Le déficit en vitamine D est un facteur de risque de COVID sévère.

Les personnes avec un déficit en vitamine D sont plus susceptibles de faire un Covid-19 sévère ou d’être hospitalisés en soins critiques, selon une nouvelle étude publiée dans le journal Plos One[1].

Cette étude se fonde sur des données issues des deux premières vagues israéliennes de coronavirus avant que les vaccins ne soient largement disponibles. Les scientifiques insistent sur le fait que la supplémentation vitaminique n’est pas un substitut à la vaccination mais peut aider l’immunité naturelle.

« Nous avons trouvé remarquable et particulièrement frappant de voir la différence de risque de développer une forme sévère en cas de carence en vitamine D », a indiqué le Dr Amiel Dror, principal auteur et médecin au Galilee Medical Center, au Times of Israel. Cette observation n’est pas totalement nouvelle et a fait l’objet d’études, notamment en France, conduisant même à une tribune incitant à la supplémentation (lisez ci-dessous).

Bien que l’étude ait été menée avant l’arrivée du variant Omicron, a-t-il affirmé, le coronavirus n’a pas suffisamment changé pour annuler l’effet de la vitamine D.

« Ce que nous observons, c’est la capacité de la vitamine D à renforcer le système immunitaire contre les agents viraux qui ciblent le système respiratoire« , explique-t-il. « Cela vaut pour Omicron comme pour les variants apparus antérieurement ».

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L’équipe de chercheurs a analysé les taux de vitamine D chez plus de 250 patients hospitalisés au Galilee Medical center et testés positifs au Covid entre avril 2020 et février 2021. Les tests ont été effectués avant l’hospitalisation sous la forme d’examens sanguins de routine ou d’une recherche d’un déficit en vitamine D, entre 14 et 730 jours avant le test PCR positif.

Les patients avec un déficit en vitamine D étaient 14 fois plus susceptibles de faire un Covid sévère ou d’être hospitalisés en soins critiques. De plus, le taux de mortalité de ceux qui présentaient des taux de vitamine D insuffisants était de 25,6%, contre 2,3 % chez ceux qui avaient des taux dans la norme.

Les différences persistaient après ajustement sur l’âge des patients, le genre, et les antécédents de maladies chroniques.

« Nous avons analysé toute une palette de durées et trouvé que dans un délai de 2 ans avant l’infection, la corrélation entre vitamine D et sévérité de la maladie était très forte« , a expliqué le Dr Dror à The Times of Israel. « Cela renforce l’idée d’instaurer une supplémentation en vitamine D pendant la pandémie et qui n’a aucun effet indésirable« .

Rappelons que dans une tribune publiée dans La Revue du Praticien le 8 janvier 2021, 73 experts francophones et six sociétés savantes françaises*, insistaient sur l’importance particulière d’assurer « un statut satisfaisant en vitamine D dans la population générale », dans le contexte du Covid-19.

« En l’absence de traitement curatif efficace et accessible à ce jour contre la Covid-19, recourir à des molécules déjà existantes pourrait aider à contrôler la pandémie ». Or, « le rôle bénéfique potentiel de la vitamine D est discuté positivement dans de nombreuses publications« , soulignaient les signataires du texte dont le Pr Cédric Annweiler (CHU d’Angers), auteur de plusieurs études sur le sujet.

*Avec le soutien de l’Association française de lutte antirhumatismale (AFLAR), de la Société française d’endocrinologie (SFE), de la Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG), de la Société française de pédiatrie (SFP), de la Société française d’endocrinologie et diabétologie pédiatrique (SFEDP), et de la Société francophone de néphrologie dialyse et transplantation (SFNDT).

Source : Study: Vitamin D Deficiency Linked to Severe COVID.

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Comme l’impression d’un retour un an en arrière.

Comment s’organiser ?

Faut-il se faire tester avant d’aller voir Mamie ?

Les grands-parents peuvent-ils héberger les petits-enfants ?

Combien de convives à table ?

Vos interrogations s’avèrent encore plus actuelles cette année car, contrairement à la même période l’an dernier, le virus circule très activement sur notre territoire : plus de 50 000 cas ont été recensés en moyenne chaque jour au cours de la semaine écoulée, contre moins de 12 000 voilà un an…

13 scientifiques, reconnus, vous racontent ce qu’ils ont prévu :

Comment eux-mêmes pensaient s’organiser pendant les fêtes ?

Comment comptent-ils se protéger, et protéger leurs proches ?

Quels risques sont-ils prêts à prendre pour ne pas se laisser totalement envahir par la morosité de ces jours sous l’emprise du virus ?

Des stratégies assez variées, en fonction du contexte familial et de l’âge

Un point au moins fait l’unanimité : tous refuseraient d’assister à un repas de fête où certains adultes ne seraient pas vaccinés. « Jamais de la vie », répond même Catherine Hill.

La plupart insistent aussi sur la nécessité du rappel : « Le schéma vaccinal complet, c’est trois doses. Dans ma famille, nous le savons tous, et nous le souhaitons tous, donc ce n’est pas un objet de tension, ni de débat », détaille le Pr Antoine Flahault. Même constat pour la vaccinologue Marie-Paule Kieny : « Toutes les personnes éligibles parmi mes contacts auront reçu le rappel », souligne-t-elle.

Et pour ceux qui n’auraient pas encore pu obtenir de rendez-vous ? « Tout dépend depuis combien de temps ils ont réalisé leur seconde dose : je distingue ceux qui ont été vaccinés depuis plus de cinq mois, (période à partir de laquelle l’efficacité du vaccin commence à diminuer, NDLR) et moins de cinq mois », nuance le Pr Éric Caumes. Le respect des gestes barrière restera une priorité : « Même si le rappel a un effet protecteur fort, les incertitudes sur Omicron ne permettent pas de les lever », insiste l’épidémiologiste William Dab.  

Masques FFP2 pour les transports, le cinéma ou le théâtre

Tous n’envisagent pas de se déplacer en transports en commun. Mais même ceux qui resteront chez eux ou qui privilégieront leur voiture plutôt que le train ou l’avion le feront par convenance personnelle plutôt que par crainte d’un éventuel risque, jugé minime à la quasi-unanimité, à condition là aussi que les gestes barrières soient bien respectés de tous. « Avec le passe sanitaire, le port du masque et le fait que les passagers restent relativement silencieux, le risque infectieux est faible », juge Mircea Sofonea. Antoine Flahault et Marie-Paule Kieny privilégieront tout de même le port d’un masque FFP2, plus protecteur.  

La plupart se sentent également en sécurité au théâtre ou au cinéma, ou même à des concerts, à condition d’être assis, et parfois munis d’un masque FFP2. Philippe Amouyel dit faire confiance au protocole mis en place : « Le risque sanitaire est la préoccupation majeure des directeurs de salle, et ils ont mis en place des protocoles ad hoc adaptés », juge-t-il, notant au passage « qu’aucun cluster, ni surrisque n’ont été identifiés en France et à l’étranger ». Antoine Flahault se montre plus prudent, et déclare vouloir éviter les théâtres. A l’approche des fêtes, l’épidémiologiste de l’Institut de santé globale de Genève est surtout vigilant sur les cérémonies religieuses, qui ont été plusieurs fois l’occasion de foyers de contaminations. « Je crains que le variant Omicron apprécie particulièrement ces rassemblements où l’on chante, parle, on est nombreux, toutes générations confondues ».  

Peu renoncent aux restaurants, mais ils choisissent avec attention leurs établissements

A l’exception de quatre d’entre eux, la majorité des experts interrogés disent aussi envisager d’aller au restaurant. Certains y ont même leurs habitudes. « J’y vais très souvent », commente Renaud Piarroux, qui se fonde sur le passe sanitaire et une vaccination à trois doses pour se sentir en sécurité. Nombreux sont ceux qui précisent toutefois choisir les établissements en fonction de l’espacement entre les tables et de la ventilation. « Quel regret que nous n’ayons pas suivi les initiatives de l’Italie qui après la première vague a conservé la règle d’une distance minimale entre deux tables », se désole Gilles Pialoux.

Constatant la circulation active du virus, Antoine Flahault fera, lui, une croix sur les restaurants, tout comme Marie-Paule Kieny pour qui le masque reste indispensable : « Impossible de manger avec ! ».  

Pour ce qui est des repas de fête, les avis sont plus partagés. Certains se limiteront à un petit comité. « Je ne crois pas à la pérennisation des mesures barrière le soir de Noël, sous l’effet des réjouissances et de l’alcool », prévient Éric Caumes. Ce sera huit personnes maximum pour trois de nos experts interrogés. « C’est un chiffre totalement arbitraire mais cela dépend de l’espace », concède Gilles Pialoux. En moyenne les spécialistes interrogés se limiteront à un maximum d’un peu plus de cinq personnes à table. « Sachant que l’on est obligatoirement amené à retirer son masque, nous serons tous vaccinés et/ou testés », prévient Yves Buisson.  

Ouverture des portes et des fenêtres… l’aération sera aussi au menu du réveillon. Antoine Flahault a mis les bouchées doubles sur ce point : « Il y aura un capteur de CO2, et l’on visera moins de 800 ppm tout au long du repas. Au-dessus, on ouvrira les fenêtres. En plus, un purificateur d’air équipé d’un filtre HEPA flambant neuf fonctionnera à plein régime ». « En tout cas je conseille la doudoune car ça va ventiler ! », lance de son côté Gilles Pialoux.

La moitié des experts qui nous ont répondu demanderont à leurs invités de se tester, par un test antigénique ou un autotest le matin des réjouissances. Pour les autres, la troisième dose suffira. Quant à l’isolement, la mesure n’est pas toujours simple à appliquer. « Pas le choix, il faut continuer à travailler à l’hôpital », dit Renaud Piarroux.  

« Le purificateur d’air tournera en permanence » 

Question plus délicate, que faire avec les enfants de moins de 12 ans non vaccinés ?

Notamment quand il s’agit de recevoir ses petits enfants, ou de s’inviter en famille pour quelques jours chez des parents âgés ?

Rares sont ceux qui patienteront pour les retrouvailles, mais la plupart prendront des précautions. Antoine Flahault mise là aussi sur le purificateur d’air « qui tournera en permanence », tandis que Gilles Pialoux « mettra des autotests adaptés aux enfants sous le sapin ». Quant à Philippe Amouyel, il privilégie une première semaine de vacances « avec isolement à la maison et vaccination pour les plus de 12 ans ».  

L’an dernier, Rémi Salomon, le président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris avait marqué les esprits en préconisant de faire dîner Papi et Mamie à la cuisine… Cette année, les personnes âgées ou fragiles seront-elles conviées à la table du réveillon ? « Cela relève de leur choix, mais je ne l’encourage pas », prévient Éric Caumes. Malgré les risques, la plupart soulignent toutefois l’importance de ne pas isoler les aînés, surtout s’ils sont vaccinés. « Avec les précautions usuelles et s’ils le souhaitent », souligne le Pr Pierre Tattevin, le président de la Société de pathologie infectieuse de langue française « les personnes âgées ont le droit de profiter de la vie et de faire leurs choix », souligne-t-il. « L’isolement augmente la fragilité », abonde Renaud Piarroux.  

Dernière précaution, pour Antoine Flahault : « Pour que ces questions ne soient pas au centre des discussions à Noël, et que ces suggestions ne soient pas à l’origine de conflits, rappelons-nous qu’aucune mesure n’est efficace à 100%, que la vie est une prise de risques d’appréciation très personnelle. Il vous appartient in fine de ne pas participer à ces fêtes si vraiment vous voulez éviter tout risque de contaminations à cette occasion ».

Il faudra alors, pour désamorcer les tensions, se mettre d’accord avant les réceptions sur les dispositions retenues

Epidémiolostes et autres spécialistes interrogés :

le Pr Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale à Genève, le Pr Didier Houssin, ancien directeur général de la Santé et président du Comité d’urgence Covid-19 de l’Organisation mondiale de la Santé, le Pr Pierre Tattevin, président de la Société pathologie infectieuse de langue française, Mircea Sofonea, épidémiologiste au sein du Laboratoire maladies infectieuses et vecteurs à Montpellier, le Pr Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon, le Pr Eric Caumes, qui dirigeait encore très récemment le service des maladies infectieuses de l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, le Pr William Dab, épidémiologiste et ancien directeur général de la santé, le Pr. Renaud Piarroux, chef du service de parasitologie-mycologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, le Pr. Jean-Daniel Lelièvre, immunologiste et membre de la Haute autorité de santé, Marie-Paule Kieny, virologue et présidente du comité Vaccin Covid-19, le Pr. Philippe Amouyel, épidémiologiste, professeur de Santé Publique au CHU de Lille, Catherine Hillépidémiologiste et biostatisticienne à l’institut Gustave-Roussy, Pr. Yves Buisson, épidémiologiste et membre de l’Académie de médecine.