Dans l’avis du CES rendu début 2013 « Suicide : plaidoyer pour une prévention active », le rapporteur Didier Bernus soulignait qu’il n’était pas question de dresser un « portrait-robot » du suicidant.
Mais de préconiser la création d’un « Observatoire national du suicide, chargé de centraliser, d’exploiter et d’enrichir les données disponibles afin de mieux identifier les facteurs de risque », « promouvoir les dispositifs d’alerte » et de suivi et « conforter, voire augmenter, les moyens des réseaux de santé impliqués dans leur prise en charge ».
L’exemple des plus jeunes montre que la mise en place d’une réelle politique de prévention ne sera pas vaine.
« Il faut arrêter de voir le suicide comme une fatalité mais comme un problème que l’on peut prévenir« , martèle Michel Debout. « Grâce à la mobilisation du milieu éducatif, associatif, médical, des parents mais aussi des médias, la France est en train de rattraper son retard« .
Les progrès sont même considérables. En un quart de siècle, le suicide des adolescents a chuté de moitié.
« Il faut demeurer prudent dans les comparaisons internationales », tempère le professeur de médecine légale Michel Debout. « Les systèmes sanitaires diffèrent d’un pays à l’autre et chacun possède ses propres méthodes de recensement. En outre, il peut être difficile de déterminer une cause de décès, un suicide peut par exemple avoir l’aspect d’un accident, et inversement. Cela étant dit, dans les pays de la vieille Europe, les données sont assez fiables et la France est depuis longtemps distancée par la Grande-Bretagne et l’Allemagne. La surmortalité liée au suicide en France est bien une réalité inquiétante« .
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