Alors, sans vraiment m’en rendre compte, j’ai commencé à éviter.

J’ai dit non à un voyage parce que l’idée de prendre l’avion déclenchait déjà l’angoisse. Je suis restée chez moi parce que je m’y sentais plus en sécurité. J’ai annulé une sortie parce que je ne savais pas comment j’allais me sentir ce jour-là. J’ai attendu d’aller mieux avant de recommencer certaines choses.

Et sur le moment, ça fonctionne.

Vous annulez et la tension redescend. Vous évitez l’autoroute et vous vous sentez immédiatement plus tranquille. Vous restez chez vous et votre corps se calme.

Le problème, c’est que ce soulagement peut aussi renforcer quelque chose : « J’ai évité, donc je suis en sécurité. »

Et c’est là que le piège commence.

Car à force d’éviter une situation qui déclenche votre peur, vous ne donnez pas toujours à votre cerveau l’occasion d’apprendre que vous pouvez la traverser. Au contraire, l’évitement peut renforcer l’idée qu’il y avait effectivement quelque chose à craindre.

Petit à petit, ce qui vous protégeait commence alors à réduire votre vie.

Au début, c’est peut-être l’avion. Puis les longs trajets. Ensuite les restaurants bondés, les files d’attente, les endroits éloignés de chez vous ou simplement les situations dans lesquelles vous avez peur de ne pas pouvoir partir rapidement.

Vous continuez à travailler, à gérer votre famille, à assumer vos responsabilités. De l’extérieur, personne ne mesure forcément ce que cela vous coûte.

Mais intérieurement, de plus en plus de décisions commencent à dépendre d’une même question : « Est-ce que je vais réussir à gérer mon angoisse ? »

Et c’est là qu’une distinction devient importante.

Apprendre à gérer son anxiété n’est pas forcément la même chose que retrouver un sentiment de sécurité.

Vous pouvez connaître parfaitement vos mécanismes. Savoir respirer lorsqu’une crise monte. Méditer. Vous raisonner. Prévoir une porte de sortie. Vérifier où se trouve l’hôpital le plus proche avant un trajet.

Toutes ces stratégies peuvent réellement vous aider.

Mais si votre vie continue à s’organiser autour de la nécessité d’éviter, d’anticiper ou de contrôler l’angoisse, alors il reste peut-être autre chose à travailler.

C’est précisément pour cette raison que mon approche ne consiste pas simplement à ajouter une nouvelle technique pour faire redescendre une crise.

Dans mon accompagnement, nous cherchons à identifier ce qui continue à maintenir votre système en alerte : les déclencheurs, les automatismes anxieux, les évitements, mais aussi ce qui vous empêche progressivement de retrouver un sentiment de sécurité.

Puis nous travaillons dessus de manière structurée, entre les séances également, avec des exercices, des audios personnalisés et un suivi qui permet d’ajuster le travail à ce que vous vivez réellement.

Parce que comprendre intellectuellement ce qui vous arrive est précieux. Mais lorsque vous savez déjà énormément de choses sur votre anxiété et que votre quotidien reste malgré tout limité par elle, vous n’avez peut-être pas besoin de comprendre encore plus. Vous avez peut-être besoin d’être accompagnée différemment.

C’est aussi là que l’investissement dans un accompagnement plus complet peut prendre son sens.

Pas parce que tout ce que vous avez essayé auparavant était inutile. Et pas parce qu’une méthode supplémentaire va miraculeusement tout changer.

Mais parce qu’il peut être difficile de sortir seule de mécanismes que vous avez justement construits, parfois depuis des années, pour vous sentir en sécurité.

Car au fond, votre objectif n’a probablement jamais été de devenir experte dans la gestion de vos crises.

Vous voulez pouvoir voyager sans préparer mentalement toutes les catastrophes possibles. Sortir sans surveiller constamment votre corps. Faire des projets sans commencer chaque réflexion par : « Oui, mais si je fais une crise… »

Vous voulez que la peur cesse progressivement de décider à votre place.

Parce qu’à force d’éviter ce qui vous faisait peur, vous avez peut-être aussi commencé à éviter ce qui vous faisait vivre.

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PS: la preuve que j’ai vaincu une de mes peurs : cette photo me montre en train de manger ce que j’ai acheté à un marchand de rue à Jaipur (Inde) en 2015


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