Les aliments issus de l’agriculture biologique ont des teneurs en antioxydants entre 19 et 69% plus élevées que les aliments issus de la culture conventionnelle. Avec moins de cadmium et de pesticides.

Pourquoi certaines personnes choisissent-elles de manger bio ?

Souvent parce qu’elles pensent que les aliments bio sont meilleurs d’un point de vue nutritionnel et donc pour leur santé. Mais qu’en est-il vraiment ?

Jusqu’ici les scientifiques étaient divisés sur le sujet, certaines études n’ayant rapporté aucune différence entre bio et non bio.

Pourtant dans ce nouvel article paru dans le British Journal of Nutrition les auteurs qui ont fait une analyse récente des études existantes sur le sujet révèlent que des différences existent bien entre aliments bio et aliments non bio : les aliments (fruits et légumes, céréales) contiennent plus d’antioxydants, moins de résidus de pesticides et des concentrations plus faibles en cadmium, un métal toxique.

Les auteurs ont analysé 343 publications et en ont extrait les données pour réaliser des comparaisons quantitatives entre culture bio et culture conventionnelle de céréales, fruits et légumes. Ils ont notamment axé leur étude sur les antioxydants (polyphénols, caroténoïdes), vitamines, les pesticides, les métaux toxiques (cadmium, arsenic et plomb), les nitrates/nitrites et les macronutriments.

Les résultats montrent que c’est au niveau de la teneur en antioxydants, en cadmium et en pesticides que les différences sont les plus importantes, si l’on compare bio et non bio pour leurs effets bénéfiques sur la santé.

Les antioxydants sont des composés qui s’opposent aux effets néfastes de particules dérivées de l’oxygène (radicaux libres, espèces oxygénées réactives) lorsqu’elles sont en excès. Les antioxydants d’origine alimentaire les plus connus sont les vitamines C et E, les polyphénols, les caroténoïdes, les terpénoïdes.

 

 

 

 

Sources: lanutrition.fr, Marcin Baran´ski, Dominika S´rednicka-Tober, Nikolaos Volakakis, Chris Seal, Roy Sanderson, Gavin B. Stewart, Charles Benbrook, Bruno Biavati, Emilia Markellou, Charilaos Giotis, Joanna Gromadzka-Ostrowska, Ewa Rembiałkowska, Krystyna Skwarło-Son´ ta, Raija Tahvonen,Dagmar Janovska´, Urs Niggli, Philippe Nicot and Carlo Leifert. Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses. British Journal of Nutrition, page 1 of 18 doi:10.1017/S0007114514001366

              Moteur en marche

              Devant le magasin bio

              Le gros 4 x 4

 

 

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André Cayrel, France

Une méta-analyse comparant les produits bio à ceux issus de l’agriculture conventionnelle, publiée le 4 septembre 2012 par des chercheurs de Stanford, donne lieu à un très vif débat dans la presse américaine. Essayons d’y voir clair.

L’étude

Les chercheurs ont retenu 237 études (sur plusieurs milliers existantes) portant sur les produits bio (fruits, légumes, céréales, viandes, laitages, volaille et œufs). Soit 17 études d’impact, (dont six essais cliniques randomisés) portant sur des populations consommant une alimentation biologique ou conventionnelle et 223 études qui ont comparé les niveaux de nutriments ou de contamination bactérienne, fongique ou phytosanitaire dans divers produits cultivées organiquement et conventionnellement. Il n’y avait pas d’études à long terme sur l’état de santé des personnes qui consomment des aliments biologiques par rapport aux aliments conventionnels, et la durée des études sur les volontaires allait de deux jours à deux ans.

L’étude est publiée dans l’édition du 4 septembre 2012 des Annals of Internal Medicine.

Après avoir analysé les données, les chercheurs ont conclu qu’il ya peu de différences significatives en termes d’impact nutritionnel entre les aliments biologiques et conventionnels.

Aucune différence systématique n’a été observée dans la teneur en vitamines des produits biologiques, et un seul nutriment , le phosphore, était significativement plus élevé dans les produits bio (un minéral dont personne ne manque). Il n’y avait également selon eux aucune différence significative en protéines ou en graisses entre le lait biologique et le lait conventionnel, bien qu’un petit nombre d’études suggère que le lait bio peut contenir des niveaux significativement plus élevés d’acides gras oméga-3.

Les chercheurs ont aussi relevé que les fruits et légumes bio ont un risque 30 pour cent plus faible que les produits conventionnels d’être contaminés par les pesticides  même si les aliments bio ne sont pas nécessairement exempts de pesticides.

Les chercheurs estiment que les niveaux de pesticides généralement relevés dans les aliments conventionnels se situent dans les limites de sécurité admises. Deux études sur les enfants qui consommaient une alimentation biologique ou conventionnelle ont trouvé des taux de résidus plus bas dans les urines des enfants nourris avec l’alimentation bio, mais les conséquences cliniques de ces résultats sur la santé des enfants ne sont pas claires. En outre, le poulet et le porc biologique ont semblé réduire l’exposition aux bactéries résistantes aux antibiotiques, mais là aussi la signification clinique de ce constat n’est pas claire, écrivent les auteurs de la méta-analyse.

La polémique

Cette publication a suscité la colère des producteurs et consommateurs de bio, certains sites accusant les auteurs de l’étude de rouler pour les grandes sociétés de l’agriculture conventionnelle et les fabricants de pesticides.

Ce qu’il faut en penser au plan nutritionnel

Il n’y a aucune preuve que les auteurs de l’étude ont des liens avec tel ou tel lobby de l’agroalimentaire ou des pesticides et les auteurs de l’étude ont souligné qu’ils n’avaient accepté aucun financement d’où qu’il vienne (bio ou pas bio).

Ce travail montre qu’il est extrêmement difficile de comparer les deux modes de culture et d’élevage, au moins au plan nutritionnel.

LaNutrition.fr avait déjà procédé à une analyse des études disponibles pour conclure qu’elles sont hétérogènes. Dans certains cas, les études ont cependant trouvé des différences significatives.

Une étude de 2010 par des scientifiques de l’Université de l’État de Washington a conclu que les fraises bio ont plus de vitamine C et d’antioxydants que les fraises conventionnelles. Les tomates bio ont aussi plus de polyphénols que les tomates cultivées commercialement, selon une étude publiée en juillet 2012 par des scientifiques de l’Université de Barcelone.

Sur la plan nutritionnel, comme nous l’avons écrit il y a quelques années, il semble que les fruits et légumes bio ont un peu plus de vitamine C et de polyphénols que les produits conventionnels, alors que pour les minéraux (hors le phosphore), la différence est minime.

Cependant, d’autres variables, comme le type de sol, les conditions climatiques, la maturité, peuvent avoir une influence encore plus forte que le mode de production sur le contenu nutritionnel. Une pêche qui atteint sa maturité optimale avec l’utilisation de pesticides pourrait contenir plus de vitamines qu’un fruit moins mûr cultivé en bio. Les fruits qui voyagent sur une longue distance ne sont pas cueillis mûrs.

Pour le lait bio, l’étude conclut qu’il pourrait contenir plus d’acides gras oméga-3 (bons pour le cœur) et moins d’oméga-6 (pro-inflammatoires) que le lait conventionnel. Organic Valley, une coopérative américaine d’agriculteurs biologiques, affirme que leur lait a 79 pour cent d’oméga-3 en plus que le lait conventionnel, ainsi que des niveaux beaucoup plus faibles d’acides gras oméga-6.

Ce qu’il faut en penser au plan des contaminants

Les produits biologiques ont moins de résidus de pesticides que les fruits et légumes conventionnels et cette étude le confirme puisque 38% des produits conventionnels étudiés renfermaient des niveaux détectables de résidus, contre 7% seulement des produits bio. En ce qui concerne les nutriments, ils présenteraient en moyenne une plus grande teneur en antioxydants, lesquels contribueraient à la prévention des cancers.

Cela dit, la majorité des produits conventionnels avaient des niveaux de résidus de pesticides inférieurs aux taux autorisés par la réglementation. Les valeurs limites autorisées sont justement critiquées par plusieurs organismes pour être trop laxistes (notamment en Europe).

Reste à savoir si en tant que consommateur vous vous accommodez de ces normes.

Charles Benbrook, un chercheur de l’université de l’Etat de Washington estime que les avantages des aliments biologiques en termes d’exposition aux pesticides sont réels pour les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes âgées avec des maladies chroniques. Il cite notamment des études montrant que les femmes ayant les plus hauts niveaux de pesticides pendant la grossesse ont donné naissance à des enfants qui ont plus tard eu des scores plus faibles dans les tests de QI.

Conclusion

La plupart des gens qui choisissent le bio le font parce qu’ils veulent éviter les pesticides, les antibiotiques et d’autres produits chimiques utilisés dans l’agriculture conventionnelle, et qu’ils soutiennent une démarche de production respectueuse de l’environnement.

A cet égard, cette méta-analyse les conforte dans leurs choix.

La question de l’impact nutritionnel reste délicate à trancher car on manque d’études rigoureuses.

Références: Sylviane Passard, lanutrition.fr, Annals of Internal Medicine

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Parce qu’il est temps de vous avertir :

Attention ! « Ceci n’est pas un régime… » (édition Marabout-Hachette, 15€)  mais une façon saine et naturelle de manger

Que le régime miracle n’existe pas…

Cette fausse croyance que l’on peut  perdre 5 à 10 kilos rapidement sans conséquences pour votre santé…

Une étude américaine publiée en octobre 2010 dans la revue Annals of Internal Medecine réalisée auprès de 130 000 personnes suivies pendant 20 ans révèle les conséquences graves pour notre santé des régimes existant pauvres en sucres et riches en protéines. L’étude montre qu’avec les régimes hyperproteinés, la mortalité est augmentée de 23% par rapport à la population générale, le risque de crise cardiaque est augmenté de 14% et le risque de décès par un cancer est de 28% plus élevé.

Il est temps de parler vrai et d’en finir avec les diktats et la maltraitance de son organisme, pour s’en remettre au bon sens en toute cohérence avec son corps et la nature, comme le reconnaissent certaines préconisations officielles (PNNS) pour consommer 5 fruits et légumes par jour.

C’est le crédo de ces 2 auteurs.

Le Docteur Lylian Le Goff est médecin environnementaliste  et expert en alimentation et Laurence SaLomon, naturopathe est Chef du restaurant Nature & Saveurs  à Annecy.

Leurs buts : renouer avec une alimentation plaisir, saine et vitalisant, consommer moins de protéines animales au profit de protéines végétales, atteindre la satiété sans culpabilisation ni frustration.

Comment faire ?

Réapprendre les fondamentaux nutritionnels. 12 aliments placard sont proposés pour constituer une base de menus et adopter de saines associations alimentaires. Une analyse objective de notre comportement émotionnel est proposée et enfin une adaptation au quotidien de ces ingrédients originels : céréales et légumineuses, huiles non dénaturées, farines complètes variées, sels et sucres non raffinés, fruits et légumes de saison.

Ils recommandent les produits bio mais pas seulement , étant conscients que tous n’ont pas encore adopté ce type de produits même si ce marché est en explosion partout en France (les achats bio des restaurants collectifs ont doublé en 1 an, la valeur de vente des produits bio est de 3 milliards d’euros en 2009  un doublement depuis 2005, 86% des surfaces agricoles biologiques en conversion, 16 449 surfaces agricoles biologiques en 2009, plus de 10 000 produits bio dans les magasins dédiés et 4000 références en moyenne dans les autres magasins, 46% des Français déclarent consommer un produit bio 1 fois par mois en 2009 (Agence Bio).

Ce qui importe dans « Ceci n’est pas un régime » c’est de se faire du bien et adopter pour toujours une alimentation saine et savoureuse.

« Une alimentation que l’on adopte pour toujours afin d’optimiser son poids et sa forme tout en tenant compte de ses envies. C’est aussi adopter un comportement alimentaire qui donne du sens à un véritable développement durable en intégrant dans ses choix des critères environnementaux, énergétiques et socioéconomiques.  Avec cette méthode on atteint son poids de forme et on le garde à vie tout en étant plus autonome et responsable » nous disent les auteurs.

Un programme qui prend le lecteur par la main, prend en compte son rythme quotidien, propose des repas sains et savoureux, nous initie à l’utilisation d’ingrédients originels et nous réconcilie avec ce corps que nous maltraitons bien trop souvent.


Source : « Ceci n’est pas un régime… », DrLylian Le Goff , Laurence Salomon, 15€, éd. Marabout-Hachette

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u mois de juillet, des experts anglais travaillant pour la Food Standards Agency ont publié un rapport suggérant que « les produits bio ne sont pas meilleurs pour la santé que les aliments ordinaires ». De nombreux médias ont repris ce message de santé plutôt hostile à l’agriculture bio.

En fait, le rapport complet dit seulement que les aliments bio n’apportent pas plus d’éléments nutritifs que les aliments produits de façon conventionnelle. Ce n’était donc pas une information santé à proprement parler, mais la simple affirmation que le surcoût des aliments bio n’est pas justifié si on considère uniquement leurs contenus en nutriments. Le rapport rejette la question des insecticides, herbicides, fongicides et de leurs multiples résidus dans les aliments conventionnels, réelle question de santé pourtant.

Pourquoi préférer l’aubergine bio ?

Parce qu’elle contient plus de fer ou de vitamine C ? Non ! Les nutriments importants (vitamines, oligoéléments et polyphénols) des légumes sont surtout présents dans la peau du légume, où se concentrent également les pesticides. Donc, si on veut se nourrir (sans risque) avec des aliments riches en saveurs et en nutriments non caloriques, on n’épluche pas et on achète bio.

Pourquoi préférer le pain bio ?

Si on veut éviter les farines raffinées (pauvres en minéraux, fibres et vitamines), on préfère le pain complet. Mais c’est aussi dans l’enveloppe des céréales que se concentrent les pesticides. Si on veut du pain complet, il le faut bio.

Certains diront que l’agriculture conventionnelle respecte des normes pour les résidus de pesticides. Admettons. Mais que savons-nous de la toxicité de ces agents sur le long terme et de leurs interactions ? Or nous mangeons trois repas par jour et chaque fois plusieurs aliments contaminés par plusieurs pesticides. Ces agents s’accumulent dans nos tissus. On leur attribue un rôle causal dans des pathologies hormono-dépendantes (cancers du sein, infertilité masculine, anomalies du sexe des garçons), des maladies neurologiques (Parkinson), des lymphomes et autres cancers et leucémies.

Précaution s’impose !

Mais laissons ces questions puisque le rapport anglais ne traite pas des pesticides. On y trouve une revue de la littérature, avec 150 études pertinentes, quelques calculs statistiques et une synthèse sous forme de deux grands chapitres : l’un concernant les produits végétaux (où 23 types de nutriments ont été analysés) et l’autre les produits animaux (10 nutriments analysés). Oublions l’analyse secondaire du rapport fondée sur une sélection (arbitraire) des meilleures études parce que, en statistiques, les grands nombres sont censés compenser les défauts techniques. Si des différences significatives entre les aliments conventionnels et les bio sont mises au jour dans cette marécageuse base de données, cela signifie qu’elles sont très résistantes aux facteurs de confusion et reflètent la réalité.

A propos des aliments végétaux, les experts observent des différences pour sept types de nutriments. Ils en concluent curieusement que c’est négligeable : moins de résidus azotés (dus aux engrais chimiques) dans les aliments bio, mais plus de magnésium et de zinc, ce qui est intéressant puisque nos populations tendent à en manquer ; plus de matières sèches dans les aliments bio, donc moins d’eau et plus d’éléments nutritifs, ce qui est confirmé par des différences significatives pour les sucres, les polyphénols (en général) et les flavonoïdes dans les aliments bio.

Pour les produits animaux, il y a des différences pour trois types de nutriments : plus de lipides, plus de polyinsaturés et plus d’acides gras dits « trans » dans le bio. Les experts concluent que c’est négligeable en termes de nutrition (fort contestable) mais insistent sur les trans. On distingue les trans industriels issus de l’hydrogénation des huiles végétales et les trans naturels produits lors de la rumination et présents dans les aliments animaux.

Les deux types de trans seraient, selon nos auteurs, également nuisibles pour la santé, car ils augmentent de façon identique le cholestérol sanguin. Or les trans diffèrent radicalement vis-à-vis des maladies cardiaques : les trans industriels sont associés à un doublement du risque, tandis que les trans naturels (ceux qui sont en plus grande quantité dans le bio animal) sont associés à une diminution du risque. Avantage au bio ! Cet exemple illustre aussi, pour ceux qui n’en sont pas encore convaincus, que le cholestérol ne joue qu’un rôle négligeable dans les maladies du coeur.

Tout cela indique qu’il est préférable de manger bio, qu’il s’agisse d’aliments végétaux ou animaux, surtout pour protéger sa santé, selon la formule classique « que tes aliments soient ta médecine ». Encore faut-il que cela soit acceptable pour le budget familial.

Une dernière question concerne l’opportunité de publier ce rapport en juillet. Y aurait-il quelque part et à l’approche des grandes négociations sur l’avenir de l’agriculture européenne une stratégie visant à décrédibiliser une agriculture qui ne soit pas industrielle et productiviste, exportatrice (plutôt que locale), prédatrice des ressources naturelles et dévastatrice pour l’environnement ? Assistons-nous aux premières escarmouches de la grande bataille qui s’annonce et dont l’enjeu pourrait être l’émergence d’un Monde Nouveau où Monsanto, Unilever et les autres ne seraient plus les rois de la fête ?


Michel de Lorgeril est cardiologue, chercheur CNRS au laboratoire TIMC « Coeur et nutrition » de l’université de Grenoble
Michel de Lorgeril
Article paru dans l’édition du 14.08.09 du journal Le Monde

Par Sandra Gérard, publié le 23/02/2009 14:30 dans L’Express.

Au coeur du salon de l’agriculture, le bio a toujours sa place. Pourtant la nouvelle règlementation européenne, moins stricte que ne l’était la française, fait craindre la culture de produits d’une qualité moindre. Les réponses d’Anne-Laure Gaffuri, déléguée exécutive de l’association Bio consom’acteurs.

Une nouvelle règlementation europénne harmonisant le cahier des charges en matière de culture biologique pour l’ensemble des états membres a été mis en place début janvier. Qu’en pensez-vous?

« Cette règlementation est laxiste par rapport à celle qui était en vigueur en France jusqu’alors. Si elle en conserve effectivement certains principes indispensables, elle autorise des comportements que l’on ne peut accepter. Les produits biologiques peuvent être contaminés par des OGM jusqu’à hauteur de 0,9%, l’alimentation des animaux avec des produits de la ferme dont ils sont issus n’est plus obligatoire et il est possible de procéder à une mixité « bio/non bio » au coeur d’un même établissement. Autrement dit, la production de produits biologiques côtoie celle de produits qui ne le sont pas. »

Quelles sont les conséquences pour les consommateurs?

« Parmi les personnes que nous avons interrogées, la plupart ont peur que des produits bio soient contaminés par les OGM car ils connaissent l’existence d’un seuil de contamination autorisé. Par contre, ce qu’ils ne savent pas forcément, c’est comment cette contamination peut avoir lieu, principalement par la production conjointe sur une même exploitation de cultures bio et non bio. Cette méthode accroit largement les possibilités de contamination. La probabilité pour un consommateur de se trouver face à un produit contaminé par des organismes transgéniques est, de fait, beaucoup plus élevée. »

printemps-bio-coccinelleIl est également interdit pour un pays d’établir une règlementation interne plus stricte que l’européenne. Comment faire pour obtenir des produits bio qui répondent à des critères de qualité au moins équivalents à ceux de l’ancienne règlementation française?

« Les nouvelles règles européennes ont mis fin au principe de subsidiarité qui permettait à chaque état d’avoir son propre cahier des charges, mais elles ne touchent pas les marques privées. La Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), des producteurs et des consommateurs vont donc créer officiellement le 25 février une association, « Alternative Bio 2009″. Elle aura pour objectif de peaufiner le cahier des charges déjà bien avancé d’un tout nouveau label privé dont les contraintes sont encore plus restrictives que ne l’était la règlementation française. Il garantira des produits à 0% d’OGM et intègrera des mesures environnementales et sociales qui prendront en compte les facteurs transport et emballage entre autres. »

Des OGM dans les produits bio ! A qui fait faire confiance !!

Depuis le 1er janvier 2009, la présence d’OGM dans les produits issus de l’agriculture biologique est autorisée 😦

0,9 % ! C’est la teneur en OGM que vous pourrez désormais trouver dans vos produits bio sans que cela soit écrit sur l’étiquette…

C’est une victoire pour Monsanto et tous les autres semenciers !

ogm-jen-veux-pasLe nouveau règlement européen, entré en vigueur le 1er janvier 2009, autorise en effet la présence « fortuite ou techniquement inévitable » – faites-moi rire – d’OGM à hauteur de 0,9 % dans les produits issus de l’agriculture biologique.

Au-delà de ce seuil, ces aliments devront être étiquetés comme contenant des OGM.

Sans blaques !

Si des personnes veulent manger bio, cela les regardent et je respecte leur choix.

Mais qu’ils fassent de même et respectent ma liberté de choisir de me nourrir avec les aliments que je veux.