L‘addiction au sexe, la défense perverse d’Harvey Weinstein…

Harvey Weinstein justifie les fellations et attouchements contraints par son addiction au sexe.

Pour les spécialistes, addiction et agression n’ont pourtant rien à voir.

Harvey Weinstein est l’un des faiseurs de rois de Hollywood. Il est aujourd’hui accusé de viol et harcèlement par des actrices et mannequins. Fellations et attouchements forcés, intimidations, de nombreuses femmes racontent le comportement de prédateur du magnat de la production américaine.

« Je réalise que la façon dont je me suis comporté avec mes collègues dans le passé a causé beaucoup de douleur, et je m’en excuse sincèrement », écrivait le multimilliardaire de 65 ans dans un premier communiqué, promettant de « maîtriser ses démons ». Un aveu en demi-teinte, vite corrigé par sa porte-parole dans un second communiqué quelques jours plus tard: « Toutes les accusations de relations sexuelles non consenties sont réfutées par M. Weinstein. »

Michael Douglas, David Duchovny, Tiger Woods

Depuis, Harvey Weinstein affirme s’être inscrit dans une clinique de traitement de l’addiction sexuelle en Arizona et « espère que, s’il fait suffisamment de progrès, il se verra offrir une seconde chance ». D’autres stars américaines, de Tiger Woods à David Duchovny en passant par Michael Douglas sont, elles aussi, passées par ce type d’établissements pour soigner leur incapacité à contrôler leurs pulsions sexuelles.

Aucun d’eux n’est toutefois accusé d’agression sexuelle.

Alors face à des accusations extrêmement graves, qui pourraient faire l’objet de poursuites criminelles, la ligne de défense d’Harvey Weinstein surprend et déconcerte. L’addiction sexuelle mène-t-elle à des conduites agressives pouvant aller jusqu’au viol ? Tous les spécialistes s’accordent pour répondre par la négative.

« Deux pathologies différentes »

« L’addiction sexuelle et les comportements sexuels déviants non consentis sont deux pathologies différentes, la frontière peut parfois être mince, mais l’addict au sexe ne souffre pas de pulsions perverses ou de troubles de la personnalité, et son addiction n’est pas déviante », lance Marthylle Lagadec.

Depuis l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn en 2011, le cabinet de cette psychologue et sexologue ne désemplit pas. Elle reçoit une trentaine de patients par semaine. Aucun n’est sujet à des comportements agressifs, mais tous souffrent des mêmes symptômes: perte de contrôle, obsession, répercussions négatives sur l’entourage, le travail, ressenti dépressif, honte.

« Le problème est qu’il n’y a pas de réelle définition scientifique de l’addiction sexuelle que ce soit en France ou aux Etats-Unis, du coup elle n’est pas reconnue », analyse Marthylle Lagadec. En 2013, la nouvelle version du DSM, manuel de référence publié par l’Association américaine de psychiatrie (AAP), n’a pas retenu cette addiction comme « désordre mental », recommandant d’approfondir les recherches sur cette pathologie.

Emprise, puissance et pouvoir

Résultat, tous les chercheurs ne sont pas d’accord.

« Certains mettent dans le même sac addiction sexuelle et comportement déviant, d’autres affirment que l’addiction sexuelle n’existe pas, moi je me pose en tant qu’addictologue et remarque que l’on retrouve dans le cerveau les mêmes marqueurs neurobiologiques que pour d’autres addictions, comme aux jeux d’argent, à l’alcool ou aux drogues », indique Marthylle Lagadec.

Cette définition floue de cette pathologie permettrait à certains agresseurs de se cacher derrière cette maladie.

« C’est très américain comme système de défense, indique à L’Express Daniel Zagury, psychiatre et criminologue. Cette affaire est en réalité un grand classique: il s’agit d’un homme qui jouit d’une position dominante, qui peut faire et défaire des carrières, et qui abuse de cette situation, il transforme son pouvoir sur l’autre en consommation sexuelle. Ici, le désir de l’autre et le plaisir sexuel n’a pas d’importance, c’est l’emprise, la puissance et le pouvoir qui comptent, comme chez les violeurs. Donc parler d’addiction sexuelle n’a pas de sens. »

Depuis cinq ans, François-Xavier Poudat a monté des groupes de thérapie de « restructuration cognitive » de l’addiction sexuelle au CHU de Nantes.

Le psychiatre se souvient que dans les années 1970 et 1980, les agresseurs justifiaient souvent leurs actes devant les tribunaux en expliquant qu’ils étaient malades psychiatriques: « Aujourd’hui, les experts mettent rarement cette étiquette ‘malade’ sur les pervers. Car se défendre en affirmant que l’on est addict, donc malade, ne peut fonctionner qu’à condition de prouver que l’on a essayé de se soigner pendant des années et que les traitements n’ont pas fonctionné. »

« L’addict est dans l’autodestruction »

Dans ses groupes thérapeutiques, le psychiatre élimine donc systématiquement les profils de pervers ou de déviant sexuel, « qui pourraient déstabiliser le groupe ». « L’addict est dans l’autodestruction, il souffre, ressent un mal-être profond et un dégoût de soi, explique à L’Express François-Xavier Poudat. Ces malades sont dans une lutte et tentent donc de se soigner par la thérapie. Les pervers sont des prédateurs qui jouissent du mal qu’ils peuvent faire à l’autre, n’ont pas de culpabilité et ne sont pas demandeur de solutions thérapeutiques. »

Selon le psychiatre, certaines rares addictions, comme l’exhibitionnisme ou le voyeurisme, peuvent mener à des comportements agressifs. « Mais par définition l’addict au sexe n’a pas de volonté de mettre une personne sous contrainte ou de la manipuler, conclu-t-il. Les seules personnes à qui les addict font du mal c’est à eux-mêmes, et en général à leur conjoint. »

Résistance des femmes agressées, face-à-face musclé avec Brad Pitt après des propositions à sa petite amie de l’époque Gwyneth Paltrow, versements de compensations financières en privé pour étouffer les affaires…

Le problème d’Harvey Weinstein était connu de tous.

Après des décennies d’agressions, le producteur semble pourtant s’être comme réveillé. « Je réalise que je dois travailler sur moi-même et changer », affirme-t-il. En attendant, le multimilliardaire fourbit ses armes en cure, et non en prison.

Sources: lexpress.fr, mon expérience professionnelle de thérapeute

Jusqu’où peut-on dépenser pour miser en espérant gagner?

C’est l’objectif de Christian Eckert, secrétaire d’État au budget, qui a annoncé ce lundi le lancement du site evalujeu.fr.

Devant l’essor des paris en ligne et autres jeux à gratter, nous avons demandé aux internautes si eux ou leurs proches avaient été victimes de cette dépendance – et comment ils s’en étaient sortis.

La «chance du débutant».

gambling-addict, psychotherapie, addiction sexuelle, dépendance, boulimie, F.Duval-Levesque psychopraticien et hypnothérapeute, TCCVoilà ce qui a d’abord entraîné Christophe dans l’enfer du jeu. «Sur l’une des premières courses, j’ai gagné un peu plus de 500 euros pour 1 ou 2 euros misés. Ce qui m’a permis de payer mes vacances. Et quand vous avez la chance de gagner une belle somme dès le départ, ça n’aide pas à arrêter… Cette petite histoire a duré presque six mois. Les 500 euros empochés au départ ont été mon plus gros gain.»

Florent, lui, est attiré par les cagnottes mises en jeu régulièrement. «Lorsqu’il y a des gains importants, au Loto ou encore à l’Euromillion, il m’arrive de sortir plusieurs centaines d’euros. Je joue à chaque tirage et ce, depuis 1993. Je n’ai jamais essayé d’arrêter depuis.»

Moça, elle, n’avait même pas conscience du potentiel addictif de la pratique: «Moi, j’essaye tous les jours, même si je ne gagne jamais… Je pense pouvoir arrêter, mais c’est devenu comme une obligation. Si je n’ai pas de monnaie, je sors ma carte.»

Jean-Michel avoue même des pratiques dont il a honte aujourd’hui: «Tout a commencé entre amis. On se payait des bonnes tranches de rire en jouant au poker. Mais moi, j’avais toujours cet appât du gain. J’ai commencé à détourner l’argent de ma femme sans qu’elle ne s’en aperçoive. J’ai piqué dans la tirelire de ses enfants, aussi. C’est quand elle m’a quitté que j’ai tout arrêté. J’ai fait plusieurs cures pour dépression après ça.»

Fort heureusement, la plupart de nos commentateurs assurent qu’ils s’en sont sortis.

Mais, pour beaucoup, leur situation reste précaire.

Christophe confesse qu’«aujourd’hui encore, tant d’années après, j’ai une espèce de petite suée d’excitation lorsque je me dis que je pourrais me réinscrire sur le site du PMU. Et je ne parle pas des sites de pari en ligne tels que Betclic, qui m’ont forcément tenté un jour ou l’autre…»

Lisandru, lui, remercie sa famille qui l’a aidé à se détacher de cette dépendance: «Je me suis retrouvé avec des problèmes d’argent, et mes parents ont du m’aider pour m’en sortir. Mais maintenant, ça fait 3 ans que je n’ai plus joué.»

C’est la rencontre avec celle qui est désormais sa compagne qui fut le déclic pour Jean-Michel: «Un soir, en retournant au casino de Toulouse, j’ai rencontré ma nouvelle femme. On s’est soignés mutuellement après avoir été chez un addictologue qui nous a aidés.»

Peut-être suivent-ils désormais la maxime de Marie-Christine: «Je gagne tous les jours… parce que je n’ai jamais joué.»

Sources : lefigaro.fr, evalujeu.fr

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« On vous le prescrit pour quinze jours, vous en prenez pour trente ans… »

Quelques faits sur la dépendance à cet anxiolytique, en deux parties

Une femme essaie de dormir (Alyssa L. Miller/Flickr)

Selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies [2], la France compte 3,8 millions de consommateurs réguliers de psychotropes, anxiolytiques en tête.

Si 62% se le font délivrer par ordonnance, 38% se fournissent sur le marché parallèle, dit encore l’OFDT.

Les benzodiazépines [3], dont le Lexomil est la vedette, sont décrits ainsi par le dictionnaire Vidal :

« Famille de médicaments aux effets tranquillisants, sédatifs et anticonvulsivants. Ils favorisent la relaxation musculaire et l’endormissement»

Le pied ? Il faut lire la suite de la définition :

« Pris à forte dose ou pendant une durée trop longue, ils entraînent une dépendance. Leur arrêt brutal expose à un syndrome de sevrage »

Pour savoir qui en prend, quels sont les abus, comment s’en sortir, Rue89 a consulté la littérature et interrogé deux experts.

« Une volonté de régler les problèmes rapidement »

Depuis 1991, la durée de prescription de Lexomil est limitée à trois mois, contre six auparavant. La rencontre avec ce médicament se fait généralement à l’occasion d’une crise aiguë (insomnie, difficultés professionnelles ou sentimentales, deuil…), mais elle doit normalement rester ponctuelle.

« On vous le prescrit pour quinze jours et vous en prenez pour trente ans », résume un professionnel, inquiet de l’accoutumance.

Rapide, efficace, délivré facilement, pas cher et provoquant peu d’effets secondaires, le Lexomil a beaucoup d’atouts pour lui.

Perçu comme une alternative à la psychothérapie, il correspond à « la volonté de régler les problèmes rapidement, à un besoin d’immédiateté, alors que si on prenait le temps, on pourrait se passer de médicaments », remarque Geneviève Lafaye, psychiatre et addictologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif.

De l’adolescent à la personne âgée, il n’y a pas de consommateur type. Les médecins surveillent particulièrement l’addiction chez les personnes âgées et le développement d’une consommation hors prescription chez les jeunes qui se servent dans la salle de bains des parents.

« Un arrêt brutal est déconseillé »

(la suite demain,  dans mon tout prochain article)


Sources :
photo : Alyssa L. Miller/Flickr

[1] http://www.doctissimo.fr/medicament-XANAX.htm
[2] http://www.ofdt.fr/ofdtdev/live/produits/psychotr/conso.html#aff_rech
[3] http://www.chu-rouen.fr/ssf/prod/benzodiazepines.html
[4] http://asset.rue89.com/files/synthese_bzd_-_version_finale_2008.pdf
[5] http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_601509/modalites-d-arret-des-benzodiazepines-et-medicaments-apparentes-chez-le-patient-age

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