Le burn-out ou burn out (ou encore burnout) est un terme qui vient de l’anglais et qui signifie que la personne s’est littéralement “consumée” : elle a consommé toutes ses ressources physiques, mentales, émotionnelles.

Elle se trouve épuisée, avec en général, des problèmes de santé : mal de dos, douleurs ou tensions musculaires, migraine, ezcémas etc.

C’est très proche d’une dépression.

C’est généralement vécu comme un traumatisme qui diminue beaucoup la confiance en soi. Et s’il y a du harcèlement, cela peut déboucher sur un syndrome de stress post traumatique.

Qui est concerné par le burn out ?

Cela concerne avant tout des personnes pouvant avoir les caractéristiques / valeurs / idéaux / trait de caractère suivants (plus elle les ressent en elle, plus elle est susceptible de faire un burn-out) :

  • le travail, c’est important
  • perfectionniste
  • se met beaucoup la pression
  • ressent devoir répondre aux attentes des autres
  • difficulté à dire non
  • anxiété (= se faire du soucis, se faire peur, s’angoisser, se faire des films, ressasser, besoin de contrôle, difficulté à lâcher prise)
  • difficulté à prendre du temps pour soi, à prendre soin de soi
  • besoin de reconnaissance important
  • avec en plus pour les soignants et ceux qui accueillent un public important : la capacité à “éponger” les autres. C’est un excès d’empathie qui conduit à trop ressentir le stress et les problèmes des autres, et donc les partager. Cela concerne toutes les personnes en contact fréquent avec d’autres porteuses de stress ou d’émotions négatives. Se sacrifier.

Il n’est pas nécessaire d’avoir tous ces traits de caractère pour faire un burn-out… L’environnement professionnel et personnel intervient, bien entendu.

 

-> Psychothérapie et/ou coaching : les séances se font à mon cabinet toulousain, ou en télé-séances par Skype, WhatsApp ou Zoom (cliquez sur les liens en haut de ce blog « duvallevesque-psychotherapie-hypnose.fr » pour plus d’informations utiles. Et mailez-moi pour tout conseil dont vous avez besoin)

« Un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne à des contraintes que lui impose son environnement et la perception de ses propres ressources pour y faire face.

L’individu est capable de gérer la pression à court terme, mais il éprouve des difficultés face à une exposition prolongée ou répétée à de pressions intenses. » Définition de l’Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail

Le stress n’est pas une maladie.

Cette définition précise bien que c’est un phénomène subjectif.

Autrement dit, le stress n’est ni bon, ni mauvais en soi.

Il peut stimuler, et permet ainsi d’augmenter l’efficacité et la performance.

En revanche, à partir d’un certain seuil, ou d’exposition prolongée, le stress devient un facteur de risque pour la santé mentale (probablité plus importante d’anxiété et de dépression).

Outre les conséquences sur sa santé, l’individu en débordement voit ses capacités d’adaptation dépassées et sa performance baisser. Notamment par des difficultés de concentration, son manque de lucidité, et les tensions relationnelles qu’il créé avec son entourage.

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Quand la pression monte, quand vous êtes sur le point de perdre patience, d’hurler ou de fondre en sanglots, deux exercices sont imparables.

Retour au calme garanti en 5 minutes chrono.

A / Pratiquez la cohérence cardiaque

Le stress active « l’accélérateur physiologique », avec le cœur qui s’emballe, les mains qui deviennent moites…

D’où l’intérêt de la cohérence cardiaque qui, à l’inverse, renforce l’activité du système parasympathique, c’est-à-dire du « frein physiologique ».

Dans l’idéal, il faudrait la pratiquer non seulement quand le besoin d’apaisement se fait ressentir, mais aussi quand tout va bien. En y consacrant 5 minutes le matin, le midi et vers 16h, vous augmentez considérablement son seuil de résistance au stress.

Le principe est simple : respirez à un rythme de 6 respirations par minute, en comptant 5 secondes sur l’inspiration et 5 secondes sur l’expiration.

Pour garder un rythme régulier, vous pouvez vous aider de vidéos mises en ligne sur internet ou d’une appli gratuite téléchargeable dans le Play Store (android), comme RespiRelax+.

B / Retirez-vous et ressourcez-vous dans votre lieu de confort et de sécurité

Vous avez des ressources pour nous protéger contre le stress. Mais il faut être capable de les mobiliser rapidement quand la situation l’exige.

C’est l’objectif de cet outil de Pnl ou d’auto-hypnose : se construire une vraie bulle de sérénité où se réfugier quand l’environnement devient trop hostile.

1 – Après s’être installé dans un endroit calme où vous ne risquez pas d’être dérangé, rappelez-vous l’un des plus beaux moments que l’on vous avez vécu. Le souvenir heureux d’un instant dont vous avez souhaité, à l’époque, qu’il ne s’arrête jamais…

2 – Revivez ce moment, en vous remémorant toutes les sensations perçues ce jour là. Où étiez-vous ? Avez qui ? Que faisiez-vous ? Qu’avez-vous entendu ? Quel temps faisait-il ? Quelles odeurs flottaient dans l’air ? Qu’avez-vous ressenti ?

3 – En respirant profondément, imprégniez-vous complètement de ce moment inoubliable, avec toutes vos sensations agréables.

4 – Quand vous vous sentez profondément bien, rasséréné, nourri, plein de gratitude pour ce moment exceptionnel, ancrez-le en vous. Pour cela, serrez le poing ou stimulez un point de votre corps pendant au moins 20 secondes. Recommencez deux à trois fois pour renforcer l’ancre.

5 – Prenez ensuite quelques instants pour penser à autre chose, changer de position ou de pièce. Vous pouvez ensuite tester l’effet de l’ancre en restimulant le point choisi.

La sensation de bien-être arrive dans les secondes qui suivent…

Vous m’en direz des nouvelles 🙂

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Stress chronique, perfectionnisme : l’« épuisement académique », phénomène méconnu, en êtes-vous victime ?

Des chercheurs et professionnels de santé n’hésitent pas à parler de burn-out pour certains étudiants très investis dans leurs études.

Les établissements commencent à se pencher sur le problème.

Julia, 22 ans, ne sait pas comment elle va réussir à finir l’année.

« Je vis en apnée », confie cette étudiante en cinquième année de médecine à Rouen. Elle qui « aime avoir le contrôle » a perdu pied l’année dernière, alors qu’elle débutait son externat à l’hôpital. « Il faut toujours être à la hauteur vis-à-vis des patients, des chefs et pour nos examens. La pression est telle que je ne vois plus personne et ne fais plus rien en dehors de la médecine. »

Comme Julia, quelque 60 % des étudiants se disent « épuisés », selon l’enquête de 2016 de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), un taux qui a augmenté de 8 % depuis l’enquête précédente, en 2013. Certains se dirigent vers ce que l’on appelle « l’épuisement académique », une forme grave de fatigue physique et psychique qui peut conduire à une dépression ou à une anxiété généralisée.

« L’épuisement académique est un enjeu de santé publique », alerte Christine Faye, psychologue et chercheuse associée à l’université de Nantes.

Dans sa thèse soutenue en 2018, elle le définit comme le premier facteur de pathologie psychique des étudiants. « L’entrée dans les études correspond à un âge du changement, où on leur demande adaptation, mobilité, cumul d’activités, mais aussi apprentissage de la vie d’adulte, décrypte Laurentine Véron, psychologue. Le disque dur peut vite être saturé. »

Sous la pression de diverses obligations (scolaires, financières et sociales), certains étudiants plongent dans un état de fatigue extrême, et ressentent un soudain sentiment de « panne ».

Accompagné de troubles du sommeil, l’épuisement académique se vit comme un cercle vicieux avec des conséquences en cascade.

« Les manifestations sont corporelles – la vue qui se brouille, des crises d’angoisse, des tensions musculaires – mais aussi psychiques, avec un sentiment de vide, de tristesse et l’incapacité à se mobiliser, analyse Christine Faye. Toutes les sphères vont être touchées, avec une intensité émotionnelle qui va déborder les ressources de l’individu. L’épuisement peut alors mener au désengagement et au décrochage. »

Pour la chercheuse, la notion d’épuisement académique peut être comparée à celle du burn-out, qui combine fatigue émotionnelle et physique, déshumanisation des rapports avec les autres, vision négative des autres, de soi et de son travail, et sentiment d’inefficacité.

Les vices d’un « système et d’une société de l’hyper-performance »

Demander conseil ou de l’aide à un thérapeute pourrait être une bonne solution.

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Le temps, c’est de l’argent – que de stress cette idée ne génère-t-elle pas ! Et on n’en remarque l’effet paralysant que lorsque la pression disparaît… Vérifiez-le par vous-même…

Je me rendais récemment à un rendez-vous lorsque j’ai été prise dans un embouteillage.

J’ai appelé la personne que je devais rencontrer pour lui expliquer ce qui se passait et lui dire que je m’attendais à avoir une vingtaine de minutes de retard.

Elle m’a répondu : « Venez au moins avec une demi-heure de retard, prenez les choses calmement et gardez votre dignité. »

J’ai constaté que cette réaction m’a donné une grande marge de manœuvre.

Vous pouvez donc manifestement ‘créer du temps’ pour une autre personne en gérant son retard de cette manière. Et bien que le mot ‘dignité’ soit peut-être légèrement pompeux, il m’a aidé à réaliser combien on n’est plus tout à fait soi-même lorsqu’on est pressé, qu’on veut arriver à temps et qu’on s’énerve à propos d’une kyrielle de voitures à l’arrêt.

 

Source : Annedien Hoen

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Les hommes qui fuient un conflit avec leur patron ont trois fois plus de risque de faire une crise cardiaque, et même d’en mourir, que ceux qui préfèrent y faire face, selon une récente étude suédoise.

Pour protéger son cœur, mieux vaut oser parler à son supérieur que de se taire. C’est ce qui ressort d’une étude suédoise, menée dans différents milieux professionnels auprès de 2755 hommes âgés de 41 ans en moyenne.

Pendant dix ans, les participants ont répondu à des questionnaires destinés à évaluer leurs réactions lorsque des situations conflictuelles au travail se présentaient. L’analyse des réponses des volontaires montrent que ceux qui se taisent ont trois plus de risque de faire une attaque cardiaque que ceux qui affrontent la situation.

Et lorsque le conflit survient entre collègues ?

C’est bien pire. L’étude montre en effet que le risque de crise cardiaque est multiplié par 4 chez ceux qui ont tendance à fuir la situation.
Sources :

– lanutrition.fr
– Leineweber C, Westerlund H, Theorell T, Kivimäki M, Westerholm P, Alfredsson L. Covert coping with unfair treatment at work and risk of incident myocardial infarction and cardiac death among men: Prospective cohort study. Journal of Epidemiology and Community Health. 2009 Nov 24.

Votre question : Est-il possible d’anticiper un « pétage de plombs » lié au stress au travail ? Même si j’imagine que les signes avant-coureurs sont différents d’un individu à l’autre, j’aimerais savoir s’il y a des signes communs à nous tous ?

-> L’organisme humain a de formidables annonciateurs qui vous informent que vous êtes déjà un peu en surtension, avant même d’être à un niveau où vous craquez complètement. Et ces indicateurs sont dans trois domaines : les indicateurs du corps, si vous sentez que vos muscles sont tendus, que vous avez des maux de tête, des digestions difficiles, tout ça prouve que le corps est trop sollicité au niveau du stress.

La deuxième série d’indicateurs sont des indicateurs psychologiques : vous avez de plus en plus d’émotions négatives, que ce soit de l’inquiétude, du découragement, de l’agacement, de l’énervement. Si vous constatez que récemment toutes ces émotions sont encore plus importantes qu’avant, c’est que vous êtes en surtension.

Le troisième type d’indicateur, c’est au niveau des comportements : vous augmentez votre consommation d’alcool, de tabac, de café, vous devenez boulimique, vous mangez plus, vous vous isolez plus des autres, vous cherchez moins le contact, ou au contraire, vous êtes agressif avec les gens ; tout cela montre que votre organisme est à un niveau trop élevé de stress.

C’est un préambule du pétage de plombs. Mais celui-ci passe par une période où il y a des signes auxquels il faut faire très attention, il ne se produit pas du jour au lendemain !

Votre question : Une des principales sources de stress au travail est liée, selon moi, aux relations « salariés »/ »patron », « inférieur »/ »supérieur », « dominant »/ »dominé ». Qu’en pensez-vous?

-> Tout à fait. C’est pour cela qu’on a défini dans le droit français le concept de harcèlement moral, qui évidemment est la forme la plus dure et la plus stressante d’une relation managériale inacceptable. Mais de manière plus « soft », la relation avec son manager peut être source de stress, et c’est pourquoi le manager doit prendre conscience de son rôle à moduler ou à gérer le stress de ses collaborateurs.

A deux niveaux : d’abord au niveau d’une bonne connaissance de tous les facteurs de stress auxquels sont exposés ses collaborateurs, car ce n’est pas que la charge de travail, c’est aussi l’absence de reconnaissance, le déséquilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, l’absence de sens qu’on donne à ce qu’on fait. Si le manager ne sait pas faire tout ça, contrôler la charge, valoriser, donner du sens, il est cause de stress pour ses collaborateurs.

Le deuxième domaine, c’est le type de relation qu’il instaure avec ses collaborateurs. D’abord être très présent, beaucoup de managers passent trop de temps dans des tâches administratives, alors que leur rôle est d’être en contact avec leurs collaborateurs ; être à l’écoute, que les gens puissent exprimer leurs difficultés ; et troisième élément, sans doute le plus important : gérer les émotions. Les collaborateurs peuvent être inquiets, découragés, mais contents ; le manager doit être un gestionnaire des émotions. Il doit développer ce qu’on appelle l’intelligence émotionnelle.

Et sur un plan très pratique, c’est être empathique. Et l’empathie est l’attitude relationnelle de gestion du stress de l’autre.

Votre question : Quels sont les risques psychosociaux des seniors plus particulièrement, sachant que l’âge est le premier facteur de la discrimination négative au travail ? Que dit un psychiatre sur le risque psychosocial ultime, c’est-à-dire la privation du travail à 56 ans ?

-> Dans beaucoup d’études de stress, les seniors apparaissent comme les plus touchés par des niveaux de stress dangereux pour la santé. Il y a deux grandes causes : d’abord l’incertitude. Beaucoup de seniors ont le sentiment que du jour au lendemain ils peuvent disparaître de l’organigramme.

Au-delà de la discrimination, le sentiment qu’on ne compte plus, la dévalorisation, qui peut aller jusqu’à être « placardisé », mis à l’écart, et l’absence de travail, l’absence de sentiment d’être utile à l’entreprise est psychologiquement un facteur redoutable, surtout, évidemment, pour les gens qui se sont énormément investis dans leur travail, donc souvent les meilleurs.

Cela veut dire une chose importante : c’est évidemment au niveau sociétal, de l’entreprise de réhabiliter les seniors, comme le font d’autres pays que le nôtre, et au niveau de l’individu, se protéger, en particulier ne jamais se surinvestir dans le travail.

Il faut s’investir correctement. Car quand on a surinvesti dans son travail, ces situations sont épouvantables. Alors que quand l’investissement est correct, mais pas excessif, on peut trouver d’autres façons de réorienter sa vie quand on devient un senior.

Votre question : On parle parfois de syndrome de burn-out (arrêt par épuisement). Comment faire la différence entre un stress important encore gérable et le véritable burn-out ?

-> Il y a trois étapes dans le stress : la première est d’ailleurs une étape utile et positive : on se sent mis en tension, et cela va nous aider à faire face à toutes les contraintes, toutes les demandes que nous recevons de notre environnement.

La deuxième étape, c’est la mise en tension de tout l’organisme, le corps et le psychisme, mais c’est une étape que l’on perçoit bien comme étant réversible. Après une bonne nuit de sommeil, ou après un week-end ou quelques jours de vacances, on est à nouveau frais et dispos pour affronter ce stress du travail.

La troisième étape, celle que l’on nomme le burn-out, en français l’épuisement, c’est l’état où l’organisme ne peut plus se mettre en réversion. Toutes ces pauses n’opèrent plus, l’organisme est épuisé. Le burn-out est un syndrome gravissime, qui nécessite une mise à l’écart complète du travail pendant des mois, et des traitements, qu’ils soient médicamenteux, comme des antidépresseurs, ou psychothérapeutiques.

Votre question : Comment pouvoir gérer une angoisse au travail en général, et tout particulièrement lors d’une réunion ?

-> Je pense qu’on parle de ce qu’on appelle le trac, ou que les spécialistes appellent l’anxiété sociale. Ce n’est pas tout à fait le stress, ce sont plus des maladies psychologiques, des troubles anxieux, que les psychiatres connaissent bien.

La peur de la prise de parole en public, le sentiment de gêne, ou même d’angoisse, voire de panique, que l’on peut éprouver quand on est sous le regard et le jugement des autres, sont des choses extrêmement handicapantes pour certains. Non seulement au niveau de la souffrance et de l’inconfort que l’on ressent, mais même au niveau de sa carrière professionnelle, qui peut être très perturbée à cause de cela.

Evidemment, il faut demander l’aide d’un psychothérapeute formé aux thérapies comportementales et cognitives. C’est quelque chose qu’on peut vraiment bien traiter, soit avec des approches psychothérapeutiques – reprendre confiance en soi, ne pas être obnubilé de paraître toujours performant, intelligent, et accepter un peu plus les signes de faiblesse. Ce sont souvent des gens trop exigeants pour eux-mêmes, qui paniquent quand ils doivent prendre la parole en public.

Et puis il y a un traitement médicamenteux très simple, très efficace : les bétabloquants. C’est assez miraculeux pour lutter contre le trac, par exemple. Mais seul un médecin peut le prescrire, c’est pourquoi son aide se révèle nécessaire pour régler ce genre de problème.

Votre question : Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à se suicider sur son lieu de travail spécifiquement plutôt que chez lui, quand bien même les causes sont liées au travail ?

-> C’est un sujet très difficile. Et très complexe. Depuis un siècle, des chercheurs essaient de comprendre ce qu’est un suicide. La réponse n’est pas simple.

Elle renvoie à ce qu’il y a de plus intime chez un être humain. Evidemment, l’environnement de travail joue un rôle qu’on ne peut pas sous-estimer. Le fait que quelqu’un se sente dépassé par ce qu’on lui demande, le sentiment qu’il ne peut pas y faire face, apparaît souvent comme l’élément sinon unique, en tout cas déclencheur de ce geste désespéré.

La plupart des suicides sont aussi non pas une vision de soi détruite – je ne suis plus bon à rien –, c’est aussi un signal vers les autres. Et évidemment, le lieu du travail envoie un signal vers le monde du travail, un signal qui n’est pas toujours très simple à comprendre, un signal autant dirigé vers l’organisation du travail et l’entreprise elle-même que vers les autres.

On sait que la perte du collectif au travail, le sentiment que les gens sont ensemble, est une réalité. Les gens sont de plus en plus isolés dans la foule. C’est aussi l’une des explications à ces gestes suicidaires. Le lien social a été rompu.

Votre question : De quand date, selon vous, la « montée en puissance » de ces risques psychosociaux professionnels, et quels en ont été les principaux facteurs ?

-> Le dévelopement des risques psychosociaux date du formidable changement dans le monde du travail apparu dans les années 1970. Et avec la mondialisation, avec la priorité accordée de plus en plus aux résultats capitalistiques de l’entreprise, avec la culture de la performance de plus en plus forte, se sont mis en place non seulement des organisations d’entreprise, mais aussi des styles de management qui sont apparus comme étant des facteurs de risque puissants. Et depuis le début du XXIe siècle, ça s’est encore accru. Les experts aujourd’hui – je pense au dernier rapport de la Fondation européenne de Dublin de novembre 2007 – prévoient que dans l’avenir, ces risques vont encore augmenter.

Les causes : des exigences, une pression de plus en plus forte sur les individus ; pression liée à des objectifs de quantité de travail, pression du temps : nous sommes en mode de fonctionnement de réactivité immédiate ; pression de résultats ; pression des informations de plus en plus complexes et nombreuses que nous devons traiter dans notre cerveau. C’est le premier facteur de stress : pressions et exigences constantes.

Deuxième facteur : les changements incessants auxquels il faut sans cesse s’adapter : réorganisations, fusions, transformations, qui déstabilisent nos repères, qui génèrent de l’incertitude et de la menace ; des nouveaux savoir-faire, des nouvelles technologies, qu’il nous est parfois difficile de maîtriser. C’est le deuxième facteur : les changements.

Troisième grand facteur : les frustrations, le sentiment de plus en plus fort que les efforts que nous demande le monde du travail sont faiblement payés en retour ; aussi bien au niveau des carrières, de la sécurité, des rémunérations, mais aussi de la reconnaissance, de la faible valorisation des individus. Donc ces frustrations sont aussi une réalité très forte, surtout en France, comme le montrent de nombreuses études.

Le quatrième facteur, ce sont les relations entre les individus. L’autonomie des gens les a fait devenir, plutôt que des alliés, des gens en compétition les uns avec les autres. L’exigence, que ce soit de clients ou de collègues ; voire l’agressivité (conducteurs de bus, téléopérateurs…). Les relations avec les autres, donc, sont une véritable source de stress.

Et toutes ces grandes catégories sont régulièrement en croissance en terme de source de stress. Tous les indicateurs aujourd’hui sont au rouge, et c’est l’une des raisons pour lesquelles les pouvoirs publics ont des inquiétudes légitimes sur ces risques psychosociaux.

Votre question : Le problème des approches psychologiques, c’est qu’on aborde encore une fois le stress du point de vue de la victime, pas du point de vue de l’organisation du travail. Quel est le mode de management le moins stressant ? Y a-t-il aujourd’hui dans le monde, à votre connaisance, une société où l’organisation du travail est telle que le travail n’est pas (trop) perçu comme facteur de stress ? En d’autres termes, y a-t-il des modèles dont on pourrait s’inspirer ?

-> Tout d’abord, le débat très franco-français sur une approche organisationnelle ou individuelle du stress. Cela me fait penser au débat infini sur l’inné et l’acquis.

Les pays qui réussissent le mieux à lutter contre le stress au travail – je pense aux pays d’Europe du Nord, à la Grande-Bretagne, au Canada – sont des pays dans lesquels la réduction du stress se fait en modifiant des organisations du travail néfastes. Mais qui accompagnent aussi individuellement les salariés.

Dans l’accord-cadre européen sur lequel ont travaillé hier les partenaires sociaux, il est clairement indiqué que la lutte contre le stress se réalise par des actions collectives et individuelles.

Il n’existe pas d’entreprise modèle. On peut malgré tout citer quelques entreprises dans le monde qui ont fait non seulement de la lutte contre le stress, mais du développement du bien-être au travail, une priorité. Cela pas seulement pour le bien des individus, mais aussi, plus prosaïquement, pour la performance économique. Car réduire le stress, ça rapporte financièrement pour une entreprise : en diminuant l’absentéisme, en augmentant la motivation.

Deux entreprises me viennent à l’esprit : Nokia en Finlande, qui possède dans ses cadres dirigeants un « well-being manager » (manager du bien-être) dont le rôle est justement d’intégrer la lutte contre le stress à toute la stratégie de l’entreprise, avec des actions sur la redéfinition des tâches au travail pour lutter contre celles qui sont les plus stressantes, des formations managériales intensives pour faire que les managers, parmi toutes les compétences qu’on leur demande, développent aussi celle de savoir parfaitement gérer le stress de leurs équipes. Et des aides personnelles nombreuses : crèches, conciergeries d’entreprise (services permettant d’alléger les salariés des tracasseries de la vie quotidienne).

L’autre entreprise, assez modèle, c’est Hydro Québec, où tout cela est développé, avec trois idées fortes : le stress n’est pas un tabou, des indicateurs très puissants pour repérer l’état de stress des employés, et pour repérer les causes de stress. Il y a des actions organisationnelles, managériales ou individuelles, comme celles que j’ai développées pour Nokia.

Je trouve que c’est très bien que le stress soit abordé par tout le monde.

La lutte contre le stress passe évidemment par la prise de conscience par les médecins du travail, les responsables d’organisations syndicales, et les salariés.

Je pense que les témoignages des gens qui expliquent leurs difficultés sont aussi importants que les décisions de DRH.

C’est bien que le stress soit une préoccupation de tous.

Il faut donner la parole aux salariés. Ils ont aussi des solutions à proposer.

D’après un article de Constance Baudry et de Patrick Légeron, Le Monde, dessins provenant du Codes du Loiret et de l’Inrs (organismes publics).

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