révision bacÀ six semaines du bac 2016, voici des conseils pour bien démarrer les révisions.

À l’heure de commencer les révisions, six profils d’élèves se démarquent:

  1. Il y a celui qui se dit que tout est perdu, qu’« en huit semaines je ne l’aurai jamais ».
  2. Puis celui qui se force à penser, sans grande conviction, que « c’est possible », mais au rattrapage.
  3. Le troisième est vraiment prêt à s’engager dans les révisions, avec un peu plus d’espoir, même si les bons résultats n’étaient pas au rendez-vous au début de l’année.
  4. Le quatrième profil correspond à l’élève qui va s’entourer de monde, sa famille ou ses copains, pour se motiver.
  5. Puis vient celui qui est confiant dans sa capacité à l’obtenir.
  6. Et enfin il y a les élèves qui, confiants, visent les mentions les plus hautes, dans un projet d’études supérieures déjà bien abouti.

Six semaines avant le bac, c’est justement le moment d’être stratège. Quel conseil pour bien s’organiser ?

Effectivement, il est temps de mettre en place sa stratégie de révision.

La première étape que je propose, c’est de faire un tableau à plusieurs entrées.

La première colonne sert à lister les matières, en commençant par celles qui ont le plus fort coefficient pour l’examen. Pour chacune d’elle, l’élève va pouvoir rassembler les acquis, les facilités, les points forts qu’il a. Bref, tout ce qui est solide, ce sur quoi il peut compter à cette date. Cela permet à la fois de se rassurer, et en même temps de voir ce qu’il reste à travailler. Les points à réviser, puis ceux à apprendre, seront inscrits dans les deux colonnes suivantes. La dernière colonne du tableau sert à poser un objectif de résultat par matière, une note, crédible et réalisable, afin de se motiver.

Ce tableau permet de visualiser ses priorités et ses objectifs par matière afin de lancer son planning de révision, en commençant là aussi par les matières à fort coefficient.

Certains élèves ont tendance à vouloir « rentabiliser » à tout prix leurs vacances de printemps, est-ce une bonne chose ?

Il faut en effet rentabiliser les vacances, entre autres en faisant ce travail de planification des révisions. Mais surtout en se gardant du temps pour le repos, le sport, la vie sociale…

Car attention : les élèves qui bachotent à fond pendant ces dernières vacances avant le bac reviennent en cours fatigués à la rentrée. Or les programmes ne sont pas encore tout à fait terminés, il faut donc se reposer aussi. Et surtout, ne pas tomber dans le piège de prendre des remontants, etc.

Fiches de révisions ou cartes mentales : y-a-t-il une méthode à privilégier ?

Les deux démarches peuvent se compléter.

Le premier travail est donc de s’assurer que toutes les fiches de révision sont faites. Si ce n’est pas le cas, il n’est pas trop tard pour les terminer, on apprend d’ailleurs aussi en faisant ses fiches.

Ensuite, on peut penser à la carte mentale. Sur une feuille A4 prise horizontalement, on écrit au centre le titre du chapitre, puis on s’en éloigne progressivement en inscrivant les sous-titres, puis les sous-sous parties, etc. en se rapprochant du bord de la feuille. Ce « dessin », qui illustre la structure et l’organisation de la problématique, fait appel à la mémoire photographique. Devant sa copie, ces éléments reviendront alors facilement. Mais encore faut-il avoir bien appris les chapitres avant.

Révisions en solitaire ou en groupe, faut-il déjà préférer l’un ou l’autre ?

Je propose de travailler en groupe le plus tôt possible. Ou plus exactement, en alternant régulièrement le travail solitaire et le travail à plusieurs.

Cela permet de confronter ses méthodes et ses connaissances à celles des autres. Ces échanges sont d’ailleurs aussi possibles par Internet.

Pour cette génération d’élèves, le pire ennemi c’est la solitude, et le pire endroit pour réviser, la chambre.

C’est ce qui explique leur nombre de plus en plus important dans les bibliothèques municipales avant le bac. Cela donne un cadre symbolique au temps de révisions.

 

Ils demandèrent…

…aux volontaires de compter en silence le nombre de passes effectuées par les joueurs vêtus de blanc, et d’ignorer les passes effectuées par les joueurs vêtus de noir…

La vidéo durait moins d’une minute.

Dès que la vidéo était terminée, nos étudiants demandaient aux sujets de dire combien de passes ils avaient comptées.

Dans la version complète, la bonne réponse était trente-quatre – ou peut- être trente-cinq.

Honnêtement, ça n’a aucune importance.

La tâche consistant à compter les passes était destinée à obliger les spectateurs à focaliser leur attention sur quelque chose qui se passait à l’écran.

Mais les chercheurs n’étaient pas vraiment intéressés par leur capacité à compter des passes.

En réalité, ils testaient quelque chose d’autre : à peu près au milieu de la vidéo une étudiante habillée avec un costume de gorille faisait irruption dans la scène, s’arrêtait au milieu des joueurs, se tournait face à la caméra, se frappait la poitrine de ses poings, puis s’en allait (son temps de passage à l’écran était d’environ neuf secondes).

Après avoir demandé aux sujets quel était le nombre de passes, les chercheurs posaient les questions les plus importantes :

Question: Avez-vous remarqué quoi que ce soit d’étrange pendant que vous comptiez les passes ?

Réponse: Non.

Q: Avez-vous remarqué quelque chose d’autre que les joueurs ?

R: Eh bien, il y avait des ascenseurs, et des S peints sur les murs. Je ne sais pas pourquoi il y avait des S.

Q: Avez-vous remarqué quelqu’un d’autre, à part les joueurs ?

R: Non.

Q: Avez-vous remarqué un gorille ?

R: Un quoi ?!

Chose étonnante,

à peu près la moitié des sujets de notre étude

n’avaient pas remarqué le gorille !

Trop occupés par le comptage des passes, la moitié des participants ne l’avaient pas vue !

Le gorille était resté… invisible !

Regarder n’est pas voir, n’est-ce pas ?

Depuis, l’expérience a été répétée de nombreuses fois, dans des conditions différentes, avec des publics différents, et dans plusieurs pays, mais les résultats sont toujours les mêmes : environ la moitié des individus ne voient pas le gorille.

Comment des individus peuvent-ils ne pas voir un gorille marcher pile en face d’eux, se tourner vers eux, se frapper la poitrine et partir ?

Qu’est-ce qui rend le gorille invisible ?

Cette erreur de perception résulte d’un manque d’attention envers un objet inattendu – son nom scientifique est donc « cécité d’inattention ».

Ce nom le distingue de formes de cécité résultant d’un système visuel défectueux ; ici, ce n’est pas parce qu’ils ont un problème aux yeux que les individus ne voient pas le gorille.

Quand les individus focalisent leur attention sur un domaine ou un aspect particulier de leur monde visuel, ils ont tendance à ne pas remarquer des objets inattendus, même lorsque ces objets inattendus sont imposants, potentiellement importants, et apparaissent à l’endroit même qu’ils sont en train de regarder.

En d’autres termes, les sujets étaient tellement concentrés à compter les passes qu’ils étaient « aveugles » au gorille juste devant leurs yeux.

Le gorille invisible (quand nos intuitions nous jouent des tours), psychotherapie, addiction sexuelle, dépendance, boulimie, F.Duval-Levesque psychopraticien et hypnothérapeute, TCC.jpgCe qui a poussés Christopher Chabris et Daniel Simmons à écrire ce livre n’est cependant pas la cécité d’inattention en général ou l’étude du gorille en particulier.

Le fait que les gens ratent des choses est important en soi, mais ce qui les a le plus impressionnés c’était la surprise dont faisaient preuve les sujets quand ils réalisaient ce qu’ils avaient raté !

Quand ils regardaient à nouveau la vidéo, cette fois-ci sans compter les passes, tous voyaient le gorille sans aucune difficulté, et en étaient abasourdis.

Certains disaient spontanément : « J’ai raté ça ? ! » ou « Pas possible ! ».

Un homme qui fit le test plus tard avec les producteurs de Dateline NBC pour leur reportage sur ces recherches affirma : « Je sais que ce gorille n’a pas traversé comme ça la première fois. » D’autres sujets nous accusèrent d’avoir changé la cassette à un moment où ils avaient le dos tourné.

L’étude du gorille illustre, de façon peut-être plus spectaculaire qu’aucune autre, l’influence puissante et généralisée de l’illusion de l’attention : nous faisons l’expérience d’une partie beaucoup plus petite de notre monde visuel que nous ne le croyons. Si nous étions parfaitement conscients des limites de notre attention, l’illusion disparaîtrait.

Il est vrai que nous avons des expériences très fortes de certains aspects de notre monde, surtout ceux sur lesquels nous nous concentrons. Mais la richesse de cette expérience mène inévitablement à la conviction erronée que nous traitons toutes les informations détaillées autour de nous.

En bref, nous savons avec quelle intensité nous voyons certains aspects de notre monde, mais nous n’avons absolument aucune conscience des aspects de notre monde situés à l’extérieur de notre centre d’attention du moment.

Notre expérience visuelle intense cache un aveuglement mental frappant – nous supposons que des objets visuellement distinctifs ou inhabituels attireront notre attention, mais en réalité, ils passent souvent complètement inaperçus.

Cette expérience, devenue l’une des expériences de psychologie les plus célèbres au monde, met en évidence à quel point notre esprit est victime d’illusions de toutes sortes :

  • chaque fois que nous téléphonons en conduisant et que nous sommes persuadés que nous faisons toujours attention à la route devant nous
  • chaque fois que nous présumons que quelqu’un qui ne se souvient pas bien de son passé ment
  • chaque fois que nous choisissons un chef d’équipe parce que cette personne semble être plus sûre d’elle que les autres…

Nous avons l’impression de savoir comment notre esprit fonctionne alors qu’en fait nous n’en avons souvent… aucune idée !

Ce livre indispensable, « Le gorille invisible (quand nos intuitions nous jouent des tours) », met l’accent sur l’impact de ces illusions sur notre vie quotidienne – avec des implications pour la société tout entière – et sur la façon d’y remédier par une meilleure compréhension du fonctionnement de notre esprit.

« Nous faisons l’expérience d’une partie beaucoup plus petite de notre monde visuel

que nous ne le croyons.

Si nous étions parfaitement conscients des limites de notre attention,

l’illusion disparaîtrait. »

Les deux auteurs, Christopher Chabris et Daniel Simmons sont tous deux des psychologues spécialisés en sciences cognitives.

 

Source: « Le gorille invisible (quand nos intuitions nous jouent des tours) », de C.Chabris & D.Simons, Editions Essai Le Pommier !