Le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment contracté par les femmes en France, avec 58 968 nouveaux cas en 2017, selon l’Institut national du cancer (INCA).

On estime, pour la même année, qu’il est responsable de la mort de 11 883 femmes. 18,2 % des femmes atteintes d’un cancer succombent, dans le pays, au cancer du sein.

Le risque d’être touché par cette maladie augmente fortement avec l’âge : 80 % des cas se développent après 50 ans, toujours selon l’INCA.

De nombreuses études ont été réalisées pour explorer les causes du cancer du sein.

De nombreux facteurs de risques ont été identifiés, mais certains sont considérés comme prépondérants, selon l’INCA. Outre le sexe (seulement 1 % des cas touchent des hommes) et l’âge, il s’agit surtout:

– d’antécédents personnels de maladie (par exemple, de précédents cancers du sein, de l’ovaire ou de l’endomètre),

– d’antécédents familiaux de cancers

– ou de prédispositions génétiques.

Des risques liés à l’environnement et au mode de vie existent aussi.

Selon le Centre international de recherche sur le cancer, 15,1 % des nouveaux cas de cancer du sein chez des femmes de plus de 30 ans en 2015 étaient imputables à la consommation d’alcool, ce qui représente un peu plus de 8 000 cas. Par ailleurs, 4,4 % étaient liés à la consommation de tabac. Après 50 ans, 10,6 % des cancers étaient attribuables au surpoids et à l’obésité. Les perturbateurs endocriniens sont également suspectés d’être un facteur de risque.

Les pesticides quant à eux, peuvent jouer un rôle dans l’apparition de certains cancers. Mais la recherche scientifique n’a, à ce jour, pas mis en évidence de possibles effets sur l’apparition du cancer du sein, comme le concluait une expertise de l’Inserm en 2013. Et ce, tant en ce qui concerne la population générale que celle des travailleurs agricoles.

Cela n’obère pas toute réflexion sur le sujet, d’autant que certains pesticides sont susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens. Reste qu’on peut difficilement dire que si une femme sur dix est touchée par le cancer du sein, c’est « dû aux pesticides ». Les propos de Ségolène Royal ont donc fait bondir des spécialistes du sujet comme le président de la Ligue nationale contre le cancer, Axel Kahn.

C‘est une maladie qui commence à peine à se faire connaître.

L’endométriose, qui touche une femme sur dix, est une pathologie gynécologique extrêmement douloureuse provoquée par la présence de cellules de l’endomètre hors de l’utérus.

Alors que la semaine européenne de prévention et d’information sur l’endométriose débute ce lundi 4 mars, LCI à recueilli le témoignage de Virginie Durant, diagnostiquée au bout de 20 ans de souffrance. Elle vient de publier un livre intitulé « Des barbelés dans mon corps ».

Le calvaire de Virginie Durant aura duré 20 ans.

Du haut de ses 38 ans, elle a vécu toutes ces années dans la souffrance et l’incompréhension.

Subissant des douleurs invalidantes et sévères dès ses premières règles, à 12 ans, cette Corrézienne n’est comprise ni par le corps médical, qui minimise ses douleurs et la décrédibilise, ni par son entourage, qui la considère bien souvent comme « une fille à problèmes ».

Pendant 20 ans donc, et avec l’aide de ses parents, elle se battra pour prouver qu’elle n’est pas la « malade imaginaire » qu’on l’accuse d’être, mais qu’elle souffre d’endométriose, comme le lui a suggéré une amie lorsqu’elle avait une vingtaine d’années.

De ce combat, elle a écrit un livre, sorti au mois de février aux éditions du Rocher : « Des barbelés dans mon corps ».

« Ce qui m’a vraiment motivée à écrire ce témoignage, c’est la volonté de mettre en lumière toutes ces femmes qui sont obligées de serrer les dents, nous explique-t-elle. Je commence à recevoir des messages de femmes qui me disent qu’elles sont obligées de taire leur maladie par peur se faire virer. La honte doit changer de camp ! »

Duval-Levesque,psychopraticien,coach,hypnotherapeute,addiction,dependance,boulimie,deuil, traumatisme,anxiete,peur,phobie, mal-etre,Toulouse,hypnose,PNL, therapeute,bon,psy,stress,burn out, douleur,avis, temoignage (2)Si toutes les endométrioses ne sont pas équivalentes, celle dont est atteinte Virginie se rapproche du supplice. Ses douleurs, qui s’apparentent à des barres de fer plantées dans son bas-ventre, à du fil barbelé, à des lacérations, ne font que se multiplier.

« Au début, j’avais mal juste au moment de mes règles, puis c’était à partir de la période d’ovulation. Ensuite, cela a été tous jours. » Les dernières années, la jeune femme ne tient plus sur ses jambes, tremble en permanence, ne s’alimente pratiquement plus.

A bout de force, rompue par la fatigue, la jeune femme consulte régulièrement des médecins et des gynécologues qui ne la comprennent pas, n’apportent aucun crédit à son ressenti.

Tour à tour, ses maux sont attribués au stress, à des problèmes digestifs, à une inflammation de l’appendice dont elle se fait opérer.

Alors qu’elle n’a que 19 ans, un médecin qu’elle rencontre après une violente crise lors de ses vacances à l’Île-de-Ré introduit son doigt dans son vagin, la malmenant « dans les profondeurs les plus avilissantes » et lui assène avec violence : « Vu l’état dans lequel vous êtes, vous devez avoir le Sida ! ». Il la renverra chez elle avec un simple antibiotique.

Quelles années plus tard, en 2006, un chirurgien-gynécologue prétend qu’elle est enceinte et fait une fausse-couche. Il opère un curetage. Une grave erreur médicale que l’auteure du livre considère comme l’un des moments les plus traumatisants de son existence. « À partir de ce moment-là, j’ai été dépossédée de ma vie. Je n’avais plus la force de me battre face à la médecine pour affirmer que je souffrais d’une endométriose. J’étais réduite à l’état de marionnette », nous décrit-elle.

Des praticiens de médecines alternatives, qu’elle consultera plus tard après une perte de confiance totale en la médecine traditionnelle, achèveront de la briser. « On me faisait croire que la douleur aux ovaires était due à un manque de créativité, que les problèmes de vessie étaient liés à mes peurs, les douleurs à l’anus à un manque de positionnement dans la vie ou encore une douleur au bras, apparue après une chute dans les escaliers, au désir de tenir un enfant dans mes bras. A cause de tout ça, je me suis beaucoup jugée. »

Perdue, dénuée de toute confiance en elle, Virginie Durant se remet alors sans cesse en question et intériorise sa maladie.

Elle s’éloigne de ses amis, de ses connaissances, qui ne la comprennent pas non plus et refusent de voir ce dont elle souffre. « Tout ce qui touche au féminin, ce sont des problèmes de femmes. Ça ennuie. Et même entre femmes, on nourrit ça », soupire-t-elle.

Quant à la vie professionnelle de cette passionnée d’histoire et d’écriture, elle se réduit chaque année un peu plus, ses souffrances la forçant à démissionner régulièrement de ses petits boulots. « Je me disais que j’avais besoin d’être en vacances de ma vie », affirme-t-elle.

C’est finalement en 2016, lors d’une énième crise, que le diagnostic tombe.

Face au refus de sa gynécologue de l’hospitaliser, Virginie Durant se fait conduire par sa mère dans une clinique de Brive. Un kyste lutéal [augmentation du volume de la glande sécrétant des hormones] sur l’ovaire gauche et un kyste sur l’ovaire droit sont détectés lors d’une échographie.

Un infirmier lui annonce qu’elle est atteinte… d’endométriose. Face à l’avancement de la maladie qui n’a, finalement, jamais été prise en charge, la jeune femme risque de perdre ses organes féminins. L’opération se déroulera finalement au mieux, et marquera le début son rétablissement, chez ses parents.

« Je ne parviens à quitter mon lit que depuis mi-décembre et aujourd’hui, je renais », nous assure-t-elle.

« Je n’arrive pas encore à me projeter mais maintenant je suis heureuse parce que je peux enfin profiter de l’instant présent. J’avance au jour le jour. »

À l’aube de ses 40 ans, Virginie Durant dit vivre « en paix par rapport à ce passé ». Elle affirme tout de même vouloir continuer de se battre pour une meilleure formation des médecins et la reconnaissance de cette maladie sournoise qu’est l’endométriose.

« On ne peut pas piétiner des patientes comme cela a été fait avec moi. Nous devons être entendues. Si je n’avais pas mes parents, je serais à la rue ! », affirme-t-elle en racontant que seulement quatre mois après que le diagnostic a été posé, un médecin de la sécurité sociale lui a soutenu qu’elle ne voulait pas travailler parce qu’elle avait ses règles.

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L’endométriose est une maladie chronique qui touche environ une femme sur dix en âge de procréer.

La plupart (70%) souffrent de douleur chronique. Selon l’association EndoFrance, en raison des multiples formes qu’elle peut adopter, elle est souvent diagnostiquée « par hasard », au bout de sept années en moyenne. Des années « durant lesquelles la maladie a eu le temps de causer des dommages notables à différents organes ».

Ces dommages proviennent de la migration, lors des règles, de cellules de l’endomètre (tissu qui tapisse l’utérus) vers les trompes. Un tissu semblable au tissu endométrial se développe alors hors de l’utérus et provoque des lésions, des adhérences et des kystes ovariens dans les organes colonisés. « Cette colonisation, si elle a principalement lieu sur les organes génitaux et le péritoine peut fréquemment s’étendre aux appareils urinaire, digestif, et plus rarement pulmonaire », précise EndoFrance. Environ 35 % des femmes atteintes d’endométriose connaissent des problèmes de fertilité. Si la maladie peut se traiter de différentes façons, elle ne se guérit pas.

Un suivi médical régulier est nécessaire pour prévenir d’éventuelles récidives.

 

L’hypnose profonde en dialoguant avec l’insconscient peut aider, en améliorant la qualité de vie, et/ou en s’intéressant à la maladie elle-même.

 

 

Sources : LCI, « Des barbelés dans mon corps » de Virginie Durant ,aux Editions du Rocher

Faites du sport pour lutter contre votre cancer…

J’avais besoin d’un exutoire à ma colère », c’est ainsi que Nadège, qui veut rester anonyme, décrit les cours de karaté. Elle les a démarrés quand elle a appris qu’elle avait un cancer du sein en 2010. « Ce sport a été une révélation. Cela m’a permis de prendre l’initiative, d’être actrice de ma santé, plutôt que d’être spectatrice du ballet des soignants. Après le traitement, on a l’impression d’être abandonné, explique cette jeune femme de 37 ans, le fait de pouvoir crier, de faire le fameux kiai (« le cri de combat qui précède ou accompagne l’application d’une technique ») soulage. »

Le sport est utile en termes de prévention du cancer, mais aussi en cours de traitement.

Une note de l’Institut national du cancer (INCa), publiée le 14 février, dresse l’état des connaissances actuelles. Elle indique que l’activité physique est associée à une diminution de 25 % à 30 % de survenue des cancers du sein (surtout après la ménopause), du cancer du côlon et de l’endomètre. Des publications mentionnent l’effet protecteur de l’activité physique pour d’autres cancers (poumon, pancréas, prostate, ovaire), mais « les données sont encore insuffisantes pour en tirer des conclusions », précise l’INCa.

Une conférence s’est tenue sur ce sujet le 1er février, à Paris, lors du 7e Forum francophone de cancérologie, organisée par l’association Cancer, arts martiaux et information (CAMI), créée en 2000 par le docteur Thierry Bouillet, cancérologue au CHU Avicenne, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), et Jean-Marc Descotes, professeur de karaté.

Le bénéfice de l’activité physique après le diagnostic du cancer est démontré par de nombreuses études en termes de survie et d’amélioration de la qualité de vie, avec une réduction du risque de mortalité et de récidive.

« La pratique d’une activité modérée trois heures par semaine ou d’une activité intense de trois fois vingt minutes par semaine diminue de 30 % le risque de mortalité prématurée », souligne le docteur Thierry Bouillet.

« Les études montrent un « effet dose » : plus on fait de sport, mieux c’est. Souvent, les personnes qui pratiquent une activité sportive ont une alimentation plus saine, fument moins, etc. Ce sont autant de facteurs protecteurs contre la maladie », explique le professeur Martine Duclos, chef du service médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand. « Pendant longtemps, on a dit au patient, « reposez-vous » ; or, le fait de pratiquer une activité physique permet de lutter contre la fatigue« , constate le professeur Michel Pavic, de l’hôpital d’instruction des armées Desgenettes à Lyon. Un symptôme qui affecte environ 80 % des patients tout au long de la maladie.

Au-delà des effets prouvés sur la maladie, « la pratique d’un sport amoindrit les symptômes dépressifs, améliore l’image corporelle, permet d’avoir accès, dans la panoplie des traitements, à quelque chose de plaisant, cela peut aussi être rassurant pour les proches en renvoyant une image de normalité« , souligne Sarah Dauchy, psycho-oncologue à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne).

« Quand on a un cancer, on en veut à son corps qui a trahi. L’estime de soi que l’on retrouve à travers le sport est fondamentale, j’ai eu le sentiment de m’être réapproprié mon corps, constate Cécile Monthiers, atteinte d’un cancer du sein. Le sport m’a permis de garder l’énergie pour ne pas sombrer. »

Des initiatives commencent à se développer.

L’association CAMI offre, outre le karaté, de la danse, du tai-chi. Elle a débuté son activité au CHU Avicenne, et est aujourd’hui présente dans une vingtaine de lieux, en ville ou à l’hôpital. D’autres associations, comme la Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire (FFEPGV) ou les comités départementaux de la Ligue contre le cancer, sont actifs.

De même, l’Institut Curie, à Paris, en partenariat avec l’association Siel Bleu (Sport, initiative et loisirs) a lancé fin janvier un programme pilote d’activité physique à la fin du traitement. « Lorsqu’on m’a proposé de faire du sport, j’ai été surprise, mais lorsqu’on m’a dit que c’était bénéfique et que cela diminuait le risque de récidive, il n’y avait plus à réfléchir« , explique Monique Rocher. Agée de 62 ans, opérée en décembre 2010 d’un cancer du sein, elle a démarré les cours de step à l’Institut Curie. Plusieurs patients mettent en avant l’intérêt des cours collectifs.

« Le sport est important pour être bien dans son corps et dans sa tête, et faire autre chose que de lutter contre la maladie« , explique aussi Nathalie Bordas, âgée de 39 ans, suivie à Curie. « Il est généralement admis que les personnes malades ne peuvent pas faire de sport. C’est une erreur, lance le docteur Bouillet.

Mais attention, la pratique du sport pendant et après un traitement doit être encadrée, estiment les soignants. « Il faut être très vigilant. Le patient doit adhérer, avoir le goût pour cette activité physique, et être autonome« , estime Jean-Marc Descotes. Un diplôme « sport et cancer » a été créé à l’université Paris-XIII.

Mais dans les faits, combien de médecins parlent de la pratique du sport à leurs patients ?

« Oui, il faut bouger, oui, les médecins doivent être des prescripteurs », lance Cécile Monthiers, qui avoue mettre sur son agenda « kiné » et pas « sport », car ce serait considéré comme un luxe.

Les pouvoirs publics sont encore peu sensibilisés à cette question. Selon le docteur Bouillet, « l’Etat devrait faciliter la mise en place d’un réseau avec des associations labellisées, ce qui permettrait en outre d’économiser de lourdes dépenses à l’assurance-maladie ».

Références: lemonde, Pascale Santi, INCa, Institut Curie

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