Le Sénat a supprimé mercredi dernier l’obligation faite aux dentistes d’indiquer sur leurs devis le coût de revient des prothèses.

Les tarifs proposés aux patients varient pourtant quasiment du simple au double selon les praticiens…

Les consommateurs n’y gagneront pas, mais les chirurgiens dentistes peuvent se réjouir. Les sénateurs se sont prononcés mercredi pour la suppression de l’obligation faite aux praticiens de mentionner le prix d’achat des prothèses qu’ils proposent à leurs patients. Cette indication était devenue obligatoire depuis l’application de la loi «Hôpital, patient, santé, territoire» (HPST) en mars 2010, et visait à introduire davantage de transparence dans les prix pratiqués par les chirurgiens-dentistes.

Car les prix des prothèses varient quasiment du simple au double selon les cabinets, analysait en février dernier l’organisme mutuelle.com. Des tarifs qui dépendent de plusieurs facteurs : de la qualité de la prothèse, de la notoriété du dentiste, du quartier où il exerce, mais aussi du niveau de couverture médicale du patient. «Il est presque de règle que le praticien s’informe de celle-ci, de sorte que cette couverture complémentaire contribue de facto à tirer les prix à la hausse et bénéficie en bonne part au prestataire de soins», notait la Cour des comptes dans un rapport publié l’année dernière.

Pas de répercussion des importations sur les prix

Disparates, les tarifs pratiqués sont aussi particulièrement élevés. Citant un rapport de 2005 publié en Belgique, la Cour des comptes relevait que le prix d’une pose de prothèse en France est 2,5 fois supérieur à celui d’une pose de prothèse en Allemagne, lui-même 25% plus onéreux qu’aux Pays-Bas.

Circonstance aggravante pour les praticiens français : la part croissante des modèles importés (de l’ordre de 15% en 2010 selon l’association dentaire française) ne s’est jamais répercutée sur le prix moyen pratiqué par les chirurgiens dentistes. Pourtant, le coût de revient de ces prothèses fabriquées en Chine, à Madagascar ou en Afrique du Nord est trois fois moindre (40 euros contre 120 euros) que celui des modèles fabriqués en France.

«Concurrence insuffisante»

Conséquence, c’est 10% de la population française qui se trouve contrainte de renoncer aux soins dentaires en raison de leur coût, souligne l’institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes). Globalement, les frais dentaires constituent à eux seuls plus de la moitié des prestations médicales auxquelles les patients renoncent pour ce motif.

C’est en vertu de ces constats que la Cour des comptes plaidait l’année dernière pour que les devis proposés aux patients incluent le prix d’achat de la prothèse. «Améliorer la transparence aiderait à remédier à une concurrence aujourd’hui insuffisante», estimait l’institution.

«Lobbying intensif»

Les sénateurs, pourtant, en ont mercredi décidé autrement. Gilbert Barbier, à l’origine de l’amendement supprimant cette obligation, s’en explique : «Le texte était pratiquement inapplicable. Si l’on veut calculer le prix de revient d’une prothèse, il faut décortiquer tout un tas de frais annexes, explique-t-il. Par ailleurs, pourquoi n’imposer cette obligation qu’aux seuls dentistes, et non aux garagistes par exemple ?», s’interroge-t-il. «Les dentistes ont eu le sentiment d’être montrés du doigt. Sachons raison garder», est venu appuyer mercredi en séance le ministre de la santé Xavier Bertrand.

Leurs électeurs apprécieront et sauront s’en rappeler aux prochaines élections. Gageons que leurs mutuelles soient plus que confortables…

Autre argument avancé par les sénateurs : les prix des actes dits «conservateurs» (détartrage, traitement d’une carie, dévitalisation…) seraient sous-évalués par la sécurité sociale. «Cela fait dix ans qu’ils n’ont pas été réajustés. Cela explique que les dentistes compensent parfois en augmentant leur marge sur les prothèses», avance Gilbert Barbier. Pourtant, d’après la Cour des comptes, une partie de ces tarifs ont été réévalués de 30% en 2006. Parallèlement, les prix des prothèses ont continué à progresser à un rythme annuel de plus de 3%…

Pour l’UFC-Que Choisir, la situation est claire. «Le lobbying intensif des professionnels a eu raison de l’intérêt des patients», déclarait jeudi Cédric Musso, directeur des relations institutionnelles au sein de l’association, dans les colonnes du «Parisien-Aujourd’hui» en France. «Les dentistes ne sont pas des professions commerciales. En tant que professionnels de santé, ils n’ont pas à faire de profit sur la vente de matériels».

Directeur des relations institutionnelles au sein de l’association de consommateurs UFC-Que choisir, Cédric Musso regrette que les sénateurs soient revenus sur la transparence qu’ils avaient instaurée en 2009 :

Les sénateurs ont voté hier la fin de l’obligation des dentistes d’afficher le prix d’achat des prothèses. Qu’en pensez-vous ?
Cédric Musso : Le lobbying intensif des professionnels a eu raison de l’intérêt des patients. C’est aussi un pied de nez aux recommandations de la Cour des comptes, sur lesquelles s’était pourtant appuyée la commission des Affaires sociales du Sénat lorsqu’elle s’est prononcée en faveur de cette mesure en 2009.

Xavier Bertrand a défendu l’amendement, faisant valoir hier devant les sénateurs que le texte initial était inapplicable…
C’est toujours ce qu’on dit quand on veut changer une loi. Cet argument avait déjà été soulevé devant la commission des Affaires sociales en 2009. A l’époque, il avait été rejeté, la commission indiquant que cette réforme était non seulement faisable mais souhaitable pour les consommateurs.

Les partisans du texte ont mis en avant la rémunération des dentistes, qui n’a pas été réactualisée depuis plusieurs années…
Ce n’est pas en créant du brouillard informatif et des artifices tarifaires qu’on va régler leurs problèmes. S’il y a un problème d’honoraires, qu’on le règle clairement.

Qu’est-ce qui vous choque le plus ?
D’abord, le fait que les dentistes puissent désobéir impunément : ils ont refusé d’appliquer la loi depuis l’ordonnance de mars 2010, qui l’a rendue tout à fait applicable. Les lois sont faites pour être appliquées. Ensuite, il faut tout de même rappeler que les dentistes ne sont pas des professions commerciales ; en tant que professionnels de santé, ils n’ont pas à faire de profits sur la vente de matériels. C’était d’ailleurs un des fondements de l’article 57 de la loi HPST, qui permettait de distinguer le prix de la prothèse et celui des prestations associées.

Source : lefigaro.fr, leparisien.fr, sénat

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Alors que le président d’une association d’aide aux victimes, l’Association d’aide aux victimes des accidents de médicaments, l’avocat Georges-Alexandre Imbert, annonce qu’il cherche un accord à l’amiable avec le laboratoire Servier qui fabrique le Mediator, l’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir dit ne pas être en faveur de négociations à l’amiable, « qui se font dans l’ombre et dans lesquelles tout le monde n’entrent pas ».

M. Imbert ne conseille pas aux victimes du Mediator de se lancer dans une action juridique car, dit-il, il peut se passer dix ans avant un jugement définitif et une victoire n’est jamais garantie.

De son côté, l’association UFC-Que Choisir déposera une plainte contre X afin d’être présente dans les différentes étapes de la procédure. La plainte portera sur une «mise en danger de la vie d’autrui, homicide et blessures involontaires, tromperie sur la marchandise et sur les risques inhérents du produit», a indiqué Alain Bazot, le président de l’association.

L’association réclame par ailleurs une réforme du système du médicament qui souffre de graves carences.

Le président de l’Association des victimes de l’isoméride et du Mediator (AVIM), Dominique-Michel Courtois, est de son côté sceptique quant à la possibilité d’un règlement à l’amiable. Il déposera mardi 110 plaintes devant le tribunal de grande instance de Paris : 100 plaintes pour blessures involontaires et 10 pour homicide involontaire. Et, quelque 500 autres seront déposées d’ici la fin du mois.

Source: Le Parisien, lemonde.fr

 

L’intégralité du débat avec Gaëlle Patteta, directrice juridique à l’UFC-« Que choisir », lundi 26 avril.

Source : lemonde.fr

Dans un chat sur Le Monde.fr, Gaëlle Patetta, directrice juridique à l’UFC-Que Choisir, fait le point sur les droits des consommateurs et les procédures de remboursement. L’association de consommateurs a également publié sur son site un guide qui détaille les différents cas de figure et fournit des lettres types pour faciliter les démarches.

Kristof : Comment peut-on obtenir le remboursement d’autres dépenses engagées (billets de train, logement, alimentation, transports en commun) non prises en charge par la compagnie aérienne ?

Gaëlle Patetta : Si le consommateur a acheté un vol sec et que l’annulation du vol concernait un vol européen (vol au départ de l’Europe ou avec une compagnie européenne), le règlement européen de 2004 prévoit que la compagnie aérienne doit prendre en charge les voyageurs jusqu’à ce qu’elle puisse les réacheminer. S’il n’y a pas eu de prise en charge par la compagnie aérienne, ce texte n’a pas été respecté, et donc le voyageur peut demander le remboursement de ses frais. Le consommateur peut aussi demander le remboursement de son billet.

julie92 : Dans le cas d’un voyage à forfait, qui doit rembourser : le tour-opérateur ou l’agence de voyage ?

Gaëlle Patetta : Le code du tourisme indique que c’est le vendeur qui doit informer le client de sa possibilité de résilier le contrat et d’être remboursé. Le vendeur peut proposer un report du voyage, le consommateur peut accepter ou refuser.

Drey : Est-ce que les modalités de dédommagement dépendent de la « nationalité » de la compagnie ? J’ai entendu parler d’un règlement européen qui obligeait les compagnies de l’Union européenne à dédommager leurs clients, mais qu’en est-il des compagnies hors UE ?

Gaëlle Patetta : En fait, le règlement européen de 2004 s’applique en cas de vol européen. Il peut s’appliquer à une compagnie n’ayant pas de licence européenne si le vol était au départ d’un Etat européen, de la Suisse, de la Norvège ou de l’Islande. Quand il s’agit d’un vol non européen, le règlement ne s’applique plus et là, c’est généralement la loi du pays de la compagnie aérienne à laquelle il faut se référer pour savoir s’il y a un remboursement ou une prise en charge.

Kristof : Comment peut-on se faire rembourser un billet d’avion non utilisé quand le service clientèle ne répond pas à nos sollicitations ?

Gaëlle Patetta : Le mieux est de faire un courrier recommandé avec accusé de réception, qui vous permettra d’avoir la preuve de votre réclamation s’il y a des problèmes ensuite. Sur notre site Internet, vous avez des modèles de lettre dont vous pouvez vous servir.

Cathy : Nous avons été bloqués la semaine dernière et aimerions savoir quels sont les moyens de se faire rembourser les jours d’absence à la crèche de ma fille ?

Gaëlle Patetta : Malheureusement, ce ne sera pas possible, parce que là vous demandez une indemnisation pour un préjudice supplémentaire. Le professionnel est exonéré de sa responsabilité, puisqu’il y a un cas de force majeure (l’éruption du volcan), le consommateur ne peut pas demander la réparation du préjudice supplémentaire au-delà du remboursement ou de la prise en charge.

Cette impossibilité de demander la réparation d’un préjudice au-delà du remboursement ou de la prise en charge s’applique à toutes les demandes que pourraient faire les voyageurs, comme les frais de garde d’animaux, les frais d’emplacement de parking supplémentaires, les jours de congés payés qu’ils ont été obligés de prendre, etc.

Guest : Dans le cas d’un vol sec acheté dans une agence de voyage, qui dois-je contacter pour être remboursé ?

Gaëlle Patetta : Quand un vol sec a été acheté auprès d’une agence de voyage, c’est la compagnie aérienne qui est tenue de rembourser ou de prendre en charge le voyageur. C’est donc normalement auprès de ce transporteur qu’il faut faire valoir sa demande de remboursement. Il peut arriver que la compagnie vous renvoie à l’agence de voyage parce qu’elle a adressé l’argent à celle-ci ; dans ce cas, il faudra contacter l’agence de voyage.

Raspoutine : La compagnie empruntée me propose un remboursement sous trois mois maximum. Est-ce légal ? Que faire si au bout de trois mois je ne suis pas remboursé ?

Gaëlle Patetta : Le règlement européen prévoit que le consommateur doit être remboursé sous sept jours. Mais compte tenu des circonstances et du nombre de personnes qui doivent faire des réclamations en ce moment, les voyageurs peuvent, peut-être, être un peu indulgents sur le délai de traitement. Mais dès lors qu’ils ont fait une réclamation, ils devront obtenir le remboursement, et si au-delà du délai de trois mois ce n’est pas le cas, ils pourront s’adresser à une association locale de l’UFC-Que Choisir pour faire pression.

Guy: J’étais bloqué à l’aéroport de Londres. Quelles étaient les obligations de prise en charge de ma compagnie ? Que faire si elles n’ont pas été respectées ?

Gaëlle Patetta : Vous êtes dans le cadre d’un vol européen. Le règlement de 2004 prévoit que la compagnie aérienne doit vous offrir rafraîchissements, nourriture, possibilité de téléphoner gratuitement, et la prise en charge de l’hôtel si le vol de remplacement est prévu pour le lendemain, voire plusieurs jours plus tard.

Si ces obligations n’ont pas été respectées, une fois rentré, vous pourrez demander le remboursement des dépenses que vous avez été obligé de faire pour votre hébergement et la nourriture. Il faudra quand même prouver qu’il y a bien eu un refus de prise en charge du transporteur aérien.

Guest : Comment prouve-t-on qu’il y a refus de prise en charge de la compagnie ? En effet, malgré notre insistance au guichet, jamais nous n’avons pu avoir quoi que ce soit…

Gaëlle Patetta : Cela peut être difficile effectivement de prouver ce refus de prise en charge, surtout si vous n’avez eu aucun interlocuteur. Des attestations d’autres personnes dans la même situation que vous peuvent faire l’affaire. Eventuellement, si vous y avez pensé, un petit film du représentant du professionnel refusant de vous fournir le document peut aussi être efficace. Enfin, regardez sur Internet si d’autres consommateurs n’évoquent pas des refus similaires du même professionnel. Ces témoignages peuvent aussi valoir comme preuves.

Pascal : J’ai été bloqué au Japon la semaine dernière. J’étais parti grâce à une agence de voyage pour un circuit de onze jours. J’ai été obligé de coucher à l’hôtel pendant cinq jours de plus. Puis-je espérer un remboursement, vu que l’hébergement m’a été imposé ?

Gaëlle Patetta : Vous êtes dans le cadre d’un forfait touristique. Le code du tourisme prévoit que le vendeur doit vous prendre en charge sur place jusqu’au moment où il trouve un moyen de vous réacheminer. Si vous n’avez pas été pris en charge et que vous avez dû vous débrouiller seul, vous pouvez demander en rentrant le remboursement de vos dépenses. Il faudra, là aussi, prouver ce refus de prise en charge.

Syl203 : J’ai souscrit une assurance avec mon voyage, ne peut-elle pas intervenir pour me rembourser les frais supplémentaires ?

Gaëlle Patetta : Malheureusement, les assurances annulation voyage ne fonctionnent pas. En revanche, souvent, les consommateurs ont payé leur voyage avec une carte bancaire qui inclut parfois une assurance incident de voyage. Il faut aller vérifier les conditions de cette assurance, car certaines remboursent au consommateur un forfait en cas d’annulation de vol. Il faut par contre prouver les dépenses qui ont été faites.

Guest : Je n’ai pu partir pour une semaine de croisière sur le Nil. Mon voyagiste me propose un bon à valoir dans les six mois mais me contraint à passer par un autre tour opérateur qui propose des voyages différents et plus chers. Peut-on repousser ce délai de six mois et exiger un voyage identique sans compléments financiers ?

Gaëlle Patetta : On peut exiger le remboursement en vertu du code du tourisme. Le mieux est d’évoquer cette possibilité pour obtenir un geste commercial du professionnel, et donc un report avec le même tour opérateur que celui choisi au départ, au même prix. C’est de la négociation. Le professionnel est tenu de par la loi de proposer au consommateur soit la résiliation ou le remboursement, soit le report du voyage. Mais c’est le professionnel qui est libre de fixer les conditions de report et de coût. Mais la décision finale revient au consommateur.

Eskenazi : Les frais de visas peuvent-ils être remboursés par ma compagnie ?

Gaëlle Patetta : Malheureusement, non. Cela entre encore une fois dans le cadre de frais supplémentaires, qui ne peuvent être réclamés au professionnel car on a affaire à un cas de force majeure.

Julie92 : Les professionnels du voyage invoquent, pour ne pas rembourser, l’article L. 211-16. Peuvent-ils le faire si cet article n’est pas présent dans leurs conditions générales et particulières de vente ? De plus, pouvez-vous confirmer que cet article les dispense uniquement de verser une indemnité ?

Gaëlle Patetta : Effectivement, cet article parle de l’exonération de responsabilité des agences de voyage en cas de force majeure. Il n’a cependant rien à voir avec la question de l’exécution du contrat et du remboursement ou de la prise en charge en cas de non-exécution du voyage. L’existence de cet article ne s’oppose donc pas à l’application des autres articles sur lesquels nous nous appuyons pour demander le remboursement ou la prise en charge (L. 211-13 et L. 211-14 du code du tourisme). D’ailleurs, la Commission européenne a confirmé notre analyse juridique dans un communiqué de presse jeudi 22 avril.

Guest : Je suis restée bloquée 4 jours en Crète. Après 4 jours, mon vol étant de nouveau reporté de 2 jours, j’ai dû acheter à une autre compagnie (et beaucoup plus cher) un vol Athènes-Madrid puis Madrid-Paris. J’espère être remboursée du vol non effectué, mais quid de mes vols achetés à prix fort pour rentrer ? Ai-je une chance d’être remboursée ?

Gaëlle Patetta : Vous êtes dans le cadre de l’achat de simples billets d’avion, et le règlement européen qui s’applique ne prévoit pas d’indemnisation supplémentaire au-delà du remboursement du vol annulé. Vous ne pouvez donc pas demander le remboursement du surcoût.

LE MONDE du 27.04.09

‘information médicale est-elle transparente ?
Non, répondent sans détour le collectif Formindep (Pour une formation et une information médicales indépendantes) et l’association de consommateurs UFC-Que choisir.
Selon eux, la loi qui oblige les professionnels de santé à déclarer leurs éventuels conflits d’intérêts avec les firmes pharmaceutiques lorsqu’ils s’expriment publiquement sur un produit de santé, « n’est pas respectée« .

C’est pourquoi l’UFC-Que choisir a annoncé, lundi 27 avril, qu’elle portait plainte contre neuf médecins pour non-respect de l’article L.4113-13 du code de santé publique. « Nous avons, symboliquement, choisi des leaders d’opinion pour susciter un électrochoc, mais il ne s’agit que des arbres qui cachent la forêt », explique Christophe Leguehennec, chargé de mission santé à l’UFC.

argent-labo-pharmacieCes plaintes ont pour origine l’enquête menée en avril 2008 par le Formindep. Durant un mois, ce collectif de professionnels de santé a observé les prises de position de plus de 150 médecins dans les médias et les congrès. Résultat : alors qu’aucun d’entre eux n’avait déclaré de liens d’intérêts, en réalité près d’une soixantaine en avait.

Le collectif a écrit aux conseils départementaux de l’ordre des médecins, chargé du respect de la loi et du contrôle des conventions passées entre les médecins et les laboratoires pharmaceutiques. « A de rares exceptions près, c’est l’opacité générale », constate le docteur Philippe Foucras, responsable du Formindep. « Nous n’avons pas à répondre à vos questions extrêmement pernicieuses », a fait valoir le secrétaire général du conseil de l’ordre de Paris.

Son homologue du Pas-de-Calais confirme que son instance est bien « garante des contrats et conventions signés entre un médecin et l’industrie » mais, ajoute-t-il, « les formations médicales continues ne pourraient pas, dans la plupart des cas, être réalisées sans le support de l’industrie pharmaceutique ».

D’autres ont rétorqué que « les documents contractuels en notre possession sont et doivent demeurer confidentiels ». Finalement, « c’est suite à nos propres recherches que nous avons découvert des liens, souvent majeurs, entre certains médecins et l’industrie pharmaceutique« , explique le docteur Foucras.

Directs ou indirects, durables ou ponctuels, ces liens d’intérêts peuvent recouvrir des fonctions rémunérées de consultant, de conseil, des participations à des essais cliniques, des rapports d’expertise, des conférences, des actions de formation, etc…

Les médecins mis en cause sont essentiellement des spécialistes (gynécologue, cardiologue, diabétologue, professeur de nutrition, etc.) à qui il est reproché de mettre en avant certains traitements sans préciser les liens qu’ils ont avec les laboratoires qui les commercialisent. « Tous les médecins qui ont un certain renom ont peu ou prou des liens avec l’industrie pharmaceutique et tous les congrès médicaux ainsi que la formation continue vivent en partie grâce aux laboratoires », justifie le docteur Henri Rozenbaum, président de l’Association française pour l’étude de la ménopause (AFEM), l’un des neuf médecins visés par une plainte. « Une plainte ? Vous me l’apprenez. En 2008, j’avais un lien avec un seul labo ; je n’en ai plus aucun à l’heure actuelle et je ne crois pas avoir enfreint la loi », souligne-t-il.

« Savoir qui parle, pouvoir distinguer la communication de l’information, n’est pas un point de détail ; c’est la qualité des soins mais aussi les répercussions sur les prescriptions et leur coût pour l’assurance-maladie qui sont en jeu », considère l’UFC-Que choisir. L’association réclame la création « d’une base de données publique recensant les déclarations d’intérêts des médecins ».

Dans son rapport de 2007 consacré à l’information des médecins généralistes sur le médicament, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) pointait du doigt « les conflits d’intérêts omniprésents » et « la nécessité d’appliquer de manière rigoureuse la loi relative aux conventions et aux liens unissant les professionnels de santé aux entreprises ».

Sandrine Blanchard

La communication médicale encadrée
La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé encadre la communication médicale.L’article L4113-13 du code de la santé publique prévoit ainsi que : « Les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu’ils s’expriment lors d’une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle sur de tels produits. Les manquements aux règles sont punis de sanctions prononcées par l’ordre professionnel compétent. »

Il a toutefois fallu attendre le 25 mars 2007 pour que le décret d’application de la loi soit publié.

Article paru dans l’édition du 28.04.09

 

A l’heure où le gouvernement annonce l’instauration de franchises médicales à la charge des assurés sociaux, l’association de consommateurs UFC-Que choisir accuse : les laboratoires pharmaceutiques et les médecins libéraux « mine les comptes de la Sécu ».

Dans une étude qui analyse la prescription de trois sortes de médicaments largement utilisés (anti-ulcéreux, anti-inflammatoires contre l’arthrose, anti-hypertension artérielle) rendue publique mardi 25 septembre, l’UFC-Que choisir conclut à « un immense gâchis résultant de prescriptions médicales manifestement irrationnelles ».

« A efficacité médicale rendu identique, il serait logique que ce soit le médicament le moins cher qui soit prescrit : or, ce n’est pas le cas« , résume Alain Bazot, président de l’UFC.

tordu, illusion, trucageAinsi, par exemple, dans la classe des anti-ulcéreux, « l’évolution des dépenses est fortement influencée par le développement massif d’un produit commercialisé en 2003 qui non seulement n’apporte aucune amélioration par rapport aux génériques mais aussi coûte plus cher« , souligne l’étude.

Entre 2002 et 2006, sur les trois classes thérapeutiques étudiées – soit 14 % des prescriptions annuelles – « le gâchis a coûté au minimum 650 millions d’euros à la Sécu », assure l’association. En cause, selon elle : l’emprise des laboratoires pharmaceutiques sur l’information des médecins de ville, via les visiteurs médicaux (VRP de l’industrie qui viennent promouvoir les produits de leurs firmes dans les cabinets de ville) au détriment des recommandations fournies par les autorités sanitaires.

« Il ne s’agit pas de dire qu’il faut moins prescrire, mais de demander aux médecins pourquoi, à égalité d’efficacité, ce sont massivement les produits les plus chers qui sont prescrits« , explique M. Bazot.

« Avant de faire supporter aux patients de nouvelles mesures, il serait normal que les praticiens rendent des comptes sur la façon dont ils établissent leurs ordonnances », ajoute-t-il !

Pour tenter de « rééquilibrer les sources d’information » des médecins, l’UFC propose de créer un corps de 1 700 visiteurs médicaux « indépendants », sous la responsabilité de la Haute autorité de santé.

 

Cher lecteur, pensez-vous que cela soit suffisant pour combler le déficit de notre sécurité sociale ?

 

 

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