaine, que l’on grignote toute la journée ou que l’on se retienne de grignoter, que l’on soit maigre, bien proportionné ou obèse, la boulimie est avant tout une obsession qui emprisonne totalement la personne. On peut aussi bien faire une crise de boulimie avec trois pommes et quatre yaourts qu’avec une montagne d’aliments à en avoir le ventre qui éclate. Ce ne sont pas seulement les quantités qui définissent une crise de boulimie, c’est aussi la manière de manger : en cachette, en urgence, coûte que coûte, avec honte et contre sa volonté… ou simplement en grignotant avec culpabilité.

Mais surtout, au-delà des aspects comportementaux, ce sont des caractéristiques mentales qui définissent réellement qu’une personne est boulimique : on ne se sent pas dans son corps, on a une hypersensibilité émotionnelle, on a l’impression de vivre en décalage avec le monde et on a peur des autres. On n’a pas confiance en soi en profondeur.

Certaines personnes vivent complètement recluses sans être capables de travailler, avec une véritable phobie sociale. D’autres se diraient épanouies et heureuses s’il n’y avait pas la boulimie pour les empêcher de vivre.

Elles peuvent ne pas douter de leurs capacités intellectuelles, mais restent persuadées qu’elles ne peuvent pas être aimées pour elles-mêmes. Aucune envie ne les mobilise hormis manger. Elles se sentent perdues.

Les spécialistes de l’addiction l’ont compris, même si l’on peut parfois en mourir, la boulimie ne vise pas l’autodestruction. Bien qu’elle puisse engendrer des problèmes physiques importants (que l’on peut contrôler avec un bon accompagnement médical) elle est pour le mental un réflexe de survie.

Elle sert à apaiser une angoisse très profonde : on mange parce qu’on se sent vide, incomplet, inexistant, et cela même quand on a réussi socialement.

Références: hervais.com, mon expérience professionnelle

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Accouchements: les femmes sont très loin de participer assez aux décisions médicales

Lors de leur accouchement, les femmes ne sont pas suffisamment informées des raisons et des conséquences du déclenchement ou de l’accélération du travail, selon une enquête du Collectif interassociatif autour de la naissance (CIANE), mené sur internet, auprès de 4 400 femmes.

Un tiers des femmes dont l’accouchement a été déclenché disent ne pas avoir reçu d’information sur le déclenchement, les raisons justifiant d’y recourir, les conditions recommandées pour le pratiquer ; 36% d’entre elles disent ne pas avoir été sollicitées pour donner leur consentement, indique le Ciane.

Pour un certain nombre d’entre elles, non seulement on ne leur demande pas leur consentement mais elles ne sont même pas informées du déclenchement avant sa réalisation.

En ce qui concerne l’accélération du travail, l’analyse permet de penser que l’administration d’ocytocine se fait à l’insu des femmes dans près d’un tiers des accouchements non déclenchés. Cependant même celles qui ont été informées de l’administration d’ocytocine n’ont pas, et de loin, toujours pu exprimer leur accord: 55% d’entre elles disent que l’on n’a pas demandé leur consentement.

L’enquête montre aussi que les accouchements déclenchés sont associés à une augmentation significative des autres interventions : taux de césarienne multiplié par 2,4 ; 30% d’épisiotomie en plus, 50% de forceps/ ventouse/ spatules en plus. Et, tant le déclenchement que l’administration d’ocytocine sont associés à une dégradation de la manière dont les femmes vivent leur accouchement : les femmes ayant subi l’une ou l’autre de ces interventions sont pratiquement deux fois plus nombreuses que les autres à dire qu’elles ont plutôt mal ou très mal vécu leur accouchement (environ 30% / 15%).

Pour le Ciane, il serait nécessaire d’étudier les raisons qui poussent au déclenchement des accouchements, des études passées ayant conclu à l’importance des pratiques de déclenchement contraires aux données de la science. Il est possible que cette procédure permette d’éviter certaines césariennes, commente le collectif, mais dans d’autres cas elle induit probablement des interventions inutiles.

Enfin le Ciane estime que des actions doivent être entreprises sans délai pour qu’une information convenable, conforme a minima aux recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) sur le déclenchement et à celles du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français sur le dépassement de terme, soit délivrée aux femmes et pour qu’un véritable dialogue puisse se nouer entre professionnels et parturientes permettant à ces dernières de participer aux décisions de soin qui les concernent.

Le sujet du déclenchement ou de l’accélération du travail a récemment été mis sur le devant de la scène, mentionne le Ciane, par la publication d’un article dans le British Medical Journal Open d’une équipe de l’Inserm montrant un lien entre accélération du travail et hémorragie post-partum.

Références: Psychomédia.qc.ca, Ciane, HAS

Motif de consultation de plus en plus fréquent à mon cabinet, l’addiction sexuelle sort de l’ombre.

Mais que sait-on exactement de ce trouble ?

Comment distinguer une réelle dépendance et hédonisme exacerbé ?

Qui sont ces accros du sexe ?

Quelques réponses sur ce phénomène tabou.

« Tout le monde le fait » chantait récemment Ophélie Winter dans une chanson sur les plaisirs solitaires. Après Michel Berger pour qui il n’y avait pas de honte à aimer ça (le sexe), on peut se demander quelle est la frontière entre l’addiction sexuelle et une sexualité épanouie et sans tabou.

Addict ou hédoniste ?
La réponse ne réside pas dans une distinction basée sur la morale mais bien sur des critères de dépendance, assez similaires à ceux d’autres addictions : syndrome de manque avec douleurs thoraciques et insomnie, impossibilité de réfréner une « boulimie d’orgasme » malgré un impact négatif sur la vie sociale (perte d’emploi, rupture amoureuse, désocialisation.). Typique d’une addiction sexuelle : la recherche systématique de multiples partenaires, associés à la masturbation, peut faire perdre plusieurs emplois et entraîner le départ du partenaire.

Outre ces situations ultimes, à partir de quand peut-on parler d’excès ? C’est difficile mais chez les addicts, la « consommation » pluriquotidienne (qui peut atteindre 12 à 15 orgasmes) est associée à un syndrome de manque. De plus, cette consommation d’orgasme est généralement associée à un syndrome anxio-dépressif. L’orgasme jouant alors le rôle d’anxiolytique naturel.

Portrait robot de l’accro
L’addiction sexuelle semble concerner plus souvent les hommes, mais certains auteurs pensent que le tabou reste important chez la gent féminine. Malgré la libération sexuelle, un homme pourra être valorisé pour avoir de nombreuses relations sexuelles qui témoignent de sa virilité alors qu’une femme dans la même situation sera perçue négativement : femme facile, voire des qualificatifs moins flatteurs…

Toutes les tranches d’âge, toutes les catégories sociales et professionnelles semblent être concernées dans les mêmes proportions. Ce trouble pourrait trouver son origine dans l’adolescence où des masturbations excessives perdurent à l’âge adulte. Enfin, l’addict sexuel est plus généralement un « polyaddict », qui cumule ainsi plusieurs dépendances : drogues, tabac, workahooliste, boulimie. Mais le trait le plus caractéristique est sans doute la présence sous-jacente d’un syndrome anxiodépressif.

La fin d’un tabou
Alors que l’addiction sexuelle sort de l’ombre, on a tendance à croire qu’elle est en augmentation. Est-ce réellement le cas ou simplement une distorsion médiatique d’un phénomène très singulier ? Bien qu’il n’existe pas de chiffres sur ce phénomène, les sexologues semblent s’accorder sur une recrudescence des consultations pour addiction sexuelle.

Néanmoins, ils n’y voient pas là une sollicitation croissante des stimuli sexuels via la pub, la télé ou le cinéma mais plutôt une levée du tabou et une meilleure connaissance des troubles addictifs. Malgré cela, tous les interdits ne se sont pas envolés, ainsi les demandes de consultation interviennent généralement après plusieurs années. Le diagnostic est très tardif, après une atteinte de la vie sociale (insomnie persistante, amaigrissement, désocialisation, perte de travail, problèmes financiers…) ou après la survenue de problèmes d’érection ou d’autres troubles sexuels ne leur permettant plus d’atteindre leur consommation habituelle d’orgasme.

Pourtant une fois le diagnostic porté, des prises en charge spécifiques peuvent être engagées. Comme il y a généralement la conjugaison de polyaddictions et d’un syndrome anxiodépressif, il convient de classer l’importance des différentes dépendances et de les traiter hiérarchiquement.

La prise en charge des addictions sexuelles peut reposer sur la prise d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques qui permettront, peut-être, de résoudre le problème pour des addictions récentes (3 à 6 mois), soit de diminuer la consommation avant d’engager une prise en charge psychologique (thérapie cognitive et comportementale) indispensable, avec une psychothérapie.

Les thérapies de groupe sur le modèle des alcooliques anonymes ne semblent pas très répandues en France contrairement aux Etats-Unis, ni très efficaces.

Parler de sa sexualité reste encore plus difficile que d’autres problèmes addictifs…

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