Je connais très bien cette sensation. Et pas seulement parce que j’accompagne des personnes anxieuses depuis des années.

J’ai moi-même souffert de crises d’angoisse. En 2004-2005, je venais de m’installer à Toulouse après un tour du monde en sac à dos et je cherchais désespérément quelqu’un qui puisse m’aider. À l’époque, Internet en était encore à ses débuts : j’ai littéralement épluché les Pages Jaunes pour trouver un psy près de chez moi.

J’en ai essayé quatre.

Et à chaque fois, j’ai parlé. Beaucoup parlé. Les psys m’écoutaient, mais quand il s’agissait de me donner des solutions concrètes pour sortir de mes crises d’angoisse… je restais sur ma faim.

Cette expérience a profondément influencé ma façon d’accompagner aujourd’hui. Parce qu’avec le temps, j’ai compris quelque chose : comprendre ce qui nous arrive est essentiel, mais comprendre ne suffit pas toujours à changer ce qui se passe dans le corps.

C’est aussi là que je vois une limite lorsque la TCC est utilisée seule. Elle permet d’identifier les pensées automatiques, de repérer les distorsions cognitives et de poser un cadre. Mais tu peux parfaitement arriver à te dire : « Je sais que cette peur est irrationnelle. Je comprends ce qui m’arrive. »… et sentir malgré tout ton cœur s’emballer et ton corps se mettre en alerte.

À l’inverse, l’hypnose permet de travailler sur des automatismes plus profonds. Mais utilisée seule, sans travail conscient sur les déclencheurs, les habitudes et le quotidien, elle peut elle aussi montrer ses limites.

C’est pour cette raison que je ne veux pas opposer TCC et hypnose. Je les fais travailler ensemble.

D’un côté, le travail conscient aide à comprendre, identifier les déclencheurs et restructurer le quotidien. De l’autre, le travail hypnotique permet d’agir sur les automatismes anxieux qui continuent parfois à se déclencher alors même que, rationnellement, tu sais qu’il n’y a pas de danger.

C’est cette approche que j’utilise dans Sortie du Mode Survie, semaine après semaine, pendant 90 jours.

Pas parce qu’une méthode serait magique ou supérieure à toutes les autres. Mais parce que mon parcours personnel comme mon expérience d’accompagnement m’ont appris une chose : quand la tête a compris mais que le corps continue à avoir peur, il faut travailler avec les deux.

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Photo de 2004 : je me sens bien dans ma bulle de sécurité, à 5035m d’altitude, au Laguna Glaciar, en Bolivie…


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