Dr Patrice Schoendorff : Oui, sur le plan de la psychiatrie, la situation française est très préoccupante. Pour que les choses soient parlantes, avec le Dr Didier Charrassin, chef du pôle psychiatrie du Chablais, nous avons regardé les chiffres du secteur de Thonon les Bains, une zone qui va du Lac Léman jusqu’aux stations de ski de Morzine d’Avoriaz. Tous les indicateurs sont au rouge !

En 2020, nous enregistrons +12% de consultations psychiatriques extrahospitalières. Du jamais vu. A l’hôpital de Thonon, sur les deux derniers mois, en décembre et novembre, nous avons eu 30 hospitalisations ce qui est là aussi du jamais vu. Nos deux unités de 20 lits, qui ont par ailleurs en charge leurs patients chroniques, sont totalement saturées.

Est-ce un constat général ou une situation propre à cette région des Alpes ?

Je discute avec des collègues psychiatres du reste de la France, c’est partout pareil. Et comme la psychiatrie est le parent pauvre de la médecine française, cet afflux massif de nouveaux patients intervient alors que le secteur hospitalier dans ce domaine est déjà sinistré. A Thonon, sur 5 postes de psychiatres, deux sont vacants… L’hôpital doit appeler en urgence des intérimaires.

De quoi souffrent ces patients nouveaux que vous voyez apparaître ?

Pas seulement de « dépression » comme je l’entends dire à la télé. En fait, cela craque de partout. On assiste à une déstabilisation complète de tous les troubles psychiatriques. Que ce soient des phénomènes de décompensation de troubles de l’humeur, c’est-à-dire des dépressions, mais aussi des décompensations chez des personnes jusque-là stabilisées pour des troubles bipolaires par exemple. Autrement dit, l’explosion des troubles psychiatriques touche tous les secteurs.

En bout de chaine, on assiste aussi à une recrudescence des passages à l’acte, y compris violents. Même aux urgences psychiatriques à Thonon, on n’avait jamais vu cela. Il y a un nombre jamais vu de troubles du comportement sur la voie publique. Je sais aussi, même si le chiffre reste confidentiel, que le nombre de suicides sur la région lyonnaise est en très forte augmentation. Vraiment, la situation est très préoccupante.

Intervenez vous aussi en unité Covid ?

Bien sûr, nous sommes appelés en consultation psychiatrique dans des unités Covid où des patients sont hospitalisés. Paradoxalement, c’est le seul moment où je peux voir des patients non masqués. Le reste du temps, pour la première fois de ma vie de psychiatre, je parle à des interlocuteurs dont je ne vois pas le visage. Cela aussi c’est un problème. En unité Covid, certains sont hospitalisés sur de longues périodes et vivent des situations d’angoisse extrême. Certains perdent le sommeil. La plupart sont très affaiblis, très fatigués. C’est très lourd… Ils regardent la télé, sont souvent coupés de leurs proches, et au contact de soignants de plus en plus fatigués. Là encore, la situation psychologique de ces malades est de plus en plus préoccupante.

Avez-vous eu des recommandations nationales sur des traitements psychiatriques particuliers de malades Covid ?

Je souris. Non rien. Pas une seule recommandation. Pas un seul protocole. Chacun fait dans son coin avec les moyens du bord ! On fait comme on peut. On compose. C’est vrai, que l’on devrait se préoccuper d’un retour d’expérience…

Quelle est votre analyse de ce que nous vivons ?

Il est bien normal que la pandémie et le virus génèrent des peurs et des angoisses.

Mais je constate que ce sont aussi les mesures prises par le gouvernement qui génèrent à leur tour peurs et angoisses !

Le premier confinement de mars dernier s’est relativement bien passé. Il était alors plus facile de comprendre pourquoi des mesures étaient prises pour stopper la propagation. Mais le deuxième confinement est bien plus mal compris et bien plus mal vécu. Je sens mes patients beaucoup plus angoissés. Ils ont du mal à comprendre le couvre-feu de 18h par exemple et tous les changements qui interviennent, un jour 20h, un jour 18h, sans que l’on sache trop pourquoi. Tout cela, sans parler des discours successifs du gouvernement sur les vaccins, contribue à angoisser davantage les gens. C’est déstabilisant de ne pas comprendre.

Et puis avec le deuxième confinement, les mesures ont touché toutes les sphères, familiales ou professionnelles. Pour des gens vivants seuls, tout cela est encore plus difficile. Or le gouvernement ne semble pas tenir compte de ces difficultés d’ordre psychologiques. Le discours n’est qu’un discours épidémiologique sur la vitesse de propagation du virus… Rien ou presque sur la dimension psy.

Il n’y a pas de psychiatre dans le conseil scientifique…

Non seulement il n’y en a pas, mais j’observe avec beaucoup d’autres, que toutes les mesures qui sont prises et le discours qui va avec, ne semblent pas venir de gens de terrain. Pour faire de la médecine, il faut être au contact de malades sur le terrain, or j’ai l’impression que la réponse scientifique actuelle se limite à des analyses de « l’arrière » du front. La dimension psychiatrique n’est jamais mise en avant et me semble insuffisamment prise compte.

C’est-à-dire ?

La distanciation sociale, en soit, est une hérésie. L’être humain ne peut s’épanouir qu’au contact de l’autre. En organisant une distanciation sociale, aussi froidement que ce qui est fait, on court le risque d’une dislocation sociale. Autre exemple, j’ai lu aussi que pour décider du couvre feu à 18h, le CNRS avait réalisé un modèle scientifique pour aboutir à une limitation maximale des interactions. Mais d’un point de vue psychiatrique, cela aussi c’est une abomination.

En même temps que de telles mesures sont mises en place, dont il faudrait percevoir les dangers psychiatriques, il faudrait penser des accompagnements… Cela parait évident.

Vous dénoncez un déficit d’explication, doublé d’une crise de confiance ?

Le déficit d’explication est stupéfiant. Et la crise de confiance, nous la mesurons en observant nos indicateurs psychiatriques au rouge. Depuis des mois, je suis choqué que personne au sein du conseil scientifique ne porte cette dimension, en tout cas que le discours du gouvernement soit si creux, si sec, si froid.

Comment voyez vous évoluer les choses ?

On va vers une casse psychologique et psychiatrique, très très importante. Il y aura un avant et un après. Les gens sont traumatisés. A tous les niveaux.

Dans les Ehpad, par exemple, on sait que des personnes âgées sont mortes de phénomènes de glissement et d’angoisse. D’autres sont traumatisés d’avoir dû enterrer un parent de façon bâclée. Ce sont des petits exemples entre mille. Il y a une urgence absolue à prendre en compte la dimension psychologique de la crise actuelle. Nous sommes de très nombreux praticiens, en France, à ressentir cette urgence.

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Les séances se font à mon cabinet toulousain, ou en téléconsultation (par Skype, WhatsApp, Zoom), ou au domicile de mon client. Plus d’informations utiles pour résoudre votre problème en cliquant sur les liens en haut de ce blog « duvallevesque-psychotherapie-hypnose.fr ». Mailez-moi ou appelez-moi pour tout conseil dont vous avez besoin

La médiatisation des suicides au travail, et tout récemment du burn-out, pose la question de la souffrance au travail.

Soulignons ce paradoxe dans la relation au travail.

D’un côté les laissés-pour-compte du monde du travail qui grossissent chaque jour les statistiques du chômage ; de l’autre, tous les mécontents qui ont la chance de travailler, ne pensant qu’à s’arrêter le plus tôt possible.

Au point que l’on considère aujourd’hui que l’âge où l’on est le plus heureux est la première décennie de la retraite. L’on est plus heureux à 65 ans qu’à 20, 30 ou 40.

Pourquoi ? Parce que l’on n’a plus à travailler, bien entendu…

Pourtant, la pénibilité du travail a considérablement diminué au cours des dernières décennies. Alors que dans le même temps, la pénibilité psychique a augmenté.

Les causes de cette pénibilité sont très nombreuses : la mondialisation, la charge de travail (sans d’ailleurs bien définir ce que l’on y met derrière), la complexité des organisations qui font perdre le sens, ou encore la pression managériale, enfin la révolution numérique et ses impacts.

Cette dernière entraîne de nombreux changements d’habitudes de tous registre et peut conduire à déshumaniser les relations (l’on préfère communiquer par mail plutôt que de rencontrer ses interlocuteurs), à modifier les frontières entre le vie personnelle et professionnelle (l’hyper-connexion) et a subir des impacts cognitifs et émotionnels très sérieux.

En passant du registre physique au psychique, la souffrance est plus complexe à appréhender, et sa subjectivité amplifie la controverse.

Qu’en pensez-vous ?

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« Plus de stress et moins de temps » : le blues des élèves infirmiers.

Pas encore « en responsabilité », les élèves infirmiers n’en sont pas moins confrontés aux réalités et difficultés de leur futur métier.

Eux aussi se sont mobilisés lors de la grève nationale du 14 septembre, qui dénonçait, dans la foulée d’une série de suicides, la dégradation des conditions de travail.

Ici, des étudiants d’un institut de formation en soins infirmiers (IFSI) posaient, brassard noir au bras, derrière un panneau « nos souffrances valent plus que leur silence ». Là-bas, certains séchaient les cours pour participer à une minute de silence à la mémoire des cinq « collègues » disparus depuis le mois de juin. Et des centaines d’autres ont publié sur leur mur Facebook des vidéos ou témoignages de soignants racontant leur quotidien…

Quand lemonde.fr lance, peu après cette mobilisation, un appel à témoignages sur le quotidien des élèves infirmiers (ils sont 90 000 en France), à l’école et sur le terrain, c’est l’inquiétude et les conditions de travail dégradées qui s’imposent dans les dizaines de réponses reçues.

La question du temps est omniprésente dans les témoignages reçus.

Ce temps qui manque, parfois, souvent, aux professionnels que les élèves-infirmiers ont croisés lors des 2 100 heures de stages que prévoit leur formation.

Au point d’avoir « peur de l’avenir » commente Pauline, 27 ans, qui sera diplômée dans quelques mois. « En stage, j’ai vu des personnels épuisés [qui] n’ont plus le temps de “prendre le temps” avec les patients, enchaînant les soins, les papiers, les préparations aux examens, etc. » décrit-elle. « Les infirmières ont toujours plus de stress et toujours moins de temps pour la relation au patient, complète Elisabeth, 27 ans, alors du temps pour former une nouvelle, vous plaisantez ? » « Le temps est le cauchemar de l’infirmier en 2016 », résume Nicolas, 29 ans, plus que jamais motivé pour faire ce « si beau métier, mais si difficile » selon lui.

La coordination nationale infirmière (CNI), à l’origine de la récente mobilisation, dénonce depuis de longs mois les cadences effrénées, sur fond d’austérité budgétaire. Et selon sa présidente, Nathalie Depoire, le manque de temps se transforme aussi parfois en « manque d’encadrement ». « La réforme des études en soins infirmiers de 2009 [qui favorise l’approche par compétences plutôt que par soins spécifiques] renforce le rôle des services de soin dans l’encadrement des stagiaires et leur apprentissage des pratiques », explique-t-elle. Une bonne nouvelle, sauf que « dans le cadre de la tarification à l’acte [qui affecte des ressources aux hôpitaux selon leur volume d’activité], le temps consacré au tutorat n’est pas coté. Il n’est donc pas toujours une priorité dans les hôpitaux où l’on favorise de plus en plus ce qui rapporte ».

« On est là pour apprendre, on est donc toujours secondés », tempère Lisa Cann, la présidente de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi). Tout en dénonçant : « il y a des services dans lesquels les étudiants sont utilisés pour remplir le travail des aides-soignantes ou des infirmières lorsqu’ils sont en 3ème année ».

Si elle évoque « de multiples services où les conditions d’apprentissage sont favorables », elle pointe aussi un nombre de patients « assez énorme » par infirmier, des tâches administratives à répétition, les soins et responsabilités « qui relèvent normalement plus du rôle du médecin », les « équipes qui souffrent », etc.

Les conditions de travail, « les étudiants en parlent aussi beaucoup entre eux », explique l’élue étudiante. Y sont-ils bien préparés durant leur cursus ? Oui, répond-elle sans hésiter, décrivant par le menu l’alternance entre les cours théoriques, les mises en situation de soin, et les stages, moins nombreux que par le passé, mais plus longs. Elle concède toutefois « une ambivalence entre ce qu’on apprend des soins, la qualité qu’on voudrait y mettre, et la réalité, ceux qu’on peut vraiment prodiguer ».

Le grand écart entre théorie et pratique revient également dans les témoignages.

psychotherapie-addiction-sexuelle-dependance-boulimie-f-duval-levesque-psychopraticien-hypnotherapeute-coach-tcc-hypnose-burn-out-infirmiereDifférence « dangereuse » pour certains, « indispensable » pour d’autres, dans la mesure où elle « tire vers le haut, oblige à s’adapter ». On y décortique cette formation théorique renforcée depuis 2009, forte elle aussi de 2 100 heures sur trois ans, qui « développe le sens critique et permet d’acquérir de l’autonomie ». Reste à pouvoir la mettre en œuvre dans les services où on passe. « J’ai eu la chance d’avoir des stages formateurs qui m’ont permis de mettre en lien mes connaissances avec la pratique, commente ainsi Léo, infirmier diplômé depuis juillet 2016. Ce n’est pas le cas de tout le monde… »

Quand l’expérience du terrain entre en collision avec un idéal, et confronte à la maladie, à la souffrance et à la mort, prendre ses distances s’impose parfois aux étudiants infirmiers. « Le rythme de la formation a eu raison de certains rapidement », commente Etienne, 22 ans, qui a choisi de faire une pause et de se mettre « en report » dès la fin de la première année. « J’ai tenu huit mois avant de craquer, explique de son côté Andréa, 20 ans. Mon deuxième stage m’a fait comprendre qu’en l’état, je ne pouvais pas devenir infirmier du fait des conditions de travail. »

Qu’en est-il de la réalité des abandons ?

Dans son « Portrait des professionnels de santé » de 2016, le ministère des affaires sociales et de la santé note que « l’abandon en cours d’études semble relativement important pour cette formation », bien qu’il tende à se réduire dans les dernières années : de l’ordre de « 16 % entre 2012 et 2014, contre 26 % en moyenne entre 2005 et 2011 ».

A la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers, on accompagne 70 élèves infirmiers en difficultés par mois. « Ce n’est pas rien ! » commente Lisa Cann, sa présidente, tout en expliquant que « la proportion de personnes en grande souffrance n’est pas si énorme que cela ».

Selon elle, en plus des conditions de travail et d’encadrement, et des cas où « l’étudiant se rend compte que ce n’est pas ce qu’il souhaite faire », la « possibilité d’obtenir à la fin de la première année, par équivalence, le diplôme d’aide-soignante », expliquerait aussi les abandons précoces.

Au-delà du quotidien de leur formation, les étudiants infirmiers s’inquiètent d’une entrée dans la profession moins rapide que par le passé.

Nombre de diplômés évoquent l’enchaînement de « petits » contrats en début de carrière.

« Aujourd’hui, je suis enfin en CDI après presque deux ans de CDD où j’ai servi de bouche-trou dans différents services, à enchaîner une nuit par-ci, un jour par-là », commente ainsi Amandine, diplômée en 2013. Le dernier « Portrait des professionnels de santé » fait d’ailleurs état d’une « augmentation des contrats à durée déterminée (CDD) et des délais d’attente pour titularisation, dus notamment aux contraintes de retour à l’équilibre des établissements de santé ».

« Au CHU de Poitiers, on est rendu à vingt-deux ou vingt-huit mois de CDD avant d’avoir le statut de fonctionnaire stagiaire, là où il fallait auparavant seulement six mois ou un an », dénonce auprès du Monde Christian Trianneau, cadre infirmier formateur à l’IFSI de Poitiers et président de la coordination nationale infirmière (CHU) de la Vienne. « Dans ces cas-là malheureusement, si on veut rester, il ne faut pas se faire remarquer, et taire ses soucis. »

Mais pas de quoi s’inquiéter des perspectives de recrutement, selon Christian Trianneau.

Le chômage, s’il a fait son apparition récemment chez les infirmiers, ne dure en général que quelques mois. En cancérologie, en gériatrie, en réadaptation, en cardiologie ou encore en psychiatrie, « les possibilités d’exercer sont toujours extrêmement diversifiées ».

Un récent rapport sur « Les métiers en 2022 » tablait sur 92 000 créations nettes d’emplois d’infirmiers en sept ans…

 

Source: lemonde.fr

 

500 salariés de la BPCE ont manifesté, mardi, devant le siège parisien du groupe financier pour dénoncer leur souffrance au travail et demander des augmentations salariales.

Erosion des effectifs, multiplication des tâches, perte du contact humain, objectifs commerciaux toujours plus ambitieux et déconnectés des besoins des clients : les griefs sont nombreux. «On est en surrégime constant», témoigne un salarié. «Désormais nous devons travailler en multicanal, c’est-à-dire gérer l’accueil physique des clients, le téléphone et les services en ligne, mais nous ne sommes pas assez nombreux», poursuit une autre.

En cause: les réductions successives d’effectifs au cours des dernières années. «Rien qu’entre 2013 et aujourd’hui, on est passé de 115 000 à 108 000 salariés», estime un syndicaliste.

Après 35 ans de boîte, un gréviste, gestionnaire clientèle à la Caisse d’épargne et syndiqué à la CFTC, explique comment son métier a changé du tout au tout.

«Aujourd’hui, il faut vendre, vendre, vendre. Le but premier du banquier c’est de réussir à provoquer des besoins», explique ce quinqua qui a parfois «l’impression de faire le tapin». Un sentiment partagé par sa collègue: «ce que l’on aime, c’est le contact avec les clients. Là c’est de l’abattage. On est loin du vrai conseil.»

Mais s’ils ne se retrouvent pas dans leur nouveau rôle, les salariés n’ont guère le choix que de jouer le jeu.

medicament 5«Dans les agences, le personnel a de plus en plus d’objectifs à atteindre», résume Christian Lebon, de la CGT, qui évoque un management «par la peur» et une pression constante. «Il y a en permanence un chantage à la part variable et à l’évolution de carrière», poursuit-il.

Exemple avec les «challenges» régulièrement proposés par la direction aux salariés, explique une chargée de clientèle. «Une semaine, il faut vendre des plans d’épargne logement, la suivante, des participations sociales ou des conventions obsèques. Bientôt il nous faudra proposer des téléphones!», s’agace-t-elle.

«Dans les agences bancaires, on tient aux anxiolytiques», raconte, les larmes aux yeux, une directrice adjointe. «Il faut recevoir les clients, monter les dossiers, répondre au téléphone, il n’y a jamais un moment où l’on peut se poser».

Stress, troubles du sommeil, boule au ventre, les grévistes racontent, à tour de rôle, les mêmes maux. «Le soir, on est lessivés», conclut l’une d’entre eux. Une souffrance que les délégués syndicaux se «bouffent en pleine face», selon une élue CGT. «On nous appelle en pleurs, certains nous disent qu’ils vont se défenestrer», grince-t-elle.

Au total, depuis 2011, les syndicats recensent 29 tentatives de suicides au sein de la seule Caisse d’épargne. «Sans oublier tous les autres qui n’arrivent à travailler qu’en prenant des médicaments», note Bernard Charrier du syndicat unifié-UNSA.

 

Sources : liberation.fr, figaro.fr

Un salarié de l’usine Renault à Cléon (Seine-Maritime) s’est donné la mort, dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 avril, sur son lieu de travail. L’un de ses collègues l’a retrouvé, pendu, vers 5 h 30, dans un secteur de l’établissement où il n’y avait plus aucune activité.

Agé de 35 ans, il était technicien de maintenance de nuit et avait été embauché par le constructeur automobile en 2000.

Il a laissé deux lettres – l’une à l’attention de sa femme et de leurs filles, l’autre destinée à la direction dans laquelle il écrit : « Merci Renault. Merci ces années de pression, chantage au nuit. Où le droit de grève n’existe pas. Ne pas protester sinon gare. La peur, l’incertitude de l’avenir sont de bonne guerre, parait-il ? Tu expliqueras ça à mes filles, Carlos [Ghosn, le PDG du groupe]. « 

Selon Pascal Morel, responsable du syndicat CGT dans l’usine, cet homme avait été très impliqué dans les grèves qui ont éclaté à partir de la fin 2012 pour s’opposer au projet d’accord compétitivité-emploi.

taylorisme, travail a la chaineSigné dans la première quinzaine de mars, ce dispositif prévoit que le personnel fasse des sacrifices (gel des salaires, accroissement du temps de travail…) en contrepartie de l’engagement de la direction d’augmenter les volumes de production.

Après ces conflits, « la hiérarchie a exercé des pressions », explique M. Morel, et a fait comprendre aux grévistes que s’ils jouaient encore aux fortes têtes, ils risquaient de perdre leur poste de nuit, nettement mieux payé que le travail en équipe de jour. La différence peut être de l’ordre de 700 euros par mois, d’après M. Morel.

Pour le syndicaliste, le suicide de cet homme est « en lien avec le travail ». Renault a une part de responsabilité, ajoute M. Morel, dans la mesure où un « système », reposant sur le chantage et sur l’intimidation, a été mis en place pour encadrer le personnel.

Une porte-parole de la société rétorque que le salarié avait été favorablement « évalué » par sa hiérarchie et qu’il avait l’assurance de pouvoir continuer à travailler de nuit. Il n’était pas connu des services médicaux de l’entreprise.

« Renault a à cœur de comprendre ce qui s’est passé, insiste-t-on chez le constructeur. La direction est touchée et s’associe au chagrin de la famille et des salariés. »

Une cellule psychologique a été mise en place sur le site de Cléon. Le parquet de Rouen a ouvert une enquête. De son côté, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) va essayer d’identifier les facteurs expliquant le passage à l’acte pour éviter que de tels faits ne se reproduisent, affirme M. Morel.

Fin 2006, début 2007, trois salariés du Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines) avaient mis fin à leur jour – dont deux sur leur lieu de travail.

Deux de ces suicides avaient valu à l’industriel d’être condamné pour « faute inexcusable », la justice estimant que la direction n’avait pas pris les mesures nécessaires pour protéger ces collaborateurs.

Références: Bertrand Bissuel, lemonde.fr, CGT

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La balance bénéfices-risques du médicament antidépresseur Valdoxan (agomélatine), des laboratoires Serviers, est nettement défavorable, estime la revue Prescrire.

Cette dernière a demandé et obtenu des bilans de pharmacovigilance des agences française et européenne du médicament.

Malgré l’absence d’efficacité démontrée, indique Prescrire, l’agomélatine est commercialisée depuis 2009 pour le traitement de la dépression.

Ces nouvelles données, malgré des imprécisions et des détails censurés, précise la revue, confirme le profil d’effets indésirables du médicament déjà préoccupant lors des essais cliniques avant commercialisation.

Des effets indésirables sont particulièrement graves, notamment des atteintes hépatiques, pancréatiques, des troubles neuropsychiques avec suicides, agressions, convulsions, vertiges, ainsi que des atteintes musculaires parfois graves. D’autres troubles graves et préoccupants ont été rapportés, tels que des réactions cutanées graves, des troubles cardiovasculaires, avec un doute sur un risque de survenue de cancers.

Les agences du médicament devraient communiquer largement sur ce point et retirer rapidement ce médicament du marché, juge Prescrire.

En attendant, les soignants auraient intérêt à éviter de prescrire ce médicament.

Article de Prescrire: Dépression : écarter l’agomélatine

Voyez également:

Références : Psychomédia.qc.ca, Prescrire

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