C’est une drôle de manie qu’a adopté Timothée depuis quelques mois : il se cherche de nouveau problèmes afin de ne pas payer sa psy pour rien.

« Honnêtement, ça fait plusieurs mois que ça va mieux…

Mais ça allait beaucoup moins bien quand je sortais de chez ma psy et qu’elle me disais que j’allais mieux… j’avais l’impression d’être atrocement banal ! Et surtout de la payer pour rien. Soixante-dix euros, ça fait beaucoup pour l’entendre dire que tout va bien » soupire Timothée, 27 ans.

Alors, le jeune homme très vite dû réagir :

« Comme me confier à cette inconnue était devenu une vraie drogue, et que je trouvais bien plus agréable une séance qui se passant dans la douleur et les larmes, j’y allais en me trouvant de nouveaux problèmes. Je pensais la choquer, l’alerter, mais non, elle revenait toujours sur ses histoires d’inconscient. Même si j’inventais que j’avais des envies de meurtres au travail, elle arrivait à relier ça à Freud et mes premières érections. Trop forte »

Lorsqu’il faut faire le bilan de ses années de psychanalyses, Timothée semble amer :

« Au début, j’y suis allé pour une rupture compliquée. J’étais au fond du trou. J’avais besoin de parler. Pendant des mois, on a creusé dans mon passé familiale et sentimental pour comprendre pourquoi j’avais été largué.

Deux ans et cinq mille euros plus tard, j’ai compris que j’étais juste tombé sur une connasse. Je sais, ça fait beaucoup de temps, d’argent et d’aveux sur mon complexe d’Œdipe pour réaliser l’évidence. Alors j’ai arrêté d’y aller.

En plus, franchement, j’avais plus d’idées de problèmes à inventer ! Du coup je me suis remis à la Playstation. C’est tout aussi efficace, je conseille aux cœurs brisés ! ».

Source : legorafi.fr/u/8sx

Le test de Rorschach (le fameux test des taches d’encre), du nom de son créateur Hermann Rorschach (1884 – 1922), est un test psychologique développé par le psychiatre et psychanalyste Hermann Rorschach en 1921.

Il consiste en une série de 10 « planches« , qui sont des images représentant des taches symétriques abstraites (1).

La personne qui passe le test doit indiquer ce qu’elle y voit.

Ce test, utilisé dans le cadre d’une approche psychanalytique ou dite psychodynamique, est considéré sans aucune valeur par les approches scientifiques de la psychologie.

(1)consultez-les là: https://fr.wikipedia.org/wiki/Test_de_Rorschach

F.Duval-Levesque, Toulouse, phobie, boulimie, angoisse, anxiété, douleur, confiance, estime, psoriasisme, pelade, fibromyalgie, etc

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Voici un précieux  livre de guérison !

La fibromyalgie est une maladie classée par la médecine traditionnelle comme étant invalidante, neurodégénérative et évolutive, sans cause et sans traitement et sans possibilité de guérison.

Wikipédia l’a défini comme :

« …une maladie associant des douleurs musculaires et articulaires diffuses, une fatigue, des troubles du sommeil, des troubles cognitifs mineurs et des troubles de l’humeur d’intensité variable et d’évolution chronique. Le diagnostic est établi d’après l’examen clinique, habituellement normal en dehors d’une sensibilité à la pression des tissus mous, et d’analyses biologiques simples, l’ensemble permettant d’écarter d’autres diagnostics.

Cette maladie, fréquente, potentiellement invalidante, touche le plus souvent les femmes d’âge moyen. La cause est inconnue, et une anomalie de fonctionnement du système nerveux central est supposée. Il y aurait une sensibilisation excessive des récepteurs impliqués dans la perception de la douleur. Le traitement, uniquement symptomatique, repose habituellement sur l’association de médicaments et de mesures non médicamenteuses. »

La fibromyalgie est une maladie qui toucherait entre 2 et 3 millions de Français, et près de 14 millions de personnes en Europe. Il a fallu de nombreux rapports et enquêtes pour que cette maladie soit mieux cernée, reconnue et donc mieux encadrée par le milieu médical français.

Et pourtant, si l’on pouvait en guérir ?

Au sortir d’un combat de dix années, Évelyne Jouval, à travers son témoignage, prouve que c’est possible.

Cela au prix de recherches personnelles.

Incomprise par le corps médical et livrée à elle-même face à une médecine conventionnelle ne lui apportant aucune solution, elle a rejeté tout traitement chimique et s’est orientée vers diverses alternatives qui lui ont été bénéfiques.

  • Si cette maladie, dite invisible, échappe à tout examen, pourquoi le nombre de malades explose-t-il ?
  • Pourquoi, alors que la fibromyalgie ne répond à aucun traitement, les professionnels de la santé prescrivent-ils, à outrance, des antidépresseurs, anti-inflammatoires, antidouleurs….aux effets secondaires bien connus ?
  • Pourquoi négligent-ils toute pollution aux métaux lourds ?
  • Pourquoi ne se penchent-ils pas sur les méfaits de l’alimentation industrielle ?
  • Pourquoi ne prennent-ils pas au sérieux les répercussions sur l’organisme d’un corps en déséquilibre acido-basique ?
  • Pourquoi ne proposent-ils pas un changement de l’alimentation et/ou une détoxification de l’organisme ?

En réponse à ces questions, Évelyne Jouval a exploré diverses pistes. Nous les découvrons avec elle.

Thérapies, médecines alternatives non conventionnelles et changement d’alimentation lui ont ouvert le chemin de la guérison.

psychotherapie, addiction sexuelle, dépendance, boulimie, F.Duval-Levesque psychopraticien, hypnothérapeute, coach, Toulouse, TCC, hypnose, mal-être, fibromyalgieElle vous livre son parcours.

Évelyne Jouval choisit d’explorer diverses pistes, seule ou accompagnée de professionnels de santé ouverts et qualifiés.

Grâce à sa ténacité, sa persévérance, son courage et sa foi en sa guérison, l’auteur ouvre un chemin qui permettra à d’autres personnes de s’y aventurer et d’avancer vers leur bien-être.

Ce livre est préfacé par le Docteur Alain Tuan Qui dont voici un extrait de sa préface :

« Ce livre témoignage nous fait comprendre que la voie de la guérison n’est pas une mais multiple, avec le vécu de chacun, ses souffrances et son environnement personnel et familial.

Il faut savoir que dans ce genre de maladie, la dimension holistique (globale) de l’être prend tout son sens et son importance.

L’art de savoir décrypter les messages du corps et de la tête, passera par la rencontre de thérapies aussi bien physiques (nutrition, jeûne, phytothérapie, massages, acupuncture, Yoga, Qi Gong, médecine chinoise et ayurvédique, …) que psychologiques (psychothérapie, psychanalyse, hypnose, sophrologie, …)

à chacun de trouver sa voie et surtout de rencontrer le médecin et/ou le thérapeute qui sera à l’écoute avec ses yeux, ses oreilles, son toucher, son savoir et surtout son cœur.

Donner un espoir de guérison à tous les fibromyalgiques, mais aussi aider leurs proches et les médecins à mieux les comprendre, les soutenir et les guider vers le chemin de la guérison : ce livre aura alors atteint son objectif ! »

 

 

Source: « J’ai guéri de la Fibromyalgie » de Evelyne Jouval, éditions Lysandra

transfert-et-contre-transfert-psychotherapie-addiction-sexuelle-dependance-boulimie-f-duval-levesque-psychopraticien-hypnotherapeute-coach-toulouse-tcc-hypnose-mal-etreTransfert : projection d’émotions, de sentiments, de pulsions, d’attitudes et de comportements déplacés sur la personne du psychanalyste, et à l’intérieur du contexte ou de la situation thérapeutique.
Contre-transfert : accueil du transfert du patient, notamment à partir des sentiments et des émotions qu’il génère chez le psychothérapeute. Il est aussi ce que le psychanalyste éprouve et imagine dans son monde intérieur en réaction au transfert.

Dans une psychanalyse analytique, le patient rejoue les scènes de différents scénarios se référant à des blessures et des souffrances passées. Ce phénomène est important à reconnaître et à identifier afin de pouvoir mener graduellement le patient vers le mieux-être.

Ce livre vous propose de vous familiariser avec la dynamique et les enjeux du transfert/contre-transfert afin de construire un espace thérapeutique adéquat et réparateur.

Ces enjeux, nous devons d’abord les reconnaître, les identifier.

C’est en les nommant, et parfois en les dénonçant, que le patient, accompagné par le thérapeute, pourra en explorer les principales implications. En relation, avec les domaines émotionnel, affectif, pulsionnel, cognitif etc… du patient.

Une fois que cette exploration devient active et manifeste, les raisons qui motivaient ces enjeux et les fonctions qu’ils occupaient en viennent à perdre leur raison d’être. nous pouvons alors voir se creuser une brèche chez le patient, qui se dirige graduellement vers le mieux-être.

Il présente de façon claire et vivante ces concepts tout en offrant des outils de qualité pour les comprendre et les gérer.

Une très bonne lecture que je conseille à tous ceux qui s’intéressent et s’interrogent sur la relation patient-thérapeute !

 

Qui est l’auteur ?

Serge Tracy est psychologue, auteur, animateur et conférencier. Il s’intéresse particulièrement aux différents enjeux impliqués dans la construction de l’espace thérapeutique.

L’auteur a d’abord orienté son étude vers le cadre de travail en psychanalyse et en psychothérapie analytique .

Il nous livre ici plusieurs considérations relatives aux interrelations entre le transfert & le contre-transfert.

 

Source: « Transfert et contre-transfert« , de Serge Tracy, éditions jouvence

psychotherapie-addiction-sexuelle-dependance-boulimie-f-duval-levesque-psychopraticien-hypnotherapeute-coach-toulouse-tcc-hypnose-mal-etre-pyschopathologie-clinique-du-somatiqueMaladies, accidents, douleur chronique, harcèlement au travail, handicap…

…la vie expose à des souffrances, éprouvées tant dans la chair que dans le mental.

Et le clinicien est confronté à des patients présentant des formes diverses de psychopathologie somatique, affectant à la fois le corps réel et le psychisme.

Comment naissent ces désordres somatiques ?
Pourquoi sommes-nous sujets à de tels troubles ?

Quel sens ou pas donner à la maladie ?
Certaines structures de personnalité sont-elles plus exposées que d’autres à des désordres somatiques ?

Comment aider les patients quand la souffrance psychique se mêle à la souffrance physique ?
Comment comprendre et aider ces patients qui souffrent ?

Quelles prises en charge et perspectives thérapeutiques, dont psychothérapeutiques, proposer ?

À travers 12 cas cliniques exemplaires, les auteurs – universitaires, psychologues, psychiatres–, proposent un panorama de la psychopathologie clinique du somatique.

Les histoires de cas de cet ouvrage établissent le rapport entre le singulier et l’universel. Chacun des contributeurs de cet ouvrage a été choisi pour son expertise, pour la singularité de son approche psychodynamique dans le champ de la clinique du somatique.

Pas à pas nous suivons le travail du clinicien : de l’observation au diagnostic, des premiers entretiens à l’indication de traitement.

Passionnant ouvrage sur l’utilisation de la psychanalyse, et ses limites.

Directrices de l’ouvrage :

Nathalie Dumet est Professeur de Psychopathologie clinique du somatique, Université Lyon2, Institut de Psychologie, CRPPC (EA 653), Membre du Groupe Psychisme et Santé (GPS), Présidente de la Société Rhône-Alpes de Psychosomatique (SRAP), Psychologue clinicienne.
Lydia Fernandez : Professeur en psychologie de la santé et du vieillissement, Université Lyon2, Institut de Psychologie, Membre du Groupe Psychisme et Santé (GPS), Psychologue clinicienne.

Contributeurs :

Antoine Bioy, Valérie Boucherat-Hue, Leslie Bourdin, Khadija Charaoui, Marion de eraud,
Isabelle yGernet, Adeline Hulin, Christiane Jouberet, Jean-Sébastien Leplus-Habeneck, Carla Machado,
Gérard Pirlot, Marie Reveillaud, Almudena Maria de la Sanahuja, Barbara Smaniotto.

Source : « Psychopathologie clinique du somatique : 12 études de cas », de Nathalie Dumet et Lydia Fernandez, éditions In Press

Aujourd’hui, les pratiques de groupe sont solidement implantées dans le champ de la psychothérapie.

Elles se sont révélées particulièrement riches et efficaces.

Pour Carl Rogers, le groupe thérapeutique est l’invention sociale qui a eu l’expansion la plus rapide du siècle. Elle est sans doute la plus puissante et la plus féconde.

La thérapie groupale s’est nourrie de différents apports (psychologie sociale, psychodrame, psychanalyse, Gestalt-théorie…). Elle a su les utiliser et les intégrer pour fonder une pratique profondément originale.

« J’ose croire qu’après avoir lu le présent ouvrage, le lecteur sera convaincu que, dans un climat de liberté et d’aide, les membres d’un groupe deviennent plus spontanés, plus souples, plus proches de leur vécu, plus ouverts à leur propre expérience et qu’ils aboutissent à des échanges interpersonnels plus profonds. Et c’est bien là le type d’être humain que l’on trouve à l’issue d’un groupe de rencontre ». Ainsi s’exprimait Carl R. Rogers en 1970, lors de la parution de son premier livre. Cette citation pourrait s’appliquer au nouveau livre d’Edmond Marc et Christine Bonnal « Le Groupe Thérapeutique, une approche intégrative« , aux éditions Dunod.

Le groupe thérapeutiqueLa multiplicité des dispositifs groupaux proposés dans les institutions de soin, tant pour les patients adultes, les adolescents ou les enfants que pour les professionnels, nous engage à nous pencher sur ce qui fonde le pouvoir thérapeutique de ces groupes.

  1. Que provoque l’expérience groupale chez tout sujet qui y prend part ?
  2. Comment cette expérience lui permet-elle une élaboration psychique ?
  3. Quels sont les processus qui sous-tendent les effets thérapeutiques observés ?

Trop souvent, la thérapie groupale n’a été présentée que du point de vue, forcément réducteur, d’une seule école. La spécificité de ce nouvel ouvrage est de proposer une synthèse actuelle qui aborde le groupe thérapeutique dans une orientation intégrative.

Quel est le contenu de cet ouvrage ?

– Les fondements (historiques, méthodologiques et pratiques) de la thérapie groupale

– Les processus qu’elle met en œuvre au service du changement

– Les axes de travail spécifiques qu’?offre la situation groupale

– Les moteurs du changement qu’elle permet aux trois niveaux personnel, interpersonnel et social

– Enfin, les effets les plus souvent constatés chez les patients.

Tous ces aspects sont illustrés par de nombreux exemples cliniques qui rendent l’ouvrage particulièrement vivant. Ils sont éclairés aussi par un choix de textes de référence. Et beaucoup de sagesse et d’humilité dans ces écrits.

A qui s’adresse ce nouveau livre ?

Il s’adresse aux praticiens de la psychothérapie, aux étudiants, et à toute personne soucieuse de s’informer sur cette démarche particulière.

Qui sont les deux auteurs ?

Edmond Marc est docteur d’État en psychologie, professeur émérite des universités.

Dans le champ de ses recherches sur la psychothérapie, il a publié notamment « Le guide pratique des psychothérapies » (Retz), « Le changement en psychothérapie » (Dunod), « Psychologie de l’identité » (Dunod), « Pratiquer la psychothérapie » (Dunod) avec A. Delourme, et « L’École de Palo Alto » (Retz) avec D. Picard. Il est formateur et superviseur.

Christine Bonnal est psychanalyste et psychosomaticienne. Elle est membre praticien de la Société Française de Psychanalyse Intégrative (SFPI), et de la Société de Psychosomatique intégrative (SPI). Elle enseigne à la Nouvelle Faculté Libre (NFL) quin forme des psychanalystes intégratifs.

Source: « Le groupe thérapeutique, Approche intégrative« d’Edmond Marc et Christine Bonnal, édition Dunod

(Suite et fin)

Une exception française

Or cette région joue un rôle majeur dans la perception des mouvements, du regard, du visage.

Ainsi, le Pr Ouriel Grynszpan (La Pitié-Salpêtrière, Paris) travaille avec de nouvelles technologies de stimulation cognitive destinées à aider les enfants autistes à déchiffrer le jeu des expressions faciales subtiles, riches en informations, qui se passent dans la région des yeux.

«Nous voulons mettre en place une étude basée sur cet entraînement sociocognitif», a-t-il expliqué il y a quelques semaines lors du colloque annuel du Centre d’expertise national en stimulation cognitive.

Là est sans doute la différence fondamentale avec la psychanalyse: dans les neuro­sciences, les hypothèses sont évaluées, corrigées ou abandonnées.

Pourquoi la théorie de l’enfant autiste prisonnier de lui-même à cause de sa mère, popularisée par le psychanalyste Bruno Bettelheim dans «La Forteresse vide», publié en 1967, ne perdure-t-elle qu’en France ?

La réponse est à chercher d’abord chez les psychanalystes, rétifs à toute évaluation de leur pratique. Beaucoup sont restés sourds à la mise en évidence d’une forte composante génétique de la maladie qui, sans percer le mystère de ses causes, discréditait les modélisations psychanalytiques.

Un milieu psychanalytique hostile

Quelques-uns restent ouverts à cette évolution.

Pour la psychanalyste Marie-Christine Laznik, partisane d’une intervention précoce et donc du dépistage des troubles de la communication chez les nourrissons, la cause est entendue: «Bettelheim était complètement à côté de la plaque. Les mères n’ont rien à voir avec l’origine de l’autisme», affirme-t-elle.

Une hypothèse qui ne reflète pas forcément les positions d’un milieu psycha­nalytique encore souvent hostile aux techniques éducatives et comportementalistes (Teacch, ABA…), pourtant appliquées avec succès dans de nombreux pays.

En 2007 déjà, la revue médicale internationale «The Lancet» s’étonnait de voir une méthode comme le packing (qui consiste à envelopper les enfants dans des linges humides et froids, pour leur faire prendre conscience des limites de leur corps) soit utilisée en routine en France sans jamais avoir été testée. En France et nulle part ailleurs ! D’autres psychanalystes proposent encore, là aussi uniquement en France, l’éloignement des parents.

La Fondation FondaMental, dirigée par le professeur Marion Leboyer (université de Créteil), a mis en place des programmes de recherche et de prise en charge de l’enfant autiste basés sur les voies ouvertes par la neurobiologie.

LIRE AUSSI:

» Ces parents qui sacrifient tout pour aider leur enfant autiste

» Dépister l’autisme en 5 minutes à l’âge d’un an

» L’autisme, maladie encore mal repérée par les médecins

 

Source: lefigaro.fr/sciences

Grâce aux neurosciences, des stratégies de soins se dessinent, loin des concepts freudiens, totalement dépassés.

Les premières recherches sur l’héritabilité de l’autisme, menées dans les années 1970, ont démontré que quand un vrai jumeau est atteint, l’autre a 70 à 90% de risques de l’être aussi, ce taux étant compris entre 5 et 20% pour les faux jumeaux.

La base des origines génétiques était jetée, anéantissant les théories psychanalytiques qui faisaient de l’enfant autiste la victime d’un trouble de la communication maternelle.

Depuis, plusieurs équipes dans le monde, notamment celle de Thomas Bourgeron en France, ont découvert une centaine de gènes en cause dans cette maladie aux multiples facettes et observé qu’un certain nombre d’entre eux induisaient des altérations de la transmission neuronale au niveau du système nerveux central.

Malgré cette évolution conceptuelle majeure au cours des dernières années, grâce au dynamisme de jeunes chercheurs en génétique et neurosciences, la France reste le dernier bastion des psychanalystes dans le domaine de l’autisme.

Des médecins continuent à prendre en charge des enfants malades sur la base de concepts freudiens ou lacaniens.

Pour dénoncer cette situation, le député UMP du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle, a déposé fin janvier 2012 une proposition de loi visant à «l’arrêt des pratiques psychanaly­tiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales et la réaffectation de tous les financements existants à ces méthodes».

«Arrêter de culpabiliser les mères»

Les thérapies comportementales, les stratégies éducatives, les soutiens psychologiques devraient désormais faire partie intégrante des soins, à adapter à chaque enfant souffrant d’autisme.

«Mais, en l’absence de données statistiques, si l’on en croit les familles concernées, à tous les guichets où elles se présentent, c’est la psychanalyse qui est mise au premier plan. Cela, parce que ce type de formation est majoritaire dans les cursus des psychologues qui gouvernent la prise en charge des enfants autistes», déplore Franck Ramus, directeur de recherche au CNRS.

Pour le Dr Julie Grèzes, du laboratoire de neurosciences cognitives (Inserm) de l’École normale supérieure, il est plus que temps de tourner la page: «Cela fait vingt ans que l’on sait qu’il y a une racine biologique à l’autisme. Il y a suffisamment d’éléments neuroscientifiques pour arrêter de culpabiliser les mères !»

À l’hôpital Robert-Debré (APHP, Paris), le Dr Nadia Chabane, pédopsychiatre spécialiste de l’autisme, est tout aussi catégorique: «L’ensemble des données de la littérature internationale s’accorde sur le fait que les troubles du spectre autistique sont neurodéveloppementaux…».

Grâce à l’IRM fonctionnelle, l’équipe du Dr Monica Zilbovicius (psychiatre, Inserm, CEA Orsay) a mis en évidence des anomalies précoces du fonctionnement d’une partie du cerveau de l’enfant autiste: le sillon temporal supérieur.

(la suite et fin demain)

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» Ces parents qui sacrifient tout pour aider leur enfant autiste

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Source: lefigaro.fr/sciences

Lorsque l’on demandait à René Goscinny quel personnage d’Astérix avait sa préférence, le scénariste répondait sans hésiter :

« Obélix, car c’est celui qui a le plus de facettes, le plus de traits de caractère différents ».

Naïf, brutal et psychologiquement fragile, Obélix est une figure enfantine, dont la logique déconcertante nous renvoie sans cesse à l’histoire de notre propre développement.

Et s’il fallait prendre ses mots d’enfant au sérieux ?

Obélix l’enfant, Obélix le naïf, pourrait bien être alors, contre toute attente, le meilleur des guides, dans les méandres des logiques irréductibles qui hantent le développement de la personnalité.

Avec son nouveau livre « Le complexe d’Obélix », l’auteur Nicolas Rouvière,  suggère que la psychanalyse peut apporter un nouveau regard sur Obélix et ses relations aux autres, ainsi que le fonctionnement du village gaulois.

Ecoutons encore Goscinny :

« Je n’essaie pas de faire d’Obélix un personnage bête. Je le considère plutôt comme un adulte avec des réactions naïves de très jeune enfant. Mais n’oubliez pas que le but essentiel du personnage est de faire rire… »

Le complexe d'ObelixDe fait au delà de ses contradictions propres (cette masse imposante renfermant un enfant capricieux) et de son opposition comique avec son partenaire (Obélix, le gros bêta contre Asterix, le petit malin), Obélix évolue sensiblement au point de dépasser sa caractérisation de départ.

A travers ce personnage très sympathique, le dogme de la psychanalyse essaye de nous montrer que c’est donc la sortie du stade infantile et la construction de l’identité qui sont problématiques…  et que Nicolas Rouvière résout en donnant à l’épisode fondateur des origines d’Obélix, la fameuse chute dans la marmite de potion magique, la signification d’une nouvelle naissance symbolique…

Comparable à la liturgie du baptême dans la religion catholique, la plongée dans la marmite de potion magique est un épisode fondateur faisant de Panoramix un figure paternelle, qui apparait comme la première étape vers la sortie du narcissisme infantile…

Ainsi, c’est toute une filiation symbolique qu’analyse et reconstitue Nicolas Rouvière. Il décortique ainsi les rôles que joue les différents personnages (le druide, le barde, le chef) et les institutions qui régissent la vie du village.

Le portrait du personnage d’Obélix et sa lecture psychanalytique ne sont du coup jamais détachées d’une vision sociale et anthropologique de l’univers de la série. L’ouvrage se place aussi vers une perspective de mise en crise de l’individu au sein de la société, qui, par le biais de l’humour et de la caricature, fait passer une critique de l’individualisme, du capitalisme, des utopies politiques ou encore de la psychanalyse elle-même.

On peut rester largement sceptique à ce genre de grilles de lecture appliquées à des œuvres de la culture populaire. Et même ne pas y adhérer, et avoir une opinion différente, mais cela serait passer à côté d’analyses souvent… originales et étonnantes.

« Ils sont fous ces humains ! » finit-il par conclure.

Et c’est vrai,  peut-être Obélix a-t-il raison.

Peut-être vivons nous tous avec une folie intérieure, que nous contrôlons jusqu’à un certain point.

Notre esprit serait un outil aussi bien utile que destructeur, à nous de faire attention à lui…

Et vous, quelle est votre opinion ?

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L’auteur : Nicolas Rouvière est maître de conférences à l’université Grenoble 1 (ESPE), où il travaille sur la littérature de jeunesse et la littérature populaire. Auteur de plusieurs ouvrages sur la bande dessinée, il a publié notamment Astérix ou la parodie des identités (Flammarion, 2008) et Astérix ou les lumières de la civilisation (Puf, 2006), qui a obtenu le prix Le Monde de la recherche universitaire.

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Table des matières du livre « Le complexe d’Obélix »

de Nicolas Rouvière, aux édition PUF :

Préface d’Anne Goscinny

PREMIÈRE PARTIE : LA FIXATION INFANTILE

CHAPITRE 1 : LES RETARDS D’OBÉLIX
1 ) Oralité et agressivité
2 ) Le menhir, du stade anal au stade phallique
3 ) Idéfix, le compagnon de l’enfance
4 ) Obélix apprenti linguiste
5 ) Le principe de non-contradiction
6 ) « Ils sont fous ces Romains » : l’égocentrisme infantile
7 ) L’avènement du pouvoir de désigner

CHAPITRE 2 : MALAISE DANS LA FILIATION
1 ) Les ennuis d’Obélix
2 ) Pépé et l’ancêtre : l’anti-Obélix
3 ) L’enlacement avec l’image maternelle
4 ) La chute dans la marmite : une naissance au principe du Père
5 ) Le collage à la marmite

CHAPITRE 3 : OBÉLIX ET LES MARQUES DE LA SECONDE NAISSANCE
1 ) Le ventre, le menhir et les baffes
2 ) Idéfix, le gardien du lien aux racines
3 ) Le « sang-lier », un emblème généalogique
4 ) La potion magique : une intégration assumée du manque

DEUXIÈME PARTIE : « ILS SONT FOUS, CES HUMAINS »

CHAPITRE 1 : LA LOGIQUE NARCISSIQUE
1 ) La divination, piège du moi idéal
2 ) Obélix et les femmes
3 ) Le narcissisme au pouvoir : un danger social

CHAPITRE 2 : LE DÉSIR MIMÉTIQUE
1 ) Détritus et le pouvoir de la calomnie
2 ) Obélix chef d’entreprise : la vanité d’être important
3 ) Le bouc émissaire, une solution à la crise mimétique ?
4 ) Assurancetourix : un faux bouc émissaire
5 ) La subversion du rapport au tiers

CHAPITRE 3 : LA RÉGRESSION PULSIONNELLE
1 ) Les Normands et l’opacité corporelle
2 ) Le corps-objet
3 ) La régression de l’acte langagier à l’acte meurtrier
4 ) La critique du mimétisme d’apprentissage
5 ) La critique de l’accès victimaire à la raison

TROISIÈME PARTIE : LE PARCOURS DE LA RAISON

CHAPITRE 1 : LA DIVISION DU SUJET
1 ) La symbolisation du corps
La baffe, une expulsion de la matière
Le corps comme théâtre de signes
2 ) La séparation du mot et de la chose
L’accès à l’arbitraire du signe
3 ) La division spéculaire
Se séparer de son image
Obélix acteur-miroir

CHAPITRE 2 : LA FONCTION PARENTALE DU VILLAGE
1 ) La tripartition du druide, du barde et du chef
Le druide : l’institution du lien au corps
Le barde : l’institution du lien au langage
L’adage du chef : l’institution du lien à l’image
2 ) Le village gaulois : une structure « sanctualisante »
La question du sacré
La réaction fondamentaliste

CHAPITRE 3 : LA CRITIQUE DE L’INDIVIDUALISME CONTEMPORAIN
1 ) Le Living Theatre d’Éléonoradus : une utopir anarchiste
2 ) Le spectre de l’enfant-problème
Une fausse indépendance : l’exemple de Goudurix
Une sourde sécession culturelle : Gracchus Quiquilfus
La fabrique politique du client-roi
Pépé, une figure de l’enfant-roi ?
3 ) La critique du « dépannage psy »
Le dualisme behavioriste individu-société
Le dualisme patient-thérapeute
Une représentation problématique du principe du Père
Vers une mise en perspective historique des maladies psychiques

Conclusion
Bibliographie

 

Source : « Le complexe d’Obélix », de Nicolas Rouvière, édition PUF, juin 2014

« Il y a quelques jours, je lisais ce courrier accablant de l’association Vaincre l’autisme : les représentants des familles sont exclus des groupes de travail du Comité national autisme.

Les « experts » qui dirigent ces groupes de réflexion sont d’obédience psychanalytique. Pourtant, la Haute Autorité de santé demandait, en mars, que la psychanalyse ne soit plus la référence de soins pour traiter l’autisme en France.

L’autisme n’est pas une maladie psychiatrique (avec les « mères forcément coupables » des psychanalystes Spitz, Bowlby, Bettelheim et Dolto), mais un handicap.

En décembre, le « packing » (une méthode brutale sans aucun fondement scientifique qui consiste à envelopper l’enfant autiste dans du linge froid et humide) et l’obligation du divan pour les « mères froides » ont encore un bel avenir !

Le scandale du traitement de l’autisme en France a été dénoncé par le film Le Mur, de Sophie Robert, documentaire toujours interdit, à la demande des psychanalystes qui avaient accepté d’y participer.

Et ceux qui contestent l’hégémonie de la pensée psychanalytique sont exclus, censurés et diffamés.

Il y a quinze jours, France Inter offrait une journée d’émissions à la psychanalyse à l’occasion de la publication des correspondances de Freud avec ses enfants.

Des auditeurs se sont inquiétés de l’absence de contradicteurs… Philippe Val, le directeur, leur répond le lendemain.

Selon lui, la contestation ne pouvait venir que des auteurs du Livre noir de la psychanalyse (Les Arènes, 2005) : « Un livre d’ailleurs à tonalité… avec des auteurs disons assez louches, plutôt marqués à l’extrême droite, et une extrême droite qui ne sent pas toujours très bon… »

Notre éditeur, Laurent Beccaria, voulait porter plainte, mais, selon son avocat, être qualifié d’extrémiste de droite n’est pas diffamatoire en France, puisque 15 % d’électeurs revendiquent l’appellation.

Les propos de Philippe Val n’ont choqué personne et silence radio dans les médias… Vive la pensée unique !« 

Didier Pleux, psychologue clinicien

Tribune libre du journal Le Monde

Qu’est-ce qu’un acte manqué ?

L’acte manqué est une action non voulue qui produit des effets non désirés.

L’absence de volonté est cependant contenue dans le champ de la conscience. En effet, l’acte manqué serait voulue inconsciemment. Il serait la manifestation d’une partie de soi-même que nous ne contrôlons pas à un instant donné. Quant aux effets non désirés, la logique serait la même. Si l’on exclut le hasard de toute explication concernant le réel, aucun acte alors n’est gratuit et donc ses effets ont un sens. C’est un refoulement qui parvient à s’exprimer en public. Les actes manqués seraient ainsi le miroir qui reflète notre plus profonde intériorité.

Ils dévoileraient au grand jour une part de soi que nous cachons aux autres, mais surtout à nous-mêmes. Le geste manqué retranscrirait dans la réalité une part inconnue de chaque individu qui pourtant le gouverne. Le hasard serait alors une excuse irrecevable.

Bref, un acte manqué est l’équivalent du lapsus dans votre comportement : il traduit l’échec d’une action provoquée par une volonté inconsciente.

Les exemples qui  illustrent ces actes manqués dans la vie de tous les jours sont nombreux : oubli de son téléphone portable dans la voiture avant de prendre l’avion, envoi d’une lettre au mauvais destinataire, jeter par erreur le cadeau qu’on vient de vous offrir, casser un objet qui ne vous appartient pas, perdre ses clés, oublier un rendez-vous important, le nom d’une personne ou carrément perdre son passeport la veille d’un grand départ en voyage etc…

Et vous, Cher Lecteur, quel fut votre plus grand acte manqué ?

Depuis qu’elle a 13 ans, elle se jette sur tout ce qui se mange pour compenser des manques.

Aujourd’hui, elle s’en sort grâce à la thérapie comportementale (et émotionnelle, cognitive,  de valeurs et de croyances, pour être complet; parlez que de TCC est trop limitant).

Elle vous raconte, avec émotions, son chemin de croix.

« Quand j’étais au pire de mes crises, gonflée, écœurée et malade de solitude, il y avait cette voix au fond de moi « tu es une battante, tu vas t’en sortir ». Je sais maintenant que la voix, c’était mon vrai moi, et que j’avais raison.

Je veux témoigner pour expliquer l’enfer de la boulimie mais, surtout, pour dire qu’avec une thérapie adaptée, on peut revivre. Que les TCA, les troubles du comportement alimentaire sont la conséquence de notre mal de vivre, pas sa cause. Les racines de la boulimie remontent à une époque tellement lointaine de notre vie qu’elle échappe à la mémoire: irrattrapable, donc.

On m’a fait travailler sur ma personnalité, les crises s’espacent de plus en plus, j’ai moins besoin de me gaver. Ca va nettement mieux.

Ce n’était pas gagné d’avance.

J’ai été une petite fille boulotte qui adorait l’école, le seul endroit où j’existais. Ma mère est alcoolique, comme sa propre mère. Elle est intelligente, orgueilleuse, très exigeante. Elle avait beau s’écrouler le soir, à six heures tapantes elle était debout et nous réveillait pour qu’on arrive à l’heure à l’école . Elle répétait sans cesse « Faut pas rester à la maison comme moi, faut que tu sois la première en classe, que tu deviennes quelqu’un». Etre quelqu’un, elle n’avait que ça dans la bouche. Ca m’a marquée. Son vide intérieur, elle l’a noyé dans l’alcool. Et notre famille avec. Mon père n’était jamais là. Paradoxe, c’est un chef étoilé, très admiré dans son milieu. Mais à la maison, il s’écrase…

Même petite fille, j’étais en vrac de le voir soumis comme ça. C’était maman qui décidait de tout, qui gérait l’argent et la maison, qui criait sur tout et sur tous. On vivait à la merci de sa frustration. Longtemps j’en ai voulu à mon père de s’être réfugié dans ses fourneaux nous laissant seuls, mon frère et moi. J’ai grandi seule dans ce monde d’adultes paumés.

Avec la jalousie parano de ma mère, pas d’amis à la maison, pas d’amis dehors.

Je n’ai eu qu’une seule copine, Agnès. A l’adolescence, je suis devenue impossible avec elle. J’étais malheureuse, je faisais la gueule à longueur de journée. Le monde était tellement injuste ! Pourquoi elle avait des parents normaux et le rire facile alors que j’étais la grosse grognon qui ramait ? Quand elle est sortie avec un garçon, je me suis enfermée dans un silence agressif qui a fini par la faire disparaître de ma vie. J’ai tout mis sur le compte des kilos, j’ai arrêté de manger. Sec. Pour lui prouver que moi aussi, je pouvais être jolie et populaire. J’étais fière de tenir le jeun. C’était facile, à la maison personne ne faisait attention à moi. Je suis passée de 65 à 52 kg pour 1,62m en quelques semaines. Comment imaginer l’engrenage infernal que j’avais lancé !

Un soir, après avoir dû coucher ma mère qui ne tenait pas debout, j’ai craqué.

J’ai commencé avec un grand paquet de chips, ensuite j’ai vidé le frigo. Les restes, la boîte à fromage. Le camembert y est passé avec un pain aux noix, le bleu avec une boîte de biscottes, le comté à pleines dents. Les crises suivantes se sont déguisées en dîners copieux.

Très vite, au réveil, je ne pensais plus qu’à ça. Ce n’était pas de la faim mais le besoin imparable de remplir ce vide atroce. Le petit-dej, seule dans la cuisine : deux kilos de pain -huit baguettes- avec deux cartons de lait. Ensuite, rien jusqu’au soir. Un kilo ou plus de pâtes à même la casserole, quinze yaourts gobés sur un coin de la table.

Je ne me faisais pas vomir, ç’aurait mis mon trouble trop en évidence. Je serais morte plutôt que de reconnaître que j’allais mal. Trop fière.

J’avais en revanche des stratégies restrictives saugrenues, des manies : pas de pâtisseries, le sucre fait grossir. Des kilos de fromage mais ni huile ni beurre, c’est gras. Repas en publique? Impossible, et si une crise imparable me prenait, imaginez, au restaurant de mon père ? Je n’avais pas le souci de l’argent pour remplacer tout ce que j’ingurgitais. C’était pire : ma mère rachetait chaque jour les dizaines de yaourts et des kilos de pain sans poser une seule question.

C’était parti pour dix ans de boulimie coupés de périodes anorexiques.

Quand j’ai besoin de toutes mes capacités intellectuelles, j’arrête. Parce que un TCA, c’est du 24 sur 24 : craindre la crise, résister, craquer, se cacher pour manger, se cacher parce qu’on a mangé. On a un mal de chien avec ce ventre dilaté qui tire de tout son poids sur le dos.

Pour le bac, je voulais épater mon monde, entrer la tête haute en prépa. Je fuyais la réalité dans mes révisions et le frigo en nageant jusqu’à épuisement. Je me shootais à l’hyper activité mais l’obsession est omniprésente, avec ou sans crises. Et je n’existais que grâce au regard des autres. Je jubilais en voyant la fierté de mes parents devant le « tout Cannes » quand j’ai été la première au bac. Ils n’ont rien dit des 15 kilos que j’avais perdus et j’ai eu droit à une robe hors de prix pour la beach-party de l’Hôtel Martinez. Mon père m’a retiré les cheveux des yeux, il m’a dit « tu deviens une belle femme », on a dansé. Il n’y voyait que du feu, comme si maigrir en vitesse avait été une simple question de volonté. Sur la plus belle plage de la Croisette, j’ai été la reine de la soirée. On disait que je ressemblais à Sophie Marceau.

Je plaisais enfin. J’ai cru pendant un moment avoir trouvé le mode d’emploi de ma vie.

La rechute a été dure. On parle de la prépa comme une période intense où l’on se fait des amis pour la vie.

J’ai passé les deux ans à ramper dans un tunnel. En arrivant à Sainte-Geneviève, je me sentais bien, je partageais une « piaule » avec ma «co» comme tout le monde. Mais pour la Toussaint, quand ma mère a commencé à me houspiller en disant « tu te crois meilleure que nous? » j’ai fait une crise de violence terrifiante, j’ai failli la frapper, mon frère m’a arrêtée. C’est ça aussi, les TCA, ces tempêtes de colère incontrôlables. On se hait ensuite, et on se réfugie dans la nourriture. C’est sans fin.

Je voulais mourir, à l’internat on m’appelait « l’autiste ». Il ne me restait plus que mes notes pour écraser toutes ces filles qui chuchotaient autour de moi. Puis gérer une boulimie en communauté : acheter pour 200 euros de courses par semaine, retourner à l’internat sans être vue, tout ranger, tout manger, cacher les restes. Bloquer des heures sur un kilo de marshmallow et le descendre en cinq minutes. J’étudiais toute la journée, la main en permanence dans un sac de Special K. Et je pleurais en même temps.

J’ai maigri pour les concours aux grandes écoles. Ouf, j’étais en ESSEC. J’y ai fait ma rentrée dans une 38. Cool, vu que les tailles dans ma penderie vont du 34 au 44. Pour le bal de Sain Cyr, en robe longue, on m’avait arrangé un rendez-vous avec un polytechnicien.

Un désastre. Je ne supportais pas qu’il me touche.

Je m’en voulais, je lui en voulais, j’étais méchante, je faisais des crises. Ca a toujours été comme ça avec les garçons.

Comment se laisser aller quand on se trouve obèse, qu’on a honte de son corps, qu’on se croit indigne d’amour ? Il aurait fallu beaucoup m’aimer pour supporter mes sautes d’humeur, mes silences et mon peu d’intérêt par le sexe. Julien est tombé des nues un week-end à La Baule.

Dimanche matin, désespérée après deux jours à feindre la normalité, j’ai sauté dans la voiture à la recherche d’une boulangerie, je l’ai dévalisée. En pleine crise Julien appelle « Où tu es?- Sur la plage. -J’y suis, tiens, ta voiture. » J’étais couverte de miettes, les sièges tapissés de sacs en papier, mon ventre gonflé comme si j’étais enceinte de six mois. Il n’a pas supporté. Mais heureusement qu’il y a eu Colin, mon meilleur ami. C’est lui qui a su me tendre une main pour me tirer de mon calvaire. Avec mes collocs à Cergy, on avait préparé un dîner marocain pour vingt personnes. Au beau milieu du dîner j’ai senti la crise venir. En public, ma pire crainte. Je me suis jetée sur les cornes de gazelle comme un junky en manque. Un deux dix, je ne pouvais plus m’arrêter. Je voyais le regard ahuri des autres, j’imaginais leur dégoût, je le partageais «T’es nulle, t’es grosse, goinfre». J’ai fini les plats à la cuisine et je me suis écroulée par terre dans ma chambre.

Colin –merci Colin, mille fois merci- est venu. Doux, calme, il a su trouver les mots.  » Tu as un problème. On va trouver la solution. Ne pleure plus ». « C’est plus fort que moi. J’ai honte, j’ai mal ». J’avais réussi à reconnaître mon problème: je pouvais enfin faire quelque chose.

Je suis d’abord allée voir un psychiatre très réputé, mais les antidépresseurs n’ont marché qu’un temps. Bouffe plus pilules, affreux. Pareil pour la psychanalyse. Je ressassais mon enfance, j’y replongeais de plus belle, alors que je voulais m’en éloigner.

Enfin, je suis tombée sur www.boulimie.fr, où l’on disait que ce n’était pas mon comportement qui était malade, mais ma personnalité. Qu’avec une thérapie comportementale axée sur les troubles de la personnalité et pas sur le symptôme de la bouffe, s’en sortir était possible. Ca parlait de moi ! J’ai suivi la thérapie de groupe. J’ai appris à dire ce que je pense calmement, je ne m’écrase pas, je ne me laisse plus aller à la colère. J’ai arrêté de mépriser ou admirer les gens, j’établis maintenant des rapports d’égal à égal. Mes crises s’espacent, quand j’en fais une je ne m’en veux plus à mort. J’arrive à admirer mon père pour son parcours professionnel, pour ma mère…j’essayerai plus tard. Maintenant j’aspire à la sérénité, à la légèreté.

Et je ne parle pas de mon poids ! La vie, ma vie, est maintenant. Je ris, j’apprécie un bon dîner, je me trouve jolie.

Je commence à ressembler aux femmes que j’enviais. Et je m’aime bien. Je m’aime tout court. »

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Le film documentaire Le Mur, ne pourra donc plus être vu « en l’état » selon la décision du tribunal de grande instance de Lille qui a jugé que les sens des propos des trois psychanalystes interviewés par Sophie Robert était dénaturé.

Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens avaient déposé plainte en novembre dernier suite à la diffusion du film sur le site de l’association Autistes sans frontières.

Pour qu’il puisse continuer à être diffusé, Le Mur devra être amputé des propos tenus par les trois plaignants. Ce qui revient donc à ce que « le film soit interdit en l’état » selon l’avocat de la réalisatrice.

Cette dernière dénonçait dans son documentaire la prise en charge de l’autisme en France par les psychanalystes et psychiatres qui traitent ce trouble envahissant du développement d’origine génétique comme une psychose liée à un désordre familial.
Dans une conférence de presse tenue depuis les Etats-Unis où elle est en déplacement, Sophie Robert a expliquer qu’elle allait « rendre public dans les jours qui viennent les documents vidéos qui attestent que bien entendu il n’y a pas eu manipulation des rushes mais que de plus les trois plaignants ont déclaré dans leur interview des choses beaucoup plus graves que ce [qu’elle a] finalement utilisé dans le film, faute de place« .

« Le problème n’est pas la manipulation des rushs, c’est de ne pas nuire à l’image de la psychanalyse et à son emprise  sur la société française, a-t-elle poursuivi, tel est bien le  fond du problème et le véritable enjeu de ce procès , au mépris de la vérité, au mépris de la liberté d’informer sur ce qui est devenu un enjeu majeur de santé publique en France et, pire encore, au mépris de l’intérêt des autistes et de leur famille« .

Sophie Robert donne également rendez-vous aux spectateurs pour la suite de sa série sur la psychanalyse dans six mois.

La documentariste et son avocat ont annoncé leur intention de faire appel de la décision de justice.

 

NB: Les trois psys concernés avaient donné leur accord pour la diffusion de leurs témoignages.

Entre autres, une des plaignantes dans le film dit, je la cite: « l’inceste paternel, c’est pas grave, ça donne des filles un peu débiles, mais c’est pas grave ».


Sources: divers, SciencesetAvenir.fr

Le député UMP et président du groupe d’études parlementaires sur l’autisme Daniel Fasquelle a déposé vendredi à l’Assemblée une

« Proposition de loi visant l’arrêt des pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales, et la réaffectation des financements existants à ces méthodes ».

Il convient avec urgence, dit-il, « de rompre avec la psychanalyse dans l’autisme tant en termes de lecture que de mode de prise en charge (incluant la technique du packing qui scandalise l’ensemble de la communauté scientifique internationale)« .

Les pratiques psychanalytiques, qui ont été abandonnées depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux, captent la majeure partie des moyens financiers alloués à cette pathologie, déplore-t-il.

La psychanalyse « ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d’autisme« , écrit-t-il, alors que l’apport de « certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études ».

En janvier 2010 (!), rappelle-t-il, « la Haute Autorité de Santé a enfin reconnu la Classification Internationale des Maladies de l’Organisation Mondiale de la Santé (la CIM-10), incluant l’autisme dans les Troubles Envahissants du Développement et abandonnant de fait la notion de psychose infantile« .

Mais, « la Classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent (CFTMEA), construite sur référence psychanalytique, n’a toujours pas calqué sa définition sur celle recommandée par la HAS. Aussi, bon nombre de médecins ne reconnaissent toujours pas la CIM-10, et l’approche psychanalytique de l’autisme est encore majoritairement enseignée dans nos universités françaises« , précise-t-il.

Sources: Lire le texte de la proposition sur le blog du député Daniel Fasquelle, psychomedia.qc.ca

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