Obésité et Covid-19 : les jeunes seraient également à risque.

Récemment, de nombreuses études ont mis en évidence un lien entre obésité et risque de développer une forme sévère de Covid-19.

En l’occurrence, la proportion de personnes avec un surpoids important admises dans les services de réanimation serait si élevée que l’obésité est désormais considérée comme l’une des comorbidités les plus fréquentes avec l’hypertension, le diabète ou encore les maladies cardiovasculaires.

Des chercheurs de l’université Johns-Hopkins, à Baltimore, ont tenté d’explorer davantage ces données, qui pourraient être essentielles à une politique de prévention dans les pays où la prévalence de l’obésité est particulièrement élevée.

Aux États-Unis par exemple, elle concerne 40 % de la population.

Ainsi, ils ont examiné le lien entre l’indice de masse corporelle (IMC) et l’âge de 265 patients Covid-19 admis en réanimation au sein de six grands hôpitaux universitaires américains, et ont observé une corrélation inverse : les patients les plus jeunes étaient plus fréquemment obèses que les adultes.

Cette observation justifie selon eux d’adapter les recommandations de santé publique pour cibler les jeunes adultes, et éventuellement d’adapter les politiques de dépistage, afin de réduire la prévalence de formes très sévères de la maladie au sein de cette population.

En effet, le présupposé selon lequel seuls les patients les plus âgés présentent un risque de développer une forme grave du Covid-19 est encore très fréquent.

Source: David A Kass, et al. The Lancet, 4 mai 2020
https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S0140673620310242

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Deux fois plus de décès prématurés peuvent être attribuables au manque d’activité physique qu’à l’obésité, selon une étude publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition.

Mais il suffit d’une petite augmentation d’activité pour réduire le risque.

Il est déjà connu que l’inactivité est associée à un risque accru de décès prématuré ainsi qu’à un risque accru de maladies cardiaques et de cancer. Bien qu’elle puisse contribuer à une augmentation de l’indice de masse corporelle (IMC), elle est associée au décès prématuré indépendamment de l’IMC.

Ulf Ekelund, de l’Université Cambridge, et ses collègues ont analysé des données concernant 334,161 hommes et femmes européens suivis pendant 12 ans.

La plus grande réduction de risque de décès prématuré était constatée entre les groupes inactifs et modérément actifs.

Un peu moins d’un quart des participants (23%) étaient inactifs, c’est-à-dire qu’ils ne rapportaient aucune activité physique dans leur loisir et au travail.

Seulement 20 minutes de marche rapide chaque jour (brûlant entre 90 et 110 calories) faisait passer une personne du groupe inactif à celui modérément actif et réduisait le risque de 16 à 30%. L’impact était plus grand chez les personnes de poids normal, mais celles avec un IMC supérieur retiraient aussi un bénéfice.

Mais « nous devrions vraiment chercher à faire plus que cela », estiment les chercheurs. « L’activité physique a de nombreux avantages pour la santé et devrait être une partie importante de notre vie quotidienne ».

« Aider les gens à perdre du poids représente un véritable défi, et alors que nous devons continuer à chercher à réduire les niveaux d’obésité de la population, les interventions de santé publique qui encouragent les gens à faire de petits changements, mais réalisables, d’activité physique peut avoir des avantages importants pour la santé et être plus faciles à obtenir et maintenir », dit-il.

 

Sources : Psychomédia.qc.ca, University of Cambridge

Nul n’y échappe.

Le souci de la minceur semble n’épargner personne.

Et il fait endurer 
à notre corps une véritable éthique de la restriction.

Des couvertures de magazines féminins aux affiches publicitaires en passant par les recommandations diététiques diffusées à la télévision, l’incitation au régime et à la restriction alimentaire contribue chaque jour davantage à asseoir le culte de la minceur comme l’idéal esthétique de la société contemporaine.

La beauté se confond désormais avec l’image d’un corps svelte, longiligne, dépourvu d’adiposité, dissociant de plus en plus norme sociale et norme médicale.

En effet, les représentations sociales du corps, principalement féminin, se sont désolidarisées des critères médicaux. A tel point qu’il est courant aujourd’hui de ne se référer qu’à l’échelle sociale, tout en étant conscient qu’elles ne correspondent pas.

En témoigne une étude menée auprès de 140 étudiantes de Sciences Po âgées de 18 à 25 ans, consistant à soumettre à ces jeunes filles la photo d’un mannequin anorexique. Elle montrait que plus de 39 % d’entre elles ne la trouvaient pas maigre, 18 % avouant même le souhait de lui ressembler.

L’échelle de mesure médicale, appelée indice de masse corporelle (IMC), n’a dès lors plus aucune influence sur la représentation de leur propre corps.

Cette dernière semble même souffrir d’un décalage qualitatif qui fait passer la maigreur au sens médical pour de la minceur, la minceur médicale pour la normalité pour enfin arriver, le serpent se mordant la queue, à la constatation paradoxale que l’intervalle « normal » dans l’échelle IMC signifie socialement que le corps est déjà trop gros.

Sources: scienceshumaines.com, mon expérience de psychopraticien spécialisé en addiction alimentaire

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Et oui ! Le surpoids favoriserait aussi le cancer…

Une étude publiée il y a quelques mois par le Fond mondial de recherche contre le cancer le suggérait déjà.

Ces résultats sont aujourd’hui confirmés par une nouvelle étude de grande envergure publiée dans la revue médicale The Lancet.

Les chercheurs britanniques ont passé en revue plus de 140 études portant en tout sur plus de 282 000 patients pour vérifier s’il existait un lien entre l’indice de masse corporelle et le risque de cancer.

Résultat : chez l’homme, un gain de 5 points de l’indice de masse corporelle (IMC), soit une prise de poids d’environ 15 kilos, augmente de 52% le risque de cancer de l’oesophage, de 33% le cancer de la thyroïde et de 24% le risque des cancers du colon et du rein.

Chez la femme, un gain de 5 points de l’IMC augmente de 59% le risque des cancers de l’utérus et de la vésicule biliaire, de 51% le risque de cancer de l’oesophage et de 34% le risque de cancer du rein.

Les chercheurs estiment que le surpoids pourrait devenir un des facteurs de risque de cancer les plus importants. Des résultats qui confirment que le maintien d’un poids optimal tout au long de la vie pourrait être l’un des principaux moyens de se protéger du cancer, comme le suggéraient les auteurs de la première étude.

Source : Dr Andrew G Renehan PhD, Margaret Tyson, Matthias Egger, Richard F Heller Marcel Zwahlenc Body-mass index and incidence of cancer : a systematic review and meta-analysis of prospective observational studies – The Lancet 2008