Les maladies auto-immunes sont en pleine augmentation.

En cause : l’obsession individuelle et collective pour l’hygiène, mais aussi certaines pratiques alimentaires.

Explications : les fabricants de détergents nous vendent un univers aseptisé, dont est exclue la moindre bactérie.

Mais cette obsession pour l’hygiène, née au siècle dernier, menace-t-elle notre santé ?

Pendant ce temps, en effet, des rapports alarmants nous alertent sur le nombre croissant de personnes atteintes de maladies auto-immunes et allergiques – leur prévalence a plus que doublé au cours des 20 dernières années.

L’hypothèse hygiéniste a été développée par le chercheur britannique David Strachan pour expliquer l’augmentation du nombre de personnes souffrant de rhume des foins, ce qui était assez rare au début du XIXe siècle.

Selon cette hypothèse, c’est la diminution des infections dans les pays développés qui serait à l’origine d’une augmentation des phénomènes allergiques et d’auto-immunité.

Autrefois, explique Strachan, les maladies allergiques étaient prévenues par des infections contractées dans la petite enfance, transmises par des contacts avec des frères et sœurs plus âgés ou acquises prénatalement par une mère infectée par le contact avec ses enfants plus âgés.

Mais au cours du siècle dernier, le déclin de la taille de la famille, l’amélioration des équipements ménagers et l’amélioration des normes de propreté ont réduit les risques d’infection croisée chez les jeunes familles.

Mais par quels mécanismes l’hygiène excessive prédispose-t-elle à une maladie immunitaire ? La réponse est que nous ne savons pas réellement. Cependant, la découverte d’une famille de lymphocytes T, les « T régulateurs » ou Treg ouvre une piste intéressante.

Les Tregs, gardiens de l’immunité

Les lymphocytes T régulateurs ou Treg sont uniques dans leur capacité à contrôler les réponses immunitaires indésirables, telles que les allergies et les maladies auto-immunes.

Les Treg fixent le seuil à partir duquel le système immunitaire est activé. S’il n’y a pas de Treg, ou s’ils ne sont pas fonctionnels, le système immunitaire est activé en permanence.

Pour faire correctement leur travail, les Treg doivent traiter un large éventail d’informations microbiennes afin de fixer correctement le seuil immunitaire.

Lorsque le seuil est au bon niveau, les infections potentiellement menaçantes sont perçues comme étant au-dessus du seuil et génèrent une réponse immunitaire rapide. En revanche, les substances environnementales sans danger tombent en dessous du seuil et sont donc ignorées.

Lorsque les Treg sont privés de ces sources d’informations microbiennes, le seuil qu’ils fixent est trop bas. Dès lors, le système immunitaire réagit par erreur à des substances totalement inoffensives. Ceux-ci incluent les allergènes, menant aux maladies allergiques telles que le rhume des foins, et les organes propres du corps, menant aux maladies auto-immunes telles que le diabète de type 1.

Tout part de l’intestin

Comme les autres cellules immunitaires, on trouve des Treg dans tout le corps. Le site le plus important est le système digestif où se trouvent jusqu’à 90% de nos cellules immunitaires et 10 à 100 milliards de microbes.

Ces microbes sont établis dans la petite enfance et maintenus tout au long de la vie dans une relation symbiotique stable.

Cela corrobore parfaitement l’hypothèse hygiéniste : un épisode infectieux au début de la vie (la colonisation de l’intestin par la flore intestinale) peut produire un effet majeur sur le système immunitaire.

L’interaction entre la flore intestinale n’est pas encore totalement élucidée, mais les chercheurs pensent qu’une flore équilibrée est indispensable à la régénération des Treg. Puisque les Treg modulent le seuil immunitaire en temps réel, des perturbations épisodiques de leur activité ont le potentiel de provoquer des réactions allergiques ou auto-immunes nuisibles.

Source: lanutrition.fr

L‘immunothérapie contre le cancer : l’avancée scientifique 2013 selon la revue Science

L’immunothérapie pour le traitement du cancer représente la plus grande avancée scientifique de 2013, selon le palmarès annuel de la revue américaine Science.

joggingAvec les résultats positifs d’essais cliniques publiés cette année, il y a un sentiment de changement de paradigme. L’immunothérapie constitue une manière totalement différente de traiter le cancer en ciblant le système immunitaire, et non la tumeur elle-même. Les oncologues (…) estiment qu’un tournant a été pris et qu’il n’y aura pas de retour en arrière, indique l’éditorial de la revue.

L’immunothérapie agit sur le système immunitaire, dont notamment les lymphocytes T, pour qu’ils s’attaquent aux tumeurs.

À la fin des années 80 par des chercheurs français ont identifié un récepteur sur les cellules T qui les empêchent d’attaquer les tumeurs cancéreuses. Des expériences sur des souris avaient alors montré qu’en neutralisant ce récepteur, ces cellules réduisaient considérablement les tumeurs cancéreuses.

Un premier traitement, l’anticorps monoclonal Yervoy (ipilimumab) de Bristol-Myers Squibb, a été autorisé en 2011 aux États-Unis pour le traitement du mélanome. Dans des essais menés avec 300 personnes dont les résultats ont été publiés en 2013,les tumeurs ont diminué de moitié chez 31% des personnes traitées pour un mélanome, 29% de celles traitées pour un cancer des reins et 17% pour le cancer du poumon.

Le coût de ce médicament est toutefois très élevé : 120 000 dollars américains pour la durée d’un traitement.

Plusieurs laboratoires pharmaceutiques investissent désormais dans cette nouvelle approche de traitement contre le cancer.

Sources: Psychomédia.qc.ca, Science