étude scientifique


Vous ne savez pas si vous devriez porter un masque ou non contre le Covid-19 ?

C’est normal, les informations à ce sujet sont parfois compliquées à interpréter.

Le Pr Trisha Greenhalgh de l’université de médecine d’Oxford et Jeremy Howard de l’université de San Francisco ont décrypté les 84 études sur le sujet. Leur réponse est claire : tout le monde devrait porter un masque.

Vous aussi.

Voici pourquoi.

L’épidémiologie de la propagation des maladies

Vous avez probablement déjà visionné des vidéos de dominos où un seul élément déclenche une énorme cascade de réactions en chaîne. Plus les dominos sont proches, plus il y a de chaos généré.

C’est un peu pareil avec les maladies infectieuses. Chaque maladie infectieuse a un taux de transmission (R0). Une maladie avec un R0 de 1,0 signifie que chaque personne infectée, en moyenne, infecte une autre personne. Une maladie dont le R0 est inférieur à 1,0 disparaît tout seule.

La souche de grippe qui a provoqué la fameuse pandémie de 1918 avait un R0 de 1,8. Le R0 du virus qui cause le COVID-19 a quant à lui été estimé à 2,4 par des chercheurs de l’Imperial College de Londres, bien que certaines recherches suggèrent qu’il pourrait atteindre 5,7.

Cela signifie que sans mesures de confinement et de distanciation sociale, le COVID-19 se répand rapidement et très loin.

Il est important de noter que les patients COVID-19 sont les plus contagieux au début de la maladie (1-6), période au cours de laquelle ils présentent généralement peu ou pas de symptômes.

La physique des gouttelettes

Lorsque vous parlez, des micro-gouttelettes sont éjectées de votre…

La suite ici.

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Obésité et Covid-19 : les jeunes seraient également à risque.

Récemment, de nombreuses études ont mis en évidence un lien entre obésité et risque de développer une forme sévère de Covid-19.

En l’occurrence, la proportion de personnes avec un surpoids important admises dans les services de réanimation serait si élevée que l’obésité est désormais considérée comme l’une des comorbidités les plus fréquentes avec l’hypertension, le diabète ou encore les maladies cardiovasculaires.

Des chercheurs de l’université Johns-Hopkins, à Baltimore, ont tenté d’explorer davantage ces données, qui pourraient être essentielles à une politique de prévention dans les pays où la prévalence de l’obésité est particulièrement élevée.

Aux États-Unis par exemple, elle concerne 40 % de la population.

Ainsi, ils ont examiné le lien entre l’indice de masse corporelle (IMC) et l’âge de 265 patients Covid-19 admis en réanimation au sein de six grands hôpitaux universitaires américains, et ont observé une corrélation inverse : les patients les plus jeunes étaient plus fréquemment obèses que les adultes.

Cette observation justifie selon eux d’adapter les recommandations de santé publique pour cibler les jeunes adultes, et éventuellement d’adapter les politiques de dépistage, afin de réduire la prévalence de formes très sévères de la maladie au sein de cette population.

En effet, le présupposé selon lequel seuls les patients les plus âgés présentent un risque de développer une forme grave du Covid-19 est encore très fréquent.

Source: David A Kass, et al. The Lancet, 4 mai 2020
https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S0140673620310242

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Les conséquences psychiques du confinement, que plusieurs pays touchés par la pandémie de coronavirus ont prolongé cette semaine, inquiètent les professionnels de la santé mentale.

« L’extension du confinement était attendue, mais la nouvelle va profondément décevoir beaucoup de gens » notait Linda Bauld, professeur en santé publique à l’université d’Édimbourg, après l’annonce jeudi de la prolongation pour trois semaines du « lockdown » en Grande-Bretagne. « Les conséquences indirectes s’accumulent », poursuivait-elle, soulignant que « de récentes études montrent une augmentation inquiétante de l’anxiété et de la dépression«  dans la population générale.

Détresse psychologique

Le constat se répète dans tous les pays soumis à cette mesure drastique, oubliée depuis des décennies dans nos sociétés modernes.

Ainsi en France, un consortium d’unités de recherche, dont l’École des hautes études en santé publique, a lancé CoConel (coronavirus et confinement), « étude longitudinale » (sur la durée) d’un panel d’un millier de personnes, réalisée par l’Ifop.

Au terme de la deuxième vague, sortie le 8 avril, avant l’annonce du prolongement d’un mois du confinement en vigueur depuis le 17 mars en France, « globalement 37% des enquêtés présentent des signes de détresse psychologique », sans variation notable avec la première vague publiée en mars.

« La comparaison avec les dernières données collectées en population générale en 2017 suggère une dégradation de la santé mentale au cours du confinement. Si cette situation perdure encore plusieurs semaines, elle pourrait favoriser la survenue de pathologies psychiatriques sévères, et un rebond de la demande de soins en levée de confinement, auquel il convient de se préparer », avertissent les chercheurs.

Sérieusement affecté

Même préoccupation aux États-Unis, où « plus d’un tiers des Américains (36%) disent que le coronavirus affecte sérieusement leur santé mentale » soulignait l’American psychiatric association (APA) dans une lettre adressée le 13 avril aux dirigeants du Congrès.

Alertant sur le risque de voir « encore plus d’Américains ayant besoin de soins psychiatriques », l’APA réclamait des investissements pour les besoins immédiats « et pour la période de rétablissement », notamment en matière de téléconsultations et d’accès aux soins.

« Appel à l’action » également en Grande-Bretagne, signé jeudi par 24 professionnels dans la revue Lancet Psychiatry, le matin même de l’annonce de la prolongation du confinement dans le pays. Ils réclament notamment une surveillance renforcée des conséquences psychiatriques de l’épidémie, s’appuyant eux aussi sur des enquêtes d’opinion révélant une crainte plus forte des impacts psycho-sociaux de l’épidémie que de tomber soi-même malade.

« Isolement social accru, solitude, inquiétudes sur sa santé, stress et plongeon économique : les conditions sont réunies pour nuire au bien-être et à la santé mentale », résumait un des signataires, Rory O’Connor de l’université de Glasgow dans une conférence téléphonique.

De fait, les praticiens « commencent déjà à voir une incidence, sur des patients déjà suivis ou nouveaux », abonde le professeur Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie au CHU Henri-Mondor, en région parisienne. « Et on va avoir d’autres complications, ainsi que les conséquences psycho-sociales de la crise qui va suivre, créant forcément de la détresse« .

Hallucinations

Et c’est donc l’accès à une aide professionnelle qui va être un des enjeux de la sortie de crise. Avec des freins déjà identifiés, à commencer par l’image des troubles mentaux dans le public, vite renvoyés « aux fous ».

« La déstigmatisation est cruciale » souligne Anne Giersch, directrice de l’unité de neuropsychologie cognitive de l’Inserm à l’université de Strasbourg. « Il y a par exemple un lien entre isolement et hallucinations, mais encore faut-il pouvoir poser ces questions taboues. Quand on présente certains symptômes, ça paraît normal d’aller consulter pour un infarctus, pourquoi pas en psychiatrie ? »

Encore faut-il avoir facilement accès aux soins, deuxième écueil. Dès le 23 mars, le Syndicat des psychiatres français (SPF) demandait ainsi « que soient déployés les moyens nécessaires (pour) assurer la prévention comme la continuité des soins ».

La crise pourrait ainsi être « l’occasion de tenter de voir comment on pourra redémarrer différemment, sans devoir attendre des mois pour un rendez-vous » espère son président, Maurice Bensoussan. D’ores et déjà, le SPF cherche à « mettre en place un lien plus étroit avec la médecine de ville, développer des pratiques collaboratives » afin d’être disponibles pour répondre à de nouvelles demandes » et « préparer l’après-Covid ».

Avec en ligne de mire l’objectif que résume le professeur Pelissolo : « Faire passer le message que ça peut concerner tout le monde, et que c’est normal. Mais qu’il y a des choses qu’on peut faire ».

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Les personnes en surpoids ou obèses ont-elles plus de risques de développer des formes sévères du Covid-19 ?

Oui.

Et aussi celles qui ont un diabète, de l’hypertension.

Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris, en fait le constat : «Plus de 80% des moins de 50 ans qui se trouvent en réanimation chez nous à cause du Covid-19 sont dans ce cas».

Son collègue Xavier Lescure, infectiologue dans le même hôpital, abonde : «C’est le facteur le plus présent pour les personnes qui développent une forme sévère de la maladie et qui n’ont pas d’autre antécédent.»

Un audit de l’Intensive Care National Audit and Resource Centre de Londres portant sur les personnes hospitalisées dans plusieurs établissements britanniques va également dans le même sens: 72 % des personnes placées en soins intensifs étaient en surpoids (avec un indice de masse corporelle IMC supérieur à 25) ou obèses.

Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions générales sur les causes de cette surreprésentation en réanimation, estime le professeur Yazdan Yazdanpanah.

Les personnes obèses (avec indice de masse corporelle supérieur à 40 kg/m²) font certes partie de la liste des populations les plus vulnérables dressée par le Haut Conseil de la santé publique, mais comme l’explique son président Franck Chauvin, «nous les avons placés dans notre liste – et c’est d’ailleurs bien précisé – par analogie avec la grippe H1N1 car on avait constaté à l’époque que l’obésité était un facteur de forme plus grave de la maladie nécessitant une hospitalisation voire une réanimation».

Une étude réalisée par des chercheurs du service de pneumologie de l’hôpital Foch (à Suresnes) s’est en effet penchée sur l’épidémie de grippe A H1N1 de 2009, observant aussi à l’époque le nombre élevé de sujets obèses parmi les cas sévères de grippe.

«De façon générale, l’obésité semble associée à une fragilité vis-à-vis des infections respiratoires. Cette susceptibilité pourrait être la conséquence d’une conjonction de facteurs mécaniques et hormonaux générés par le surpoids, comme des modifications de la mécanique ventilatoire ou des modifications du système immunitaire», souligne l’étude.

En France, l’obésité concerne 17% des adultes et, chez les enfants, 16% des garçons et 18% des filles, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Cette pathologie peut entraîner divers troubles de santé comme le diabète de type 2 ; elle accroît aussi le risque d’hypertension artérielle, et de maladies du foie ou rénale. Autant de facteurs déjà considérés comme aggravants pour les malades du Covid-19.

Cette fragilité doit être particulièrement prise en compte dans certains pays, à commencer par les États-Unis où le nombre de cas de Covid-19 explose (le pays recense plus de 4000 décès).

Un rapport du Centre de contrôle des maladies (CDC), autorité de santé nationale, indique en effet qu’un peu plus de 40% des adultes américains sont considérés comme obèses.

Autre territoire à fort risque, le Mexique voisin.

L’OMS et la Banque mondiale l’ont classé en tête des pays frappés par le diabète et l’obésité. 72,5% des Mexicains adultes sont en surpoids ou obèses et la moitié des personnes décédées du coronavirus – près d’une trentaine – souffraient d’obésité et d’hypertension.

Le Mexique est un pays «très vulnérable, nous devons en être conscients. Nous allons vers un nombre important de décès», a prévenu Abelardo Ávila, chercheur à l’Institut national des sciences médicales et de la nutrition Salvador Zubirán, lors d’un récent colloque.

Changement de discours.

Il était temps.

Alors que le gouvernement français n’a cessé de répéter que les masques n’avaient aucune utilité pour les individus non-porteurs de la maladie, le discours officiel commence à changer.

Mais pas assez vite !

L’Académie de médecine recommande désormais d’en porter. Plusieurs pays du monde incitent déjà leurs populations.

Faut-il généraliser le port du masque ?

Les autorités ont martelé pendant des semaines que les masques étaient inutiles contre l’épidémie de Covid-19 en l’absence de symptômes.

Le directeur général du Centre chinois de contrôle et de préventions des maladies, George Gao, a averti dans un entretien publié le 27 mars que « la grande erreur aux Etats-Unis et en Europe est que la population ne porte pas de masque ».

Mais le discours officiel est en train de changer radicalement.

Ce vendredi soir, l’Académie de médecine a préconisé le port du masque obligatoire pour les sorties pendant la période de confinement. Selon l’institution, « il est établi que des personnes en période d’incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus (c’est-à-dire l’évacue dans l’air) et entretiennent la transmission de l’infection ».

Mieux vaut tard que jamais.

Plusieurs pays européens l’ont déjà rendu obligatoire.

En Allemagne, l’Institut Robert-Koch, l’établissement de référence en santé publique, a encouragé les citoyens à porter en public des masques faits maison. Il n’y a « pas encore de preuve scientifique » qu’ils limitent la propagation du virus, mais cela « semble plausible », a estimé son président.

Le masque est obligatoire en République tchèque et en Slovénie, et l’Autriche l’a généralisé dans les supermarchés.

Les États-Unis, où il était jusqu’ici déconseillé, s’apprêtaient vendredi 3 avril à réviser leur ligne de conduite.

Depuis le début de l’épidémie, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et de nombreux gouvernements répètent que les masques doivent être uniquement utilisés par les soignants, les malades et leur entourage proche, en disant s’appuyer sur des données scientifiques.

Parmi les raisons de l’évolution du discours sur les masques, l’émergence d’une hypothèse.

Le coronavirus pourrait se transmettre via l’air expiré (les « aérosols » dans le jargon scientifique). On suspecte que « le virus puisse se transmettre quand les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu’ils éternuent ou toussent », a déclaré vendredi sur Fox News le très respecté spécialiste américain Anthony Fauci, conseiller de Donald Trump. Une déclaration qui s’appuie sur les premiers résultats d’études scientifiques préliminaires rassemblées par les Académies américaines des sciences.

Le gouvernement français lui-même a infléchi sa position en annonçant la fabrication de masques « alternatifs », autres que médicaux. « Nous encourageons le grand public, s’il le souhaite, à porter ces masques alternatifs qui sont en cours de production », a affirmé vendredi le professeur Jérôme Salomon, numéro 2 du ministère de la Santé.

Pour éviter la ruée sur les masques médicaux, ce sont les masques faits maison ou fabriqués par l’industrie textile qui sont mis en avant dans le monde entier.

Mais sont-ils vraiment efficaces ?

Contrairement aux masques FFP2, les seuls qui permettent de protéger efficacement du virus, et réservés au personnel hospitalier en première ligne, ces masques de secours permettent toutefois de protéger au moins des postillons et éternuements.

Ils sont aussi le moyen de toucher le moins possible son visage avec des mains éventuellement porteuses de ces virus.

« Une hygiène draconienne doit être associée à leur utilisation, rappelle également le Dr Day, médecin du travail. Ils doivent être changés toutes les trois heures : portés plus longtemps, ils s’humidifient et favorisent la transmission orale du virus pour qui les porte ».

Le médecin prévient aussi que si on les réutilise, ces masques doivent impérativement être lavés et séchés tous les jours après utilisation : « Ramenés à domicile, ils peuvent être porteurs de germes pour l’entourage familial s’ils sont déposés dans l’évier de la cuisine ou de la salle de bains, des milieux humides qui favorisent le développement du virus. Avant lavage, ils doivent donc être mis dans un sac plastique fermé. »

On ne sait pas précisément combien de personnes ont été infectées par le coronavirus. Peut-être bientôt 40% de la population française ? Voire plus ?

En plus des 49 767 personnes qui sont rentrées à leur domicile après avoir été hospitalisées pour cause de Covid-19 entre le 18 et le 30 mars, en France, très nombreuses sont celles restées chez elles. Et qui n’ont pas eu de complications.

Un malade du Covid-19 m’a raconté que les symptômes sont comme les montagnes russes : « On se sent en forme puis ça se dégrade, on pense en avoir fini avec la fièvre, c’est la toux qui prend le relais puis la sensation de souffle court comme en ce moment. »

La question se pose sur les séquelles qui peuvent survenir une fois qu’on est guéri.

« On constate des choses, mais on n’a pas encore le recul pour savoir si c’est la cause ou la conséquence de quelque chose » explique le docteur Thierry Godeau, président de la commission médicale d’établissement à l’hôpital de La Rochelle (Charente-Maritime).

S’il n’y a pas eu encore d’étude scientifique complète sur le sujet, on peut tout de même faire plusieurs observations.

Peu de complications une fois qu’on est guéri

 « Les gens qui ont des symptômes légers ne vont pas avoir de séquelles, même si on ne connaît pas suffisamment le virus pour l’affirmer à 100 % » explique le docteur David Mispelaere, pneumologue à l’hôpital privé de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), près de Rennes. « Ils ont parfois quelques anomalies sur les scanners (des images périphériques ou micronodulaires), mais qui vont régresser rapidement. »

« On se réfère à ce qu’on connaît sur les autres infections virales comme la grippe H1N1 ou les épisodes de Sars, en 2003 notamment », précise le médecin.

Pas d’inquiétude donc à avoir pour les personnes infectées.

« Chez les 15 % des patients dont les symptômes vont de modérés à sévères, il y aura un temps de récupération, même si le patient n’a pas eu énormément de symptômes », estime David Mispelaere.

Un peu comme pour une grippe ou une pneumopathie, le corps a été affaibli, mais va réussir après plusieurs jours, voire plusieurs semaines, à se remettre complètement, grâce à la bonne capacité de guérison des poumons.

Les cas de fibrose pulmonaire

Quand ceux-ci sont touchés par le Covid-19, cela provoque une très forte réponse immunitaire de l’organisme.

« En fait, ce n’est pas le virus lui-même qui va endommager le poumon, mais des médiateurs de l’inflammation qui réagissent à l’agression du virus, explique le professeur Yannick Malledant, anesthésiste, réanimateur au CHU de Rennes et ancien chef du service de réanimation chirurgicale. L’oxygène n’arrive plus au niveau cellulaire parce qu’il n’est plus transporté. »

Dans les cas les plus graves, ça provoque un symptôme de détresse respiratoire aiguë.

Une récente vidéo en 3D réalisée par des chercheurs de l’hôpital universitaire George-Washington aux États-Unis montre que les poumons durement infectés gardent des cicatrices et ont subi des dégâts sur le long terme. « Ce qui peut détériorer les capacités d’un patient à respirer dans le futur », affirme le docteur américain qui a participé à cette étude, Keith Mortman.

Conséquence : les patients durement touchés peuvent développer une fibrose pulmonaire qui s’installe par la réaction inflammatoire liée à l’agression virale.

« L’échangeur gazeux est impacté, il perd ses qualités fonctionnelles d’échanges fins et la fibrose fait perdre un certain pourcentage d’activités d’oxygénation », précise le directeur de l’hôpital de Cesson-Sévigné, Yann Béchut.

Complications, infections nosocomiales, dialyses…

« Le fait d’être intubé et ventilé aussi va créer des lésions pulmonaires car l’intubation aura duré longtemps », explique Benoit Gravot, anesthésiste – réanimateur dans le même hôpital de la banlieue de Rennes, citant le risque de devoir passer potentiellement par une trachéotomie.

« Il y a aussi des risques infectieux, des complications bactériennes, des infections nosocomiales », détaille-t-il. Certains patients seront oxygéno-requérant, c’est-à-dire qu’ils auront besoin d’oxygène à court terme pour le plus grand nombre, mais aussi plus longtemps pour ceux qui auront des séquelles de fibrose.

D’autres conséquences de cette période de réanimation sont également possibles.

« On sait que le coronavirus va favoriser les troubles de la coagulation, ajoute Yann Béchut. On peut avoir aussi des insuffisances rénales aiguës, car les reins ont été modérément oxygénés durant la mise en réanimation, entraînant une nécrose tubulaire interstitielle. Le patient va alors récupérer lentement, avec nécessité de dialyse pour certains ».

Autre souci des médecins, ne pas aggraver les autres pathologies, notamment chez les personnes âgées. « On doit cibler au mieux la matrice du traitement pour être le plus efficace et le moins délétère possible », rappelle le directeur de l’hôpital de Cesson-Sévigné.

Certains malades vont avoir du mal à remarcher tout de suite

« Toutes les conséquences de cette pathologie sont mésestimées », regrette l’anesthésiste Benoît Gravot, prenant l’exemple de patients intubés longtemps qui ont eu une fonte musculaire importante.

« Ils ont du mal à se remobiliser après et ont besoin de rééducation. Pour pouvoir remarcher dans ces cas-là, cela nécessite une prise en charge importante en rééducation ».

Des complications potentielles que tous les réanimateurs connaissent.

Refaire ses muscles cela prend du temps avec des régimes alimentaires spécifiques. C’est entre plusieurs semaines et plusieurs mois.

Le syndrome post-traumatique

Et en plus de toutes les séquelles physiques, peuvent s’ajouter celles psychiques.

Depuis une vingtaine d’années, on prend en compte les séquelles neurocognitives pour les patients qui ont effectué un long passage en réanimation où le patient respire durant cette période à l’aide d’une machine et est plongé dans le coma.

L’intubation, les sédatifs et analgésiques peuvent par la suite entraîner un état de stress post-traumatique, comme après avoir assisté à un attentat, avec des crises de panique et/ou ou des troubles du sommeil.

Une thérapie, et/ou un soutien psychologique, permettra d’améliorer la qualité de vie, et de s’en sortir plus vite.

Le port préventif du masque a contribué à juguler les contaminations dans les pays développés d’Extrême-Orient.

Et l’appel à ne pas en porter en France, si l’on n’est pas malade, est vu comme une grave erreur.

Le confinement généralisé de la population en France, après l’Italie et l’Espagne, rend perplexes les pays développés d’Asie.

Ceux-ci voient tout à coup des sociétés aux économies sophistiquées n’avoir comme seule solution pour contrer l’explosion des contaminations que de recourir à une méthode primitive ! Au coût économique immense ! Que seule la Chine autoritaire, la première touchée par l’épidémie, a dû mettre en œuvre…

En serions-nous arrivés là si nous n’avions pas regardé de haut les mesures prophylactiques mises en place par les tigres asiatiques ?

Celles-là même qui ont permis à Taïwan, Hongkong, la Corée du Sud et Singapour, de se protéger d’une propagation exponentielle du virus. Voire, comme pour la Corée du Sud, de la juguler.

Une telle riposte, aux allures de ratage, laisse aujourd’hui un goût amer à tous les soignants français.

Tous ces Etats asiatiques ont tiré des leçons de l’épisode de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) survenu en 2003, du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) en 2015, et de plusieurs accès de grippe aviaire.

Les aéroports de la région s’étaient alors dotés de caméras infrarouges mesurant la température des passagers, une mesure écartée en France au prétexte que « son efficacité n’est pas prouvée ». Les voyageurs ont pris l’habitude de remplir des formulaires de santé pour les remettre à des préposés en blouse blanche.

Face à l’épidémie de Covid-19, ces protocoles ont été très vite activés et enrichis de nouveaux dispositifs, afin d’établir la traçabilité des personnes déclarées plus tard infectées. Des mises en quarantaine ont ciblé les individus venant de zones infectées, ainsi que des restrictions à l’entrée du territoire – du moins à Taïwan, Hongkong et Singapour.

La mise à disposition de gels hydroalcooliques dans les lieux publics et la désinfection régulière des surfaces ont été la règle depuis le début.

Enfin, les gouvernements se sont vite assurés que des masques étaient disponibles – tout en en réservant suffisamment, et de qualité supérieure, au personnel médical. Certains pays comme la Corée du Sud ont misé sur le dépistage massif, avec succès.

En France, comme dans le reste du Vieux Continent, cette chaîne prophylactique est largement incomplète, du moins vue d’Asie. Ainsi du port préventif du masque, qui n’est autre qu’un mode de confinement ambulant et individuel très largement présent dans la panoplie en Asie.

Et je vous fais le pari que dans les prochains jours, après avoir dénigré pendant deux mois le port du masque pour la population française, toutes les instances politiques et administratives de notre pays nous diront de le porter…

La petite île ne vit pas confinée mais propose à tous ses habitants de se faire tester.

Bien entendu, la France juge que, depuis le début de la pandémie, c’est inutile

Les premiers résultats en Islande sont troublants : un malade sur deux ne s’est pas rendu compte qu’il était contaminé.

L’Islande compte quatre morts du coronavirus et 1 364 cas, pour 364 000 habitants.

Si l’île n’a pas imposé de confinement général, elle n’a pas attendu pour agir.

Dès février, les autorités ont proposé à tous ceux qui le souhaitaient de se faire tester. Jeudi, 22 195 personnes avaient déjà sauté le pas. Parmi elles, 1 % se sont révélées positives.

Plus troublant : la moitié des contaminés assurent n’avoir ressenti aucun symptôme.

Ou seulement des troubles bénins,  comme un léger rhume, relate le Dr Kari Stefansson, dirigeant de la société DeCode Genetics, spécialiste du génome humain et chargée de mener l’essentiel des tests.

Pour la Direction de la Santé, cela prouve qu’il est primordial, pour les bien-portants, de  prendre toutes les mesures pour éviter de contaminer les autres.

À commencer par porter un masque !

C’est aussi la conclusion d’une étude menée dans le Hubei, en Chine, par des chercheurs américains de l’université de Columbia, avec l’Imperial College de Londres.

Leurs savants calculs – une modélisation de l’épidémie – montrent que, sur dix personnes infectées, neuf sont  passées inaperçues. Elles n’ont pas été détectées, parce qu’elles ne présentaient aucun symptôme.

Ces malades qui s’ignorent seraient deux fois moins contagieux  que les autres. Mais s’ils s’avèrent aussi nombreux, ils peuvent contaminer un nombre considérable de personnes. Cela expliquerait la propagation fulgurante du virus sur la planète.

Même avis de l’Académie française de médecine :  Il est établi que des personnes en période d’incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus et entretiennent la transmission de l’infection.  Elle recommande (que très récemment !) au gouvernement de rendre le port du masque chir obligatoire pour les sorties nécessaires en période de confinement.

Dés que vous n’êtes plus chez vous

(faire ses courses, espace public),

PORTEZ UN MASQUE !!!

« On vous demande de devenir complètement obsessionnel.

Le virus est partout où les autres ont posé leurs mains. Avez-vous touché quelque chose ?

Ne mettez surtout pas vos mains au visage en attendant de les avoir lavées avec eau+savon ou du gel hydro-alcoolique. Passez au détergent toutes les surfaces ! »

Ce message n’est pas extrait de faxe-news, et autres posts de complotistes dégénérés.

Non, ces propos alarmants sont tenus par un médecin, le Professeur Rémi Salomon, représentant des médecins de l’AP-HP qui n’a de cesse depuis le début de cette crise sanitaire d’alerter les habitants sur la situation.

Quand ce médecin parle de  « tout ce que vous avez pu toucher » en sortant de chez vous, il veut dire TOUT.

Du caddie que vous poussez, aux conserves que vous mettez dans votre caddie, TOUT ce que vous touchez. Le virus peut être partout.

Prenez des gants pour faire vos courses, ne portez jamais vos mains gantées aux visages, débarrassez-vous de tous les emballages avant de les stocker chez vous, jetez vos gants avec lesquels vous avez manipulé vos emballages.

« Comprenez que le plus grand risque quand on sort c’est de toucher ce que les autres ont touché.

La sortie de l’immeuble, le magasin sont des endroits dangereux.

Je reviens du supermarché. La moitié des gens n’ont rien compris.

Il va falloir un confinement plus sévère seule chance de limiter l’ampleur de la catastrophe qui s’annonce.

Le virus est sur nos mains et sur ce qu’on touche, puis main au visage et t’as chopée cette saloperie », témoigne le Professeur Rémi Salomon dont vous pouvez suivre les messages sur son Twitter.

Devenez des maniaques de l’hygiène !

Mettez toutes vos provisions dans des sacs de congélation neuf, ou dans des bocaux, devenez des maniaques de l’hygiène après chaque sortie à l’extérieur.

Passez au détergent régulièrement les poignées des portes, des éléments de cuisine. Lavez tous les manteaux, les habits de sortie à 60° minimum !

Aérez vos maisons, changez les draps très souvent, les taies d’oreiller, changez quotidiennement les torchons, serviettes de toilette. Jetez les mouchoirs en papier et les gants dans la poubelle verte et non dans la jaune – ils ne sont pas recyclables – pensez aux agents des collecteurs de déchets qui doivent eux aussi être protégés.

Tout cela vous paraît excessif ? Alarmiste ?

Regardez les derniers chiffres de la mortalité en Italie, au 21/03 :

53 578 positifs / 4 825 morts !

L’Italie est confinée depuis le 9 mars, et elle comptabilise près de 5000 morts.

« Nous aussi au début, on n’y croyait pas,

témoigne un Italien sur France Info,

et regardez aujourd’hui… » 

L‘épidémie de coronavirus justifie-t-elle d’attenter à nos libertés?

C’était le 4 mars dernier.

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement était l’invitée du «Grand entretien» de France Inter.

Emmanuel Macron n’avait pas encore qualifié d’«inexorable» la progression du phénomène épidémique.

Interrogée sur la politique de l’exécutif confrontée à l’épidémie de nouveau coronavirus, la porte-parole eut ce mot: «[Lorsque nous serons] au stade 3, les métros continueront à circuler jusqu’à nouvel ordre, les transports en commun continueront à circuler jusqu’à nouvel ordre… la vie du pays ne s’arrêtera pas à cause du coronavirus.»

Les auditeurs et auditrices citoyennes se seront peut-être interrogées sur ce «nouvel ordre».

– Qui le donnerait ?

– Pourquoi ?

– Et quand ?

Moins d’une semaine plus tard, les transports en commun continuent à circuler mais les questions quant à «la vie du pays» se sont multipliées.

Le 8 mars, au terme d’un nouveau Conseil de défense tenu au palais de l’Élysée, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, a prévenu: «Les semaines à venir vont être difficiles.»

Sans décider de passer au stade 3 de la lutte contre l’épidémie, le gouvernement a choisi d’interdire sur tout le territoire national les rassemblements non plus de 5.000, mais de plus de 1.000 personnes. Les préfets devront toutefois constituer des listes de rassemblements «utiles à l’intérêt de la nation, comme les manifestations, les concours, les transports en commun», qui seront exemptés d’interdiction.

«Le stade 3 ou stade épidémique correspond à une circulation active du virus, peut-on lire sur le site du gouvernement. La stratégie repose alors sur l’atténuation des effets de l’épidémie. L’organisation prévoit la mobilisation complète du système sanitaire hospitalier et de ville, ainsi que les établissements médico-sociaux pour protéger les populations fragiles, assurer la prise en charge des patients sans gravité en ville, et des patients avec signes de gravité en établissement de soins. Les activités collectives sont fortement impactées.»

L’évolution rapide de la situation épidémiologique conduit aussi, dans le même temps, à l’émergence de nouvelles questions éthiques et déontologiques.

Le 8 mars sur BFMTV, le Pr Gilles Pialloux, chef du service d’infectiologie de l’hôpital Tenon (Paris) a exposé les interrogations relatives au respect du secret professionnel et aux libertés individuelles.

Faut-il par exemple, au nom de l’efficacité de la lutte contre l’épidémie, révéler les identités des personnes infectées et de celles dites à risque?

Ces mêmes questions, et de multiples autres, sont désormais soulevées en Italie où le gouvernement vient de décider, par décret, la mise en place dans le nord du pays d’un confinement géant concernant plus de quinze millions de personnes.

Comment, pour résumer,

concilier la santé publique

et le respect des libertés individuelles ?

Ces dernières sont-elles compatibles avec l’émergence d’un possible fléau épidémique ?

Subordonner les libertés individuelles à d’autres valeurs ?

On trouvera, en France, les réponses à ces questions dans le prochain avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

La Croix révélait le 2 mars qu’Olivier Véran avait demandé à cette institution de rendre rapidement un avis sur les «mesures de santé publique contraignantes» pouvant être prises dans le cadre de le lutte contre l’épidémie. Le CCNE va rendre son avis «rapidement» après avoir constitué un groupe de travail ad hoc pour cette «mission flash».

Cet avis devra «éclairer le lien entre impératifs de santé publique et respect des droits humains fondamentaux», selon le CCNE. Et La Croix de voir, dans cette saisine, «un signe supplémentaire que le gouvernement envisage activement le passage à la troisième phase de l’épidémie de coronavirus, correspondant au seuil d’alerte sanitaire maximale».

À dire vrai, le gouvernement aurait pu faire l’économie de cette démarche. Le CCNE avait déjà longuement travaillé cette question.

C’était il y a une décennie, lors de la pandémie grippale due au virus A (H1N1) qui suscitait alors des frayeurs collectives équivalentes à celle que nous observons aujourd’hui –à cette nuance près que l’agent pathogène était un virus grippal contre lequel un vaccin protecteur pouvait être utilisé.

Le document du CCNE («Questions éthiques soulevées par une possible pandémie grippale», avis n°106, 5 février 2009) traite de l’ensemble des questions relatives aux rapports entre le respect des droits individuels et les impératifs de sécurité sanitaire dès lors qu’une pandémie due à un agent pathogène contagieux menace de larges fractions de la population.

Précision: cette analyse concerne des sociétés démocratiques, les régimes autoritaires s’embarrassant généralement assez peu de la dimension éthique des mesures qu’ils décident de prendre –comme en témoigne depuis peu l’exemple de la Chine confrontée au nouveau coronavirus.

En vingt-et-une pages, l’avis de 2009 résume parfaitement les éléments du sujet et les dilemmes auxquels sont confronté·es aujourd’hui les responsables de l’exécutif.

Le virus aviaire A (H5N1) touchait alors de nombreux pays d’Asie et laissait très sérieusement redouter la survenue d’une pandémie grippale chez l’être humain – au point d’inquiéter le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) et la Délégation interministérielle à la lutte contre la grippe aviaire (DILGA).

D’emblée, quelques questions parurent essentielles aux yeux du Comité.

À commencer par celle de savoir s’il faut subordonner les libertés individuelles à d’autres valeurs «plus ajustées à l’efficacité de la stratégie de lutte contre ce fléau sanitaire».

Ou encore: jusqu’où une limitation aux allées et venues des personnes peut-elle être imposée?

Ces questions ne furent pas posées, du moins sous cette forme, lors des trois périodes pandémiques grippales du XXe siècle (en 1918, en 1957 et en 1968).

Elles émergent aujourd’hui et conduisent, comme le fait le CCNE, à évoquer, dans un État de droit, la formule de Montesquieu dans L’Esprit des lois: «Il y a des cas où il faut mettre, pour un moment, un voile sur la liberté, comme l’on cache les statues des dieux.»

En pratique, deux situations peuvent justifier une mise entre parenthèses de l’application du droit législatif:

  • l’état de siège et l’état d’urgence
  • les «circonstances exceptionnelles».

«La théorie des circonstances exceptionnelles […] repose sur la constatation que, parfois, du fait des circonstances, l’Administration est dans l’impossibilité d’agir conformément aux principes ordinaires de la légalité. Dès lors, pour assurer les besoins de la défense nationale, du rétablissement de l’ordre, et de la continuité des services publics essentiels à la vie nationale ou locale, l’autorité publique peut prendre, à titre provisoire, les mesures imposées par les circonstances, sans respecter ni les procédures habituelles, ni la législation en vigueur

Protéger prioritairement certaines catégories de personnes

Aux yeux des sages du CCNE, il ne fait aucun doute que dans le cas d’une pandémie grave et intervenant brutalement, le gouvernement pourrait prendre, soit sur le fondement d’un décret proclamant l’état d’urgence, soit sur la base de la théorie des circonstances exceptionnelles, des mesures telles que la réquisition ou le confinement de certaines catégories de citoyen·nes, ou des restrictions à la circulation.

D’ailleurs, tout est en place dans le code de la santé publique.

Comme on l’observe en France depuis plusieurs semaines, un plan de prévention et de lutte envisage des mesures destinées à limiter les déplacements, les rassemblements de personnes ou le fonctionnement de la vie scolaire, culturelle ou économique afin de prévenir la contagion.

Le CCNE ne cache pas ici une forme d’embarras.

Il est «bien conscient que ces restrictions aux libertés fondamentales pourraient s’avérer nécessaires».

Mais dans le même temps, «il attire l’attention sur le danger qu’il y aurait à les étendre au-delà de ce qui est nécessaire à la lutte contre la pandémie».

Il s’inquiète aussi «d’une conception maximaliste du principe de précaution», ou des tentations «d’affichage démagogique».

Il rappelle, enfin, «que tous les droits et libertés qui n’auront pas été spécifiquement écartés devront continuer à être appliqués». Le code de la santé publique dispose d’ailleurs «que l’état d’urgence sanitaire ne dispense pas du respect de la vie privée des personnes et de la confidentialité des informations relatives à leur santé».

Le CCNE rappelait aussi qu’une pandémie peut susciter des réactions de stigmatisation qu’il faut anticiper. On le voit aujourd’hui avec le nouveau coronavirus qui a émergé en Chine.

«Éviter de telles réactions doit être l’un des objectifs de la communication des pouvoirs publics, écrivaient les auteurs et autrices de l’avis en 2009. Pour empêcher qu’une peur collective, alors inévitable mais compréhensible, ne dégénère en phénomènes de panique irrépressible, les grands médias doivent prendre toute la mesure de leur potentiel d’influence sur les comportements individuels et collectifs. Le poids considérable de leur implication dans l’amplification des réactions émotionnelles collectives, et des effets corrélatifs de stigmatisation qui peuvent en résulter, devraient d’ores et déjà inciter à engager un travail de concertation aboutissant à la mise en place d’un comité de réflexion dédié au rôle des médias, en termes d’anticipation et de responsabilité, en cas de pandémie

D’autres questions éthiques, d’une autre nature, pourraient aussi rapidement se poser.

À commencer par les limites à la disponibilité de thérapeutiques, comme les médicaments antiviraux (actuellement en cours d’expérimentation) voire, plus tard, de vaccins préventifs.

– Comment trancher lorsque des biens de santé ne peuvent être mis à la disposition de tous et de toutes du fait de leur insuffisance ?

– Comment, et sur quelles bases, établir des priorités, hiérarchiser?

«Chacun devra être convaincu que c’est sans favoritisme mais uniquement dans le souci de limiter l’extension de la pandémie que la puissance publique agit, souligne le CCNE. En vertu du sens égalitaire de la justice, il s’agit en premier lieu de rappeler que le but est de protéger toute la population, quelle que soit la position de ses membres dans l’échelle sociale et son âge

Pour autant, il existera immanquablement des «priorités opposées».

Ainsi, dans la plupart des plans de lutte, les personnes à haut risque de complications et celles dont l’activité est nécessaire à la prise en charge des malades et à la vie du pays pendant la pandémie sont considérées comme devant être prioritairement protégées.

Mais attention, pour le CCNE, «sélectionner les personnes à protéger en priorité en fonction de leur seule valeur “économique” immédiate ou future, c’est-à-dire de leur “utilité” sociale, n’est pas acceptable. La dignité d’une personne n’est pas tributaire de son utilité, qui est du reste une notion extrêmement difficile à cerner, notamment en la circonstance».

Et de souligner, en 2009, que si son taux d’attaque était comparable à celui des trois pandémies du XXe siècle, et en l’absence de toute mesure de lutte, la prochaine pandémie pourrait être responsable, ne serait-ce qu’à l’échelle nationale, «de dizaines de milliers de décès».

Outre les priorités visant l’ensemble de la population, les plans de lutte contre les pandémies prévoient la protection prioritaire des personnes exerçant des activités jugées essentielles au fonctionnement du pays pendant la pandémie.

Les personnels de santé, plus précisément les personnels soignants, seraient naturellement les premiers à être protégés contre une pathologie contagieuse vis-à-vis de laquelle ils sont plus exposés, du fait de leur profession, que celui de l’ensemble de la population. Cette priorité est, pour le CCNE, d’autant plus légitime que le système de santé doit pouvoir faire face à la crise sanitaire et éviter que sa désorganisation soit source de décès ou de complications graves potentiellement évitables.

En dehors du système de santé, les pouvoirs publics ont également le légitime souci du maintien d’activités essentielles au pays (transports, sécurité, production d’énergie, etc.) et certaines personnes travaillant dans ces secteurs d’activité seraient prioritairement protégées.

Chaque personne doit être consciente de ses responsabilités

Au terme de son analyse, le CCNE formulait des recommandations qui, onze ans plus tard, n’ont perdu ni de leur pertinence, ni de leur actualité.

À commencer par le fait que, quelle que soit l’incertitude sur la date de survenue d’une future pandémie grippale (et en raison même de cette incertitude), la population française devrait être mieux informée de la nature et des conséquences possibles d’une infection due à un nouveau virus.

«Un des objectifs essentiels des pouvoirs publics, avec le soutien des grands moyens d’information, doit être de rassurer, préparer et éviter le plus possible les réactions de panique avec leurs corollaires de violences.

Les préoccupations pragmatiques et stratégiques visant à enrayer au plus vite l’extension de la pandémie ne sont pas incompatibles avec les exigences éthiques.

La connaissance par la population des règles éthiques qui devront être appliquées en cas de crise sanitaire pandémique, conditionne, au contraire, l’efficacité de la stratégie de lutte contre la propagation virale

Le plan de lutte français devrait aussi, selon le CCNE, être parfaitement connu, afin que chaque personne, dans son environnement familial et social, puisse être consciente de ses propres responsabilités dans ce plan.

«Pour être efficace, cette communication devrait être faite par différents canaux et sous différentes formes et être répétée au cours du temps, comme les pouvoirs publics ont su le faire pour d’autres questions de santé publique majeures, comme la préconisation de la limitation à la prescription d’antibiotiques», ajoutait ainsi le Comité.

Et de conclure, il y a onze ans, avec des accents que l’on peut aujourd’hui, au vu de la crise hospitalière, qualifier de prophétiques:

«Les difficultés chroniques de certains maillons de notre système de santé (urgences en particulier) imposent une évaluation approfondie, par des études ad hoc, de l’impact d’une pandémie sur le système de soins hospitaliers.»

 

Source: slate.fr

La panique liée au Covid-19 replace la sécurité à la base des priorités humaines.

Pourquoi ?

La pyramide des besoins de Maslow apporte une réponse, et prouve sa pertinence.

En 1943, la très sérieuse revue américaine Psychological Review a publié un article proposant une théorie dont l’auteur, Abraham Maslow, allait devenir mondialement célèbre grâce à une pyramide.

pyramide-des-besoins-maslow-1024x651Aujourd’hui, l’emblématique pyramide de Maslow – ou pyramide des besoins – est tellement connue que lorsque l’on s’amuse à taper «pyramide» dans le moteur de recherche Google, elle arrive dans le trio de tête des suggestions, bien avant Gizeh !

Cependant, la notoriété de l’outil ne vient pas tant de sa propension à expliquer les comportements humains, notamment de consommation, que des critiques qu’il a reçues depuis sa création. Maslow a pourtant élaboré son modèle jusqu’à sa mort, en 1970.

Lorsqu’Abraham Maslow, psychologue américain considéré comme le père de l’approche humaniste aux côtés de Carl Rogers, James Bugental ou encore Rollo May, propose son modèle, il part du principe que les besoins humains s’organisent en cinq catégories.

Là où le bât blesse, c’est lorsque l’auteur soutient que l’être humain ne s’engage à combler un type de besoin que lorsque le précédent a été satisfait.

Théoriquement, personne ne devrait donc créer de relation amoureuse sans avoir d’abord trouvé de quoi se nourrir physiquement, ni appartenir à un groupe social sans s’être d’abord assuré d’être en sécurité. Sauf que dans la réalité, ce séquençage ne fonctionne pas.

Au début des années 1980, le modèle «Foote, Cone et Belding» (FCB) est notamment venu bousculer la théorie de Maslow.

Cette matrice distingue les comportements d’achat intellectuels (réfléchis) des comportements d’achat émotionnels (impulsion), le tout selon un degré d’implication du consommateur lié à son budget, à la durée de vie du produit, à la valeur accordée à l’achat, etc.

Les auteurs soulignent que si le modèle de Maslow était vérifié, nous n’achèterions presque jamais de produits de luxe et les achats d’impulsion seraient inexistants tant que nous n’aurions pas déjeuné, ce qui n’est pas le cas.

Les consommateurs ou consommatrices sautent facilement un repas pour faire les soldes, appeler une personne chère ou acheter un produit non vital mais que le corps réclame en urgence, comme un paquet de cigarettes.

De même, on peut rechercher l’amour pour se sentir en sécurité dans des standards sociaux (niveau 3 puis 2) ou avoir l’ambition de l’accomplissement de soi avant de trouver l’amour, une maison, voire de quoi se nourrir correctement en travaillant des heures d’affilée sans sommeil ni apport calorique raisonnable (le niveau 5 passe alors avant tous les autres).

Malgré la pertinence des besoins qu’elle identifie, le séquençage de la pyramide de Maslow ne fonctionne donc pas.

Sauf que cette conclusion s’insère dans un contexte politiquement et psychologiquement stable.

Dans le contexte instable de ce début d’année 2020, le Covid-19 apparaît comme un point d’inflexion remarquable, qui rebat les cartes de la hiérarchie des besoins.

Remarquable car il concerne la totalité de la population mondiale, sans distinction de niveau social, de goûts de consommation, d’âge ou de genre, mais surtout car il réhabilite la pyramide de Maslow en replaçant la sécurité à la base de la hiérarchie des besoins, au niveau 2, après les besoins physiologiques.

Les besoins d’appartenance, d’estime ou d’accomplissement (niveaux 3, 4 et 5) repassent après, comme l’illustrent les conséquences observables de la propagation du coronavirus.

En Chine, le confinement et la crainte de la contamination ont considérablement réduit toute activité, comme l’illustre notamment la chute drastique du niveau de pollution dans la zone géographique autour de Wuhan.

De même, les acteurs sont contraints de repenser leur activité : les circuits longs se raccourcissent, les marques de luxe, rassurantes en matière de valeur, perdent peu à la Bourse et des marques telles que Veolia (traitement de l’eau), Carrefour (il faut se nourrir) ou encore Engie (l’énergie est un besoin fondamental) tirent leur épingle du jeu.

Ce basculement s’observe également à l’échelle comportementale.

On ne se saluera désormais plus au travers d’une bise ou d’une poignée de main, ce qui risque de s’ancrer dans les coutumes occidentales si le danger sanitaire devait persister.

Désormais, rien d’autre ne compte que de survivre :

  • les denrées alimentaires sont redevenues la priorité (niveau 1 de la pyramide) afin de pouvoir rester en confinement chez soi, en sécurité (niveau 2) et éviter la contamination.

Le besoin d’appartenance conforte sa place au niveau 3 : une fois que la survie et la sécurité sont assurées, on a besoin de prendre des nouvelles de ses proches, notamment s’ils sont en voyage, en zone critique ou, pire, en quarantaine.

Quant à la reconnaissance et à l’accomplissement de soi (niveaux 4 et 5), cela viendra en temps voulu.

Ainsi, de la même manière que l’augmentation du prix de l’or envoie un signal de défiance aux marchés financiers, le fait que le séquençage originel de la pyramide de Maslow fonctionne indique que la planète va mal.

Sa réhabilitation devrait vraiment nous faire réfléchir à nos priorités, évidemment en période de crise ou de conflit, mais surtout lorsque le ciel est bleu…


Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.
Lisez l’article original.

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« Nous sommes très préoccupés ».

Pour les médecins qui souhaiteraient avoir un panorama complet des connaissances sur le nouveau coronavirus, deux scientifiques proposent une revue exhaustive de la littérature.

Laurent Lagrost est Directeur de recherche à l’INSERM. Didier Payen est l’ancien chef du service d’anesthésie-réanimation de l’Hôpital Lariboisière à Paris.

Après deux mois d’annonces, de révélations, d’étonnements et de réactions, nous y voyons un peu plus clair, grâce à la fulgurance de la réaction sanitaire, épidémiologique, scientifique, sociologique, politique et économique.

La lecture attentive des données récentes, et maintenant disponibles, semble confirmer l’impérieuse nécessité de considérer la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), maladie infectieuse causée par le coronavirus SARS-CoV-2, avec beaucoup de sérieux et de pragmatisme.

Ceci n’exclut pas, bien au contraire, de rester positif et optimiste grâce à la rigueur d’analyse des faits, en évitant la panique née de l’ignorance, de l’incohérence d’attitude ou de la course au sensationnel.

Ainsi, les sources les plus sérieuses comme le relevé global des cas rapportés chaque jour par l’Université Johns Hopkins CSSE, les publications volontairement rapides en accès libre dans les prestigieux Lancet, Journal of American Medical Association et New England Journal of Medicine par des équipes chinoises en collaboration avec des auteurs extérieurs, nous éclairent et nous instruisent (1-3). Le SARS-CoV-2 qui nous touche (ou peut-être les SARS-CoV-2 comme il ressortira peut-être un jour des études rétrospectives) est un réel danger.

Si les comparatifs en vogue mais nécessaires avec le SRAS, le MERS, Ebola ou autres épidémies H1N1 présentent un réel intérêt pour les experts épidémiologistes et cliniciens, leur présentation « à la découpe » dans les médias semble pouvoir produire aujourd’hui un effet contre-productif et erratique dans l’esprit du grand public, premier concerné.

La transparence, si nécessaire pour tous, semble trouver des limites dictées parfois par des connotations affairistes et/ou politiques, arguant de la nécessité d’éviter la « panique ».

Celle- ci naît pourtant de l’ignorance ou pire du doute sur l’information donnée.

Ainsi, s’il est reconnu aujourd’hui que la pandémie de grippe espagnole de 1918, due à une souche H1N1, a tué entre 50 et 100 millions d’individus, plus que la peste noire, bien peu de nos compatriotes la placeraient pourtant d’emblée devant la première guerre mondiale et la considèreraient tout aussi massacrante que la seconde. Et pourtant.

Ainsi, les virus de l’infiniment petit semblent précipiter l’humanité dans un abîme de perplexité et d’oubli.

Aujourd’hui, le vaccin contre la grippe saisonnière existe, mais le citoyen français rechigne pourtant à se faire vacciner, devant le doute semé sur l’innocuité du vaccin.

Pied de nez à notre histoire, à celle des grandes guerres ou à celle de Louis Pasteur ?

Fruit d’une désinformation coupable auprès d’esprits rebelles ?

Il demeure que la grippe saisonnière tue entre 6 000 et 15 000 personnes chaque année dans notre pays pour un taux de mortalité de l’ordre de 0,1%, soit 20 à 25 fois plus faible que le taux de mortalité évalué pour l’instant pour le SARS-CoV-2.

Au passage, les nouvelles pour la grippe saisonnière au cours de l’hiver 2019-2020 ont été exceptionnellement bonnes avec seulement 52 morts à ce jour.

Il est raisonnable de considérer le taux de mortalité du SARS-CoV-2 beaucoup plus élevé que celui de la grippe.

Si le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ont un taux de mortalité beaucoup plus élevé que celui de la grippe saisonnière et de la Covid-19, leurs propagations ont été relativement lentes et ont concerné finalement beaucoup moins de cas.

Enfin, si Ebola fait trembler l’Afrique et le Monde, avec un taux de mortalité considérable (de l’ordre de 40 à 50% avec 15.000 décès depuis 1976), sa dissémination a été beaucoup, beaucoup plus lente que celle du SARS-CoV-2.

Une illustration nouvelle d’un principe : un virus qui tue moins a plus de chances de se propager qu’un virus qui tue davantage ou le résultat d’une arithmétique dans laquelle le premier aura plus d’opportunités, et donc une plus grande probabilité de se reproduire et se transmettre que le second.

En fait, considérer chacun des paramètres (contagiosité, stabilité et affinité du virus, mortalité…) de manière isolée expose à des biais.

Seule une combinaison complexe de toutes les caractéristiques d’un virus est de nature à en qualifier sa dangerosité.

Et puis, à la complexité de la froide équation du calcul de risque vient s’ajouter le vertige immense de l’univers des grands nombres, malheureusement trop souvent galvaudé par le confort facile des fractions et des pourcentages. Le passage de 10 à 20 cas fin 2019 en chine n’a pas inquiété ni impressionné grand monde, contrairement à celui de de 20.000 à 40.000 un mois plus tard. Et pourtant, il s’agissait bien dans les deux cas d’un doublement du nombre de cas.

Enfin, et au-delà des chiffres et du décompte froid et glacial des cas et des décès, quid des femmes et des hommes, de leurs existences, de leurs relations et de leurs expériences en somme ?

Quid des formes sévères et des séquelles de celles et ceux qui ne sont pas morts mais n’ont pas encore récupéré, des comorbidités, des complications, de leurs conséquences sur la qualité de vie future, des cicatrices aux us et coutumes et aux mœurs sociales et culturelles, des liens transgénérationnels, des impacts économiques ?

Au cœur de la cellule familiale, les individus trouveront-t-il vraiment du réconfort au pied du gisant de leur aïeul dès lors qu’ils seront instruits que le taux de létalité reste tout de même moins élevé pour celles et ceux qui sont dans la force de l’âge ?

Les hommes jalouseront-ils les femmes pour leur plus grande résistance au SARS-CoV-2 ?

Commettront-ils la maladresse de ne plus contrôler leur température sous prétexte que d’autres l’ont masquée en prenant du paracétamol ?

Oublieront-ils de se laver les mains au savon au prétexte que la fiole de gel hydroalcoolique est vide ?

Leur refusera-t-on l’accès aux masques FFP2 ou FFP3 au prétexte qu’ils ne serviraient à rien quand on ne sait pas s’en servir ?

Celles et ceux avec qui nous avons échangé ces dernières semaines connaissent déjà notre opinion et notre position sur la Covid-19 et ses conséquences.

Nous sommes très préoccupés.

Cela n’engage que nous et beaucoup restent très dubitatifs et auraient tendance à ramener et résumer notre position à celle de pessimistes rabat-joie, de bougons invétérés ou bien encore d’oiseaux de mauvais augure.

Nous n’en voulons à personne bien sûr mais, au risque de nous tromper et de nous couvrir de ridicule, nous insistons tout de même…

La Covid-19 est un réel danger, alors… agissons !

Coronavirus SARS-CoV-2, de qui parle-t-on ?

Les virus sont aussi vieux que les cellules constituant les organismes terrestres et certains scientifiques pensent même que les premiers sont probablement issus des seconds.

Le virus de la Covid-19, le SARS-CoV-2, comme les autres betacoronavirus, appartient à la très large famille des Coronaviridae.

Constitués notamment d’un ARN simple-brin de grande taille, ils sont en constante mutation et évolution.

Bien que capables d’infecter plusieurs espèces, au premier rang desquelles les chauve-souris, à ce jour, 7 types de coronavirus ont été identifiés comme pouvant infecter l’Homme, avec des conséquences allant de bénignes à graves (comme pour le SRAS-CoV en 2002 et le MERS-CoV en 2012).

Pourquoi donc ces yeux hagards et dubitatifs découvrant aujourd’hui sur les flacons de gel hydroalcoolique, fabriqués avant l’arrivée du nouveau SARS-CoV-2, l’indication « Coronavirus » ?

La raison pour laquelle les coronavirus sont mentionnés sur les étiquettes des produits, pourtant manufacturés il y a quelques années, est… qu’ils existent depuis des millions d’années et ont suscité une inquiétude particulière depuis 2002, année d’apparition du SRAS.

Tout simplement.

Les rois des imbéciles à la source des versions complotistes les plus délirantes circulant aujourd’hui sur la toile et concernant l’origine douteuse des coronavirus ont donc, eux aussi, droit à leur couronne.

Le SARS-CoV-2 est plutôt discret et très contagieux.

Il sera donc difficile à contenir.

Son affinité pour les cellules humaines et pour le récepteur ACE-2 (l’enzyme de conversion de l’angiotensine), sa porte d’entrée dans la cellule, serait 10 à 20 fois plus élevée que celle du SRAS-CoV, d’où une très forte transmissibilité, y compris par des sujets asymptomatiques.

Un vrai problème.

Chez les patients infectés, le SARS-CoV-2 a pu être retrouvé dans de nombreux fluides et excrétions biologiques (sécrétions de la bouche et du nez, sang, selles, urines…). Les possibilités et modalités de transmission sont donc multiples. Elles augmentent ainsi les incertitudes et compliquent les recommandations.

La survie du SARS-CoV-2 sur surface inerte serait de l’ordre de 1 à 9 jours, en particulier en atmosphère humide et à basse température.

Une bonne nouvelle tout de même : le SARS-CoV-2 est sensible aux désinfectants usuels tels que l’eau de Javel à 0,5%, l’eau oxygénée ou l’alcool à 70% (source : Société Française de Microbiologie (SFM) – 21/02/2020).

En France, le diagnostic spécifique de la COVID-19 est réalisé actuellement par une méthode de biologie moléculaire (RT-PCR spécifique) sur un écouvillonnage nasopharyngé dont le résultat peut être obtenu entre 1 et 4 heures selon la technologie utilisée. Aucun test commercial simple n’est actuellement disponible.

Les caractérisitiques des personnes infectées

Plusieurs articles ont été récemment publiés et donnent un premier aperçu des caractéristiques des patients infectés par le SARS-CoV-2 en Chine.

Ils portent sur des groupes de 52 à 72.314 cas (1-3).

Comme pour le SRAS-CoV et le MERS-CoV, le SARS-CoV-2 peut entraîner des infections respiratoires dont les manifestations vont du simple rhume à un syndrome respiratoire sévère, pouvant nécessiter intubation et ventilation.

En bref, comme communiqué par l’OMS et dans l’ordre, les symptômes de la Covid-19 sont la fièvre (88%), la toux sèche (68%), la fatigue (38%), la production d’expectorations (33%), le souffle court (19%), la gorge irritée (14%), les maux de tête (14%), les douleurs musculaires (15%), les frissons (11%), la nausée ou les vomissements (5%), la congestion nasale (5%) et la diarrhée (4%).

Certains patients infectés n’ont aucun symptôme et déclarent se sentir bien (4, 5).

Il ressort des études récemment publiées que 80 à 85% des sujets infectés par le SARS-CoV-2 n’ont pas ou peu de symptômes, alors que 15 à 20% développent une maladie plus sévère, souvent associée à un âge avancé ou à d’autres comorbidités.

Enfin, et c’est là le point le plus inquiétant, environ 5% des sujets infectés entrent dans une phase critique de la maladie et sont admis dans les services de maladies infectieuses et de réanimation médicale, pour un taux de mortalité de l’ordre de 50% dans ce groupe, un même ordre de grandeur que pour les patients présentant un choc septique.

Au total, sur l’ensemble des patients infectés symptomatiques, le taux de mortalité est de l’ordre de 2,3%.

Beaucoup plus que pour la grippe saisonnière donc.

Le SARS-CoV- 2 infecte toutes les classes d’âge, mais de façon différenciée. 87% des patients ont entre 30 et 79 ans, alors que moins de 1% sont dans la classe d’âge inférieure à 10 ans.

La fréquence des formes sévères et le taux de mortalité augmentent avec l’âge (15% chez les patients de plus de 80 ans et 8% chez les patients entre 70 et 79 ans) (2).

Il est donc temps de se questionner sur l’origine de l’hétérogénéité de la réponse des individus face à ce virus, entre l’absence de symptôme et la survenue d’un état grave potentiellement mortel.

Cette question suggère l’impérieuse nécessité de connaitre la réponse de l’hôte à cet antigène viral. Elle reste, pour le moment, relativement méconnue et doit faire l’objet d’un énorme effort de recherche. Nous devrons en avoir les moyens. Les crédits de recherche permettront d’approfondir la virologie, mais aussi la connaissance de la réponse inflammatoire de l’hôte. A défaut, le clinicien se cantonnera à des traitements de support, dans l’espoir d’une issue positive.

Pour l’heure, on ne peut que recommander la vigilance, la protection et le confinement.

La nation chinoise a été remarquable de réactivité, de lucidité, de sérieux, même si cela s’est traduit par une dimension politique forte. Hommage à la mémoire du Docteur Li Wenliang, lanceur d’alerte.

Une situation totalement inattendue et inimaginable, notamment à titre expérimental, concerne le navire de croisière Diamond Princess (6).

Ce bateau transportait 3700 passagers, parmi lesquels 10 cas d’infection au SARS-CoV-2 ont été détectés dès le 3 février 2020.

Le 20 février 2020, soit 17 jours plus tard, 619 passagers et personnels de bord (17%) ont été détectés positifs. En fait, le taux de reproduction de base (R0 ou nombre de cas secondaires produits par un individu infectieux) a été évalué 4 fois plus élevé que celui mesuré au cours de la même période dans la ville de Wuhan en Chine.

Illustration et confirmation, si besoin était, que le rassemblement de nombreuses personnes dans un même endroit est propice à la propagation très rapide du virus si les conditions d’isolement ne sont pas parfaites.

Sans intervention (confinements et quarantaine sur le bateau), une publication récente a toutefois estimé que 79% des passagers (en place des 17% constatés) auraient été contaminés sur la même période (6).

Donc, il faut être proactif car la promiscuité amplifie considérablement le risque de transmission du virus.

Mais prendre les bonnes mesures n’est pas une affaire aussi simple.

Ainsi, des chercheurs ont récemment calculé que, si la mise en quarantaine et l’isolement dans leurs cabines des passagers du Diamond Princess a de fait prévenu l’apparition de quelques 2000 cas supplémentaires sur le bateau, une évacuation précoce du navire, dès le 3 février, aurait permis de détecter et d’isoler les 76 porteurs du virus estimés à la date du 3 février et aurait permis d’éviter la propagation qui a suivi à bord.

Une autre illustration donc, celle de la complexité des situations, des approches, des prises de décision et de la mise en œuvre des dispositifs de prévention.

Que faut-il en déduire enfin ?

Que le diagnostic précoce, sur une très large échelle et y compris chez des patients asymptomatiques, permettrait d’identifier et d’isoler très tôt les sujets porteurs dans des conditions appropriées en terme de confinement et d’acceptation psychologique.

La mesure a été récemment appliquée en France mais à petite échelle et pour des groupes de patients de retour de zones à risque, mais asymptomatiques et finalement non-infectés, donc, comme ce fut le cas, sans transmission et amplification au sein du groupe.

Heureusement.

Mais cette situation n’a pas permis d’évaluer en conditions réelles le risque de créer un nouveau cluster au sein duquel le virus se propage en touchant une majorité si ce n’est la quasi-totalité des individus, amplifiant ainsi l’infection que l’on souhaite pourtant combattre.

Il faudrait donc dépister largement pour identifier, puis isoler les individus positifs, mais pas en cluster !

Donc travailler urgemment à l’échelle du foyer familial en prônant les mesures hygiéniques et l’isolement individuel, et non plus travailler seulement à l’échelle d’un large groupe d’individus, ce qui peut être contreproductif et augmenter le réservoir à virus.

Il est possible d’affirmer aujourd’hui sans détour que la Covid-19 est au moins autant contagieuse que la grippe saisonnière mais est, aussi et surtout, beaucoup plus mortelle.

L’assomption fausse « la Covid-19 n’est pas plus grave que la grippe saisonnière », que nous avons maintes fois entendue ces dernières semaines, y compris après la publication des données chinoises, illustre à elle- seule l’incrédulité.

Elle préfigure la difficulté pour certains de nos concitoyens à accepter, sans broncher, la perspective d’une mise en quarantaine au domicile familial.

Elle pourrait pourtant s’avérer incontournable et se pratiquer sur une large échelle dans les semaines qui viennent.

Dans ce contexte, les impacts psychologiques d’une mise en quarantaine ne sont pas à négliger et doivent être anticipés.

Ils peuvent aller jusqu’aux symptômes du stress post-traumatique et incluent pêle-mêle la confusion, la colère, la frustration, l’ennui, ainsi que la crainte du rationnement, du défaut d’information, de la perte financière et de la stigmatisation (7).

Mais, en situation de crise, nos compatriotes ont montré par le passé qu’ils savent, dans des conditions critiques et dramatiques, faire preuve de réalisme, de courage, de responsabilité et de cohésion.

Il faut donc faire confiance aux citoyens et à leurs valeurs en diffusant largement et sans détours les vraies informations, seules capables de combattre les fake news, même si elles sont inquiétantes.

Cacher les informations, masquer nos ignorances et nier nos limites ne sert à rien, si ce n’est à inquiéter davantage, à instiller le doute, à réduire l’adhésion à une démarche responsable et altruiste et à renforcer les comportements compulsifs.

Le sentiment d’appartenance et l’adhésion à un protocole d’isolement se conjugueront et se nourriront toujours davantage d’une démarche éclairée et volontaire que d’une disposition contrainte et mal comprise, qui sera souvent perçue comme liberticide.

Comment se protéger ?

Alors, comment s’y prendre ? Le virus de la Covid-19 se transmettant principalement de personne à personne, une première et sage précaution consiste à se tenir à distance (de l’ordre de 2 mètres) de son interlocuteur, tout particulièrement en cas de toux et d’éternuements puisque le virus est contenu dans les gouttelettes respiratoires. Ainsi, les contacts physiques doivent être bannis, du moins temporairement…

Mais, écartons d’emblée certaines craintes.

Le modèle social à la française persistera et survivra bien à l’abolition temporaire de la poignée de main et de la bise. Faisons fi de cette épitaphe aux câlins et aux bisous. Notre combat face au virus et notre reconquête sociale passeront par : « je me protège et je m’isole, donc je protège les autres ». Et gardons à l’esprit que si les personnes malades sont les plus susceptibles de transmettre le virus, les sujets asymptomatiques le peuvent également.

Une autre possibilité est la contamination au contact de surfaces ou d’objets sur lesquels le virus est présent. Ensuite, le simple geste de se toucher la bouche, le nez ou les yeux peut constituer un mode de contamination. Le nettoyage des surfaces de façons répétées deviendra un réflexe, sachant que le virus peut rester sur une surface non nettoyée pendant 7 à 9 jours.

La durée d’incubation, évaluée en moyenne à 7 jours, s’échelonnerait entre 2 et 14 jours, avec des durées beaucoup plus longues récemment rapportées, et pouvant aller jusqu’à 28 jours.

Les précautions et consignes doivent donc s’inscrire dans la durée.

Une sage décision en cas d’épidémie de Covid-19 est de décider soi-même de rester à la maison, en limitant au maximum ses déplacements et contacts avec les autres, évitant ainsi toute contamination de personne à personne.

Et ça fonctionne dans les deux sens !

Il convient alors de s’assurer que les éléments essentiels sont à disposition à la maison : produits en quantités suffisantes pour l’entretien des surfaces et le lavage des mains, stock de médicaments pour les personnes sous traitement, réserves raisonnables de nourriture pour éviter de courir au supermarché du quartier, utiliser des chambres et des salles de bain séparées quand disponibles, reporter les rendez-vous et les agapes en famille ou entre amis et interdire à Gros Toutou et Petit Minou de quitter la maison.

Si nos animaux n’ont aucune chance d’être malades et de transmettre le SARS-CoV-2 des humains, ils demeurent très câlins et leur pelage peut alors constituer un hébergement et un véhicule idéal pour les gouttelettes contagieuses des personnes rencontrées à l’extérieur au cours de rendez-vous aussi tendres que secrets. A ne pas négliger : l’accès à l’eau de boisson. Disposer d’un appareil à osmose inverse pour purifier l’eau du réseau est un atout dans ce contexte. La panoplie et les préconisations du survivaliste en somme !

Il faut utiliser des mouchoirs jetables, et observer une hygiène des mains irréprochable.

Le gel hydroalcoolique est bien sûr une solution, mais de seconde intention. En effet, un lavage des mains au bon vieux savon de Marseille sous le robinet fait parfaitement l’affaire lorsqu’il est pratiqué pendant une vingtaine de seconde, et ceci après chaque contact potentiellement contaminant.

Le port de gants jetables constitue également un excellent réflexe, à condition de s’en débarrasser correctement. Outre l’hygiène du corps, l’entretien méticuleux des surfaces et des objets est un Must.

Et les masques enfin ? Bien que largement et injustement dénigrés, ils sont pourtant très utiles et très efficaces.

Leur inefficacité apparente provient, pour une très grande part, d’erreurs et d’un déficit de formation à leur bonne utilisation. Ainsi, contrairement au masque chirurgical classique, seuls les masques de norme FFP2 ou FFP3 bloquent l’entrée du virus dans les voies respiratoires.

Ceci reste vrai que si le masque est bien adapté et positionné sur le visage sans fuites sur les bords. Les masques FFP2 et 3 deviennent vite humides et, donc, la barrière qu’ils constituent inefficace.

Ils doivent être renouvelés toutes les 2 à 3 heures avec précaution, le filtre du masque lui-même constituant un piège à virus potentiellement contaminant.

Les masques FFP2 sont essentiels aux personnels soignants pour lesquels il est impératif d’y accéder de façon prioritaire et non-contingentée.

L’épisode que nous traversons a une valeur éducative, en permettant de répéter et d’imprimer des réflexes bien maitrisés. Gardons à l’esprit que la mise en œuvre de ces bonnes pratiques appelle de la systématicité et de la rigueur et doivent être observées sur la durée.

Mais avec le temps et l’expérience, les habitudes se prennent vites. Elles ajoutent une dimension citoyenne à la crise, des citoyens aidant d’autres citoyens quand ils faillissent.

Les occasions manquées

Notre pays a pourtant déjà connu des alertes, chaque année avec la grippe saisonnière et en 2009 avec la grippe H1N1.

Cette dernière a conduit à l’achat de doses vaccinales en très grand nombre (pour un coût total de l’ordre de 400 millions d’euros) et au stockage de très nombreuses boites de Tamiflu dans les hôpitaux, médicament qui n’a malheureusement aucun intérêt dans le contexte de la Covid-19.

Le vaccin est arrivé rapidement, mais moins vite que la décroissance de l’épidémie qui était déjà amorcée.

Ceci a laissé des traces dans les esprits, la population pensant avoir été alertée pour des raisons futiles et, même, pour rien. Inutile de ressasser les regrets, mais il y eut bien des rendez-vous manqués, notamment celui de l’information et de la formation du grand public.

Par exemple, on peut déplorer que des masques FFP2 n’aient pas fait l’objet d’une fabrication anticipée et sur une très large échelle, d’une distribution large et d’une formation à leur utilisation adéquate au sein de la population de notre pays.

Plus simple encore, les réflexes de base concernant l’évitement des contacts, les distances de sécurité entre individus, le lavage soigneux des mains et les précautions de décontamination ne sont pas, ou sont mal maîtrisés, encore aujourd’hui.

A méditer en comparaison à la culture et aux pratiques courantes dans d’autres pays, comme le Japon.

La détresse et le démantèlement de l’hôpital public au cours des dernières années n’arrangent en rien la situation.

Comme quoi, dans notre pays, nous savons dépenser beaucoup pour de petits riens et économiser peu pour de fâcheuses conséquences.

Et si, pour une fois, nous osions investir beaucoup et nous réinvestir ensemble pour une juste récompense ?

Toutefois, nous risquons d’entrer très prochainement en phase d’épidémie, ce qui malheureusement ne constituera pas le moment le plus opportun pour informer et former efficacement, dans le calme et la sérénité.

On sème mal par temps d’orage…

Les espoirs

Le virus SARS-CoV-2 fait actuellement l’objet d’une recherche intense et acharnée.

Les connaissances progressent chaque jour, qu’elles concernent la nature du virus, son évolution, ses modalités d’entrée dans la cellule, ses conséquences physiopathologiques, la fabrication d’un vaccin, la recherche de nouveaux traitements ou bien encore le repositionnement d’anciens.

Des dizaines d’essais cliniques sont en cours, par exemple avec des molécules antivirales ou des plasmas de patients précédemment infectés. Les objectifs primaires sont notamment d’améliorer les symptômes et de réduire ou supprimer la charge virale.

Une très bonne nouvelle semble peu à peu émerger, même s’il est encore trop tôt pour l’affirmer : le SARS-CoV-2 n’aime pas le beau temps et pourrait être sensible aux UV et au temps chaud et sec.

L’examen attentif et quotidien, depuis près de deux mois, de la progression pays par pays du nombre de cas est très éclairant.

Actuellement, la Covid-19 se limite principalement à l’hémisphère nord, en se propageant sur un axe est-ouest. La progression sur un axe nord-sud est très faible et les pays de l’hémisphère sud qui ont importé le SARS-CoV-2 ne semblent pas connaître d’explosion de la propagation et du nombre de cas. Il nous faut donc garder espoir et nous montrer attentifs et patients en attendant… le réveil de la marmotte !

De plus, et avec les beaux jours, les comportements changeront. Avec la vie au grand air, moins de temps passé dans les espaces clos, donc moins de risque de transmission.

Enfin, les coronavirus contiennent un ARN simple-brin de grande taille, sujet aux erreurs au moment où il est recopié dans la cellule, contrairement à la molécule d’ADN double brin beaucoup plus stable. Les coronavirus ne disparaitront pas, mais il est raisonnable de penser que l’ARN de grande taille et son instabilité constituent le talon d’Achille du SARS-CoV-2.

Très probablement, comme ce fut toujours le cas par le passé, le coronavirus mutera, encore et encore. Le vent mauvais pourrait donc finir par tourner et la mauvaise pioche de 2019 pourrait très bien ne pas durer et laisser la place à un nouveau modèle de coronavirus beaucoup moins méchant.

Puissions-nous un jour dire : le SARS-CoV 2019 est mort, vive le SARS-CoV 2020 ou 2021…

Une crainte subsistera

Si l’on espère une accalmie de la météo virologique au cours de l’été prochain dans notre pays, il faut garder à l’esprit que le SARS-CoV-2 aura contaminé un très grand nombre d’individus.

De fait, il s’est d’ores et déjà exporté dans les pays de l’hémisphère sud.

Si aucune solution n’est trouvée dans les mois qui viennent, une propagation du SARS-CoV-2 peut être redoutée dans les pays du sud au cours de l’hiver austral.

Nous pourrions alors connaitre un effet boomerang, du sud vers le nord, à l’automne prochain.

Il ne faudra donc pas baisser la garde et l’été prochain dans notre pays pourrait ouvrir une fenêtre propice au lancement d’une grande campagne d’information et de formation et ainsi combler nos retards et déficits en termes d’éducation et de prévention auprès de l’ensemble des citoyens, en plus des grands plans pandémie déjà opérationnels à l’hôpital.

Si ça ne sert pas pour la Covid-19, ça pourra toujours servir pour d’autres menaces de pandémie qui risquent de se répéter dans le futur…

1 – Yang X, Yu Y, Xu J, Shu H, Xia J, Liu H, Wu Y, Zhang L, Yu Z, Fang M, Yu T, Wang Y, Pan S, Zou X, Yuan S, Shang Y. Clinical course and outcomes of critically ill patients with SARS-CoV-2 pneumonia in Wuhan, China: a single-centered, retrospective, observational study. Lancet Respir Med. 2020 Feb 24:S2213- 2600(20)30079-5. doi: 10.1016/S2213-2600(20)30079-5. Epub ahead of print. Erratum in: Lancet Respir Med. 2020 Feb 28;: PMID: 32105632.
2 – Wu Z, McGoogan JM. Characteristics of and Important Lessons From the Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) Outbreak in China: Summary of a Report of 72 314 Cases From the Chinese Center for Disease Control and Prevention. JAMA. 2020 Feb 24:10.1001/jama.2020.2648. doi: 10.1001/jama.2020.2648. Epub ahead of print. PMID: 32091533.
3 – Guan WJ, Ni ZY, Hu Y, Liang WH, Ou CQ, He JX, Liu L, Shan H, Lei CL, Hui DSC, Du B, Li LJ, Zeng G, Yuen KY, Chen RC, Tang CL, Wang T, Chen PY, Xiang J, Li SY, Wang JL, Liang ZJ, Peng YX, Wei L, Liu Y, Hu YH, Peng P, Wang JM, Liu JY, Chen Z, Li G, Zheng ZJ, Qiu SQ, Luo J, Ye CJ, Zhu SY, Zhong NS; China Medical Treatment Expert Group for Covid-19. Clinical Characteristics of Coronavirus Disease 2019 in China. N Engl J Med. 2020 Feb 28:10.1056/NEJMoa2002032. doi: 10.1056/NEJMoa2002032. Epub ahead of print. PMID: 32109013.
4 – Organisation Mondiale de la Santé – https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel– coronavirus-2019/advice-for-public/q-a-coronaviruses
5 – Boston University Medical Campus – https://www.bumc.bu.edu/2020/02/29/a-covid-19-primer– for-the-boston-university-community/
6 – Rocklöv J, Sjödin H, Wilder-Smith A. COVID-19 outbreak on the Diamond Princess cruise ship: estimating the epidemic potential and effectiveness of public health countermeasures. J Travel Med. 2020 Feb 28:taaa030. doi: 10.1093/jtm/taaa030. Epub ahead of print. PMID: 32109273.
7 – Brooks SK, Webster RK, Smith LE, Woodland L, Wessely S, Greenberg N, Rubin GJ. The psychological impact of quarantine and how to reduce it: rapid review of the evidence. Lancet. 2020 Feb 26:S0140- 6736(20)30460-8. doi: 10.1016/S0140-6736(20)30460-8. Epub ahead of print. PMID: 32112714. 6 – Rocklöv J, Sjödin H, Wilder-Smith A. COVID-19 outbreak on the Diamond Princess cruise ship: estimating the epidemic potential and effectiveness of public health countermeasures. J Travel Med. 2020 Feb 28:taaa030. doi: 10.1093/jtm/taaa030. Epub ahead of print. PMID: 32109273. 7 – Brooks SK, Webster RK, Smith LE, Woodland L, Wessely S, Greenberg N, Rubin GJ. The psychological impact of quarantine and how to reduce it: rapid review of the evidence. Lancet. 2020 Feb 26:S0140- 6736(20)30460-8. doi: 10.1016/S0140-6736(20)30460-8. Epub ahead of print. PMID: 32112714.

Laurent Lagrost a dirigé le centre de recherche UMR1231 de l’Inserm et de l’Université de Bourgogne à Dijon et a coordonné le Laboratoire d’Excellence LipSTIC. Didier Payen est Professeur Emerite à l ‘Université Paris 7 et Professeur d’Anesthésie-Réanimation.

Des dizaines de millions de patients font transiter par la plateforme des informations hautement sensibles : l’historique de leur rendez-vous avec des praticiens, parfois le motif de leur consultation, et même des ordonnances après des téléconsultations.

Lancée fin 2013, l’application qui permet aux patients de prendre rendez-vous avec un médecin en quelques clics et aux professionnels de santé de faciliter la gestion de leur cabinet a connu une croissance fulgurante.

Avec ses 1 300 salariés et ses embauches à tour de bras, Doctolib a même rejoint en mars 2019 Deezer et Blablacar dans le cercle très fermé des licornes françaises, ces entreprises valorisées à plus d’un milliard d’euros.

Doctolib doit sa réussite à un véritable trésor de guerre : son nombre d’utilisateurs.

Selon ses chiffres, pas moins d’un Français sur deux utiliserait ses services pour gérer ses rendez-vous médicaux.

Des dizaines de millions de patients qui font transiter par la plateforme des informations importantes, et hautement sensibles : l’historique de leur rendez-vous avec des praticiens, parfois le motif de leur consultation, et, depuis quelques mois, des ordonnances après des téléconsultations.

Que dit la réglementation sur la gestion de ces données ?

Doctolib la respecte-t-elle ?

Comment sont protégées ces informations sensibles ?

Lorsque vous utilisez Doctolib pour prendre rendez-vous chez votre dermatologue, par exemple, vous transmettez deux types d’informations bien distinctes à la plateforme : d’un côté, vos données personnelles (nom, adresse e-mail, numéro de téléphone…) ; de l’autre, vos données de santé (rendez-vous avec un praticien, motif de la consultation, ordonnance numérisée après une téléconsultation…).

Si cette distinction peut sembler évidente, elle est en fait assez récente.

« Auparavant, la loi ne qualifiait de données de santé que les données relatives aux pathologies, comme par exemple le fait d’indiquer que Monsieur X est atteint de tel type de cancer », explique à franceinfo Guillaume Desgens-Pasanau, ancien directeur juridique de la Cnil, le gendarme français du respect des données personnelles.

Des informations comme le niveau de correction visuelle ou la prise de rendez-vous avec tel ou tel praticien bénéficiaient d’une sorte de ‘zone grise’, et n’étaient pas formellement considérées comme des données de santé.

Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) dans l’Union européenne a considérablement changé les choses.

Entré en vigueur en mai 2018, ce texte a élargi la conception de données de santé, notamment aux cas cités plus haut.

Avec cet élargissement de la notion légale de données de santé, « de nombreuses entités qui manipulaient ce type d’informations ont eu une responsabilité plus importante vis-à-vis de la réglementation », poursuit Guillaume Desgens-Pasanau.

La nouvelle législation demande en effet des précautions particulières aux entreprises ou administrations qui collectent ces données jugées sensibles. Ce qui est le cas de Doctolib.

Comme l’indique le guide pratique (PDF) coédité par la Cnil et le Conseil national de l’Ordre des médecins à destination des professionnels de santé, le RGPD impose que les données issues de la prise de rendez-vous soient traitées de la même manière que les dossiers médicaux des patients.

Pas question par exemple de vous réclamer des informations autres que celles « strictement nécessaires » à votre parcours de soin – la collecte d’informations sur votre vie familiale n’est par exemple en principe pas appropriée. L’accès aux données de santé doit également être restreint autant que possible, leur contenu sécurisé et la Cnil doit être prévenue en cas de violation de celles-ci.

Le RGPD impose également que vos données de santé ne soient pas conservées indéfiniment, et que vous puissiez y accéder facilement, voire les effacer.

Vous devez enfin donner votre consentement libre, spécifique, éclairé et univoque à la collecte de vos données de santé si l’entité qui récupère ces informations n’est pas un professionnel de santé ou un prestataire agissant pour son compte. Ce qui est loin d’être un détail, comme nous le verrons plus tard.

Interrogé par franceinfo, Stanislas Niox-Chateau martèle que les utilisateurs de Doctolib ont « le contrôle exclusif » de leurs données de santé.

Hélas, il leur est assez difficile de le constater : si vous réclamez à Doctolib de vous communiquer les données qu’ils possèdent à votre sujet, comme le RGPD le prévoit, ne vous attendez pas à recevoir un énorme fichier récapitulant votre parcours de soin ces dernières années. La plateforme ne vous communiquera que des informations succinctes, comme votre identité, votre date de naissance, coordonnées et la date de création de votre compte, comme le signale sur Twitter un internaute qui a tenté sa chance.

Pourquoi Doctolib ne communique pas à ses utilisateurs l’historique de leurs rendez-vous médicaux, alors même que celui-ci est accessible en un clic depuis la page d’accueil de son site internet ?

La réponse se trouve là encore dans l’application du RGPD recommandée par la Cnil et le Conseil national de l’ordre des médecins : en tant que plateforme de prise de rendez-vous en ligne, Doctolib n’est considérée que comme un simple prestataire des 115 000 praticiens de santé et près de 2 000 établissements de soin qui font appel chaque jour à ses services.

Ce sont eux qui, individuellement, restent légalement considérés comme les « responsables de traitement », c’est-à-dire les gestionnaires des données de santé qui leur sont confiées.

Et le patron de Doctolib de préciser que sa plateforme aide les professionnels de santé à garder la main sur leur base de données à l’aide d’une fonctionnalité leur permettant d’exporter les informations concernant leurs patients qui souhaiteraient accéder à leurs données médicales.

Des explications qui ne convainquent pas Guillaume Desgens-Pasanau. « Imaginez la difficulté pour un patient s’il doit contacter chaque médecin consulté pour exercer son droit d’accès, alors que toutes les données sont facilement accessibles par Doctolib !«  proteste l’ancien directeur juridique de la Cnil.

« L’esprit du RGPD est au contraire de faciliter l’exercice de leurs droits par les personnes concernées, et responsabiliser des ‘prestataires’ informatiques qui en réalité sont seuls décisionnaires sur les modalités de fonctionnement de leur système d’information. » Guillaume Desgens-Pasanauà franceinfo

Selon ce spécialiste, il conviendrait de distinguer juridiquement l’activité d’aide à la gestion de cabinet de Doctolib de celle de prise de rendez-vous, bien connue du grand public.

L’entreprise pourrait ainsi être considérée comme simple prestataire des professionnels de santé mais aussi être qualifiée de responsable ou de co-responsable du traitement des données de ses utilisateurs. Une pratique « tout à fait possible sur le plan juridique et courante dans la pratique », estime GuillaumeDesgens-Pasanau.

Le fait que Doctolib soit considéré par la réglementation comme un prestataire des praticiens de santé qui font appel à ses services a de nombreuses conséquences.

Outre le fait que le géant de la santé numérique ne communique pas à ses utilisateurs l’historique de ses rendez-vous médicaux, l’entreprise n’a sur le papier pas besoin d’obtenir votre consentement pour collecter vos données, tant que celles-ci sont utilisées pour la finalité recherchée, à savoir la prise de rendez-vous de santé.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes se sont ainsi étonnés de recevoir des SMS de la part de Doctolib pour leur rappeler l’approche d’une consultation, alors même que ces patients ne disposaient pas de compte sur la plateforme et avaient pris rendez-vous par téléphone avec leur praticien de santé.

Surprenant, mais pas illégal : si leur professionnel de santé utilise Doctolib comme logiciel de gestion de ses rendez-vous, il n’a juridiquement aucune obligation d’informer ses patients avant d’entrer leurs coordonnées dans la plateforme. Doctolib n’aura toutefois pas l’autorisation de les utiliser à d’autres fins que celles prévues par le praticien de santé.

D’autres patients se sont émus de recevoir de la part de Doctolib un courriel contenant un questionnaire leur demandant leur avis sur une consultation récente. Là encore, l’entreprise joue un rôle d’intermédiaire : dans un billet de blog, elle rappelle qu’aucun système d’évaluation publique n’est intégré à son logiciel et assure n’envoyer ce questionnaire qu’à la demande du praticien concerné, ne pas publier les résultats ni même y accéder.

Les médecins sont-ils au fait de ces subtilités juridiques et de leurs implications ?

Sur son site internet, Doctolib indique informer « clairement les professionnels de santé et les patients sur sa politique de protection des données personnelles de santé avant qu’ils utilisent ses services » et précise que les documents détaillant sa politique de protection des données « sont joints au contrat d’abonnement des professionnels de santé et ces derniers doivent en accepter les termes pour pouvoir utiliser Doctolib ».

En pratique, les choses sont un peu différentes, et le corps médical n’est pas davantage porté sur la lecture des conditions d’utilisation d’un service que le commun des mortels.

« Il y a peut-être 10% de la profession qui est au fait de ces sujets. La majorité n’en a rien à faire et se concentre sur les soins », répond avec une franchise désarmante le professeur Stéphane Oustric, délégué général aux données de santé et au numérique du Conseil national de l’ordre des médecins.

« La plupart des médecins disposent d’une messagerie sécurisée, achètent un logiciel dont l’éditeur se dit certifié ou garanti conforme au RGPD et ne se pose pas de question tant que le programme est sympa et facile d’utilisation. » Stéphane Oustricà franceinfo

« Il y a une certaine impréparation » de la profession, acquiesce Pascal Charbonnel, médecin généraliste anciennement chargé des questions numériques au sein du Collège de la médecine générale. Pour ce spécialiste, « il y a une vraie différence entre la culture du secret médical, bien connu et pratiqué de manière cohérente chez les médecins, et le niveau d’information sur la protection des données » récoltées par les plateformes en ligne.

Afin de rendre plus intelligible son fonctionnement sur ces sujets, Doctolib a publié mercredi 12 février deux chartes de protection des données de santé, signées de la main de Stanislas Niox-Chateau, l’une destinée aux professionnels de santé et l’autre aux patients (PDF).

Vous l’ignorez peut-être mais Doctolib ne stocke pas lui-même les données de santé de ses millions d’utilisateurs.

L’entreprise sous-traite en fait cette activité à plusieurs prestataires – dont la division « Web Services » du géant Amazon – labellisés « hébergeurs de données de santé » (HDS) par des organismes de certifications agréés par les autorités.

« Nous travaillons avec plusieurs dispositifs de sécurité informatique », comme des antivirus, des pare-feu ou des mécanismes de protection contre les attaques par déni de service, détaille auprès de franceinfo Camille Cacheux, directeur général de Coreye, l’un de ces hébergeurs de données de santé, qui travaille avec plus d’une centaine de clients, dont Doctolib.

« Nous utilisons également des clés de chiffrement spécifiques, que nous transmettons à nos clients de telle sorte qu’ils soient les seuls en mesure d’avoir accès aux données de santé. » Coreye indique être également en mesure d’identifier les éventuelles tentatives d’intrusion dans leurs bases de données, et de rétablir l’intégrité des informations stockées en cas d’attaque.

Doctolib, qui revendique le chiffrement « systématique » de toutes les données de santé de ses utilisateurs, assure que seuls les praticiens de santé et les patients sont techniquement en mesure de consulter leur contenu grâce à un système d’identification par adresse e-mail et mot de passe.

A deux exceptions près, précise Stanislas Niox-Chateau à franceinfo : « Quand nous créons le compte Doctolib d’un praticien et que nous y importons la base de données du logiciel qu’il utilisait auparavant, ce que font également tous nos concurrents, et quand un professionnel nous demande des opérations de maintenance ou d’assistance. » Un bouton lui permet alors de donner aux équipes de Doctolib un accès temporaire à ses données, tout en restant sous sa supervision et avec une obligation de confidentialité.

Doctolib pourrait-il décider de vendre vos données de santé ? Non.

Comme l’indique Doctolib dans sa charte récemment publiée, la vente de données personnelles de santé est de toute façon punie par la loi de 5 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. Mais l’article L1111-8 du Code de la santé publique qui définit cette infraction précise qu’il n’est interdit de vendre que les données de santé qui peuvent être directement ou indirectement liées à l’identité des patients.

Or, Doctolib est assis sur une montagne de données que l’entreprise pourrait en théorie monnayer au plus offrant, tant que la fameuse ligne rouge de l’identification des patients n’est pas franchie.

L’entreprise de Stanislas Niox-Chateau ne se prive d’ailleurs pas d’utiliser ces données anonymisées pour vanter les mérites de son offre. La plateforme précise d’ailleurs sur son site internet le faire au nom de « l’intérêt légitime de Doctolib à produire des données statistiques anonymisées relatives à [son] impact sur l’activité des professionnels de santé (…) afin de communiquer sur son outil ».

« Je suis sûr que le ministère de la Santé serait prêt à payer fort cher l’accès aux données de Doctolib, pour par exemple l’aider à étudier à la loupe les délais de prise en charge dans les hôpitaux où ce système est installé », estime le docteur Pascal Charbonnel, membre du Collège de la médecine générale.

Un avis partagé par Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, qui juge auprès de franceinfo que les « fichiers de Doctolib valent de l’or«  et qui se dit convaincu que « l’ambition de l’entreprise, dont le fondateur a participé au développement du site de réservation LaFourchette, ne s’arrête pas à la prise de rendez-vous mais vise à dominer tout le secteur de la santé numérique« .

Cette crainte de voir Doctolib vendre des données anonymisées a le don d’agacer Stanislas Niox-Chateau, qui préfère insister sur « l’amélioration de l’accès aux soins » apportée par son application, et répète qu’il est « difficile d’être plus jusqu’au-boutistes » que ses équipes sur les questions éthiques.

« Plusieurs de nos concurrents anonymisent leurs données et les vendent à l’industrie pharmaceutique sans que personne n’y trouve rien à redire ! » s’insurge l’entrepreneur, qui dénonce la « désinformation » et les « procès d’intention » qui viseraient trop souvent son entreprise. Et martèle que le modèle économique de Doctolib restera basé sur l’abonnement versé chaque mois par les praticiens et les établissements de santé.

Valorisé à plus d’un milliard d’euros, leader européen d’un secteur de la santé numérique unanimement considéré comme porteur…

Sur le papier, Doctolib a des arguments solides pour séduire l’un des géants américains de la technologie.

Vos données de santé seraient-elles en péril si la licorne française venait à passer sous pavillon américain ? « Non ! » répondent en chœur tous les spécialistes du sujet interrogés par franceinfo.

« Si Doctolib était racheté par un acteur américain, les mêmes obligations au sens du RGPD pèseront sur lui car le RGPD a un effet extraterritorial : il s’applique à des responsables de traitement établis en dehors de l’Union européenne, mais qui traitent des données concernant des personnes établies dans l’Union », détaille Guillaume Desgens-Pasanau.

Mais l’ancien directeur juridique de la Cnil s’empresse d’apporter une précision : « Si Doctolib n’était qu’un simple sous-traitant des praticiens de santé comme il prétend l’être, il ne serait certainement pas susceptible d’intéresser l’un des Gafam [acronyme de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft], car sa vraie valeur réside dans le contenu de sa base de données, et pas le fait qu’il soit un prestataire de prise de rendez-vous !« 

Source: francetvinfo.fr/sante/professions-medicales/enquete-franceinfo-comment-doctolib-se-sert-de-nos-donnees-de-sante_3825805.html

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Complément d’information:

Doctolib vend donc une partie des données « pseudonymisées », sans être hors la loi.

Et pourtant… les IA (intelligence artificielle) peuvent, plus ou moins facilement, faire les liens..

Regardez cette excellent vidéo qui vous l’explique (juste moins de 3 minutes) :

Certes, la progression de l’épidémie de coronavirus est préoccupante.
Mais il faut rester optimiste.
En effet, jamais l’humanité n’a été aussi bien préparée à affronter une pandémie.
On considère qu’une maladie entre en phase pandémique lorsque sa transmission se fait de manière prolongée, efficace et continue, simultanément au sein de plus de trois régions géographiques différentes.

Peut-être sommes-nous donc déjà entrés en phase pandémique en ce qui concerne le COVID-19.

Mais cela ne signifie pas pour autant que nous sommes condamnés à mort : le fait qu’un virus soit à l’origine d’une pandémie ne reflète pas sa létalité, mais uniquement sa transmissibilité et son extension géographique.

Une chose est sûre : la peur, en revanche, est bel et bien entrée en phase pandémique.

Pour la première fois de l’histoire, nous vivons une épidémie en temps réel.

Nous sommes sous perfusion d’informations : partout sur la planète, les médias nous informent en temps réel de l’évolution de l’épidémie, plusieurs fois par jour, sept jours sur sept. Nous sommes tenus au courant en direct de chaque nouveau cas. Le fait que le coronavirus a muté trois fois au Brésil a même fait la une des journaux !

J’insiste, nous faisons face à un grave problème. Cependant, il faut se souvenir que l’une des premières victimes du coronavirus aura été l’économie.

S’il est important de rendre compte de l’évolution de la situation, il faut également mettre l’accent sur les informations positives.

Et elles existent aussi : voici dix bonnes nouvelles concernant le coronavirus.

1./ Nous savons ce qui est à l’origine de la maladie

Après la description des premiers cas de sida en juin 1981, plus de deux ans ont été nécessaires pour identifier le virus à l’origine de la maladie, le VIH. Concernant le nouveau coronavirus, les premiers cas de pneumonie sévère ont été signalés en Chine le 31 décembre 2019. Le 7 janvier, le virus responsable avait déjà été identifié. Au jour 10, la séquence de son génome était disponible.

Nous savons déjà qu’il s’agit d’un coronavirus appartenant au groupe 2B, autrement dit de la même famille que le SRAS, et nous lui avons donné un nom : SARS-CoV-2. La maladie qu’il provoque est elle aussi baptisée : Covid-19. Ce nouveau virus est apparenté à un coronavirus de chauves-souris. Les analyses génétiques ont confirmé qu’il est d’origine naturelle, qu’il a émergé récemment (entre fin novembre et début décembre), et que, bien que les virus s’adaptent en mutant, la fréquence de mutation du SARS-CoV-2 n’est pas très élevée.

2./ Nous savons comment détecter le coronavirus

Dès le 13 janvier, un test RT-PCR permettant de détecter le virus a été rendu accessible à tous. Ces derniers mois, les tests de ce type ont été perfectionnés, et leur sensibilité et spécificité évaluées.

3./ En Chine, la situation s’améliore

Les importantes mesures de contrôle et d’isolement imposées par la Chine portent leurs fruits : le nombre de cas diagnostiqués quotidiennement diminue depuis plusieurs semaines.

Dans d’autres pays, un suivi épidémiologique détaillé est en cours. Les flambées du nouveau coronavirus sont très spécifiques, ce qui peut permettre de les contrôler plus facilement. C’est par exemple le cas en Corée du Sud ou à Singapour.

4./ 81% des cas sont bénins

La maladie ne provoque aucun symptôme ou est bénigne dans 81 % des cas. Dans 14 % des cas, elle peut provoquer une pneumonie sévère et dans les 5 % restant, elle peut devenir critique, voire mortelle.

5./ Les gens guérissent

Screenshot_2020-03-08 file-20200301-166488-1muyflg png (Image WEBP, 1000 × 625 pixels)

Les médias ont parfois tendance à ne rendre compte que de l’augmentation du nombre de cas confirmés et du nombre de décès. Néanmoins, la majorité des personnes qui ont été infectées sont guéries. On dénombre en effet13 fois plus de guérisons que de décès, et cette proportion est en augmentation.

6./ Les enfants ne sont (presque) pas affectés

Seul 3 % des cas concernent des jeunes de moins de 20 ans, et la mortalité chez les personnes de moins de 40 ans n’est que de 0,2 %. Chez les enfants, les symptômes sont si légers qu’ils peuvent passer inaperçus.

7./ Le coronavirus est facilement inactivé

Le virus peut être efficacement inactivé en nettoyant pendant une minute les surfaces contaminées avec une solution d’éthanol (alcool à 62-71 %), de peroxyde d’hydrogène (« eau oxygénée » à 0,5 %) ou d’hypochlorite de sodium (eau de javel à 0,1 %). Le lavage fréquent des mains avec du savon et de l’eau est le moyen le plus efficace pour éviter les transmissions.

8./ Il existe déjà plus de 250 articles scientifiques sur le nouveau coronavirus

L’heure est à la science et à la coopération.

En à peine plus d’un mois, 164 articles mentionnant les termes Covid-19 ou SARS-CoV-2 ont été référencés dans la base de données bibliographique PubMed, qui fait référence pour les sciences biomédicales.

De nombreuses autres publications ont également été référencées dans des dépôts d’articles encore non revisés. Ces travaux préliminaires traitent de vaccins, de thérapies, d’épidémiologie, de génétique et de phylogénie, de diagnostic, d’aspects cliniques, etc. Ils ont été élaborés par environ 700 auteurs, répartis partout sur la planète. Il s’agit de science coopérative, partagée et ouverte. En 2003, lorsque le SRAS est survenu, il a fallu plus d’un an pour obtenir un nombre d’articles moitié moindre.

Qui plus est, cette fois-ci la plupart des revues scientifiques ont laissé leurs publications traitant du coronavirus en libre accès.

9./ Il existe déjà des prototypes de vaccins

Notre capacité à concevoir de nouveaux vaccins est spectaculaire.

Plus de huit projets ciblant le nouveau coronavirus ont déjà été montés. Proposer un prototype de vaccin va très vite. Certains groupes qui travaillaient sur des projets de vaccination contre des virus similaires au SARS-CoV-2 n’ont eu qu’à réorienter leurs recherches vers ce nouveau virus. Le développement est cependant ralenti par les indispensables tests visant à évaluer la toxicité ou les effets secondaires potentiels des candidats-vaccins, ainsi que leur sécurité, leur immunogénicité (capacité à induire une réponse immunitaire) et l’efficacité de la protection qu’ils confèrent.

Plusieurs mois ou années pourraient donc s’avérer nécessaires pour aboutir à un vaccin commercialisable, mais des prototypes sont déjà en cours de mise au point.

C’est par exemple le cas du vaccin ARNm-1273 de Moderna, qui consiste en un fragment d’ARN messager permettant de produire une protéine dérivée de la glycoprotéine S de surface du coronavirus. La société Moderna avait déjà travaillé sur des prototypes similaires pour d’autres virus tels que le virus respiratoire syncytial (VRS, ou HRSV pour Human Respiratory Syncytial Virus), le métapneumovirus humain, le virus parainfluenza de type 3, le virus de la grippe A(H7N9), le cytomegalovirus, le virus Zika ou le virus d’Epstein-Barr.

La société Inovio Pharmaceuticals a quant à elle annoncé travailler sur un vaccin à ADN synthétique ciblant le nouveau coronavirus. Baptisé INO-4800, il est également basé sur le gène de la glycoprotéine S de surface du virus.

De son côté, Sanofi utilisera sa plate-forme d’expression de baculovirus recombinants pour produire de grandes quantités de l’antigène de surface du nouveau coronavirus.

Le « groupe vaccin » de l’Université du Queensland, en Australie, a quant à lui annoncé qu’il travaillait déjà sur un prototype utilisant la technique appelée « pince moléculaire » (« molecular clamp »). Cette nouvelle technologie consiste à créer des molécules chimériques capables de maintenir la structure tridimensionnelle originelle de l’antigène viral. Cela permet de produire des vaccins en un temps record, en utilisant le génome du virus.

Une autre société de biotechnologie, Novavax, a également annoncé mener des travaux sur le coronavirus. Elle possède une technologie permettant de produire des protéines recombinantes assemblées en nanoparticules qui, avec leur propre adjuvant, constituent de puissants immunogènes. En Espagne, le groupe de Luis Enjuanes et Isabel Sola, du CNB-CSIC, travaille depuis des années sur des vaccins contre les coronavirus.

Certains de ces prototypes seront bientôt testés chez l’être humain.

10./ Plus de 80 essais cliniques concernant des antiviraux sont en cours

Les vaccins sont préventifs.

Dans l’immédiat, il est important de mettre au point des traitements permettant de soigner les personnes déjà malades. Plus de 80 essais cliniques visant à évaluer l’efficacité de traitements contre le coronavirus sont en cours. Il s’agit d’antiviraux qui ont été utilisés dans le cadre d’autres infections, qui sont déjà approuvés, et que nous savons sûrs.

Le remdesivir fait partie de ces antiviraux déjà testés chez l’être humain. Cet antiviral à large spectre, toujours à l’étude, a été employé contre Ebola et les coronavirus SRAS et MERS. Il s’agit d’un analogue de l’adénosine. Incorporé dans la chaîne d’ARN viral, il inhibe sa réplication.

La chloroquine est une autre candidate. Ce médicament antipaludéen s’est aussi révélé avoir une puissante activité antivirale. On sait que la chloroquine bloque l’infection virale en augmentant le pH de l’endosome (une sorte de petite structure sphérique délimitée par une membrane), nécessaire à la fusion du virus avec la cellule, inhibant ainsi son entrée. Il a été prouvé que ce composé bloque le nouveau coronavirus in vitro. La chloroquine est déjà utilisée chez des patients atteints de pneumonie causée par coronavirus.

Le Lopinavir et le Ritonavir sont deux inhibiteurs de protéase utilisés comme traitement antirétroviral dans la lutte contre le VIH, dont ils inhibent la maturation finale. Étant donné que la protéase du SARS-Cov-2 s’est avérée similaire à celle du VIH, cette combinaison a déjà été testée chez des patients atteints du coronavirus.

Parmi les autres essais proposés, certains sont basés sur l’utilisation de l’oseltamivir (un inhibiteur de la neuraminidase utilisé contre le virus de la grippe), de l’interféron bêta-1b (une protéine à fonction antivirale), d’antisérums de personnes déjà rétablies ou d’anticorps monoclonaux pour neutraliser le virus.

De nouvelles thérapies mettant en œuvre des substances inhibitrices ont aussi été proposées, telle que la baricitinib, un médicament déjà autorisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde dont l’efficacité potentielle contre le coronavirus a été identifiée grâce à l’intelligence artificielle.

Oui, jamais dans notre histoire nous n’avons été mieux préparés à lutter contre une pandémie 🙂

Par Ignacio López-Goñi, Catedrático de Microbiología, Universidad de Navarra

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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La publication par le site Wikipédia de la série de 10 taches d’encre du test de Rorschach et de leurs interprétations les plus courantes, crée une vive polémique.

Le Rorschach est un test dit projectif dans lequel la personne testée doit interpréter des formes ambiguës.

Alors qu’il fait l’objet de vives critiques, et devrait appartenir à l’histoire, il demeure utilisé par certains psychologues d’approche psychanalytique (ou dynamique/analytique) pour diagnostiquer les troubles mentaux et la personnalité (1) !

Sur Wikipédia, des psychologues se sont enregistrés pour protester contre la publication en argumentant que la connaissance par le public des interprétations les plus courantes des taches diminue la validité de l’instrument en biaisant les réponses des personnes testées.
« Mais le test de Rorschach lui-même n’est pas particulièrement efficace en premier lieu », indiquent Scott O. Lilienfeld et ses collègues dans le numéro d’avril 2005 du Scientific American Mind en rapportant une analyse publiée dans la revue Psychological Science in the Public Interest.
Les auteurs ont analysé l’ensemble des études publiées jusqu’en 2000 sur la fiabilité et la validité du Rorschach, du Thématic Apperception Test (TAT), et de tests où il est demandé à la personne testée de dessiner, le résultat étant interprété par l’évaluateur.

Les trois types de tests analysés ne respectent que très peu, voire pas du tout, les critères de fiabilité et de validité, concluent les auteurs.

« En se basant sur nos résultats, écrivent-ils, nous incitons fortement les psychologues à réduire leur utilisation des techniques projectives et, lorsqu’ils choisissent de les utiliser, de se limiter à coder et interpréter le petit nombre de variables qui ont été révélées valables. »

 

(montrer une fiabilité et une validité pour ces tests est d’autant plus important, commentent les chercheurs, qu’ils sont souvent utilisés pour diagnostiquer la maladie mentale, pour prédire la violence, pour évaluer les capacités parentales et pour discerner si des enfants ont été abusés sexuellement)

Sources:
New York Times: A Rorschach Cheat Sheet on Wikipedia?
Scientific American: What’s Wrong with This Picture?
Wikipedia: Test de Rorschach

psychomedia.qc.ca
(1) Le psychologue code les réactions de la personne testée selon plus de 100 caractéristiques. Il enregistre, par exemples, si elle regarde les taches dans leur ensemble ou se concentre sur des parties seulement, si les images détectées sont inhabituelles ou typiques et quels aspects (tels que les formes ou les couleurs) déterminent la réponse. Il compile ensuite les résultats dans un profil psychologique de la personne. Dans le processus interprétatif, il peut conclure que de se centrer sur des détails mineurs, plutôt que sur l’image entière signale une tendance obsessive et que de voir des choses dans les espaces blancs, plutôt que dans les espaces colorés, révèle un esprit négatif et contradicteur. (Scientific American)

 

Le test de Rorschach (le fameux test des taches d’encre), du nom de son créateur Hermann Rorschach (1884 – 1922), est un test psychologique développé par le psychiatre et psychanalyste Hermann Rorschach en 1921.

Il consiste en une série de 10 « planches« , qui sont des images représentant des taches symétriques abstraites (1).

La personne qui passe le test doit indiquer ce qu’elle y voit.

Ce test, utilisé dans le cadre d’une approche psychanalytique ou dite psychodynamique, est considéré sans aucune valeur par les approches scientifiques de la psychologie.

(1)consultez-les là: https://fr.wikipedia.org/wiki/Test_de_Rorschach

Violences sexuelles dans l’armée : ouverture d’une enquête interne

C’est une décision historique.

Et une lueur d’espoir pour les dizaines de femmes militaires qui ont été victimes de violences sexuelles au sein de l’armée.

Elles sont peut-être même des centaines. Mais comment le savoir ? Aucun chiffre n’existe en France sur le sujet.

Cela pourrait bientôt changer, car le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé ce jeudi qu’il avait demandé l’ouverture d’une enquête interne, la première de ce genre en France.

Cette annonce fait directement écho à la sortie en librairie, ce jeudi, d’un ouvrage intitulé «La Guerre invisible» (éditions Les Arènes et Causette).

Dans ce livre, les deux journalistes Julia Pascual et Leila Milano, qui ont enquêté pendant deux ans, ont récolté les témoignages d’une quarantaine de «féminines» (le terme désignant communément les femmes dans l’armée) ayant subi des violences sexuelles.

Un tabou que la Grande Muette, composée de 15% de femmes, n’a encore jamais osé lever.

Très souvent, ces victimes n’osent pas porter plainte, dissuadées par leurs supérieurs (masculins) qui leur rétorquent qu’un tel acte mettrait leur carrière en péril ou que ces violences sont dans l’ordre des choses, dans le huis clos de l’armée, où les femmes ne sont souvent que trois ou quatre pour plus de cent hommes.

Si certaines obtiennent une condamnation au pénal, celle-ci se traduit rarement par une révocation de leurs agresseurs au sein de l’armée.

Ces derniers peuvent ainsi allègrement rester à leur poste, tandis que, la plupart du temps, les victimes, elles, sont mutées, loin de leur bourreau, le temps que l’affaire se tasse et ne devienne plus qu’un mauvais souvenir. Dans d’autres cas, elles se font oublier d’elles-mêmes en partant en congé maladie pour cause de dépression…

L’enquête interne du ministère de la Défense «visera en particulier à présenter et commenter les suites professionnelles, disciplinaires et judiciaires données notamment aux cas évoqués (NDLR : dans le livre), tant du côté des agresseurs présumés que des victimes», a indiqué Jean-Yves Le Drian dans une lettre adressée à l’Inspection générale des armées et au Contrôleur général des armées.

Les services concernés devront rendre leurs conclusions d’ici fin mars. Ils devront formuler des recommandations censées constituer «un plan d’action vigoureux» pour combattre de tels agissements.

La mise en place d’une organisation simple et efficace «pour améliorer la remontée d’informations complètes sur ces sujets et en assurer un suivi fiable» devra également être étudiée, en s’inspirant de ce qui se fait dans d’autres ministères.

«On se réjouit que les choses puissent bouger», a réagi Julia Pascual, l’une des auteures de «La Guerre invisible», interrogée par LeParisien.fr.

Cette journaliste de Causette a tout de même un doute sur l’efficacité d’une telle enquête, estimant qu’ «il aurait été plus fort de commander un rapport à une commission d’enquête parlementaire».

«Cela aurait été un gage de transparence», a-t-elle ajouté.

C’est ce qui s’est passé l’an dernier aux Etats-Unis, où les violences sexuelles dans l’armée sont un véritable fléau (encore 5 415 cas recensés en 2013) .

Le Congrès a en effet été chargé en 2013 d’enquêter sur les cas de violences sexuelles dans l’US. Army et sur la façon dont elles étaient traitées par la justice militaire.

Cela avait donné lieu, en décembre, à une loi ôtant à tout commandant le droit de contourner une condamnation prononcée par une cour militaire (c’était souvent le cas). Le texte prévoit également de faire passer au civil toute plainte qu’un commandant aurait refusé de traiter.

En outre, tout militaire ayant été reconnu coupable d’agression sexuelle doit désormais être révoqué ou, au moins, sanctionné.

En France, il n’existe aucun recensement de victimes de violences sexuelles tel qu’il en existe aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années déjà. Par ailleurs, «cela fait des années que des parlementaires dénoncent l’absence de la notion de harcèlement sexuel dans le code de l’armée», commente Julia Pascual.

Dans le civil, le harcèlement sexuel est passible de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Dans l’armée, un officier peut décider de qualifier un harcèlement sexuel de simple «comportement inadapté» et de se contenter de condamner l’agresseur à dix jours d’arrêt.

Soit la même sanction qu’un matelot reconnu coupable de n’avoir pas ciré ses chaussures…*

* Ces faits sont rapportés dans «La Guerre invisible», p.140, dans le chapitre «Le cas Isabelle D.». Isabelle D., secrétaire de 25 ans au centre d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA) de Metz, harcelée par son supérieur hiérarchique. Sa plainte n’aboutit pas et elle se voit mutée au Centre de commandement de la Marine nationale, à 333 kilomètres de chez elle, tandis que son agresseur est maintenu à son poste avant d’être simplement mis au placard.

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Loin de la lumière médiatique autour du nouveau coronavirus venu de Chine, la grippe saisonnière fait des victimes en France.

Chaque année, cette maladie virale touche entre 2 millions et 6 millions de personnes en France.

Les chiffres officiels recensent environ 10 000 décès en moyenne chaque année liés à la grippe.

Au niveau mondial, le nombre de morts annuels est estimé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) entre 290 000 et 650 000.

Santé publique France rappelle quelques gestes contre les virus d’hiver :

  • se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique
  • tousser ou éternuer dans son coude ou utiliser un mouchoir à usage unique.

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Qu’en pensez-vous ?

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