« Crystal in motion », avec Miki Tajima

Création chorégraphique centrée sur la maîtrise et le « lâcher prise » dune balle de cristal. Une recherche esthétique qui allie fluidité des gestes, énergie et densité silencieuse.

Fasciné et emporté par la forme parfaite de la sphère, la richesse physique et émotionnelle de cet art encore peu exploré, et surtout l’amour qu’il éprouve dans le lâcher prise de sa pratique, Miki Tajima y retrouve tout ce qui l’anime :

– la recherche corporelle de la danse, le contrôle de l’énergie du kendo, la finesse du pianiste, l’esthétique d’un peintre et la sagesse ou philosophie du zen.

Savourez !

« Ayant pratiqué divers arts depuis mon enfance, piano(classique), peinture, kendo, danse, c’ est dans la manipulation d’une sphère transparente (issue de la discipline dite « jonglage contact ») que j’ ai réellement découvert la possibilité et le désir de m’exprimer et partager à travers des créations. Je pratique « la danse de la sphère » depuis 6 ans, et j’ai très vite commencé à avoir une approche chorégraphique vis-à-vis de cette discipline.

J’ai travaillé l’improvisation et la chorégraphie en duo entre 2007 et 2009 avec un danseur de butoh Ippei Hosaka puis eu de nombreuses tentatives de créations solos, en petit et moyen formats.

C’est en 2010 lors du festival « Rencontre des jonglages » promouvant la « différence des jonglages » que j’ai eu mon expérience la plus engagée artistiquement.
En effet, grâce au titre « différence des jonglages » j’ai pu oser faire une création (petit format de 10 minutes) « les haïkus de la mer » avec un parti pris bien plus radical que d’ habitude, assumant pleinement l’idée d’un jonglage minimaliste pour ne garder que les valeurs que je considère comme fondamentales.
Cela m’apporta une certaine satisfaction d’avoir pu exprimer et partager avec un public ma démarche et ma vision de cette pratique.
Fort de cette expérience, je me rends compte que je désire aujourd’hui aller vers la création de spectacles solos de une heure afin d’ approfondir et d’affirmer cette pratique.

Je suis pour ma part convaincu que la richesse de cet art permettra son émancipation afin de créer une oeuvre de long format.
Pour y parvenir j’observe tout d’abord l’action de jongler qui est pour moi la base de ma pratique. Dès lors, je me rends compte que la main manipulant la sphère est forcément mise en action et engendre une danse dans un rapport organique avec la balle. Il apparaît alors un premier dialogue entre cette sphère et « l’être vivant » qu’est la main, ambigüe en ce sens où ces deux choses pourtant séparées ne peuvent exister l’une sans l’autre.

Ainsi, je tiens compte de la danse existant déjà dans le simple fait de manipuler l’ objet sans la « rajouter »; je peux alors commencer à écrire et développer le jeu.
Ce dialogue s’ étend peu à peu pour communiquer et jouer avec les autres éléments en action tels que la respiration, les bras, épaules, tête, jambes etc…
Je pense en effet que la danse existe en toute chose, en tout acte; et le rôle du chorégraphe est d’après moi de la percevoir et de la rendre visible.
J’ observe également que dans la notion de « figure » il y a quelque chose de figé, c’est l’exécution d’un mouvement précis.

Dans le jonglage cette notion de figure est une base et c’est une des raisons pour lesquelles on ne parle pas en termes de chorégraphie mais de « routine », d’ « enchaînement de figures ».

Dans ce projet je prends ces figures et je porte l’attention sur la poésie et la danse qui en émanent. Ainsi, j’explore les figures une par une pour trouver une couleur, un thème, une poésie, une danse propre à chacune; et les 20 figures constituant une « routine » de 5 minutes pour le jongleur, représentent pour moi 20 petits « haïkus » en rapport les uns avec les autres et de plus ou moins 5 minutes chacune. »

 

http://www.mikitajima.com