Tu n’as pas besoin que ta famille aille bien pour commencer ta vie.

Une cliente m’a confié récemment :

« J’ai l’impression de ne pas pouvoir commencer ma vie et faire des projets tant que je n’ai pas réglé tous les problèmes, les miens comme ceux de ma famille. Si j’avance alors qu’eux ont encore des difficultés, j’ai l’impression d’être égoïste et de les abandonner. »

Alors elle attend. Elle aide, conseille, anticipe, essaie de résoudre… et pendant ce temps, ses propres projets restent en suspens.

Peut-être que tu connais ce sentiment : « Je m’occuperai de moi quand tout ira mieux autour de moi. »

Le problème, c’est que ce moment peut ne jamais arriver.

Tes parents, tes frères, tes sœurs sont les protagonistes de leur propre vie. Tu peux les aimer, les soutenir, les écouter, être présente quand ils en ont besoin. Mais tu ne peux pas prendre les décisions qu’eux seuls peuvent prendre.

Et parfois, derrière cette volonté de « sauver » tout le monde, se cache quelque chose de plus inconfortable : s’occuper des problèmes des autres peut être plus facile que de faire face aux décisions qui concernent notre propre vie.

Parce que tes projets t’exposent. Ils t’obligent à choisir, à renoncer à certaines possibilités, à risquer de te tromper… et à assumer que ta vie t’appartient.

Il y a donc une frontière importante à retrouver : tu peux être un soutien dans la vie des autres sans en prendre les rênes.

Laisser un adulte gérer ce qui lui appartient n’est pas l’abandonner. Et avancer dans ta propre vie pendant qu’un proche traverse ses difficultés ne fait pas de toi quelqu’un d’égoïste.

Tu n’as pas à attendre que tout le monde aille bien pour t’autoriser à aller bien.

Parfois, la prochaine personne que tu dois arrêter d’abandonner… c’est toi.


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