Le confinement lui a «sauvé la vie».

Marie-Ange, 24 ans, pèse ses mots.

En mars 2020, elle était en quatrième année de pharmacie à Strasbourg, et moralement à bout. Pourtant, devenir pharmacienne a toujours été une évidence pour elle.

Mais, dès le début de la PACES (la première année commune aux études de médecine), elle doit faire face à la pression.

«On nous disait “peu importe vos résultats au bac, ici, vous êtes nuls”. Tout était fait pour nous décourager Déstabilisée, Marie-Ange travaille d’arrache-pied, se prend «une claque» au moment des classements et commence à douter. «Je me disais que je n’y arriverai jamais. Je me sentais faible, nulle, tout le temps

Elle refait la PACES, déterminée à aller au bout de ses envies. Et cette fois, elle obtient sa place en pharmacie. «J’en ai pleuré de soulagement», se souvient-elle. Pourtant, face à la surcharge de travail, elle se sent fragilisée. «Les années PACES ont fait des ravages, psychologiquement et physiquement. Depuis, j’ai des migraines et des plaques sur la tête en période de stress

Dès l’enfance, on pousse à la réussite.

On ne valorise pas les erreurs et on considère les notes comme plus importantes que les appréciations. En même temps, on n’apprend pas à se calmer, se détendre. Dans notre société, prendre soin de soi n’est pas valorisé.

Conséquence : plongés dans des études exigeantes, on sent une lourdeur chez certains étudiants, qui dévient de tout ce qui pourrait les aider à acquérir un équilibre psychique. À cet âge-là, il faudrait pouvoir développer une curiosité intellectuelle, s’intéresser à plein de choses.

En quatrième année, Marie-Ange sombre peu à peu.

Woman suffering an anxiety attack alone in the night

«J’étais dépassée. J’avais plus envie.» Alors qu’elle travaille, la jeune femme fait de telles crises d’angoisse qu’elle s’évanouit deux fois et sombre dans une dépression.

«J’avais pas envie de me lever. Plus rien ne me réjouissait. Dès que j’approchais de la fac, j’avais du mal à respirer, je me sentais énervée

Au premier semestre, sa moyenne s’élève à 9,88. Les échéances des rattrapages, des examens et du certificat de synthèse lui paraissent insurmontables. «Je ne voyais plus d’autres portes de sortie que d’arrêter. Je n’en pouvais plus.» Les pires pensées traversent son esprit. «Je savais que si je continuais comme ça, je ne finirais pas l’année vivante…»

Son quotidien se voit alors bousculé par le Covid.

À l’annonce du confinement, Marie-Ange ressent un immense soulagement.

«Plus besoin de retourner à la fac, amen!» Elle rentre dans son village natal, à la campagne.

«C’était une rupture énorme. Au début, on n’avait pas de nouvelles de la fac, on ne nous envoyait même pas de cours.» L’étudiante découvre alors les petits plaisirs quotidiens que lui offre cette parenthèse chez elle. Une raclette à midi devant la télé, une balade dans les champs en compagnie de sa maman… Son état moral n’a plus rien à voir. «Je me disais que les journées n’étaient pas assez longues pour tout vivre. D’habitude, c’était, dès le réveil, “hâte d’aller au lit ce soir, que cette journée soit finie”.»

Après trois semaines de confinement, quand elle s’est «sentie prête», Marie-Ange s’est remise aux cours.

Elle renoue alors avec le plaisir d’apprendre, en allant à son rythme.

Sa moyenne remonte, à l’image de sa motivation. Les mois qui suivent, elle continue d’organiser ses journées comme elle le souhaite, avec des cours en visio. Marie-Ange se réapproprie ses études et en retrouve le sens. Le stage qu’elle effectue en milieu hospitalier lui confirme son envie d’aider les autres. «Ça a été une bulle d’air, je me suis sentie utile, sur le terrain.»

À présent, la jeune femme est en sixième et dernière année.

Avec le recul, elle l’affirme : le Covid a été une libération pour elle. Le confinement est survenu pour Marie-Ange à un moment de tensions importantes dont elle avait besoin de s’extraire pour relâcher la pression et récupérer ses ressources.

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persévérance

 

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Attention ! La dépression, ce n’est pas un « mal-être » existentiel, ni un « coup de déprime »

Le fait de se sentir triste, d’être « déprimé », d’avoir des « idées noires » ou des difficultés à dormir ne veut pas forcément dire que l’on souffre de dépression. Les moments de cafard, de « blues », de doute ou de questionnement font partie de la vie. Au fil du temps et des événements, chacun de nous expérimente toute une gamme de sentiments, du plus triste au plus optimiste. À l’intérieur de cette large palette d’émotions, la tristesse, le découragement et le désespoir représentent des expériences humaines normales.

Ces variations et ces baisses de l’humeur ne doivent pas être confondues avec ce qu’éprouve une personne dépressive.

Pour pouvoir parler de dépression, et donc de maladie, il faut :

• que ces perturbations de l’humeur soient multiples et bien caractérisées
• qu’elles se manifestent de façon (quasi) permanente pendant une période supérieure à deux semaines
• qu’elles entraînent une gêne importante dans un ou plusieurs domaines de la vie quotidienne (difficulté ou incapacité de se lever, d’aller à son travail, de sortir faire ses courses…).

La dépression est l’une des maladies psychiques les plus répandues. Selon une enquête réalisée en 2005* par l’Inpes :

• 8 % des Français de 15 à 75 ans (soit près de 3 millions de personnes) ont vécu une dépression au cours des douze mois précédant l’enquête ;
• 19 % des Français de 15 à 75 ans (soit près de 8 millions de personnes) ont vécu ou vivront une dépression au cours de leur vie. La dépression est une maladie qui semble toucher davantage les femmes : environ deux fois plus de femmes sont diagnostiquées comme souffrant de dépression.

La dépression, c’est une maladie qui entraîne souffrances et gênes. Nous pouvons avoir l’impression de connaître cette maladie sans pour autant en avoir jamais été atteint. L’explication est simple : parmi la large gamme d’émotions et de sensations que nous éprouvons au cours de notre vie, certaines sont très douloureuses. Nous en concluons hâtivement qu’être dépressif consiste à ressentir plus fortement et plus longtemps de telles souffrances. Et cela nous incite à croire que nous pouvons facilement comprendre ce que vit une personne souffrant de dépression.

Mais la réalité est différente. En effet, avant leur entrée dans cette maladie, les personnes souffrant de dépression ressentaient elles aussi un large éventail d’émotions, agréables ou douloureuses. Or toutes ces personnes disent que leur état au cours de la dépression est très différent de tout ce qu’elles pouvaient avoir connu auparavant. Les émotions qu’elles éprouvent, les idées qui les traversent sont imprégnées d’une souffrance morale permanente, plus insupportable que toute autre souffrance déjà endurée. Autre différence avec les émotions habituelles de la vie, les personnes ont l’impression d’être coupées de leur entourage. L’état dépressif se caractérise par un changement profond (une véritable rupture) par rapport au fonctionnement habituel.

Trois éléments principaux sont typiques de cet état :

• une tristesse inhabituelle, différente d’après les personnes qui souffrent de dépression de la tristesse normale (cette tristesse est particulièrement intense, elle n’est pas « directement » reliée à une cause, rien ne l’apaise, elle se mêle d’angoisse et d’un sentiment de « fatalité ») ;
• une perte d’intérêt et de plaisir qui touche tous les domaines de la vie ;
• une association de plusieurs symptômes durables qui entravent douloureusement la vie quotidienne.

La dépression est une maladie qui peut toucher chacun d’entre nous (quels que soient son âge, son sexe, son niveau social…). Contrairement à certaines idées reçues, elle ne relève ni d’une « fatalité », ni d’une faiblesse de caractère. La volonté seule ne suffit pas pour en sortir, notamment parce que la maladie provoque un sentiment de dévalorisation de soi et des pensées négatives.

*Enquête Baromètre santé 2005

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Tristesse permanente, désintérêt pour les activités habituelles : ces signes ne sont pas à prendre à la légère.

Il arrive à chacun d’entre nous d’avoir des coups de blues. Difficultés professionnelles, sentimentales, échecs, etc… sont autant d’événements du quotidien qui nous perturbent et retentissent sur notre moral. Tout d’un coup, on se sent triste, désespéré, découragé… Mais généralement, lorsque la cause du mal-être est bien identifiée, ça ne dure pas.

En revanche, si cela persiste ou si l’on se sent déprimé sans raison, alors que tout semble bien aller, il peut s’agir de dépression. Par exemple, une personne dépressive a des crises de larmes qui se répètent, mais lorsqu’on lui demande ce qu’elle a, elle est incapable d’expliquer pourquoi. Cela vous it quelque chose ?

Evidemment, seul un médecin peut établir le diagnostic de dépression. Il est cependant possible de repérer certains signes :

» Un mal-être psychique permanent : le déprimé est triste, anxieux, il n’éprouve aucun plaisir, il n’a pas envie de sortir de chez lui, il n’est motivé pour rien, et cela tous les jours, du matin au soir pendant au moins quinze jours.

» Un mal-être intellectuel : difficultés à se concentrer, dévalorisation de soi, pensées négatives, découragements excessifs, désintéressement pour les activités habituelles…

» Un mal-être physique : la fatigue et les troubles du sommeil sont souvent symptomatiques de la dépression. De plus, cette fatigue se manifeste par un ralentissement complet des gestes, des paroles, de l’attitude. Même reposées, les personnes déprimées se sentent quand même fatiguées et sans énergie. Enfin, la dépression s’accompagne aussi d’une baisse de l’appétit et de difficultés sexuelles.

» Un débordement sur la vie socio-affective : lorsqu’une personne est déprimée à la suite d’une perte d’emploi par exemple, c’est une réaction « normale » qui lui permet de passer à autre chose. En revanche, si au bout de six mois, elle ne s’en est toujours pas remise, qu’elle n’arrive plus à faire quoi que ce soit, qu’elle ne sort plus de chez elle, qu’elle arrête de voir ses amis, etc. alors cela devient problématique.

En fonction du nombre de symptômes et de leur intensité, la dépression, sous ses différentes formes, sera plus ou moins sévère. Quoi qu’il en soit, elle n’est jamais à prendre à la légère.

Le réconfort et les tentatives de raisonnement de l’entourage ne sont généralement d’aucune aide dans la dépression.

Il s’agit d’une vraie maladie, pas d’une faiblesse de caractère ou d’une fatalité. Dire « ce n’est rien, ça va passer » ou « bouge-toi » ne sont pas des solutions.

La dépression peut nous toucher à un moment ou un autre, mais lorsqu’elle déborde, il faut vraiment la traiter, comme toute autre maladie. Au moindre doute, si vous remarquez qu’un proche a changé, il est indispensable qu’il consulte rapidement un médecin.

Pourtant, seules 38,3% (1) des personnes souffrant de troubles dépressifs déclarent avoir consulté un professionnel de santé. Oui mais voilà, une chose est d’être conscient qu’il faut consulter, une autre, de savoir à qui s’adresser. Car dans le domaine, rien n’est très clair. Parmi la population française, 23,6% (2) ne connaîtrait pas la différence entre un psychothérapeute et un psychiatre. Une personne sur deux déclare ne pas connaître d’autre lieux que l’hôpital psychiatrique pour soigner la dépression (3). C’est grave !

Là où vous pouvez être utile, c’est justement pour aider votre proche à trouver un professionnel de santé, voire à prendre rendez-vous pour lui ou elle. Mieux vaut se montrer ferme. Vous pouvez dire que vous avez remarqué un changement, que vous le trouvez triste, fatigué, distant, etc. et que vous souhaitez l’aider à trouver des solutions. Et cela doit déboucher sur une aide concrète, c’est-à-dire un rendez-vous avec un psychothérapeute (formé en thérapie comportementale et cognitive) ou un psychiatre. Il est important de ne pas laisser la situation s’aggraver. La dépression est la première cause de suicide, c’est donc une situation d’urgence.

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Sources :

(1) Etude « La dépression en France : prévalence, facteurs associés et consommation de soins », Baromètre santé, 2005. (2) Rapport final sur l’enquête dépression en population générale, Anadep 2006. (3) La perception des problèmes de santé mentale : résultats d’une enquête, Drees, 2001.

(2) Mon expérience de thérapeute auprès de ma clientèle