Un brin sexiste… mais comme l’auteure est une femme…

Les patients fustigent une dérive « gravissime ».

Épinglé dans un article publié dans l’Obs la semaine dernière, le groupe facebook « Le Divan des médecins », qui regroupe plus de 11 000 praticiens, a également provoqué la colère des associations de patients.

L’article mettait en lumière des publications se moquant du physique des patients, des photos publiées sans leur consentement, des remarques sexistes, homophobes ou encore fustigeant les bénéficiaires de la CMU.

Dans un communiqué, France Assos Santé a réagi.

« Au-delà de l’aspect abject des propos tenus par des soignants (…), nous soulignerons ici comment ces praticiens ont, en toute impunité, bafoué des droits fondamentaux reconnus par la loi et sont susceptibles d’encourir des sanctions disciplinaires et pénales ».

« Tant du point de vue déontologique (…) que d’un point de vue légal », les médecins ont « pour obligation de soigner et prendre en charge TOUS les patients, sans jugement, dénigrement ou considération de revenus », ajoute la fédération.

En réaction à l’article de l’Obs, l’Ordre des médecins a promis une « analyse juridique de ces contenus effarants ».

France Assos Santé a déclaré qu’elle serait particulièrement attentive à la réaction de l’Ordre. « Nous attendons des sanctions à la hauteur des outrages et préjudices subis par les patients », conclut-elle.

Du côté des médecins, le Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) a réagi sur Twitter. « Racisme, homophobie, sexisme ou jugements de valeur sur les patient(e)s, n’ont aucune place dans une discussion entre soignant(e)s », a souligné le SNMG, disant mesurer la « perte de confiance légitime » dans le corps médical que de telles pratiques peuvent engendrer.

Nelson MandelaLe 27 avril 1994, un président noir était élu, pour la première fois, à la tête de l’Afrique du Sud; c’était Nelson Mandela.

Il vient de mourir. Il avait 95 ans.

Une occasion de (re)lire le discours d’investiture qu’il prononça, le 10 mai 1994, devant 60.000 personnes, après son élection du 27 avril.

« Majestés, Altesses, invités distingués, camarades et amis,

Aujourd’hui, nous tous, par notre présence ici et par nos célébrations dans d’autres régions de notre pays et du monde, nous conférons gloire et espoir à une liberté tout juste née.

De l’expérience d’un désastre humain inouï qui a duré beaucoup trop longtemps, doit naître une société dont toute l’humanité sera fière.

Nos actions quotidiennes, en tant que simples Sud-Africains, doivent susciter une réalité sud-africaine concrète qui renforcera la foi de l’humanité en la justice, confirmera sa confiance en la noblesse de l’âme humaine et maintiendra tous nos espoirs envers une vie glorieuse pour tous.

Tout ceci, nous le devons tant à nous-mêmes qu’aux peuples du monde qui sont si bien représentés ici, aujourd’hui.

Je n’hésite pas à dire à mes compatriotes que chacun d’entre nous est aussi intimement attaché à la terre de ce beau pays que le sont les célèbres jacarandas* de Pretoria et les mimosas du bushveld**.

Chaque fois que l’un d’entre nous touche le sol de ce pays, nous ressentons un sentiment de renouveau personnel. L’humeur nationale change avec les saisons.

Nous sommes mus par un sentiment de joie et d’euphorie lorsque l’herbe verdit et que les fleurs s’épanouissent.

Cette unité spirituelle et physique que nous partageons tous avec cette patrie commune explique l’intensité de la douleur que nous avons tous portée dans nos cœurs lorsque nous avons vu notre pays se déchirer dans un conflit terrible, et lorsque nous l’avons vu rejeté, proscrit et isolé par les peuples du monde, précisément parce qu’il était devenu la base universelle de l’idéologie et de la pratique pernicieuse du racisme et de l’oppression raciale.

Nous, le peuple d’Afrique du Sud, nous sentons profondément satisfaits que l’humanité nous ait repris en son sein, et que le privilège rare d’être l’hôte des nations du monde sur notre propre terre nous ait été accordé, à nous qui étions hors-la-loi il n’y a pas si longtemps.

Nous remercions tous nos distingués invités internationaux d’être venus prendre possession avec le peuple de notre pays de ce qui est, après tout, une victoire commune pour la justice, la paix, la dignité humaine.

Nous sommes sûrs que vous continuerez à être à nos côtés lorsque nous aborderons les défis de la construction de la paix, de la prospérité, de la démocratie, et que nous nous attaquerons au sexisme et au racisme.

Nous apprécions infiniment le rôle qu’ont joué les masses de nos concitoyens et leurs dirigeants politiques, démocratiques, religieux, féminins, jeunes, économiques, traditionnels et autres pour parvenir à cette conclusion. Et parmi eux se trouve notamment mon second vice-président, l’honorable Frederik Willem De Klerk.

Nous aimerions également rendre hommage à nos forces de sécurité, tous grades confondus, pour le rôle distingué qu’elles ont joué en protégeant nos premières élections démocratiques et la transition vers la démocratie des forces sanguinaires qui refusent toujours de voir la Lumière.

Le temps est venu de panser nos blessures… »

(la suite demain dimanche… !)

(*) Arbres dont les fleurs mauves sont écloses du printemps à l’automne, les innombrables jaracandas de Pretoria constituent, depuis la fin du XIXe siècle, l’une des particularités de la ville.

(**) Savane sud-africaine.