L‘épidémie de coronavirus justifie-t-elle d’attenter à nos libertés?

C’était le 4 mars dernier.

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement était l’invitée du «Grand entretien» de France Inter.

Emmanuel Macron n’avait pas encore qualifié d’«inexorable» la progression du phénomène épidémique.

Interrogée sur la politique de l’exécutif confrontée à l’épidémie de nouveau coronavirus, la porte-parole eut ce mot: «[Lorsque nous serons] au stade 3, les métros continueront à circuler jusqu’à nouvel ordre, les transports en commun continueront à circuler jusqu’à nouvel ordre… la vie du pays ne s’arrêtera pas à cause du coronavirus.»

Les auditeurs et auditrices citoyennes se seront peut-être interrogées sur ce «nouvel ordre».

– Qui le donnerait ?

– Pourquoi ?

– Et quand ?

Moins d’une semaine plus tard, les transports en commun continuent à circuler mais les questions quant à «la vie du pays» se sont multipliées.

Le 8 mars, au terme d’un nouveau Conseil de défense tenu au palais de l’Élysée, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, a prévenu: «Les semaines à venir vont être difficiles.»

Sans décider de passer au stade 3 de la lutte contre l’épidémie, le gouvernement a choisi d’interdire sur tout le territoire national les rassemblements non plus de 5.000, mais de plus de 1.000 personnes. Les préfets devront toutefois constituer des listes de rassemblements «utiles à l’intérêt de la nation, comme les manifestations, les concours, les transports en commun», qui seront exemptés d’interdiction.

«Le stade 3 ou stade épidémique correspond à une circulation active du virus, peut-on lire sur le site du gouvernement. La stratégie repose alors sur l’atténuation des effets de l’épidémie. L’organisation prévoit la mobilisation complète du système sanitaire hospitalier et de ville, ainsi que les établissements médico-sociaux pour protéger les populations fragiles, assurer la prise en charge des patients sans gravité en ville, et des patients avec signes de gravité en établissement de soins. Les activités collectives sont fortement impactées.»

L’évolution rapide de la situation épidémiologique conduit aussi, dans le même temps, à l’émergence de nouvelles questions éthiques et déontologiques.

Le 8 mars sur BFMTV, le Pr Gilles Pialloux, chef du service d’infectiologie de l’hôpital Tenon (Paris) a exposé les interrogations relatives au respect du secret professionnel et aux libertés individuelles.

Faut-il par exemple, au nom de l’efficacité de la lutte contre l’épidémie, révéler les identités des personnes infectées et de celles dites à risque?

Ces mêmes questions, et de multiples autres, sont désormais soulevées en Italie où le gouvernement vient de décider, par décret, la mise en place dans le nord du pays d’un confinement géant concernant plus de quinze millions de personnes.

Comment, pour résumer,

concilier la santé publique

et le respect des libertés individuelles ?

Ces dernières sont-elles compatibles avec l’émergence d’un possible fléau épidémique ?

Subordonner les libertés individuelles à d’autres valeurs ?

On trouvera, en France, les réponses à ces questions dans le prochain avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

La Croix révélait le 2 mars qu’Olivier Véran avait demandé à cette institution de rendre rapidement un avis sur les «mesures de santé publique contraignantes» pouvant être prises dans le cadre de le lutte contre l’épidémie. Le CCNE va rendre son avis «rapidement» après avoir constitué un groupe de travail ad hoc pour cette «mission flash».

Cet avis devra «éclairer le lien entre impératifs de santé publique et respect des droits humains fondamentaux», selon le CCNE. Et La Croix de voir, dans cette saisine, «un signe supplémentaire que le gouvernement envisage activement le passage à la troisième phase de l’épidémie de coronavirus, correspondant au seuil d’alerte sanitaire maximale».

À dire vrai, le gouvernement aurait pu faire l’économie de cette démarche. Le CCNE avait déjà longuement travaillé cette question.

C’était il y a une décennie, lors de la pandémie grippale due au virus A (H1N1) qui suscitait alors des frayeurs collectives équivalentes à celle que nous observons aujourd’hui –à cette nuance près que l’agent pathogène était un virus grippal contre lequel un vaccin protecteur pouvait être utilisé.

Le document du CCNE («Questions éthiques soulevées par une possible pandémie grippale», avis n°106, 5 février 2009) traite de l’ensemble des questions relatives aux rapports entre le respect des droits individuels et les impératifs de sécurité sanitaire dès lors qu’une pandémie due à un agent pathogène contagieux menace de larges fractions de la population.

Précision: cette analyse concerne des sociétés démocratiques, les régimes autoritaires s’embarrassant généralement assez peu de la dimension éthique des mesures qu’ils décident de prendre –comme en témoigne depuis peu l’exemple de la Chine confrontée au nouveau coronavirus.

En vingt-et-une pages, l’avis de 2009 résume parfaitement les éléments du sujet et les dilemmes auxquels sont confronté·es aujourd’hui les responsables de l’exécutif.

Le virus aviaire A (H5N1) touchait alors de nombreux pays d’Asie et laissait très sérieusement redouter la survenue d’une pandémie grippale chez l’être humain – au point d’inquiéter le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) et la Délégation interministérielle à la lutte contre la grippe aviaire (DILGA).

D’emblée, quelques questions parurent essentielles aux yeux du Comité.

À commencer par celle de savoir s’il faut subordonner les libertés individuelles à d’autres valeurs «plus ajustées à l’efficacité de la stratégie de lutte contre ce fléau sanitaire».

Ou encore: jusqu’où une limitation aux allées et venues des personnes peut-elle être imposée?

Ces questions ne furent pas posées, du moins sous cette forme, lors des trois périodes pandémiques grippales du XXe siècle (en 1918, en 1957 et en 1968).

Elles émergent aujourd’hui et conduisent, comme le fait le CCNE, à évoquer, dans un État de droit, la formule de Montesquieu dans L’Esprit des lois: «Il y a des cas où il faut mettre, pour un moment, un voile sur la liberté, comme l’on cache les statues des dieux.»

En pratique, deux situations peuvent justifier une mise entre parenthèses de l’application du droit législatif:

  • l’état de siège et l’état d’urgence
  • les «circonstances exceptionnelles».

«La théorie des circonstances exceptionnelles […] repose sur la constatation que, parfois, du fait des circonstances, l’Administration est dans l’impossibilité d’agir conformément aux principes ordinaires de la légalité. Dès lors, pour assurer les besoins de la défense nationale, du rétablissement de l’ordre, et de la continuité des services publics essentiels à la vie nationale ou locale, l’autorité publique peut prendre, à titre provisoire, les mesures imposées par les circonstances, sans respecter ni les procédures habituelles, ni la législation en vigueur

Protéger prioritairement certaines catégories de personnes

Aux yeux des sages du CCNE, il ne fait aucun doute que dans le cas d’une pandémie grave et intervenant brutalement, le gouvernement pourrait prendre, soit sur le fondement d’un décret proclamant l’état d’urgence, soit sur la base de la théorie des circonstances exceptionnelles, des mesures telles que la réquisition ou le confinement de certaines catégories de citoyen·nes, ou des restrictions à la circulation.

D’ailleurs, tout est en place dans le code de la santé publique.

Comme on l’observe en France depuis plusieurs semaines, un plan de prévention et de lutte envisage des mesures destinées à limiter les déplacements, les rassemblements de personnes ou le fonctionnement de la vie scolaire, culturelle ou économique afin de prévenir la contagion.

Le CCNE ne cache pas ici une forme d’embarras.

Il est «bien conscient que ces restrictions aux libertés fondamentales pourraient s’avérer nécessaires».

Mais dans le même temps, «il attire l’attention sur le danger qu’il y aurait à les étendre au-delà de ce qui est nécessaire à la lutte contre la pandémie».

Il s’inquiète aussi «d’une conception maximaliste du principe de précaution», ou des tentations «d’affichage démagogique».

Il rappelle, enfin, «que tous les droits et libertés qui n’auront pas été spécifiquement écartés devront continuer à être appliqués». Le code de la santé publique dispose d’ailleurs «que l’état d’urgence sanitaire ne dispense pas du respect de la vie privée des personnes et de la confidentialité des informations relatives à leur santé».

Le CCNE rappelait aussi qu’une pandémie peut susciter des réactions de stigmatisation qu’il faut anticiper. On le voit aujourd’hui avec le nouveau coronavirus qui a émergé en Chine.

«Éviter de telles réactions doit être l’un des objectifs de la communication des pouvoirs publics, écrivaient les auteurs et autrices de l’avis en 2009. Pour empêcher qu’une peur collective, alors inévitable mais compréhensible, ne dégénère en phénomènes de panique irrépressible, les grands médias doivent prendre toute la mesure de leur potentiel d’influence sur les comportements individuels et collectifs. Le poids considérable de leur implication dans l’amplification des réactions émotionnelles collectives, et des effets corrélatifs de stigmatisation qui peuvent en résulter, devraient d’ores et déjà inciter à engager un travail de concertation aboutissant à la mise en place d’un comité de réflexion dédié au rôle des médias, en termes d’anticipation et de responsabilité, en cas de pandémie

D’autres questions éthiques, d’une autre nature, pourraient aussi rapidement se poser.

À commencer par les limites à la disponibilité de thérapeutiques, comme les médicaments antiviraux (actuellement en cours d’expérimentation) voire, plus tard, de vaccins préventifs.

– Comment trancher lorsque des biens de santé ne peuvent être mis à la disposition de tous et de toutes du fait de leur insuffisance ?

– Comment, et sur quelles bases, établir des priorités, hiérarchiser?

«Chacun devra être convaincu que c’est sans favoritisme mais uniquement dans le souci de limiter l’extension de la pandémie que la puissance publique agit, souligne le CCNE. En vertu du sens égalitaire de la justice, il s’agit en premier lieu de rappeler que le but est de protéger toute la population, quelle que soit la position de ses membres dans l’échelle sociale et son âge

Pour autant, il existera immanquablement des «priorités opposées».

Ainsi, dans la plupart des plans de lutte, les personnes à haut risque de complications et celles dont l’activité est nécessaire à la prise en charge des malades et à la vie du pays pendant la pandémie sont considérées comme devant être prioritairement protégées.

Mais attention, pour le CCNE, «sélectionner les personnes à protéger en priorité en fonction de leur seule valeur “économique” immédiate ou future, c’est-à-dire de leur “utilité” sociale, n’est pas acceptable. La dignité d’une personne n’est pas tributaire de son utilité, qui est du reste une notion extrêmement difficile à cerner, notamment en la circonstance».

Et de souligner, en 2009, que si son taux d’attaque était comparable à celui des trois pandémies du XXe siècle, et en l’absence de toute mesure de lutte, la prochaine pandémie pourrait être responsable, ne serait-ce qu’à l’échelle nationale, «de dizaines de milliers de décès».

Outre les priorités visant l’ensemble de la population, les plans de lutte contre les pandémies prévoient la protection prioritaire des personnes exerçant des activités jugées essentielles au fonctionnement du pays pendant la pandémie.

Les personnels de santé, plus précisément les personnels soignants, seraient naturellement les premiers à être protégés contre une pathologie contagieuse vis-à-vis de laquelle ils sont plus exposés, du fait de leur profession, que celui de l’ensemble de la population. Cette priorité est, pour le CCNE, d’autant plus légitime que le système de santé doit pouvoir faire face à la crise sanitaire et éviter que sa désorganisation soit source de décès ou de complications graves potentiellement évitables.

En dehors du système de santé, les pouvoirs publics ont également le légitime souci du maintien d’activités essentielles au pays (transports, sécurité, production d’énergie, etc.) et certaines personnes travaillant dans ces secteurs d’activité seraient prioritairement protégées.

Chaque personne doit être consciente de ses responsabilités

Au terme de son analyse, le CCNE formulait des recommandations qui, onze ans plus tard, n’ont perdu ni de leur pertinence, ni de leur actualité.

À commencer par le fait que, quelle que soit l’incertitude sur la date de survenue d’une future pandémie grippale (et en raison même de cette incertitude), la population française devrait être mieux informée de la nature et des conséquences possibles d’une infection due à un nouveau virus.

«Un des objectifs essentiels des pouvoirs publics, avec le soutien des grands moyens d’information, doit être de rassurer, préparer et éviter le plus possible les réactions de panique avec leurs corollaires de violences.

Les préoccupations pragmatiques et stratégiques visant à enrayer au plus vite l’extension de la pandémie ne sont pas incompatibles avec les exigences éthiques.

La connaissance par la population des règles éthiques qui devront être appliquées en cas de crise sanitaire pandémique, conditionne, au contraire, l’efficacité de la stratégie de lutte contre la propagation virale

Le plan de lutte français devrait aussi, selon le CCNE, être parfaitement connu, afin que chaque personne, dans son environnement familial et social, puisse être consciente de ses propres responsabilités dans ce plan.

«Pour être efficace, cette communication devrait être faite par différents canaux et sous différentes formes et être répétée au cours du temps, comme les pouvoirs publics ont su le faire pour d’autres questions de santé publique majeures, comme la préconisation de la limitation à la prescription d’antibiotiques», ajoutait ainsi le Comité.

Et de conclure, il y a onze ans, avec des accents que l’on peut aujourd’hui, au vu de la crise hospitalière, qualifier de prophétiques:

«Les difficultés chroniques de certains maillons de notre système de santé (urgences en particulier) imposent une évaluation approfondie, par des études ad hoc, de l’impact d’une pandémie sur le système de soins hospitaliers.»

 

Source: slate.fr

C‘est cela :

Anthroposophie, biodynamie, superstition, Steiner-Waldorf, secte, médecine, agriculture, éducation, banque

 

 

 

 

Juste sous la vidéo, je vous invite à lire ce qu’a écrit Morgane, où elle explique pourquoi elle a dû fermer les commentaires.

 

Sur la page de son blog (en cliquant ici), j’ai beaucoup apprécié les commentaires respectueux des spectateurs.

J’ai aussi aimé la modération et l’équilibre, le respect de la liberté de chacun, dans chaque réponse de Morgane.

Découvrez comment le désir est un ascenseur vers la liberté !

Après avoir lu ce nouveau livre, vous allez prendre au sérieux les cadeaux que l’on se fait à soi-même: décider de s’offrir quelque chose, se demander de quoi l’on a envie, négocier entre ses désirs et les possibilités de les satisfaire.

Tout cela commence à faire renaître l’envie…

Vous ferez copain-copain avec votre saboteur interne. C’est ce « mauvais génie » qui nous empêche de faire ce qui nous plait, ou nous amuse

La machine à désirer, que nous avons dans la tête, ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. En trouvant des désirs simples et à votre portée, vous pourriez la réamorcer.

Vous voulez des idées ?

Vous allez chercher du pain chez votre boulanger préféré. Vous réservez une table dans un restaurant que vous appréciez.

Vous allez constater qu’il y a vraiment des envies que l’on peut satisfaire.

Ah, le désir…

Notre époque n’a que ce mot à la bouche, mais qu’entend-elle par là ?

Désir, psychotherapie, addiction sexuelle, dépendance, boulimie, F.Duval-Levesque psychopraticien, hypnothérapeute, coach, TCC, hypnoseUne envie de café apporté par le séduisant Georges Clooney ?

Le désir sexuel, qui envahit les magazines, dès que pointent les premiers rayons du soleil ?

Le désir n’a rien à voir avec les objets de consommation, même s’il ne les condamne pas.

Le désir qui nous intéresse ici est cette énergie qui nous agite, nous enthousiasme, nous donne le sentiment d’être vivant.

C’est lui encore qui nous rend créatif, inventif, audacieux dans tous les domaines.

Voici un exercice révélateur d’envies: imaginez-vous gagnante du loto. Qu’allez-vous vous offrir ? Qu’allez-vous faire ?

Et puis, nous avons absolument besoin de rêves impossibles, en désaccord avec toutes les conventions sociales. Tout cela est très normal et très sain.

Cela n’empêche pas de satisfaire des désirs et des plaisirs plus à notre portée. Et plus, si vous commenciez à parler de ces rêves impossibles, peut-être verriez-vous qu’ils ne le sont pas autant que vous le croyez.

Mais le désir nous fait peur encore, parce que nous craignons qu’il nous déborde, et nous nous employons à lui tenir les rênes serrées, comme s’il s’agissait d’un cheval fou.

Le but de ce livre de nous y aider : apprendre à écouter la petite musique de notre désir, et décrypter nos peurs, nos freins conscients et inconscients, destinés à le bâillonner.

De nombreux exemples et des cas concrets nous permettront de surmonter les obstacles et de mettre en oeuvre, à notre tour, un quotidien fait de liberté et d’épanouissement de soi.

Cessons de remettre nos désirs à demain, la vie n’attend pas !

Qui est l’auteur ?

Sophie Cadalen est psychanalyste et écrivain. Elle a notamment publié « Inventer son couple ». « Préserver le désir au quotidien » (Eyrolles), « Hommes, femmes, ni Mars ni Vénus ». « Oui, nous sommes différents, mais autrement » (Leduc), « Les femmes de pouvoir, des hommes comme les autres ? » (Seuil) ou encore « Tout pour plaire et toujours célibataire » (Albin Michel).

Bernadette Costa-Prades est journaliste, spécialisée en psychologie, auteur de plusieurs livres dans ce domaine. Biographe également, elle aborde les grands destins de femmes, explore leur vie amoureuse, tente de comprendre leurs engagements, les ressorts de leur créativité.

 

Source: « Vivre ses désirs, vite !« , de Sophie Cadalen et Bernadette Costa-Prades, éditions Philippe Rey

 

attentat, Bruxelles, 2016

 

 

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Un numéro d’urgence
pour les personnes qui auraient des proches
dans les endroits concernés a été activé : 00 (32) 2 506 47 11

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Pour suivre le direct des évènements:

lemonde.fr/europe/live/2016/03/22/en-direct-double-explosion-a-l-aeroport-principal-de-bruxelles_4887504_3214.html

attentats Paris,CapucineMoulas

À la lumière de la sagesse ancienne et contemporaine du judaïsme, le rabbin Pauline Bebe pose un regard éclairé sur les grandes questions de l’existence.

Ne serait-ce pas une incitation à réfléchir pour donner du sens à sa vie ?

Saisir le merveilleux dans l'instant, du rabbin Pauline BebeEntrouvrir les yeux sous la caresse du soleil levant qui timidement ose un clin d’œil à travers les nuages.

Sentir l’air frais et pétillant du petit matin après une nuit brûlante aux oreillers froissés; voir la lumière du jour dessiner les toits et les arbres comme une dentelière et se poser sur ton visage endormi.

Voir la pierre changer de couleur, blanc beige, rose et mordoré au fur et à mesure que le rayon l’éclaire, plus fort, plus puissant, plus éclatant.

Entendre les mouettes et leurs éclats de rire se répondant les uns aux autres comme des ricochets sur la mer.

Voir dans tes yeux les étincelles de l’amour et m’y plonger jusqu’à l’infini.

Accueillir un enfant dans ses bras qui court à toutes jambes et nous étreint jusqu’au bout de ses doigts.

Boire un café chaud à l’aube et lire tes pensées dans sa lie, dans ses grains suaves et corsés.

Surprendre le vent qui se glisse entre les feuilles, et les fait vibrer au son du frisson qui les parcoure…

Saisir le merveilleux dans l’instant !

Le rythme frénétique de notre société laisse peu de place aux questionnements sur le sens de la vie.

S’inspirant de textes millénaires et contemporains de la sagesse juive, le rabbin Pauline Bebe propose une véritable philosophie du quotidien, à la fois spirituelle et concrète, afin de vivre pleinement sa vie et non de la rêver.

Avec finesse et clarté, elle interroge les grands thèmes de l’existence : le bonheur, la liberté, le travail, le rire, l’amour, la science, le pardon, l’indifférence, l’ennui…

Sa lecture non conventionnelle de ces sujets nous amène à réfléchir par nous-même.

Loin des réponses toutes faites, sans dogmatisme, ce message universel qui allie tradition et modernité s’adresse à tous ceux qui, croyants et non croyants, aspirent à une vie pleine de sens.

Qui est l’auteur ?

Première femme rabbin de France, ordonnée en 1990, Pauline Bebe est l’auteur de plusieurs livres dont Isha, Dictionnaire des femmes et du judaïsme (2001), Qu’est‑ce que le judaïsme libéral ? (2006), L’autre cet infini avec Catherine Bensaïd (2013) et À la lumière de Ton visage (2014).

Source : « Saisir le merveilleux dans l’instant« , du Rabbin Pauline Bebe, Le Passeur Editeur

1 – Le musée est un lieu public, pas une propriété privée.

Les visiteurs paient de leurs deniers les acquisitions d’oeuvres (20 % des recettes de billetterie), la propriété est donc collective. Chaque visiteur est copropriétaire des acquisitions de l’État : l’enrichissement des collections est redevable à sa contribution (sans parler des impôts sur le revenu).

De quel droit lui interdire radicalement toute prise de vues à usage personnel dans un monument historique qui relève du domaine public ? C’est une mesure liberticide, qui fait encore reculer d’un cran la tolérance envers les petites libertés élémentaires.

Elle interdit désormais à un amateur d’art de conserver l’empreinte visuelle de ses visites culturelles, à un étudiant d’illustrer son mémoire de master, à un lycéen de personnaliser son devoir d’histoire des arts, à une famille de se photographier devant la maquette de l’Opéra ; à des enfants de s’entrephotographier devant l’Ours blanc de Pompon, etc.

2 – C’est une atteinte à la liberté d’expression. Une photographie, même amateur, est définie par le code de la propriété intellectuelle comme une oeuvre de l’esprit. L’interdiction fait obstacle à la primauté du droit à l’information, qui concerne aussi les blogueurs reconnus pour diffuser de l’information. La Cour de justice en fait même une valeur constitutionnelle en déclarant que cette liberté des blogs contribue « à l’échange d’idées et d’opinions indispensable à une société démocratique ».

Cette interdiction est donc inacceptable et illégitime !

Faites part de votre désaccord au personnel du musée d’Orsay !!

Syndicat du Musée d’Orsay C.G.T-S.M.O.
62 rue de Lille – 75343 PARIS Cedex 07
Tél : 01 40 49 48 60 – 43 01   courriel : cgt@musee-orsay.fr

Paris, le 12 avril 2010.

Y’a pas photo !

Puisqu’il est d’ores et déjà annoncé ici et là dans des services que l’interdiction totale
de photographier dans le musée est une mesure pérenne et définitive – AVANT
même qu’elle soit soumise au débat et au vote du CTP de jeudi prochain
! – nous
nous sentons autorisés à livrer nos réflexions sur le sujet – avant même le CTP.

La question des prises de photos avec flash a toujours été ingérable pour les agents
de surveillance
.

Leur demander, comme on l’a fait jusqu’à présent, de morigéner les
flasheurs était mission impossible et inefficace. Cela n’aurait jamais dû faire partie de
leurs   tâches.   Une   interdiction   totale   a   l’avantage   de   clarifier   la   consigne,   et   de
simplifier la tâche des agents. Elle contribue donc à améliorer les conditions de
travail des surveillants et des conférenciers, ce dont nous nous réjouissons.
Toutefois, la question – difficile – des prises de photos n’est pas résolue, elle est
simplement supprimée
. Il nous semble que ce point aurait mérité un examen plus
approfondi, sur ses enjeux et ses conséquences.

Cette mesure est de circonstance : il s’agit de contenter les agents en leur donnant
l’impression   qu’on   se   soucie   d’eux   et   de   leur   confort   (en   février/mars,   période
électorale, c’est de bonne guerre), pour qu’ils acceptent sans rechigner de continuer
à travailler dans des conditions générales actuellement assez insupportables, du fait
des travaux.

Elle est destinée à faire diversion sur un problème plus gênant : le fait  que la
surpopulation des salles est due à l’exigüité du musée réduit sur 2 niveaux au lieu de
3, et notamment de la galerie Lille, qui engendre une trop forte affluence compte
tenu de l’espace disponible, trop étroit, ce qui rend les conditions de travail des
agents de surveillance très difficiles, photo ou pas photo.

Le problème des prises de photos détourne l’attention du problème de la longueur
réduite des câbles de mises à distance, bien plus nuisible à la sécurité des oeuvres
que   la   prise   de   photos,   comme   le   constatent   quotidiennement   les   agents   de
surveillance.

L’objectif principal recherché et annoncé est la meilleure « fluidité » des visiteurs, la
fin des « bouchons » : Allez, circulez, avancez, y’a du monde derrière, restez pas en
travers ! Quand les agents de surveillance doivent se faire agents de la circulation…
pour optimiser les flux et donc le nombre d’entrées.

A quand un tapis roulant ?

Que dire alors des visiteurs qui prennent des notes ou font des croquis dans des
carnets ? Va-t-on bientôt interdire la prise de note et le croquis (qui immobilisent le
visiteur devant une oeuvre plus longtemps qu’une prise de photo ?)

Il faut aussi prévoir de virer les copistes. L’expérimentation a donc selon nous été
lancée pour d’excellentes mauvaises raisons.

Sondage

Un   questionnaire   a   été   remis   auprès   des   agents   de   surveillance   :   ils   ont   été
consultés   (sur   les   résultats   attendus,   pas   sur   le   choix   des   questions).   On   leur
demande leur avis : c’est une bonne chose. Ça tombe bien : les avis exprimés
« soutiennent » la mesure.
Poursuivons donc ces consultations et sondages :
« Êtes-vous d’accord pour une augmentation de 50 € du chèque-cadeau de fin
d’année ? OUI  –  NON »
« Préférez-vous travailler dans des salles éclairées en lumière du jour ou en lumière
artificielle ? » (= conditions de travail)

Cette expérimentation se place uniquement dans une logique de fonctionnement
interne, ce qui est très utile, mais il faudrait considérer les choses aussi du point de
vue des visiteurs : le musée est bien toujours un service public
, non ?

La direction aurait pu décider de mener une enquête auprès des visiteurs ; ça se fait,
de consulter les usagers. En 3 semaines, le musée enregistre au minimum 100 000
entrées ; voilà un beau panel représentatif. Plutôt que de demander aux agents de
surveillance : « Cette interdiction est-elle comprise par le public ? », on aurait pu
demander directement au public ce qu’il en pensait
. Bah… oui, mais non.
(C’est un peu comme si l’on demandait aux policiers : « Les contrôles d’identité sont-ils bien
compris par les sans-papiers ? »)

Visiteurs iconolâtres, direction iconoclaste

Le SM’O-CGT est, comme tous les personnels, fier de la renommée mondiale du
musée. Est-il absurde de considérer la prise de photos comme un signe de la fierté
des visiteurs de se trouver dans un lieu prestigieux et mondialement célèbre comme
le musée d’Orsay, un haut lieu du patrimoine et un symbole de la culture en France
à son plus haut niveau ?

Ces photos prises par nos visiteurs venus de loin, souvent mises sur des blogs
personnels de voyages et partagées sur les réseaux sociaux, sont les ambassadeurs
de la notoriété du musée, et contribuent à sa célébrité, autant qu’un article dans la
presse.

Les familles ne photographient pas que les oeuvres ; elles photographient aussi
l’architecture, l’espace, l’ambiance de la gare qui est un monument historique : sa
fameuse horloge, sa verrière, la salle des Fêtes, le panorama parisien vu du 5e
étage, etc. Et elles se photographient elles-mêmes dans ces lieux, pour dire en les
revoyant et en les montrant : « J’y étais et c’était magnifique ».

Qui parmi nous, à l’occasion d’un voyage d’agrément dans un pays étranger, ne prend jamais aucune photo des chefs-d’oeuvre locaux ?

L’excursion marseillaise au musée Cantini d’un groupe d’agents d’Orsay n’a-t-elle
pas donné lieu à une abondante couverture photo-souvenir amateur ? Nous ne
doutons pas que l’attention des participants n’en a pas été distraite pour autant.
Dès lors, est-il légitime d’interdire aux autres ce que l’on autorise à soi-même ?
La photo-manie des visiteurs est certes parfois excessive, mais il faut la voir comme
un signe de l’enthousiasme des visiteurs pour une expérience inoubliable, donc une
pratique positive. Sommes-nous autorisés à porter des jugements de valeur sur les
comportements   de   touristes   que   le   musée   souhaite   ardemment   attirer   plus
nombreux encore ? En 1992, le MCC inaugurait la « photo-folie » : autre époque…

La modification du règlement de visite va instaurer une clause léonine : toute la
contrainte est supportée par une seule des parties (les visiteurs) tandis que l’autre (le
musée) en tire tous les avantages.
L’un de ces avantages est l’attente de vendre davantage d’albums et de cartes
postales. Cependant, on ne peut pas d’un côté demander au grand public de suivre
l’évolution constante des technologies, et de l’autre lui interdire de s’en servir, pour
protéger artificiellement des niches rentières (les plus grosses marges bénéficiaires
de la librairie sont sur les cartes postales). C’est d’ailleurs discriminant, car acheter
20   cartes   postales   revient   cher,   et   toutes   les   oeuvres   exposées   ne   sont   pas
reproduites en carte postale
.
Le plaisir de prendre soi-même des photos ne se compare pas avec l’achat d’une
reproduction. La photo est un geste personnel : on prend ce que l’on veut, sous
l’angle que l’on veut, sous une certaine lumière… C’est un peu de soi que l’on met
dans la prise de l’image, et un peu de son voyage intime que l’on met dans la boîte
.

Cette mesure d’interdiction soulève deux questions d’ordre juridique :

1 – Le musée est un lieu public, pas une propriété privée. Les visiteurs paient de
leurs deniers les acquisitions d’oeuvres (20 % des recettes de billetterie), la propriété
est donc collective. Chaque visiteur est copropriétaire des acquisitions de l’État :
l’enrichissement des collections est redevable à sa contribution (sans parler des
impôts sur le revenu). De quel droit lui interdire radicalement toute prise de vues à
usage personnel dans un monument historique qui relève du domaine public ?
C’est une mesure liberticide, qui fait encore reculer d’un cran la tolérance envers les
petites libertés élémentaires. Elle interdit désormais à un amateur d’art de conserver
l’empreinte visuelle de ses visites culturelles, à un étudiant d’illustrer son mémoire de
master, à un lycéen de personnaliser son devoir d’histoire des arts, à une famille de
se   photographier   devant   la   maquette   de   l’Opéra   ;   à   des   enfants   de   s’entre-
photographier devant l’Ours blanc de Pompon, etc.

2 – C’est une atteinte à la liberté d’expression. Une photographie, même amateur,
est définie par le code de la propriété intellectuelle comme une oeuvre de l’esprit.
L’interdiction fait obstacle à la primauté du droit à l’information, qui concerne aussi
les blogueurs reconnus pour diffuser de l’information. La Cour de justice en fait
même une valeur constitutionnelle en déclarant que cette liberté des blogs contribue
« à l’échange d’idées et d’opinions indispensable à une société démocratique ».

Le meilleur des mondes

On nous dit que tous les visiteurs sont satisfaits, à part quelques inévitables râleurs,
sans donner de chiffres ni de pourcentage ? C’est du ressenti doigt en l’air.
On   nous   affirme   qu’ils   approuvent   qu’on   les   prive   d’un   droit   élémentaire   et
comprennent que c’est pour leur bien. On soutient aussi ils ne s’aperçoivent pas que
le 5e étage est fermé et que la majorité des chefs-d’oeuvre ne sont pas là, etc. On a
vraiment des visiteurs merveilleux. Le musée devrait les embaucher !
Parmi « les raisons de ce succès » figurant au bilan, il y a « l’acceptation de la
mesure par le public ». Il est précisé qu’il « importera de ne revenir sur aucune des
raisons de ce succès. » Les visiteurs de demain n’ont qu’à bien se tenir !

Une autre des « raisons de ce succès » figurant au bilan est : « le consensus des
services sur l’utilité de la mesure – radicale – ; et il importera de ne revenir sur
aucune des raisons de ce succès. »

«    Consensus   (nom masculin) : accord unanime (absence d’opposition), pouvant
permettre de prendre une décision sans vote préalable. »
(dictionnaire Wikipédia)

«    Consensus   (nom masculin) : Procédure qui consiste à dégager un accord sans
procéder à un vote formel, ce qui évite de faire apparaître les objections et les
abstentions. »
(dictionnaire Larousse)

Sur 75 agents de surveillance ayant répondu, 71 se déclarent favorables (sur un
total   de   233).   Le   bilan   conclue   que   « les   attendus   du   projet   (cf.   note   de   Guy
Cogeval) sont tous réalisés ». Voilà un plébiscite digne des pays totalitaires.
Nous voici donc entrés dans une ère nouvelle : celle où les agents ne sont plus
seulement tenus d’obéir à des ordres conformes à la déontologie du service public
c’est une obligation de fonctionnaire – mais carrément d’adhérer consensuellement
aux   mesures   radicales.   Tous   les   agents,   sans   exception,   doivent   mettre   leurs

cerveaux en conformité avec les ordonnances de la direction, pour le présent ET pour l’avenir.

Cette nouvelle ère a un nom : le meilleur des mondes.

Aujourd’hui,   c’est   l’interdiction   totale   de   photographier.

Formidable   (ce   sont   les visiteurs qui sont visés, c’est pas nous).

Et demain ?…

Enfin, pour la direction, n’y a-t-il pas là un enjeu d’orgueil ? Réussir à Orsay, là où le
Louvre   aurait   « échoué »   –   dit-elle   –   en   2007…   par   excès   d’égards   envers   ses
visiteurs.

http://www.musee-orsay.fr

Edito du Monde, du 04/02/09

Libertés, alerte !

Depuis la Déclaration de 1789, le principe en est posé : liberté et « sûreté » sont deux droits « naturels et imprescriptibles de l’homme ».

Pour mieux assurer la sûreté des Français – leur sécurité, dit-on aujourd’hui -, le gouvernement actuel met-il en danger les libertés publiques ? Oui, à l’évidence, dénoncent les défenseurs des droits de l’homme. Evidemment non, répliquent le président de la République et sa majorité, qui mettent ces alarmes sur le compte du procès d’intention, d’un angélisme dépassé ou d’une paranoïa ridicule.

Le dossier que nous publions aujourd’hui permet d’en juger.

Il est inquiétant.

statue-liberte1Tous les lieux d’enfermement se sont, en quelques années, remplis de façon spectaculaire.

On le savait pour les prisons, dont le Parlement français, les instances européennes ou l’ONU ont dénoncé la situation scandaleuse.

On le constate également pour les centres de rétention pour étrangers en situation irrégulière ou pour les hospitalisations sans consentement dans des services psychiatriques.

Mais le chiffre le plus saisissant est celui des gardes à vue dans les commissariats de police. En huit ans, il a explosé : en 2008, un Français sur cent (577 816 personnes, contre 336 718 en 2001) a subi ce régime de contrainte, dans des conditions souvent déplorables.

Personne ne semble à l’abri, tant la procédure se banalise.

A ces constats s’ajoute le durcissement spectaculaire, voire absurde, de l’arsenal législatif. Depuis 2001, dix-sept lois ont, d’une manière ou d’une autre, renforcé les moyens de la police et de la justice pénale. Et quatre nouveaux textes sont en préparation !

Enfin, le fichage – donc le contrôle – informatisé des Français se développe tous azimuts, de façon souvent opaque et discutable. Cette dérive, cette obsession sécuritaire, n’est pas seulement inefficace, puisque les chiffres officiels témoignent que l’insécurité la plus traumatisante (les atteintes aux personnes) a continué à progresser. Elle est également dangereuse. Nicolas Sarkozy s’est félicité de l’élection récente du nouveau président américain.

Que disait Barak Obama dans son discours d’investiture ? Ceci : « Nous refusons de faire le choix erroné entre notre sécurité et nos idéaux. Nos pères fondateurs, confrontés à des dangers inimaginables, ont rédigé une charte afin de garantir l’Etat de droit et les droits de l’homme. Ces idéaux éclairent le monde encore maintenant, et nous n’allons pas y renoncer par commodité. » Le président français s’honorerait d’avoir la même ambition.

Article paru dans l’édition du 05.02.09

Des OGM dans les produits bio ! A qui fait faire confiance !!

Depuis le 1er janvier 2009, la présence d’OGM dans les produits issus de l’agriculture biologique est autorisée 😦

0,9 % ! C’est la teneur en OGM que vous pourrez désormais trouver dans vos produits bio sans que cela soit écrit sur l’étiquette…

C’est une victoire pour Monsanto et tous les autres semenciers !

ogm-jen-veux-pasLe nouveau règlement européen, entré en vigueur le 1er janvier 2009, autorise en effet la présence « fortuite ou techniquement inévitable » – faites-moi rire – d’OGM à hauteur de 0,9 % dans les produits issus de l’agriculture biologique.

Au-delà de ce seuil, ces aliments devront être étiquetés comme contenant des OGM.

Sans blaques !

Si des personnes veulent manger bio, cela les regardent et je respecte leur choix.

Mais qu’ils fassent de même et respectent ma liberté de choisir de me nourrir avec les aliments que je veux.