Il y aura toujours un « avant » et un « après ».A l’unanimité, les malades disent se souvenir « comme si c’était hier » du moment où le médecin a prononcé devant eux et à leur intention le mot redouté.
Et le manque de précaution qui accompagne souvent cette annonce provoque chez eux un profond sentiment d’indignation et de révolte.
Peut-être etait-ce votre cas ?
– « Il ne me regardait pas, il scrutait l’écran de son ordinateur »
– « C’était dans le couloir, au milieu du bruit, des allées et venues »
– « … entre deux portes, et il m’a laissé là sans façon »
– « … dans son bureau, mais il ne m’a pas invitée à m’asseoir »
– « Il a interrompu ses explications pour répondre au téléphone ».
Pourtant, la façon dont le diagnostic est annoncé joue un rôle fondamental pour la suite.
Cette annonce devrait installer la confiance réciproque avec laquelle soignant et soigné parcourront ensemble le chemin de la maladie.
« Le mot cancer, explique le Dr Alain Salimpour, psycho-oncologue au Centre
Antoine-Lacassagne de Nice, provoque dans la vie du sujet une rupture, une cassure, lui rappelant soudainement qu’il est mortel. »
En bonne santé jusque-là, car ne présentant aucun symptôme particulier, la personne devient tout à coup malade, « d’une maladie très chargée dans l’imaginaire et le fantasmatique. Le cancer est une maladie insaisissable, différente des autres. Elle est associée à l’idée de mort, précise encore Alain Salimpour. Soigner la maladie – ce que font bien les cancérologues – sans tenir compte de cette souffrance psychologique et de cette angoisse, c’est passer à côté du malade et des différentes étapes qui l’amèneront à accepter un traitement. »
Connaissez-vous ces cinq étapes, cher lecteur ?









