Le dossier médical personnel (DMP) aurait couté 500 millions d’euros depuis 2004 pour à peine 418 252 dossiers ouverts, d’après le Parisien.

Ce carnet de santé numérique, lancé en 2004, serait un échec.

Le dossier médical personnel est un unique fichier informatisé regroupant comptes rendus médicaux, résultats d’analyse et traitements. Il est accessible à tous les professionnels de santé que le patient consulte et par le malade lui-même sur internet.

Peu utilisé par les professionnels, ce dossier médical informatique aurait déjà couté 500 millions d’euros. D’après un document interne du Conseil national de la qualité et de la coordination des soins, « le montant total des financements alloués par le FICQS (Fonds d’intervention pour la qualité et la coordination des soins) à l’élaboration du DMP (dossier médical personnel), depuis 2004, s’élève à 500 millions d’euros ».

L’objectif du projet mis en place par Philippe Douste-Blazy en 2004 était d’atteindre 5 millions de dossiers ouverts fin 2013. Mais le site officiel du DMP annonce aujourd’hui seulement 418 252 dossiers.

Un rapport alarmant déjà publié en 2013 !

D’après le Parisien, la Cour des comptes avait déjà publié un rapport alarmant en février 2013 sur le dossier médical personnel.

Il estimait qu’il avait déjà coûté 210 millions d’euros entre 2005 et 2011 et qu’ « à cause de défaillances attestant d’une absence particulièrement anormale de stratégie et d’un grave défaut de continuité de méthode dans la mise en œuvre d’un outil annoncé comme essentiel à la réussite de profondes réformes structurelles, le coût global pourrait dépasser le demi-milliard d’euros ».

Le dossier médical personnel relancé en 2014…

A ce propos, Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne, spécialiste des questions de santé a déclaré à l’AFP que « la ministre ayant annoncé une nouvelle stratégie et un nouveau directeur de l’Asip-Santé, agence du ministère qui gère le DMP se mettant en place, on peut enfin espérer qu’un nouveau pilotage politique permettra d’éviter les erreurs. Il ne s’agit pas de mettre plus d’argent, mais que chaque euro dépensé soit un euro utile, alors qu’aujourd’hui c’est un puits sans fin. »

Il estime aussi que, de son point de vue, le coût du dossier médical personne approche le milliard d’euros depuis son lancement…

(suite et fin)

Et surtout, respecter le tempo du traitement

Revenons-en à la relation médecin/patient. Il est impératif de respecter scrupuleusement la prescription de votre médecin ! Vous ne devez jamais arrêter un traitement sans lui en référer. Un conseil qui a du mal à passer, s’il l’on en croit les conclusions d’une enquête récemment menée par l’Assurance maladie auprès de 600 dépressifs, en Lorraine et Champagne-Ardenne. « Ce sont les patients qui, dans plus d’un cas sur deux, interrompent leur traitement antidépresseur. Ce pourcentage passe à 71% quand le traitement dure moins de 6 mois ». Ce qui représente la durée minimale de traitement pour une bonne prise en charge de la maladie. En dessous de ce délai, « plus d’un patient sur deux fera un nouvel épisode de dépression ». Deux motifs sont évoqués pour justifier ces arrêts : le sentiment de guérison et les effets indésirables des traitements, même s’ils se limitent à de simples coups de fatigue.

Les traitements justement, parlons-en. Les premiers médicaments modernes vraiment actifs contre la dépression sont apparus à la fin des années 50. Il s’agissait de psychotropes, qui modifient le psychisme en agissant sur l’équilibre des neurotransmetteurs. D’où leur interférence, potentiellement dangereuse, avec la conduite d’un véhicule ou d’une machine. Ils peuvent induire un état de somnolence, des troubles de l’attention ou une euphorie anormale.

Antidépresseurs, anxiolytiques, hypnotiques : qui fait quoi

  • Les antidépresseurs soignent la maladie, en agissant sur l’équilibre des neurotransmetteurs dans le cerveau. Ils ont un effet direct sur les symptômes de la dépression : tristesse, sentiment de dévalorisation, difficultés de concentration. Ils sont efficaces, certes. Mais ce sont des traitements lourds, et qui ne sont pas exempts de risques si leur administration n’est pas strictement encadrée. Les antidépresseurs ne doivent jamais être pris sans prescription médicale, ni sans suivre une psychothérapie comportementale et cognitive, indispensable à la guérison. Un syndrome de sevrage est d’ailleurs fréquemment observé à l’arrêt du traitement. Oui, un syndrome de sevrage ! Et les femmes enceintes ou allaitantes doivent être encore plus prudentes. Dans tous les cas, seul le médecin peut décider du recours à ces médicaments ;
  • Les anxiolytiques ne soignent pas la dépression. Ce sont des « tranquillisants » qui en atténuent les symptômes en calmant uniquement les angoisses. Et tout usage prolongé peut induire une dépendance ;
  • Les hypnotiques non plus ne soignent pas la dépression. Ces « somnifères » agissent comme leur nom l’indique, sur le sommeil. Ils font dormir, mais n’améliorent pas la qualité du sommeil qui n’est alors pas réparateur.

En cas de dépression, ces trois types de substances sont fréquemment associés. Une association qui se justifie par le fait que les antidépresseurs agissent toujours avec retard. Il faut en effet attendre pour percevoir les effets apaisants du traitement. Entre 21 jours et 4 semaines…

Sources : AFSSaPS ; ministère de la Santé et des Solidarités, septembre 2006 ; France Dépression, octobre 2006 ; Lettre aux prescripteurs, laboratoires GSK, juillet 2005 ; Caisse nationale d’Assurance Maladie, septembre 2006 ; La Revue Prescrire, Octobre 2006, Tome 26 N° 276

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La dépression est une maladie.

A ce titre, seul un diagnostic est en mesure de l’identifier. Et, comme la dépression s’accompagne généralement de troubles physiques et psychologiques spécifiques, il est impératif de consulter un psychothérapeute et un médecin.

La visite chez ce dernier commence par un entretien avec le patient, parfois même avec un proche. Si nécessaire, le médecin procède ensuite à un examen physique et conseille des examens complémentaires, tels des tests diagnostiques et une évaluation psychosociale.

Le diagnostic est une étape essentielle car, avec l’aide d’un psychothérapeute comportemental et cognitif, il représente déjà un pas vers la guérison.

Important à savoir
Certains troubles et affections masquent, provoquent, accompagnent une dépression ou lui ressemblent :

  • Le trouble bipolaire ou maniaco-dépression
    Comme son nom l’indique, ce trouble se caractérise par une alternance de phases euphoriques et dépressives. Seules leur intensité et leur durée permettent au médecin de diagnostiquer la maladie.
  • Les troubles liés aux dépendances
    Les addictions à l’alcool, aux drogues ou à certains médicaments sont des troubles bio-sociaux marqués par des périodes de rémission et de rechute. Elles sont susceptibles d’entraîner un isolement du patient et des douleurs physiques. Alors que les symptômes sont partiellement similaires à la dépression, la prise en charge du patient est différente.
  • L’affection organique
    Un patient atteint par exemple d’hypothyroïdie ou d’une tumeur cérébrale peut présenter un état de fatigue et d’irritabilité prolongé dû à sa pathologie.
  • Les problèmes émotionnels
    Un décès, une rupture professionnelle ou sentimentale sont autant de facteurs de risques de dépression.
  • Le stress post-traumatique
    Suite à un événement grave (incendie, prise d’otage, …), le patient réagit tel une personne atteinte de dépression. Il souhaite éviter les contacts sociaux et s’isole.
  • La démence
    La démence se définit par la perte des facultés intellectuelles suite au vieillissement. Elle peut parfois mimer des symptômes de dépression.
  • La dépression masquée
    Dans ce type de trouble, les plaintes sont essentiellement physiques.

Le prochain article : « l’entretien face au psy »

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Une journée pour les droits des patients

Droits à l’information, au consentement éclairé, à l’accès aux services de santé, à la confidentialité… Ce samedi 18 avril, c’est la 3ème Journée européenne des droits des patients.

Le Collectif inter-associatif sur la Santé (CISS) saisit cette occasion pour insister sur l’importance de la Charte européenne des droits du patient.

Ce texte de 2002 proclame 14 « droits des patients » qui visent à « garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine et de la qualité des services de santé dans les pays européens ».

Cette journée doit notamment permettre « de mieux faire connaître cette Charte », auprès des usagers du système de santé bien sûr, mais aussi des professionnels de santé et des décideurs politiques.

Pour le CISS, c’est enfin l’occasion d’insister sur l’importance de la très méconnue Carte européenne d’assurance maladie. Elle permet à son détenteur de se faire soigner dans un Etat de l’Union en bénéficiant de la prise en charge de ses frais médicaux. Elle peut être obtenue gratuitement.

Source : CISS, 16 avril 2009

patienteComment nommer celui ou celle qui demande l’aide d’un psy ?

Un patient ?

Un client ?

Un malade ?

Un sujet ?

Ou bien tout simplement un usager ?

« Client » : souligne le choix libre et la responsabilité de l’usager

« Patient » : a une connotation médicale et passive (le « patient » exécute l’« ordonnance » du médecin)

Quand je suis en maison de retraite, je m’occupe de résidents parce que je suis dans un lieu de vie.
Quand  je suis à l’hôpital,  je m’occupe de patients parce que je suis dans un lieu de soin.
Et quand je suis dans mon cabinet toulousain, j’accorde toute mon attention au client.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Une enquête, réalisée par des cardiologues libéraux français, révèle qu’un grand nombre de malades cardiaques sont stressés, anxieux ou dépressifs !

Peut-être en connaissez-vous dans votre entourage ?

Les réponses font réfléchir :

  1. plus de 61 % d’entre eux se sont plaint de stress (dont 21,4 % de manière importante)
  2. 38,5 % étaient anxieux (fortement pour 12 % d’entre eux)
  3. et près de 20 % avaient des signes de dépression (majeure pour 6,6 %).

Le stress psychosocial était particulièrement net aux moments critiques de leur maladie : annonce du diagnostic, geste de revascularisation, ou après une réanimation lourde.

Par ailleurs, 9 malades sur 10 ont estimé – avec raison – que leur état psychique retentissait (ou pouvait retentir) sur leur santé cardiaque et les trois-quarts ont déclaré qu’ils accepteraient d’apprendre des techniques de gestion du stress. Mais alors que plus de 22 % d’entre eux étaient demandeurs d’aide psychologique, moins de 5 % avaient bénéficié d’un tel soutien…

Sources : 3ème Printemps de la cardiologie (Montpellier, 28-31 Mai 2008), Panorama du Médecin du 16 juin 2008

 

Après avoir entendu l’annonce du cancer, il arrive que le patient pleure.

C’est une réaction tout à fait normale. Mais destabilisante pour l’entourage proche.

Il regrette la perte de sa bonne santé. Le malade pleure sur la inconnu2.jpgpossibilité de sa propre mort : sur la perte de la croyance de son immortalité. Il fait le deuil de l’image qu’il avait de lui-même comme d’une personne forte, vigoureuse et pleine de vitalité.

La douleur est une réponse normale; la famille doit essayer de l’accepter.

Garder pour soi ses sentiments, retenir ce que l’on ressent, garder son sang-froid et maintenir les apparences face une mort possible ne signifie pas que l’on soit courageux.

Etre courageux, c’est rester l’être humain que vous êtes.

Même lorsque ceux qui vous entourent essayent de vous imposer leurs attitudes de conduite, ce que vous devez faire et ne pas faire.

La seule chose importante que la famille puisse offrir, c’est la volonté d’aller jusqu’au bout de cette épreuve avec celui qu’elle aime. Ensemble.

Sauf si le patient demande à rester seul, rester avec lui : ayez beaucoup de contacts, des contacts physiques, soyez proche de lui, ayez des gestes de tendresse et de câlinerie. Faites en sorte que la maladie soit un moment où les liens familiaux se rapprochent et se ressèrent.

Partagez ce que vous ressentez. Sans pensez qu’il faille changer ou dissimuler vos sentiments. Ceci est aussi valable pour toutes les dépendances : anorexie, boulimie, alcool.

 

Croyez-vous, cher lecteur, que la maladie puisse être un moment d’échange ?

Pour une information et un entretien gratuit de 30 à 45 minutes, sans engagement, concernant une aide, un soutien psychologique, ou une psychothérapie -> cliquez ici