J’imagine que toi aussi, tu connais cette sensation un peu étrange après avoir raccroché avec certaines personnes…

Celle où tu viens d’écouter quelqu’un se plaindre pendant trois quarts d’heure,
et tu réalises qu’il ou elle ne t’a même pas demandé comment toi tu allais.

Ou ce moment où tu partages quelque chose d’important — vraiment important —
et l’autre te coupe, sans gêne, pour repartir sur sa propre vie.

Ou encore ces fois où tu dis oui alors que tout ton corps crie NON,
mais tu le fais quand même.
Parce que c’est plus simple.
Parce que tu ne veux pas de malaise.
Parce que “ce n’est pas si grave”.

Sauf que si.
Ce n’est pas dramatique… mais c’est grave quand même.

On t’a appris à être gentil(le).
À ne pas faire de vagues.
À être là pour les autres, à comprendre, à t’adapter, à excuser.

Et en soi, c’est beau.
Ça dit quelque chose de ta sensibilité. De ton humanité.

Le problème, c’est qu’à un moment, tu as confondu gentillesse et effacement.

Tu as cru que prendre soin des autres voulait dire t’oublier.
Que poser une limite, c’était être égoïste.
Que dire non, c’était forcément blesser.

Alors tu as commencé à accepter des choses que, au fond, tu n’aurais jamais dû accepter.

– Être toujours disponible pour les problèmes des autres, mais invisible quand toi tu vas mal.
– Te faire couper la parole, encore et encore, comme si ce que tu avais à dire comptait moins.
– Être le plan B. Celui ou celle qu’on appelle quand les autres ne sont pas là.
– Entendre les mêmes excuses en boucle : “j’ai pas vu ton message”, “j’étais débordé(e)”, “c’est pas ce que je voulais dire”… sans jamais voir de vrai changement.
– Être là pour tout le monde, et te retrouver seul(e) quand c’est ton tour.
– Supporter l’insupportable au nom de la gentillesse, et appeler ça de la patience, de la tolérance, parfois même de l’amour.

Si tu te reconnais, même un peu, sache une chose :
le problème n’est pas que tu sois trop gentil(le).

Le problème, c’est que ta gentillesse n’a pas de limites.
Pas de cadre.

Tu donnes à des gens qui ne te rendent rien.
Tu t’épuises dans des relations qui ne te nourrissent pas.

Tu t’écrases pour éviter le conflit…
sauf que le conflit existe déjà.
Il est juste à l’intérieur de toi.
Entre ce que tu acceptes… et ce que tu mérites.

Et ça t’use.
Lentement.
En silence.
Mais profondément.

Ce que tu tolères, tu l’enseignes.

À chaque fois que tu acceptes d’être interrompu(e), tu montres que ta parole est négociable.
À chaque excuse bidon que tu laisses passer, tu montres que ton temps et ton énergie ont peu de valeur.
À chaque fois que tu restes disponible pour quelqu’un qui ne l’est jamais pour toi, tu montres que la réciprocité est optionnelle.

Ce n’est pas volontaire.
Ce n’est pas conscient.
Mais c’est ce qui se passe.

Et en face, l’autre s’adapte.
Il prend exactement la place que tu lui laisses.

Alors maintenant, tu fais quoi ?

Tu n’as pas besoin de devenir froid(e), dur(e) ou méchant(e).
(Mauvaise idée.)

Tu as juste besoin de te poser une vraie question, honnêtement :
Est-ce que j’accepterais ça pour quelqu’un que j’aime ?

Si ta meilleure amie te racontait ce que tu vis,
tu ne lui dirais pas “c’est pas grave, sois patiente”.
Tu lui dirais sûrement : “Tu mérites mieux que ça.”

Et toi aussi.

Retourne vers toi cette bienveillance que tu offres si facilement aux autres.

La vraie gentillesse commence par toi.
Par te respecter.
Te protéger.
Arrêter de te sacrifier pour maintenir une paix qui te coûte de plus en plus cher.

Oui, certaines personnes seront déçues, vexées, contrariées quand tu poseras des limites.
Mais poser une limite, ce n’est pas perdre.

Tu ne perds que ce qui n’était pas fait pour toi.

Alors la prochaine fois que tu sens ce NON monter en toi, écoute-le.
Pas besoin de crier.
Pas besoin d’exploser.

Juste un non calme.
Clair.
Assumé.
Sans te justifier.

Tu verras : le monde ne s’effondre pas.
Et toi, doucement, tu recommences à te retrouver.

Prends soin de toi.
Vraiment, cette fois. 💛


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