Tu n’as plus peur du restaurant au déjeuner avec tes collègues.

Tu as peur d’avoir peur au restaurant.

Et cette différence change tout.

Une personne que j’accompagne me décrit ce mécanisme. Une crise arrive dans un restaurant.

Quelques jours plus tard, on lui propose de retourner au restaurant. Et une heure avant, son cerveau commence déjà :

« Et si ça recommence ? »

Elle analyse. Elle surveille son corps. Elle guette son cœur. Ses jambes. Ses mains.

Et quand il arrive au restaurant, son système est déjà en alerte maximale.

Puis la crise arrive. Conclusion du cerveau : « Tu vois. J’avais raison d’avoir peur. » Non.

Tu n’avais pas peur parce que la crise allait arriver. La crise a aussi été nourrie par tout ce que tu as mis en place pour empêcher qu’elle arrive.

Et là commence le piège.

Restaurant. Puis marché. Puis rue. Puis accompagner son enfant à l’école. Ton monde rétrécit. Pas parce que ces endroits sont dangereux. Parce que ton cerveau apprend progressivement qu’ils le sont.

La plupart des gens essaient alors de contrôler encore plus leurs sensations.

C’est précisément là que je regarde dans l’autre direction. Pas seulement : « Comment supprimer cette peur ? » Mais : « Qu’est-ce que cette peur essaie de faire pour toi ? »

Parce qu’un symptôme absurde en apparence peut avoir une logique beaucoup plus profonde.

Et tant que tu ne trouves pas laquelle, tu te bats contre le messager.

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Photo : rien à voir quoi que… Petit-déjeuner écossais.


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