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Après la fermeture des quais, la ville veut « absolument éviter le confinement local ».

Lundi 1er mars 2021, deux jours après la fermeture au public des quais de la Garonne et de la prairie des Filtres, ceci pour éviter les attroupements et limiter la diffusion du covid-19, c’est une ville de Toulouse un peu résignée qui a repris le chemin du travail après les congés scolaires de février.

Les quais, la prairie des Filtres déserts…

Clairement, si les belles journées de la semaine dernière, avaient (peut-être) laissé envisager une sortie de tunnel (à certains), après un hiver qui, psychologiquement, a pesé lourdement sur nombre d’habitants, la décision de fermer administrativement les quais alors que le printemps se profile, a remis les habitants de la Ville rose face à la réalité de l’épidémie de coronavirus.

Surveillés par des agents de sécurité, les quais de la Garonne et la prairie des Filtres étaient déserts ce lundi à la pause méridienne.

Un panorama qui faisait peine à voir avec cette nouvelle belle journée.

« Décisions acceptées avec fatalité »

La décision ne suscitait en revanche pas vraiment de remous en bord de Garonne…

« On est un peu blasé en fait. Ces décisions, comme celle de fermer les quais de la Garonne, réduisent le champs des lieux de rencontres pour les jeunes, mais elles sont ressenties et acceptées avec fatalité. On ne peut que subir. On espère retrouver ces points de rencontre rapidement, mais c’est vrai qu’en observant la situation actuelle, on est un peu sceptique », explique ainsi Evan, un étudiant en alternance.

Subir, c’est le verbe qui revient dans la bouche de nombreux étudiants qui se sont quand même retrouvés en petits groupes du côté du port de la Daurade, observant la Garonne depuis le haut des digues Saget.

Venus pour nombre d’entre eux en voisins du campus de Toulouse 1-Capitole, la plupart de ces jeunes qui, pour certains, ont tout juste retrouvé des cours en amphithéâtres, veulent désormais terminer leur année scolaire en limitant la casse.

« Eviter un confinement local »

Limiter la casse, cela veut clairement dire ne pas être confiné le week-end.

« On fait preuve de résilience. Cette décision de fermer les quais, elle est frustrante, mais on reste compréhensif. Toute la semaine dernière, il y avait du monde sur les quais…Si cela peut participer à éviter un confinement local, on préfère que les berges soient fermées », assure Emma, étudiante en Master 1 à Toulouse -1 Capitole.

Juste à côté d’elle, certains camarades de promo, s’avouent surpris de cette décision mais la plupart d’entre eux ont plutôt en point de mire la rentrée de septembre, qu’ils voudraient la plus normale possible, c’est-à-dire en amphithéâtres…

Et ils sont plutôt déterminés à emprunter le chemin qui leur permettra de reprendre leur cursus universitaire le plus normalement possible.

Torpeur covidienne en centre-ville

Ne pas confiner, « quoi qu’il en coûte » pour paraphraser le président de la République Emmanuel Macron, c’est un peu le leitmotiv dans une Ville rose qui, quasiment un an après le premier confinement, s’est, semble-t-il, habituée à vivre dans cette torpeur covidienne.

Bien plus peuplées que les secteurs désormais mis sous cloche, les rues de l’hypercentre n’en étaient pas pour autant plus animées.

Pas d’effusion, peu de cris, peu d’exclamations de joie. Ce midi, la pause méridienne était très calme place du Capitole, rue d’Alsace-Lorraine ou square de Gaulle.

« Retrouver la vie d’avant »

Alice, étudiante à l’université Toulouse-Capitole et qui usait ce midi l’un des bancs en béton de la place du Capitole convient que la place la plus connue de Toulouse « a été bien plus animée que ça ».

« Actuellement, ce n’est pas la ville qu’on a connue. En tant qu’étudiant, cela fait plusieurs mois que l’on subit la situation. Alors, le moral est un peu dans les chaussettes… On espère tous retrouver notre vie d’avant, retourner dans des bars par exemple », explique-t-elle.

Se sent-elle stigmatisée en tant que jeune par la décision de fermer les berges de la Garonne au public, les jeunes étant des adeptes du site ?

« C’est vrai qu’on ne comprend pas toujours la cohérence de certains choix, notamment quand on voit que les gens peuvent s’agglutiner dans un Zara au centre-ville mais ne peuvent pas se retrouver sur les quais alors que ce lundi, il fait du vent et qu’à l’air libre, les risques sont réduits… »

Toulouse n’est pas Dunkerque

Pour rappel, selon les derniers chiffres communiqués, Toulouse enregistre un taux d’incidence de 261,2 cas positifs pour 100 000 habitants.

À Dunkerque, il avait franchi le seuil de 1000 cas pour 100 000 habitants ces derniers jours…

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Les séances se font à mon cabinet toulousain, ou en téléconsultation (par Skype, WhatsApp, Zoom), ou au domicile de mon client. Plus d’informations utiles pour résoudre votre problème en cliquant sur les liens en haut de ce blog « duvallevesque-psychotherapie-hypnose.fr ». Mailez-moi ou appelez-moi pour tout conseil dont vous avez besoin

Alcool, tabac, drogues et médicaments…

Les addictions, autre dégât collatéral du Covid-19.

Peut-être êtes-vous concerné ?

Le stress, l’absence de cadre ou la précarité ont fait augmenter la consommation et parfois les dépendances à l’alcool, à certaines drogues ou à des médicaments.

« Il y a deux choses qui m’ont alerté : je commençais à boire le matin et à cacher des verres, des bouteilles… », raconte Alexis (tous les prénoms ont été changés), ce mercredi de janvier, ce quadragénaire toulousain.

Pour Alexis, publicitaire et père d’un jeune enfant, tout a dérapé lors du premier confinement, au printemps 2020. En quelques semaines, sa consommation de vin, « déjà un peu au-dessus des recommandations officielles », souligne-t-il, double. Carburant, béquille, l’alcool devient une obsession. Après un mieux au déconfinement, il replonge avec le deuxième confinement et le retour du télétravail. La prise en charge à mon cabinet porte désormais ses fruits : « On fixe des objectifs toutes les semaines, ça pousse à se bouger », se réjouit Alexis, en phase avec l’approche de consommation raisonnée qui lui a été proposée.

Ne pas renoncer complètement à l’alcool mais retrouver sa consommation d’avant, c’est aussi le but de Lucie. Comme Alexis, ce sont la pandémie et les bouleversements de la vie quotidienne qui ont fait basculer dans l’excès cette tout juste quadragénaire, à la vie sociale « très riche ». Privée de danse, sa « bulle d’oxygène », et de sorties, contrainte de donner ses cours face à un écran, l’enseignante s’est mise à boire seule pour combler le vide.

Du vin et du rhum. De plus en plus. Elle se tourne vers son entourage… qui minimise. « Moi, j’ai eu la chance de m’inquiéter, mais c’est un thérapeute en hypnose profonde qui m’a aidé, pas mes proches, estime Lucie. Pour l’alcool, beaucoup se voilent la face à cause du côté festif, culturel. » Mi-mai, en cherchant une aide sur Internet, elle a pris contact avec mon cabinet. Elle se sent « soutenue, accompagnée ». Lucie ne m’a pourtant jamais vu qu’à travers un écran. « C’est plus pratique en visio », dit-elle.

A mon cabinet toulousain, la crise sanitaire a fait émerger et se développer les consultations à distance. Désormais,  je panache mon activité entre consultations sur place à mon cabinet et à distance. Et cela fonctionne.

Les demandes venant de femmes ont fortement augmenté, alors qu’elles ne représentaient guère que 10 % de ma clientèle. Souvent liée avec l’anxiété sociale. Certaines avaient sans doute conscience depuis longtemps de consommer trop mais ne venaient pas. On a l’impression que cette crise a levé leur culpabilité, qu’elles se sont plus autorisées à en parler et prendre soin d’elles. Je suis convaincu, le vécu de la crise est plus difficile pour les femmes, avec une sensation d’isolement plus importante, la gestion des enfants, des violences familiales exacerbées.

Qu’elles arrivent par bouche-à-oreille ou par leur médecin traitant, voire internet, les femmes ayant un problème d’alcool sont contentes de consulter à distance, de ne pas se montrer en salle d’attente. Et c’est parfois plus facile pour elles en matière d’organisation, avec les enfants notamment.

Un accompagnement à distance est utile. Ainsi, elles ont plus confiance, car ce qui relève de l’addiction est proche de l’intime. Et connaître le témoignage de femmes qui étaient au plus bas et s’en sont sorties avant elles fait naître une nouvelle motivation et l’espoir.

Rappelons que le tabac est la première cause de décès évitables – il en provoque 73 000 par an – devant l’alcool – 49 000 par an. Ce dernier est de surcroît souvent un facteur de violences. Ainsi, dans 54,6 % des féminicides, la présence d’alcool, de psychotropes ou de stupéfiants est relevée chez l’auteur et/ou la victime, selon une étude du ministère de l’intérieur.

Pour le cannabis, si la majorité des consommateurs n’ont pas changé leurs habitudes pendant le premier confinement, « la part des usagers quotidiens est passée de 20 % à 31 % », indique l’enquête Cannabis Online de l’OFDT, menée en ligne auprès d’environ 2 800 adultes, usagers dans l’année.

Les drogues de type cocaïne et ecstasy, consommées dans des situations festives, ont elles fortement baissé pendant cette période. En revanche, il y a eu « une tendance à la hausse relativement marquée » pour les anxiolytiques et les hypnotiques, selon le rapport Epi-Phare (commun à l’Assurance-maladie et à l’Agence nationale de sécurité du médicament).

La consommation est restée élevée pendant le deuxième confinement et après. Les addictions comportementales comme celles aux écrans se sont elles aussi accrues. Malgré le recul des paris sportifs, les joueurs de poker en ligne ont quasiment doublé, à 500 000 au deuxième trimestre 2020, selon l’étude Trend de l’OFDT.

Certaines populations semblent particulièrement vulnérables, au premier rang desquelles les étudiants.

Une étude réalisée fin mars 2020 et publiée en février dans Frontiers in Psychiatry, portant sur des étudiants de quatre universités françaises déclarant boire de l’alcool de façon habituelle, s’est intéressée à leurs consommations et à leur ressenti psychique pendant le confinement. Les trois quarts d’entre eux avaient un niveau de stress modéré ou élevé (contre 25 % lors d’une précédente étude, réalisée de 2009 à 2011), constatent Valentin Flaudias (université Clermont-Auvergne), premier auteur de l’article, et ses collègues.

Or, « on note une forte association entre le niveau de stress ressenti et le niveau de consommation d’alcool, notamment chez les filles, plus sujettes au stress, mais aussi l’usage compulsif d’Internet ou les troubles du comportement alimentaire », explique Mickael Naassila (Inserm, université de Picardie), président de la Société française d’alcoologie, et coauteur de l’article. Inversement, « le soutien social est un facteur majeur de résistance au stress », confirme l’étude.

J’observe que le premier confinement a été plutôt très bien supporté par la majorité des jeunes. Par contre, depuis le deuxième confinement, je constate plus de crises de boulimie, de conduites addictives, avec un niveau d’angoisse élevé.

Le stress induit par la crise sanitaire a pu révéler des vulnérabilités et exacerber des fragilités.

Ainsi, je connais une étudiante en faculté de droit, dont tous les cours sont en visio depuis septembre 2020, vit seule dans une chambre d’étudiant, loin de sa famille. Elle souffre de ne plus voir ses amis, de ne plus sortir. L’avenir l’inquiète beaucoup. Elle s’est mise à boire un ou deux gins tous les soirs, puis un peu plus, « pour dormir, être apaisée ». Un témoignage loin d’être exceptionnel dans les universités. Différents étudiants me disent aussi faire beaucoup plus régulièrement appel à des antidépresseurs ou à des anxiolytiques.

Au-delà de cette population particulièrement à risque, l’isolement social augmente les consommations, tout comme l’absence de cadre (télétravail, échanges en visio…). Je suis d’autant plus inquiet pour l’avenir que d’autres signaux sont au rouge.

La vraie vague est attendue cette année, car le terreau des addictions est la dégradation de la santé mentale, la dépression, l’anxiété, le lâcher-prise, mais aussi la précarité. Et le terreau est bien là : les états anxieux et dépressifs se maintiennent à un niveau élevé, autour de 20 %, selon les dernières données (18-20 janvier) de l’enquête CoviPrev.

 

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Et faites la même chose pour tous les réseaux sociaux !

Jamais deux sans trois ?

La France entière aurait aimé faire mentir l’adage.

Mais elle se dirige, selon toute vraisemblance, vers un troisième confinement pour tenter d’endiguer la propagation du coronavirus, et de son variant anglais en particulier.

Après une semaine sans conférence de presse gouvernementale — le ministre de la Santé Olivier Véran était toutefois l’invité du journal télévisé de TF1 jeudi soir —, la dernière semaine de janvier pourrait être celle de l’annonce d’une nouvelle mise sous cloche du pays. Reste encore à en préciser les contours, notamment concernant la fermeture ou non des écoles et commerces.

La décision, si elle venait à se confirmer, devrait être annoncée mercredi ou jeudi par Emmanuel Macron, après la tenue d’un nouveau conseil de défense sanitaire mercredi. D’ici là, les premiers effets de l’instauration du couvre-feu à 18 heures partout en France seront connus.

Pour l’heure, l’entourage du chef de l’État assure que « rien n’est encore acté ». Seule certitude : « des décisions seront prises cette semaine (…), il ne s’agit pas de baisser la garde », selon le Premier ministre Jean Castex, qui était en visite lundi matin à l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

La communauté médicale y est favorable

« Il faudra probablement aller vers un confinement », a estimé dimanche le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy au micro de BFM-TV. « Plus on prend une décision rapide, plus elle est efficace et peut être de durée limitée. On est dans une semaine un peu critique », a ajouté le président de cette instance chargée de conseiller l’exécutif. Car sur le plan sanitaire, la circulation des variants, qui doit être mesurée plus finement après une nouvelle enquête « flash », programmée mardi et mercredi, « change complètement la donne », ajoute le médecin.

La circulation du variant anglais atteint déjà des niveaux de 7 à 9 % des cas dans certaines régions, alors qu’une première enquête l’avait mesuré à 1,4 % au niveau national les 7 et 8 janvier.

À l’instar de Jean-François Delfraissy, les médecins estiment la question tranchée.

Le confinement est « nécessaire pour nous permettre de repartir et de rebondir à la fin du printemps et de l’été avec toute la France qui veut se mettre au travail », a déclaré sur France Info Denis Malvy, membre du Conseil scientifique et chef du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Bordeaux. « Le confinement apparaît vraiment irrémédiable, la question qui se pose maintenant, c’est dans quel délai », a renchéri Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital parisien Saint-Antoine, dans Le grand jury sur RTL/Le Figaro/LCI. Et celle-ci de souligner que plusieurs indicateurs montrent que « nous arrivons à un seuil de saturation du système hospitalier ».

Le cap du million de vaccinés franchi

Dimanche, le nombre de malades hospitalisés a encore augmenté, à 26 357, soit un bon millier de plus qu’il y a une semaine. Les services de réanimation comptent eux près de 3 000 malades (2 955), contre 2 766 sept jours auparavant.

Sur le front du vaccin, un total de 1 026 000 personnes ont été vaccinées contre le coronavirus, au moins avec une première injection. Fixé pour la fin janvier, le palier du premier million a été dépassé samedi, quatre semaines après le début de la campagne française de vaccination.

Mais Jean-François Delfraissy « ne partage pas » la conviction du gouvernement que l’ensemble de la population pourrait être vacciné d’ici l’été. « On va vacciner le maximum de gens d’ici la mi-avril, probablement six à huit millions de personnes », et arriver à la fin de l’été à vacciner peut-être 40 % de la population française « mais pas plus », a-t-il ajouté, constatant que « l’industrie pharmaceutique (ne parvient pas) à fournir de façon massive » les doses.

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Dr Patrice Schoendorff : Oui, sur le plan de la psychiatrie, la situation française est très préoccupante. Pour que les choses soient parlantes, avec le Dr Didier Charrassin, chef du pôle psychiatrie du Chablais, nous avons regardé les chiffres du secteur de Thonon les Bains, une zone qui va du Lac Léman jusqu’aux stations de ski de Morzine d’Avoriaz. Tous les indicateurs sont au rouge !

En 2020, nous enregistrons +12% de consultations psychiatriques extrahospitalières. Du jamais vu. A l’hôpital de Thonon, sur les deux derniers mois, en décembre et novembre, nous avons eu 30 hospitalisations ce qui est là aussi du jamais vu. Nos deux unités de 20 lits, qui ont par ailleurs en charge leurs patients chroniques, sont totalement saturées.

Est-ce un constat général ou une situation propre à cette région des Alpes ?

Je discute avec des collègues psychiatres du reste de la France, c’est partout pareil. Et comme la psychiatrie est le parent pauvre de la médecine française, cet afflux massif de nouveaux patients intervient alors que le secteur hospitalier dans ce domaine est déjà sinistré. A Thonon, sur 5 postes de psychiatres, deux sont vacants… L’hôpital doit appeler en urgence des intérimaires.

De quoi souffrent ces patients nouveaux que vous voyez apparaître ?

Pas seulement de « dépression » comme je l’entends dire à la télé. En fait, cela craque de partout. On assiste à une déstabilisation complète de tous les troubles psychiatriques. Que ce soient des phénomènes de décompensation de troubles de l’humeur, c’est-à-dire des dépressions, mais aussi des décompensations chez des personnes jusque-là stabilisées pour des troubles bipolaires par exemple. Autrement dit, l’explosion des troubles psychiatriques touche tous les secteurs.

En bout de chaine, on assiste aussi à une recrudescence des passages à l’acte, y compris violents. Même aux urgences psychiatriques à Thonon, on n’avait jamais vu cela. Il y a un nombre jamais vu de troubles du comportement sur la voie publique. Je sais aussi, même si le chiffre reste confidentiel, que le nombre de suicides sur la région lyonnaise est en très forte augmentation. Vraiment, la situation est très préoccupante.

Intervenez vous aussi en unité Covid ?

Bien sûr, nous sommes appelés en consultation psychiatrique dans des unités Covid où des patients sont hospitalisés. Paradoxalement, c’est le seul moment où je peux voir des patients non masqués. Le reste du temps, pour la première fois de ma vie de psychiatre, je parle à des interlocuteurs dont je ne vois pas le visage. Cela aussi c’est un problème. En unité Covid, certains sont hospitalisés sur de longues périodes et vivent des situations d’angoisse extrême. Certains perdent le sommeil. La plupart sont très affaiblis, très fatigués. C’est très lourd… Ils regardent la télé, sont souvent coupés de leurs proches, et au contact de soignants de plus en plus fatigués. Là encore, la situation psychologique de ces malades est de plus en plus préoccupante.

Avez-vous eu des recommandations nationales sur des traitements psychiatriques particuliers de malades Covid ?

Je souris. Non rien. Pas une seule recommandation. Pas un seul protocole. Chacun fait dans son coin avec les moyens du bord ! On fait comme on peut. On compose. C’est vrai, que l’on devrait se préoccuper d’un retour d’expérience…

Quelle est votre analyse de ce que nous vivons ?

Il est bien normal que la pandémie et le virus génèrent des peurs et des angoisses.

Mais je constate que ce sont aussi les mesures prises par le gouvernement qui génèrent à leur tour peurs et angoisses !

Le premier confinement de mars dernier s’est relativement bien passé. Il était alors plus facile de comprendre pourquoi des mesures étaient prises pour stopper la propagation. Mais le deuxième confinement est bien plus mal compris et bien plus mal vécu. Je sens mes patients beaucoup plus angoissés. Ils ont du mal à comprendre le couvre-feu de 18h par exemple et tous les changements qui interviennent, un jour 20h, un jour 18h, sans que l’on sache trop pourquoi. Tout cela, sans parler des discours successifs du gouvernement sur les vaccins, contribue à angoisser davantage les gens. C’est déstabilisant de ne pas comprendre.

Et puis avec le deuxième confinement, les mesures ont touché toutes les sphères, familiales ou professionnelles. Pour des gens vivants seuls, tout cela est encore plus difficile. Or le gouvernement ne semble pas tenir compte de ces difficultés d’ordre psychologiques. Le discours n’est qu’un discours épidémiologique sur la vitesse de propagation du virus… Rien ou presque sur la dimension psy.

Il n’y a pas de psychiatre dans le conseil scientifique…

Non seulement il n’y en a pas, mais j’observe avec beaucoup d’autres, que toutes les mesures qui sont prises et le discours qui va avec, ne semblent pas venir de gens de terrain. Pour faire de la médecine, il faut être au contact de malades sur le terrain, or j’ai l’impression que la réponse scientifique actuelle se limite à des analyses de « l’arrière » du front. La dimension psychiatrique n’est jamais mise en avant et me semble insuffisamment prise compte.

C’est-à-dire ?

La distanciation sociale, en soit, est une hérésie. L’être humain ne peut s’épanouir qu’au contact de l’autre. En organisant une distanciation sociale, aussi froidement que ce qui est fait, on court le risque d’une dislocation sociale. Autre exemple, j’ai lu aussi que pour décider du couvre feu à 18h, le CNRS avait réalisé un modèle scientifique pour aboutir à une limitation maximale des interactions. Mais d’un point de vue psychiatrique, cela aussi c’est une abomination.

En même temps que de telles mesures sont mises en place, dont il faudrait percevoir les dangers psychiatriques, il faudrait penser des accompagnements… Cela parait évident.

Vous dénoncez un déficit d’explication, doublé d’une crise de confiance ?

Le déficit d’explication est stupéfiant. Et la crise de confiance, nous la mesurons en observant nos indicateurs psychiatriques au rouge. Depuis des mois, je suis choqué que personne au sein du conseil scientifique ne porte cette dimension, en tout cas que le discours du gouvernement soit si creux, si sec, si froid.

Comment voyez vous évoluer les choses ?

On va vers une casse psychologique et psychiatrique, très très importante. Il y aura un avant et un après. Les gens sont traumatisés. A tous les niveaux.

Dans les Ehpad, par exemple, on sait que des personnes âgées sont mortes de phénomènes de glissement et d’angoisse. D’autres sont traumatisés d’avoir dû enterrer un parent de façon bâclée. Ce sont des petits exemples entre mille. Il y a une urgence absolue à prendre en compte la dimension psychologique de la crise actuelle. Nous sommes de très nombreux praticiens, en France, à ressentir cette urgence.

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Une enquête sur le burn-out des médecins français en 2020 dépeint une profession en crise.

Burn-out, pensées suicidaires…

Nos docteurs ont besoin de soins !

Que l’on se le dise, les médecins vont mal, entre des journées trop chargées, un manque de moyen et un sentiment d’impuissance.

Résultat : burnout et pensées suicidaires.

Pour mieux comprendre le phénomène, le site spécialisé Medscape a recueilli 1025 témoignages. Résultats de cette enquête : en 2020, 51% des médecins affirment présenter des symptômes de burn-out et 63% d’entre eux estiment que la crise sanitaire les a aggravés.

« Je suis effarée par la dégradation des conditions de travail et de l’Assistance publique, affirme une praticienne dans le communiqué joint à l’enquête, et suis profondément blessée par le manque de considération de nos dirigeants et le mépris de l’administration. Si je reste, c’est vraiment pour les patients… Je ne sais pas où nous allons, dans le mur sûrement… « . Elles sont 14% à expliquer que la sévérité de leurs symptômes pourrait les pousser à quitter la médecine. Une décision douloureuse, évoquée le plus souvent chez des médecins généralistes (23%).

Des poussées suicidaires

L’analyse montre aussi que près d’un tiers des médecins en burn-out ont déjà eu des pensées suicidaires. Et seuls 30% ont eu le courage d’en parler à un psy ou un hypnothérapeute.

« Les symptômes les plus souvent décrits par les médecins qui déclarent être en burn-out sont des troubles du sommeil, de la fatigue chronique et de l’anxiété, rapporte Véronique Duqueroy, directrice éditoriale de Medscape. 38% d’entre eux placent le nombre d’heures de travail excessif en tête des facteurs liés au burn-out. Trois quarts des médecins travaillent plus de 40 heures par semaine.

Un épuisement professionnel qui, pour 83% des répondants, a un impact sur leurs relations personnelles et familiales (divorce ou ne pas voir grandir ses enfants).

Une oncologue décrit « le sentiment d’échec de toute une vie… la poursuite de la vie comme un robot, faute de pouvoir y mettre un terme… « .

Pour la directrice, ces résultats montrent que les médecins français sont « au point de rupture, avec les symptômes d’épuisement et d’anxiété majeurs. Alors que la France fait actuellement face à une troisième vague épidémique, il est crucial de reconnaître la détresse des professionnels de la santé et la nécessité de mettre en place des mesures de soutien. »

Le manque d’aide pointé du doigt

Les médecins se sentent donc seuls. Selon 41% des interrogés, ni l’employeur, ni le lieu de travail actuel n’offrent de programme de lutte contre le stress et/ou l’épuisement professionnel.

Et le tabou est réel, puisque 45% des médecins en burn-out n’ont pas encore l’intention de faire appel à un psy ou un hypnothérapeute pour aller mieux. Une attitude est largement plus fréquente chez les hommes (55%).

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Limpact négatif de la crise sanitaire sur la santé mentale n’est plus à démontrer…

Troubles du sommeil, anxiété, dépression, idées suicidaires, jusqu’au passage à l’acte.

Les autorités ont promis un renforcement des soins psychiques de première ligne, mais pour les psys et les hypnothérapeutes, ce n’est pas suffisant.

Un phénomène de cumul de stress

On est tous touchés d’une manière ou d’une autre.

A minima, cette crise implique un changement de nos habitudes. A maxima, ce sont des situations d’isolement extrême, de confrontation à des situations de danger pour soi ou de détresse psychologique, par exemple dans les services hospitaliers. On a vraiment un phénomène de cumul de stress, et même les gens les plus épargnés sont exposés.

Pointons aussi un effet d’accumulation qui perdure depuis le premier confinement : il y a eu une période de répit très courte qui s’est limitée à la fin du printemps 2020. Cela veut dire qu’un grand nombre de gens n’ont pas pu bénéficier du moment de répit traditionnel de l’été. Et on sait très bien en psychologie qu’une accumulation de stress et un stress chronique comme on le vit maintenant, c’est ce qu’il y a de plus dommageable pour la santé mentale.

Une bombe à retardement

Le rebond des problèmes psychologiques arrive bien plus tard que les problèmes physiques. Il est urgent de les prendre à bras le corps. Les données qui commencent à arriver montrent que sur toute une série d’aspects, idées suicidaires, risques de stress prost-traumatique, etc. depuis l’automne, les données sont soit stables mais à un niveau élevé, soit augmentent fortement. L’impact, on va vraiment le voir dans les semaines qui viennent. Car il y a toujours un effet retard sur la santé mentale.

Des psys débordés ?

Le politique a mis du temps à considérer ces aspects : ils ont été fortement négligés dans un premier temps. Dans un deuxième temps, le mot « psychologique » est apparu de plus en plus dans le discours politique, c’était début automne et déjà fort tard…

Il reste surtout du travail à faire en première ligne : il faut accélérer d’urgence les systèmes permettant aux gens d’accéder, dans leurs communes, à des soins rapides et gratuits, ce qui n’est pas encore en place. A côté du public précarisé, il y a aussi toute une série de personnes qui à un moment basculent. Et là, l’accès au soins de santé mentale n’est pas assez connu.

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Des conseils concrets pour faire face à la troisième vague de Covid-19 qui se profile pour le printemps 2021 (et un point sur les indicateurs qui permettent de la prédire) ?

Malheureusement, après les vagues de mars-avril et octobre-novembre 2020, et dans l’attente des campagnes de vaccination, nous devons nous préparer à affronter une nouvelle vague de contaminations vers mars-avril 2021.

Cette prévision repose sur plusieurs observations.

Les coronavirus sont saisonniers dans l’hémisphère Nord

Les coronavirus, comme les virus de la grippe, adorent l’hiver, les températures froides, le déficit en ultraviolets B, la faible humidité relative dans les habitations, la promiscuité et la faible aération. La période la plus favorable aux coronavirus communs, déjà responsables d’environ 1 rhume sur 3, va de décembre à mars-avril. Celle du nouveau coronavirus se calque sur ses cousins, comme on l’a déjà constaté à l’hiver 2020.

Les contaminations ne baissent plus, voire remontent

Alors qu’on espérait  voir moins de 5000 nouveaux cas le 15 décembre (objectif fixé par le gouvernement), les projections sont plutôt de 8000 à 9000 nouveaux cas, voire plus. Cet effet de plateau ou de reprise s’explique en partie par le retour dans les établissements scolaires le 2 novembre, la reprise des mobilités à la fin du mois de novembre, les températures froides.

Les rassemblements pendant les fêtes vont jouer un rôle d’accélérateur

Nous allons donc aborder les fêtes de fin d’année avec un niveau soutenu de contaminations et un Rt en probable hausse. Or, si les vacances scolaires de Noël pourraient avoir un effet de frein sur les transmissions, il devrait être compensé, et au-delà, par les rassemblements familiaux et amicaux de fin d’année.

L’exemple, le 26 novembre, de Thanksgiving, la plus grande fête américaine, mérite qu’on s’y attarde.

Les appels à rester chez soi, lancés par les autorités de ce pays, ont été en partie entendus puisque les déplacements en avion à l’occasion de cette fête ont chuté de presque 60% par rapport à 2019. Mais au total, ce sont malgré tout près de 10 millions d’Américains qui ont voyagé par les airs, et plus encore par la route et le train.

Or, au cours de la semaine du 1er au 7 décembre, la moyenne des nouveaux cas quotidiens s’établit à 201 756, soit une augmentation de 16% par rapport à la semaine du 17 au 23 novembre, avant Thanksgiving. Cette augmentation des cas se traduira mécaniquement par une élévation des nouvelles hospitalisations et des décès. La France devrait suivre le mouvement de brassage observé à Thanksgiving.

Depuis l’allocution présidentielle du 24 novembre annonçant la levée des restrictions de déplacement à partir du 15 décembre, les recherches et réservations de billets d’avion ont fortement cru.

Les mêmes effets produisant les mêmes conséquences, les contaminations devraient donc augmenter au début du mois de janvier, et rester longtemps sur un plateau élevé…

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