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Combien a gagné un médecin généraliste l’an dernier ?

Avant de poursuivre votre lecture, rappelez-vous que votre médecin généraliste consulte plus de huit heures par jour, y compris les samedis. Après ses huit heures, il doit s’occuper de toute la partie administrative de son cabinet !

À la veille de la revalorisation du C et de la réforme des modes de rémunération, la principale fédération d’AGA qui comptabilise les revenus de près de 21 000 généralistes dans toute la France révèle que leurs bénéfices chutent de 0,6 % en moyenne pour s’établir à 73 800 €.

Mais les écarts sont importants entre régions et surtout entre départements urbains et ruraux.

73 800 euros de bénéfices (soit 6 150€/mois) pour près de 140 000 euros de recettes : ainsi s’établit le revenu moyen d’un médecin généraliste en 2009, selon les derniers chiffres de l’Unasa (Union nationale des associations de gestion agréées) qui portent sur plus de 20 000 médecins généralistes.

Même si l’année passée n’a pas été faste pour la profession qui a enregistré des bénéfices en baisse de 0,6 %, le généraliste apparaît toujours assez proche des revenus des autres spécialités cliniques : un peu moins que le rhumatologue (77 200), mais un peu plus que les 69 400 euros de revenu perçus par le dermatologue, les 66 600 du pédiatre et les 63 400 du psychiatre. L’écart entre ce premier groupe de disciplines et les spécialités techniques demeure en revanche toujours important : 160 KE de revenu pour un anesthésiste, 124 pour un chirurgien, 105 pour un cardiologue ou un gastro-entérologue, plus de 90 KE pour un ophtalmologiste, 90 KE tout rond pour un ORL.

Des écarts importants selon le secteur d’installation

Les statistiques des AGA témoignent aussi d’un écart assez important au sein même de la profession : avec 31 062 euros de revenu moyen le premier quartile de la profession gagne moins que la moyenne des kinés ou des infirmières ; à l’inverse les 125 352 euros de bénéfices moyens des généralistes du dernier quartile les placent au-dessus de la moyenne des cardiologues. Selon les données de l’Unasa, il y a aussi des différences significatives de revenu entre régions : on gagnera en moyenne seulement 62 000 euros si l’on exerce en Aquitaine, mais près de 90 000 dans la région Nord-Pas-de-Calais.

Et le niveau varie surtout entre départements : quasiment du simple au double entre les Pyrénées-Atlantiques (50 900 euros par an en moyenne) et les Ardennes (94 537 euros). Entre ces deux extrêmes, l’éventail est large. Le généraliste parisien souffre (à peine 60 KE annuels), celui des Bouches-du-Rhône (65 000) et des Alpes Maritimes (66 569) restent nettement en dessous de la moyenne nationale. En revanche, dans les Vosges ou dans la Nièvre, les bénéfices (plus de 90 000 euros) sont à la mesure de l’activité très soutenue des confrères. A l’intérieur même d’une région, les écarts peuvent d’ailleurs être conséquents. Prenons le cas des Pays-de-Loire dans lesquels le résultat moyen d’un généraliste (74 437 euros) est proche de la moyenne nationale : dans cette région, l’écart entre départements va de 93 637 euros de revenus moyens en Mayenne à 64 482 euros seulement dans le Maine-et-Loire.

Les moyennes département par département:

Les résultats indiqués ci-dessous sont des moyennes établies par l’Unasa en euros en 2009 sur la totalité des adhérents de ses AGA: cela va de plusieurs centaines de médecins généralistes, dans le Nord par exemple, à quelques dizaines dans des départements médicalement moins peuplés.

•Pyrénées Atlantiques : 50 900

•Hautes Pyrénées : 57 130

•Hautes Alpes : 59 080

•Paris : 59 913

•Haute-Saône : 63 568

•Tarn : 63 987

•Haute Garonne : 64 042

•Bouches-du-Rhône : 64 299

•Maine-et-Loire : 64 482

•Gironde : 65 601

•Isère : 66 569

•Alpes-Maritimes : 66 687

•Val-de-Marne : 67 820

•Yvelines : 68 046

•Alpes de Haute-Provence :68 550

•Rhône : 68 770

•Vaucluse : 68 778

•Haute Vienne : 68 907

•Savoie : 69 315

•Jura : 69 616

•Loire : 69 746

•Loire Atlantique : 69 789

•Drôme : 70 537

•Calvados : 70 650

•Hérault : 70 873

•Vienne : 70 794

•Charente-Maritimes : 71 242

•Hauts-de-Seine : 71 830

•Côte d’Or : 71 733

•Finistère : 72 165

•Ille-et-Vilaine : 72 798

•Ain : 73 398

•Essonne : 73 981

•Morbihan : 74 835

•Var : 75 472

•Indre-et-Loire : 75 569

•Saône-et-Loire : 75 756

•Gard : 76 351

•Meurthe-et-Moselle : 76 406

•Seine-et-Marne : 76 838

•Deux Sèvres : 77 007

•Pyrénées Orientales : 77 772

•Charente : 78 360

•Doubs : 78 493

•Landes : 78 738

•Aude : 79 933

•Manche : 79 941

•Vendée : 80 045

•Val d’Oise : 80 232

•Corse : 80 697

•Bas Rhin : 80 937

•Aveyron : 81 362

•Lot : 81 614

•Lot-et-Garonne : 82 155

•Seine Maritime : 82 318

•Loiret : 82 568

•Yonne : 82 597

•Oise : 82 840

•Dom-Tom : 82 649

•Ardeche : 82 986

•Haut Rhin : 83 197

•Eure-et-Loire : 83 342

•Côtes d’Armor : 83 355

•Tarn-et-Garonne : 84 045

•Sarthe : 84 327

•Aisne : 84 890

•Seine-St Denis : 85 230

•Indre : 85 877

•Loire-et-Cher : 86 219

•Lozère : 86 427

•Corrèze : 86 881

•Creuse : 86 961

•Eure : 87 337

•Moselle : 87 348

•Haute-Marne : 87 548

•Dordogne : 87 637

•Gers : 87 654

•Nord : 87 661

•Orne : 88 377

•Meuse : 90 190

•Vosges : 90 201

•Nièvre : 91 920

•Mayenne : 93 637

•Pas-de-Calais : 94 000

•Ardennes : 94 537

11 départements ne figurent pas dans la liste ci-dessus, faute d’un nombre statistiquement significatif de généralistes pour calculer une moyenne significative des revenus dans le département. Il s’agit des départements suivants: Allier, Ariège, Aube, Cantal, Cher, Haute-Loire, Haute-Saône, Marne, Puy-de-Dôme, Somme, Territoire de Belfort.

Source : legeneraliste.fr, Unasa (Union nationale des associations de gestion agréées)

LE MONDE du 27.04.09

‘information médicale est-elle transparente ?
Non, répondent sans détour le collectif Formindep (Pour une formation et une information médicales indépendantes) et l’association de consommateurs UFC-Que choisir.
Selon eux, la loi qui oblige les professionnels de santé à déclarer leurs éventuels conflits d’intérêts avec les firmes pharmaceutiques lorsqu’ils s’expriment publiquement sur un produit de santé, « n’est pas respectée« .

C’est pourquoi l’UFC-Que choisir a annoncé, lundi 27 avril, qu’elle portait plainte contre neuf médecins pour non-respect de l’article L.4113-13 du code de santé publique. « Nous avons, symboliquement, choisi des leaders d’opinion pour susciter un électrochoc, mais il ne s’agit que des arbres qui cachent la forêt », explique Christophe Leguehennec, chargé de mission santé à l’UFC.

argent-labo-pharmacieCes plaintes ont pour origine l’enquête menée en avril 2008 par le Formindep. Durant un mois, ce collectif de professionnels de santé a observé les prises de position de plus de 150 médecins dans les médias et les congrès. Résultat : alors qu’aucun d’entre eux n’avait déclaré de liens d’intérêts, en réalité près d’une soixantaine en avait.

Le collectif a écrit aux conseils départementaux de l’ordre des médecins, chargé du respect de la loi et du contrôle des conventions passées entre les médecins et les laboratoires pharmaceutiques. « A de rares exceptions près, c’est l’opacité générale », constate le docteur Philippe Foucras, responsable du Formindep. « Nous n’avons pas à répondre à vos questions extrêmement pernicieuses », a fait valoir le secrétaire général du conseil de l’ordre de Paris.

Son homologue du Pas-de-Calais confirme que son instance est bien « garante des contrats et conventions signés entre un médecin et l’industrie » mais, ajoute-t-il, « les formations médicales continues ne pourraient pas, dans la plupart des cas, être réalisées sans le support de l’industrie pharmaceutique ».

D’autres ont rétorqué que « les documents contractuels en notre possession sont et doivent demeurer confidentiels ». Finalement, « c’est suite à nos propres recherches que nous avons découvert des liens, souvent majeurs, entre certains médecins et l’industrie pharmaceutique« , explique le docteur Foucras.

Directs ou indirects, durables ou ponctuels, ces liens d’intérêts peuvent recouvrir des fonctions rémunérées de consultant, de conseil, des participations à des essais cliniques, des rapports d’expertise, des conférences, des actions de formation, etc…

Les médecins mis en cause sont essentiellement des spécialistes (gynécologue, cardiologue, diabétologue, professeur de nutrition, etc.) à qui il est reproché de mettre en avant certains traitements sans préciser les liens qu’ils ont avec les laboratoires qui les commercialisent. « Tous les médecins qui ont un certain renom ont peu ou prou des liens avec l’industrie pharmaceutique et tous les congrès médicaux ainsi que la formation continue vivent en partie grâce aux laboratoires », justifie le docteur Henri Rozenbaum, président de l’Association française pour l’étude de la ménopause (AFEM), l’un des neuf médecins visés par une plainte. « Une plainte ? Vous me l’apprenez. En 2008, j’avais un lien avec un seul labo ; je n’en ai plus aucun à l’heure actuelle et je ne crois pas avoir enfreint la loi », souligne-t-il.

« Savoir qui parle, pouvoir distinguer la communication de l’information, n’est pas un point de détail ; c’est la qualité des soins mais aussi les répercussions sur les prescriptions et leur coût pour l’assurance-maladie qui sont en jeu », considère l’UFC-Que choisir. L’association réclame la création « d’une base de données publique recensant les déclarations d’intérêts des médecins ».

Dans son rapport de 2007 consacré à l’information des médecins généralistes sur le médicament, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) pointait du doigt « les conflits d’intérêts omniprésents » et « la nécessité d’appliquer de manière rigoureuse la loi relative aux conventions et aux liens unissant les professionnels de santé aux entreprises ».

Sandrine Blanchard

La communication médicale encadrée
La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé encadre la communication médicale.L’article L4113-13 du code de la santé publique prévoit ainsi que : « Les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu’ils s’expriment lors d’une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle sur de tels produits. Les manquements aux règles sont punis de sanctions prononcées par l’ordre professionnel compétent. »

Il a toutefois fallu attendre le 25 mars 2007 pour que le décret d’application de la loi soit publié.

Article paru dans l’édition du 28.04.09

Une enquête, réalisée par des cardiologues libéraux français, révèle qu’un grand nombre de malades cardiaques sont stressés, anxieux ou dépressifs !

Peut-être en connaissez-vous dans votre entourage ?

Les réponses font réfléchir :

  1. plus de 61 % d’entre eux se sont plaint de stress (dont 21,4 % de manière importante)
  2. 38,5 % étaient anxieux (fortement pour 12 % d’entre eux)
  3. et près de 20 % avaient des signes de dépression (majeure pour 6,6 %).

Le stress psychosocial était particulièrement net aux moments critiques de leur maladie : annonce du diagnostic, geste de revascularisation, ou après une réanimation lourde.

Par ailleurs, 9 malades sur 10 ont estimé – avec raison – que leur état psychique retentissait (ou pouvait retentir) sur leur santé cardiaque et les trois-quarts ont déclaré qu’ils accepteraient d’apprendre des techniques de gestion du stress. Mais alors que plus de 22 % d’entre eux étaient demandeurs d’aide psychologique, moins de 5 % avaient bénéficié d’un tel soutien…

Sources : 3ème Printemps de la cardiologie (Montpellier, 28-31 Mai 2008), Panorama du Médecin du 16 juin 2008