Longtemps restée marginale en thérapie, la séance à distance connaît un essor grandissant.

Un engouement que plébiscite mes clients habitant en dehors de Toulouse. Et qui pourrait, à l’avenir, faciliter l’accès aux psychothérapies pour tous, et ceux habitant loin.

Les téléconsultations modifient aussi les pratiques psys, ne serait-ce que par les limitations sensorielles qu’elles impliquent.

Dès lors que j’utilise la vidéotransmission, je suis obligé d’adapter mes façons de d’écouter, de regarder et de parler, ce qui change les intéractions avec mes clients.

Pour m’assurer que je fais du bon travail, je pose davantage de questions au client, et même à le voir en face à face la première fois; surtout en hypnothérapie.

Consulter son psys depuis le canapé du salon ? Un confort auquel une de mes clientes, 41 ans, a goûté pour la première fois fin mars.

« Epidémie de Covid-19 oblige, mon psy m’a proposé de faire ma consultation de suivi de suivide burn-out et d’anxiété à distance », raconte cette ingénieure commerciale chez Orange. Habituée au numérique, au télétravail et aux visioconférences, ma cliente en est ressortie conquise.

« Au bout de quelques minutes, j’avais vraiment l’impression d’être comme en face à face, témoigne-t-elle. L’échange était très fluide et m’a permis d’avoir les réponses à mes questions, et me sentir mieux, sans attendre le déconfinement. »

La télépsy est donc une forme de pratique thérapeutique à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. Et elle suscite un engouement croissant à mon cabinet.

Et les clients utilisateurs sont loin d’être tous des « digital natives ». D’après mes derniers chiffres, 15 % ont entre 55 et 64 ans et 11 % sont âgés de plus de 65 ans… !

Mes clients ont longtemps nourri la crainte que la téléconsultation réduise le niveau de qualité de la séance, déshumanise la relation avec le thérapeute. Mais quand le nombre de cas de Covid-19 a explosé, ils ont soudain ressenti une obligation vitale de distanciation sociale pour ralentir la propagation du distanciation sociale.

La téléconsultation est alors apparue pour beaucoup comme la seule solution possible pour continuer leurs psychothérapies. En l’espace de vingt-quatre heures, j’ai donc dû m’y remettre et revoir, comme nous tous, ma façon de travailler.

Nous avons parfois besoin d’être au pied du mur pour changer nos habitudes.

C’est vrai pour la défense du climat comme pour la transformation de la thérapie !