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Dans le Lauragais, les professionnels de santé s’organisent pour faire face à l’épidémie du coronavirus. « Mini-urgences », téléconsultation, consignes sanitaires…

Coronavirus oblige, le Lauragaiss’organise pour faire face à l’épidémie de Covid-19 et cette situation sanitaire qui évolue rapidement.

Les médecins généralistes de Gardouch, Nailloux, Villenouvelle, Saint-Léon ou encore de Villefranche-de-Lauragais et Avignonet-Lauragais, se structurent conjointement aux infirmiers pour assurer une permanence des soins.

Des lieux dédiés aux consultations médicales sont par ailleurs en cours d’aménagement afin de traiter au mieux – si besoin – les patients tout en limitant la propagation du virus.

Bernard Garnier, président de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) du Lauragais, détaille :

Afin de faire face à la situation sanitaire exceptionnelle, la communauté professionnelle territoriale de santé du Lauragais a déployé une coordination à grande échelle. L’accès aux soins de la population est assuré. Les médecins généralistes assurent les consultations médicales sur tout le territoire.

Lire aussi : Coronavirus. Report de manifestations, fermetures d’établissements… La situation en Lauragais

Premier contact : le médecin traitant

La première chose à savoir, c’est qu’il est demandé aux habitants de contacter prioritairement leur médecin traitant. Mais attention : ne vous rendez pas au cabinet médical sans avoir pris un rendez-vous téléphonique au préalable.

Lors de ce premier appel, il vous faudra énumérer vos symptômes pour que le docteur puisse évaluer la situation et donner les premières consignes et le protocole à suivre.

Bernard Garnier poursuit :

Les patients suivis par un médecin traitant sont invités à s’orienter prioritairement vers celui-ci en cas de nécessité. Une orientation par téléphone pour une prise de rendez-vous est à privilégier. Un système de téléconsultation est mis en place et peut être proposé aux patients.

La mise en œuvre, progressive, de cette solution de téléconsultation permettra d’assurer des consultations à distance, le suivi des patients ainsi que la délivrance des ordonnances.

Lire aussi : Coronavirus : Emmanuel Macron impose des déplacements réduits pendant 15 jours minimum

Une coordination importante

Il est aussi important de noter que les Maisons de santé de Gardouch et de Nailloux ainsi que les cabinets médicaux de Saint-Léon, Villenouvelle, Avignonet-Lauragais et Villefranche-de-Lauragais, coordonnent leur action afin d’assurer un service de « mini-urgences » si besoin est.

Par ailleurs, le président de la CPTS du Lauragais souligne que « les infirmiers et infirmières du territoire sont associés à cette organisation exceptionnelle » :

En complément de leur activité de soins, ils pourront assurer de manière coordonnée avec le médecin généraliste, le suivi des patients.

Une coordination entres mairies, services sociaux et médico-sociaux est également nécessaire. « Les établissements sanitaires sont en lien avec les professionnels de santé de ville. L’Autorité régionale de santé (ARS) d’Occitanie soutient la Communauté Professionnelle de Santé du Lauragais dans la gestion de cette situation », précise le docteur.

Rappelons que le maintien à domicile des personnes en situation de fragilité et de vulnérabilité est primordial.

Bernard Garnier conclut :

La solidarité et l’entraide et le partage doivent permettre à tout et chacun de prévenir des situations d’isolement et de précarité

Contacter la maison de santé de Gardouch : 05 61 81 21 44.

« Nous sommes très préoccupés ».

Pour les médecins qui souhaiteraient avoir un panorama complet des connaissances sur le nouveau coronavirus, deux scientifiques proposent une revue exhaustive de la littérature.

Laurent Lagrost est Directeur de recherche à l’INSERM. Didier Payen est l’ancien chef du service d’anesthésie-réanimation de l’Hôpital Lariboisière à Paris.

Après deux mois d’annonces, de révélations, d’étonnements et de réactions, nous y voyons un peu plus clair, grâce à la fulgurance de la réaction sanitaire, épidémiologique, scientifique, sociologique, politique et économique.

La lecture attentive des données récentes, et maintenant disponibles, semble confirmer l’impérieuse nécessité de considérer la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), maladie infectieuse causée par le coronavirus SARS-CoV-2, avec beaucoup de sérieux et de pragmatisme.

Ceci n’exclut pas, bien au contraire, de rester positif et optimiste grâce à la rigueur d’analyse des faits, en évitant la panique née de l’ignorance, de l’incohérence d’attitude ou de la course au sensationnel.

Ainsi, les sources les plus sérieuses comme le relevé global des cas rapportés chaque jour par l’Université Johns Hopkins CSSE, les publications volontairement rapides en accès libre dans les prestigieux Lancet, Journal of American Medical Association et New England Journal of Medicine par des équipes chinoises en collaboration avec des auteurs extérieurs, nous éclairent et nous instruisent (1-3). Le SARS-CoV-2 qui nous touche (ou peut-être les SARS-CoV-2 comme il ressortira peut-être un jour des études rétrospectives) est un réel danger.

Si les comparatifs en vogue mais nécessaires avec le SRAS, le MERS, Ebola ou autres épidémies H1N1 présentent un réel intérêt pour les experts épidémiologistes et cliniciens, leur présentation « à la découpe » dans les médias semble pouvoir produire aujourd’hui un effet contre-productif et erratique dans l’esprit du grand public, premier concerné.

La transparence, si nécessaire pour tous, semble trouver des limites dictées parfois par des connotations affairistes et/ou politiques, arguant de la nécessité d’éviter la « panique ».

Celle- ci naît pourtant de l’ignorance ou pire du doute sur l’information donnée.

Ainsi, s’il est reconnu aujourd’hui que la pandémie de grippe espagnole de 1918, due à une souche H1N1, a tué entre 50 et 100 millions d’individus, plus que la peste noire, bien peu de nos compatriotes la placeraient pourtant d’emblée devant la première guerre mondiale et la considèreraient tout aussi massacrante que la seconde. Et pourtant.

Ainsi, les virus de l’infiniment petit semblent précipiter l’humanité dans un abîme de perplexité et d’oubli.

Aujourd’hui, le vaccin contre la grippe saisonnière existe, mais le citoyen français rechigne pourtant à se faire vacciner, devant le doute semé sur l’innocuité du vaccin.

Pied de nez à notre histoire, à celle des grandes guerres ou à celle de Louis Pasteur ?

Fruit d’une désinformation coupable auprès d’esprits rebelles ?

Il demeure que la grippe saisonnière tue entre 6 000 et 15 000 personnes chaque année dans notre pays pour un taux de mortalité de l’ordre de 0,1%, soit 20 à 25 fois plus faible que le taux de mortalité évalué pour l’instant pour le SARS-CoV-2.

Au passage, les nouvelles pour la grippe saisonnière au cours de l’hiver 2019-2020 ont été exceptionnellement bonnes avec seulement 52 morts à ce jour.

Il est raisonnable de considérer le taux de mortalité du SARS-CoV-2 beaucoup plus élevé que celui de la grippe.

Si le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ont un taux de mortalité beaucoup plus élevé que celui de la grippe saisonnière et de la Covid-19, leurs propagations ont été relativement lentes et ont concerné finalement beaucoup moins de cas.

Enfin, si Ebola fait trembler l’Afrique et le Monde, avec un taux de mortalité considérable (de l’ordre de 40 à 50% avec 15.000 décès depuis 1976), sa dissémination a été beaucoup, beaucoup plus lente que celle du SARS-CoV-2.

Une illustration nouvelle d’un principe : un virus qui tue moins a plus de chances de se propager qu’un virus qui tue davantage ou le résultat d’une arithmétique dans laquelle le premier aura plus d’opportunités, et donc une plus grande probabilité de se reproduire et se transmettre que le second.

En fait, considérer chacun des paramètres (contagiosité, stabilité et affinité du virus, mortalité…) de manière isolée expose à des biais.

Seule une combinaison complexe de toutes les caractéristiques d’un virus est de nature à en qualifier sa dangerosité.

Et puis, à la complexité de la froide équation du calcul de risque vient s’ajouter le vertige immense de l’univers des grands nombres, malheureusement trop souvent galvaudé par le confort facile des fractions et des pourcentages. Le passage de 10 à 20 cas fin 2019 en chine n’a pas inquiété ni impressionné grand monde, contrairement à celui de de 20.000 à 40.000 un mois plus tard. Et pourtant, il s’agissait bien dans les deux cas d’un doublement du nombre de cas.

Enfin, et au-delà des chiffres et du décompte froid et glacial des cas et des décès, quid des femmes et des hommes, de leurs existences, de leurs relations et de leurs expériences en somme ?

Quid des formes sévères et des séquelles de celles et ceux qui ne sont pas morts mais n’ont pas encore récupéré, des comorbidités, des complications, de leurs conséquences sur la qualité de vie future, des cicatrices aux us et coutumes et aux mœurs sociales et culturelles, des liens transgénérationnels, des impacts économiques ?

Au cœur de la cellule familiale, les individus trouveront-t-il vraiment du réconfort au pied du gisant de leur aïeul dès lors qu’ils seront instruits que le taux de létalité reste tout de même moins élevé pour celles et ceux qui sont dans la force de l’âge ?

Les hommes jalouseront-ils les femmes pour leur plus grande résistance au SARS-CoV-2 ?

Commettront-ils la maladresse de ne plus contrôler leur température sous prétexte que d’autres l’ont masquée en prenant du paracétamol ?

Oublieront-ils de se laver les mains au savon au prétexte que la fiole de gel hydroalcoolique est vide ?

Leur refusera-t-on l’accès aux masques FFP2 ou FFP3 au prétexte qu’ils ne serviraient à rien quand on ne sait pas s’en servir ?

Celles et ceux avec qui nous avons échangé ces dernières semaines connaissent déjà notre opinion et notre position sur la Covid-19 et ses conséquences.

Nous sommes très préoccupés.

Cela n’engage que nous et beaucoup restent très dubitatifs et auraient tendance à ramener et résumer notre position à celle de pessimistes rabat-joie, de bougons invétérés ou bien encore d’oiseaux de mauvais augure.

Nous n’en voulons à personne bien sûr mais, au risque de nous tromper et de nous couvrir de ridicule, nous insistons tout de même…

La Covid-19 est un réel danger, alors… agissons !

Coronavirus SARS-CoV-2, de qui parle-t-on ?

Les virus sont aussi vieux que les cellules constituant les organismes terrestres et certains scientifiques pensent même que les premiers sont probablement issus des seconds.

Le virus de la Covid-19, le SARS-CoV-2, comme les autres betacoronavirus, appartient à la très large famille des Coronaviridae.

Constitués notamment d’un ARN simple-brin de grande taille, ils sont en constante mutation et évolution.

Bien que capables d’infecter plusieurs espèces, au premier rang desquelles les chauve-souris, à ce jour, 7 types de coronavirus ont été identifiés comme pouvant infecter l’Homme, avec des conséquences allant de bénignes à graves (comme pour le SRAS-CoV en 2002 et le MERS-CoV en 2012).

Pourquoi donc ces yeux hagards et dubitatifs découvrant aujourd’hui sur les flacons de gel hydroalcoolique, fabriqués avant l’arrivée du nouveau SARS-CoV-2, l’indication « Coronavirus » ?

La raison pour laquelle les coronavirus sont mentionnés sur les étiquettes des produits, pourtant manufacturés il y a quelques années, est… qu’ils existent depuis des millions d’années et ont suscité une inquiétude particulière depuis 2002, année d’apparition du SRAS.

Tout simplement.

Les rois des imbéciles à la source des versions complotistes les plus délirantes circulant aujourd’hui sur la toile et concernant l’origine douteuse des coronavirus ont donc, eux aussi, droit à leur couronne.

Le SARS-CoV-2 est plutôt discret et très contagieux.

Il sera donc difficile à contenir.

Son affinité pour les cellules humaines et pour le récepteur ACE-2 (l’enzyme de conversion de l’angiotensine), sa porte d’entrée dans la cellule, serait 10 à 20 fois plus élevée que celle du SRAS-CoV, d’où une très forte transmissibilité, y compris par des sujets asymptomatiques.

Un vrai problème.

Chez les patients infectés, le SARS-CoV-2 a pu être retrouvé dans de nombreux fluides et excrétions biologiques (sécrétions de la bouche et du nez, sang, selles, urines…). Les possibilités et modalités de transmission sont donc multiples. Elles augmentent ainsi les incertitudes et compliquent les recommandations.

La survie du SARS-CoV-2 sur surface inerte serait de l’ordre de 1 à 9 jours, en particulier en atmosphère humide et à basse température.

Une bonne nouvelle tout de même : le SARS-CoV-2 est sensible aux désinfectants usuels tels que l’eau de Javel à 0,5%, l’eau oxygénée ou l’alcool à 70% (source : Société Française de Microbiologie (SFM) – 21/02/2020).

En France, le diagnostic spécifique de la COVID-19 est réalisé actuellement par une méthode de biologie moléculaire (RT-PCR spécifique) sur un écouvillonnage nasopharyngé dont le résultat peut être obtenu entre 1 et 4 heures selon la technologie utilisée. Aucun test commercial simple n’est actuellement disponible.

Les caractérisitiques des personnes infectées

Plusieurs articles ont été récemment publiés et donnent un premier aperçu des caractéristiques des patients infectés par le SARS-CoV-2 en Chine.

Ils portent sur des groupes de 52 à 72.314 cas (1-3).

Comme pour le SRAS-CoV et le MERS-CoV, le SARS-CoV-2 peut entraîner des infections respiratoires dont les manifestations vont du simple rhume à un syndrome respiratoire sévère, pouvant nécessiter intubation et ventilation.

En bref, comme communiqué par l’OMS et dans l’ordre, les symptômes de la Covid-19 sont la fièvre (88%), la toux sèche (68%), la fatigue (38%), la production d’expectorations (33%), le souffle court (19%), la gorge irritée (14%), les maux de tête (14%), les douleurs musculaires (15%), les frissons (11%), la nausée ou les vomissements (5%), la congestion nasale (5%) et la diarrhée (4%).

Certains patients infectés n’ont aucun symptôme et déclarent se sentir bien (4, 5).

Il ressort des études récemment publiées que 80 à 85% des sujets infectés par le SARS-CoV-2 n’ont pas ou peu de symptômes, alors que 15 à 20% développent une maladie plus sévère, souvent associée à un âge avancé ou à d’autres comorbidités.

Enfin, et c’est là le point le plus inquiétant, environ 5% des sujets infectés entrent dans une phase critique de la maladie et sont admis dans les services de maladies infectieuses et de réanimation médicale, pour un taux de mortalité de l’ordre de 50% dans ce groupe, un même ordre de grandeur que pour les patients présentant un choc septique.

Au total, sur l’ensemble des patients infectés symptomatiques, le taux de mortalité est de l’ordre de 2,3%.

Beaucoup plus que pour la grippe saisonnière donc.

Le SARS-CoV- 2 infecte toutes les classes d’âge, mais de façon différenciée. 87% des patients ont entre 30 et 79 ans, alors que moins de 1% sont dans la classe d’âge inférieure à 10 ans.

La fréquence des formes sévères et le taux de mortalité augmentent avec l’âge (15% chez les patients de plus de 80 ans et 8% chez les patients entre 70 et 79 ans) (2).

Il est donc temps de se questionner sur l’origine de l’hétérogénéité de la réponse des individus face à ce virus, entre l’absence de symptôme et la survenue d’un état grave potentiellement mortel.

Cette question suggère l’impérieuse nécessité de connaitre la réponse de l’hôte à cet antigène viral. Elle reste, pour le moment, relativement méconnue et doit faire l’objet d’un énorme effort de recherche. Nous devrons en avoir les moyens. Les crédits de recherche permettront d’approfondir la virologie, mais aussi la connaissance de la réponse inflammatoire de l’hôte. A défaut, le clinicien se cantonnera à des traitements de support, dans l’espoir d’une issue positive.

Pour l’heure, on ne peut que recommander la vigilance, la protection et le confinement.

La nation chinoise a été remarquable de réactivité, de lucidité, de sérieux, même si cela s’est traduit par une dimension politique forte. Hommage à la mémoire du Docteur Li Wenliang, lanceur d’alerte.

Une situation totalement inattendue et inimaginable, notamment à titre expérimental, concerne le navire de croisière Diamond Princess (6).

Ce bateau transportait 3700 passagers, parmi lesquels 10 cas d’infection au SARS-CoV-2 ont été détectés dès le 3 février 2020.

Le 20 février 2020, soit 17 jours plus tard, 619 passagers et personnels de bord (17%) ont été détectés positifs. En fait, le taux de reproduction de base (R0 ou nombre de cas secondaires produits par un individu infectieux) a été évalué 4 fois plus élevé que celui mesuré au cours de la même période dans la ville de Wuhan en Chine.

Illustration et confirmation, si besoin était, que le rassemblement de nombreuses personnes dans un même endroit est propice à la propagation très rapide du virus si les conditions d’isolement ne sont pas parfaites.

Sans intervention (confinements et quarantaine sur le bateau), une publication récente a toutefois estimé que 79% des passagers (en place des 17% constatés) auraient été contaminés sur la même période (6).

Donc, il faut être proactif car la promiscuité amplifie considérablement le risque de transmission du virus.

Mais prendre les bonnes mesures n’est pas une affaire aussi simple.

Ainsi, des chercheurs ont récemment calculé que, si la mise en quarantaine et l’isolement dans leurs cabines des passagers du Diamond Princess a de fait prévenu l’apparition de quelques 2000 cas supplémentaires sur le bateau, une évacuation précoce du navire, dès le 3 février, aurait permis de détecter et d’isoler les 76 porteurs du virus estimés à la date du 3 février et aurait permis d’éviter la propagation qui a suivi à bord.

Une autre illustration donc, celle de la complexité des situations, des approches, des prises de décision et de la mise en œuvre des dispositifs de prévention.

Que faut-il en déduire enfin ?

Que le diagnostic précoce, sur une très large échelle et y compris chez des patients asymptomatiques, permettrait d’identifier et d’isoler très tôt les sujets porteurs dans des conditions appropriées en terme de confinement et d’acceptation psychologique.

La mesure a été récemment appliquée en France mais à petite échelle et pour des groupes de patients de retour de zones à risque, mais asymptomatiques et finalement non-infectés, donc, comme ce fut le cas, sans transmission et amplification au sein du groupe.

Heureusement.

Mais cette situation n’a pas permis d’évaluer en conditions réelles le risque de créer un nouveau cluster au sein duquel le virus se propage en touchant une majorité si ce n’est la quasi-totalité des individus, amplifiant ainsi l’infection que l’on souhaite pourtant combattre.

Il faudrait donc dépister largement pour identifier, puis isoler les individus positifs, mais pas en cluster !

Donc travailler urgemment à l’échelle du foyer familial en prônant les mesures hygiéniques et l’isolement individuel, et non plus travailler seulement à l’échelle d’un large groupe d’individus, ce qui peut être contreproductif et augmenter le réservoir à virus.

Il est possible d’affirmer aujourd’hui sans détour que la Covid-19 est au moins autant contagieuse que la grippe saisonnière mais est, aussi et surtout, beaucoup plus mortelle.

L’assomption fausse « la Covid-19 n’est pas plus grave que la grippe saisonnière », que nous avons maintes fois entendue ces dernières semaines, y compris après la publication des données chinoises, illustre à elle- seule l’incrédulité.

Elle préfigure la difficulté pour certains de nos concitoyens à accepter, sans broncher, la perspective d’une mise en quarantaine au domicile familial.

Elle pourrait pourtant s’avérer incontournable et se pratiquer sur une large échelle dans les semaines qui viennent.

Dans ce contexte, les impacts psychologiques d’une mise en quarantaine ne sont pas à négliger et doivent être anticipés.

Ils peuvent aller jusqu’aux symptômes du stress post-traumatique et incluent pêle-mêle la confusion, la colère, la frustration, l’ennui, ainsi que la crainte du rationnement, du défaut d’information, de la perte financière et de la stigmatisation (7).

Mais, en situation de crise, nos compatriotes ont montré par le passé qu’ils savent, dans des conditions critiques et dramatiques, faire preuve de réalisme, de courage, de responsabilité et de cohésion.

Il faut donc faire confiance aux citoyens et à leurs valeurs en diffusant largement et sans détours les vraies informations, seules capables de combattre les fake news, même si elles sont inquiétantes.

Cacher les informations, masquer nos ignorances et nier nos limites ne sert à rien, si ce n’est à inquiéter davantage, à instiller le doute, à réduire l’adhésion à une démarche responsable et altruiste et à renforcer les comportements compulsifs.

Le sentiment d’appartenance et l’adhésion à un protocole d’isolement se conjugueront et se nourriront toujours davantage d’une démarche éclairée et volontaire que d’une disposition contrainte et mal comprise, qui sera souvent perçue comme liberticide.

Comment se protéger ?

Alors, comment s’y prendre ? Le virus de la Covid-19 se transmettant principalement de personne à personne, une première et sage précaution consiste à se tenir à distance (de l’ordre de 2 mètres) de son interlocuteur, tout particulièrement en cas de toux et d’éternuements puisque le virus est contenu dans les gouttelettes respiratoires. Ainsi, les contacts physiques doivent être bannis, du moins temporairement…

Mais, écartons d’emblée certaines craintes.

Le modèle social à la française persistera et survivra bien à l’abolition temporaire de la poignée de main et de la bise. Faisons fi de cette épitaphe aux câlins et aux bisous. Notre combat face au virus et notre reconquête sociale passeront par : « je me protège et je m’isole, donc je protège les autres ». Et gardons à l’esprit que si les personnes malades sont les plus susceptibles de transmettre le virus, les sujets asymptomatiques le peuvent également.

Une autre possibilité est la contamination au contact de surfaces ou d’objets sur lesquels le virus est présent. Ensuite, le simple geste de se toucher la bouche, le nez ou les yeux peut constituer un mode de contamination. Le nettoyage des surfaces de façons répétées deviendra un réflexe, sachant que le virus peut rester sur une surface non nettoyée pendant 7 à 9 jours.

La durée d’incubation, évaluée en moyenne à 7 jours, s’échelonnerait entre 2 et 14 jours, avec des durées beaucoup plus longues récemment rapportées, et pouvant aller jusqu’à 28 jours.

Les précautions et consignes doivent donc s’inscrire dans la durée.

Une sage décision en cas d’épidémie de Covid-19 est de décider soi-même de rester à la maison, en limitant au maximum ses déplacements et contacts avec les autres, évitant ainsi toute contamination de personne à personne.

Et ça fonctionne dans les deux sens !

Il convient alors de s’assurer que les éléments essentiels sont à disposition à la maison : produits en quantités suffisantes pour l’entretien des surfaces et le lavage des mains, stock de médicaments pour les personnes sous traitement, réserves raisonnables de nourriture pour éviter de courir au supermarché du quartier, utiliser des chambres et des salles de bain séparées quand disponibles, reporter les rendez-vous et les agapes en famille ou entre amis et interdire à Gros Toutou et Petit Minou de quitter la maison.

Si nos animaux n’ont aucune chance d’être malades et de transmettre le SARS-CoV-2 des humains, ils demeurent très câlins et leur pelage peut alors constituer un hébergement et un véhicule idéal pour les gouttelettes contagieuses des personnes rencontrées à l’extérieur au cours de rendez-vous aussi tendres que secrets. A ne pas négliger : l’accès à l’eau de boisson. Disposer d’un appareil à osmose inverse pour purifier l’eau du réseau est un atout dans ce contexte. La panoplie et les préconisations du survivaliste en somme !

Il faut utiliser des mouchoirs jetables, et observer une hygiène des mains irréprochable.

Le gel hydroalcoolique est bien sûr une solution, mais de seconde intention. En effet, un lavage des mains au bon vieux savon de Marseille sous le robinet fait parfaitement l’affaire lorsqu’il est pratiqué pendant une vingtaine de seconde, et ceci après chaque contact potentiellement contaminant.

Le port de gants jetables constitue également un excellent réflexe, à condition de s’en débarrasser correctement. Outre l’hygiène du corps, l’entretien méticuleux des surfaces et des objets est un Must.

Et les masques enfin ? Bien que largement et injustement dénigrés, ils sont pourtant très utiles et très efficaces.

Leur inefficacité apparente provient, pour une très grande part, d’erreurs et d’un déficit de formation à leur bonne utilisation. Ainsi, contrairement au masque chirurgical classique, seuls les masques de norme FFP2 ou FFP3 bloquent l’entrée du virus dans les voies respiratoires.

Ceci reste vrai que si le masque est bien adapté et positionné sur le visage sans fuites sur les bords. Les masques FFP2 et 3 deviennent vite humides et, donc, la barrière qu’ils constituent inefficace.

Ils doivent être renouvelés toutes les 2 à 3 heures avec précaution, le filtre du masque lui-même constituant un piège à virus potentiellement contaminant.

Les masques FFP2 sont essentiels aux personnels soignants pour lesquels il est impératif d’y accéder de façon prioritaire et non-contingentée.

L’épisode que nous traversons a une valeur éducative, en permettant de répéter et d’imprimer des réflexes bien maitrisés. Gardons à l’esprit que la mise en œuvre de ces bonnes pratiques appelle de la systématicité et de la rigueur et doivent être observées sur la durée.

Mais avec le temps et l’expérience, les habitudes se prennent vites. Elles ajoutent une dimension citoyenne à la crise, des citoyens aidant d’autres citoyens quand ils faillissent.

Les occasions manquées

Notre pays a pourtant déjà connu des alertes, chaque année avec la grippe saisonnière et en 2009 avec la grippe H1N1.

Cette dernière a conduit à l’achat de doses vaccinales en très grand nombre (pour un coût total de l’ordre de 400 millions d’euros) et au stockage de très nombreuses boites de Tamiflu dans les hôpitaux, médicament qui n’a malheureusement aucun intérêt dans le contexte de la Covid-19.

Le vaccin est arrivé rapidement, mais moins vite que la décroissance de l’épidémie qui était déjà amorcée.

Ceci a laissé des traces dans les esprits, la population pensant avoir été alertée pour des raisons futiles et, même, pour rien. Inutile de ressasser les regrets, mais il y eut bien des rendez-vous manqués, notamment celui de l’information et de la formation du grand public.

Par exemple, on peut déplorer que des masques FFP2 n’aient pas fait l’objet d’une fabrication anticipée et sur une très large échelle, d’une distribution large et d’une formation à leur utilisation adéquate au sein de la population de notre pays.

Plus simple encore, les réflexes de base concernant l’évitement des contacts, les distances de sécurité entre individus, le lavage soigneux des mains et les précautions de décontamination ne sont pas, ou sont mal maîtrisés, encore aujourd’hui.

A méditer en comparaison à la culture et aux pratiques courantes dans d’autres pays, comme le Japon.

La détresse et le démantèlement de l’hôpital public au cours des dernières années n’arrangent en rien la situation.

Comme quoi, dans notre pays, nous savons dépenser beaucoup pour de petits riens et économiser peu pour de fâcheuses conséquences.

Et si, pour une fois, nous osions investir beaucoup et nous réinvestir ensemble pour une juste récompense ?

Toutefois, nous risquons d’entrer très prochainement en phase d’épidémie, ce qui malheureusement ne constituera pas le moment le plus opportun pour informer et former efficacement, dans le calme et la sérénité.

On sème mal par temps d’orage…

Les espoirs

Le virus SARS-CoV-2 fait actuellement l’objet d’une recherche intense et acharnée.

Les connaissances progressent chaque jour, qu’elles concernent la nature du virus, son évolution, ses modalités d’entrée dans la cellule, ses conséquences physiopathologiques, la fabrication d’un vaccin, la recherche de nouveaux traitements ou bien encore le repositionnement d’anciens.

Des dizaines d’essais cliniques sont en cours, par exemple avec des molécules antivirales ou des plasmas de patients précédemment infectés. Les objectifs primaires sont notamment d’améliorer les symptômes et de réduire ou supprimer la charge virale.

Une très bonne nouvelle semble peu à peu émerger, même s’il est encore trop tôt pour l’affirmer : le SARS-CoV-2 n’aime pas le beau temps et pourrait être sensible aux UV et au temps chaud et sec.

L’examen attentif et quotidien, depuis près de deux mois, de la progression pays par pays du nombre de cas est très éclairant.

Actuellement, la Covid-19 se limite principalement à l’hémisphère nord, en se propageant sur un axe est-ouest. La progression sur un axe nord-sud est très faible et les pays de l’hémisphère sud qui ont importé le SARS-CoV-2 ne semblent pas connaître d’explosion de la propagation et du nombre de cas. Il nous faut donc garder espoir et nous montrer attentifs et patients en attendant… le réveil de la marmotte !

De plus, et avec les beaux jours, les comportements changeront. Avec la vie au grand air, moins de temps passé dans les espaces clos, donc moins de risque de transmission.

Enfin, les coronavirus contiennent un ARN simple-brin de grande taille, sujet aux erreurs au moment où il est recopié dans la cellule, contrairement à la molécule d’ADN double brin beaucoup plus stable. Les coronavirus ne disparaitront pas, mais il est raisonnable de penser que l’ARN de grande taille et son instabilité constituent le talon d’Achille du SARS-CoV-2.

Très probablement, comme ce fut toujours le cas par le passé, le coronavirus mutera, encore et encore. Le vent mauvais pourrait donc finir par tourner et la mauvaise pioche de 2019 pourrait très bien ne pas durer et laisser la place à un nouveau modèle de coronavirus beaucoup moins méchant.

Puissions-nous un jour dire : le SARS-CoV 2019 est mort, vive le SARS-CoV 2020 ou 2021…

Une crainte subsistera

Si l’on espère une accalmie de la météo virologique au cours de l’été prochain dans notre pays, il faut garder à l’esprit que le SARS-CoV-2 aura contaminé un très grand nombre d’individus.

De fait, il s’est d’ores et déjà exporté dans les pays de l’hémisphère sud.

Si aucune solution n’est trouvée dans les mois qui viennent, une propagation du SARS-CoV-2 peut être redoutée dans les pays du sud au cours de l’hiver austral.

Nous pourrions alors connaitre un effet boomerang, du sud vers le nord, à l’automne prochain.

Il ne faudra donc pas baisser la garde et l’été prochain dans notre pays pourrait ouvrir une fenêtre propice au lancement d’une grande campagne d’information et de formation et ainsi combler nos retards et déficits en termes d’éducation et de prévention auprès de l’ensemble des citoyens, en plus des grands plans pandémie déjà opérationnels à l’hôpital.

Si ça ne sert pas pour la Covid-19, ça pourra toujours servir pour d’autres menaces de pandémie qui risquent de se répéter dans le futur…

1 – Yang X, Yu Y, Xu J, Shu H, Xia J, Liu H, Wu Y, Zhang L, Yu Z, Fang M, Yu T, Wang Y, Pan S, Zou X, Yuan S, Shang Y. Clinical course and outcomes of critically ill patients with SARS-CoV-2 pneumonia in Wuhan, China: a single-centered, retrospective, observational study. Lancet Respir Med. 2020 Feb 24:S2213- 2600(20)30079-5. doi: 10.1016/S2213-2600(20)30079-5. Epub ahead of print. Erratum in: Lancet Respir Med. 2020 Feb 28;: PMID: 32105632.
2 – Wu Z, McGoogan JM. Characteristics of and Important Lessons From the Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) Outbreak in China: Summary of a Report of 72 314 Cases From the Chinese Center for Disease Control and Prevention. JAMA. 2020 Feb 24:10.1001/jama.2020.2648. doi: 10.1001/jama.2020.2648. Epub ahead of print. PMID: 32091533.
3 – Guan WJ, Ni ZY, Hu Y, Liang WH, Ou CQ, He JX, Liu L, Shan H, Lei CL, Hui DSC, Du B, Li LJ, Zeng G, Yuen KY, Chen RC, Tang CL, Wang T, Chen PY, Xiang J, Li SY, Wang JL, Liang ZJ, Peng YX, Wei L, Liu Y, Hu YH, Peng P, Wang JM, Liu JY, Chen Z, Li G, Zheng ZJ, Qiu SQ, Luo J, Ye CJ, Zhu SY, Zhong NS; China Medical Treatment Expert Group for Covid-19. Clinical Characteristics of Coronavirus Disease 2019 in China. N Engl J Med. 2020 Feb 28:10.1056/NEJMoa2002032. doi: 10.1056/NEJMoa2002032. Epub ahead of print. PMID: 32109013.
4 – Organisation Mondiale de la Santé – https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel– coronavirus-2019/advice-for-public/q-a-coronaviruses
5 – Boston University Medical Campus – https://www.bumc.bu.edu/2020/02/29/a-covid-19-primer– for-the-boston-university-community/
6 – Rocklöv J, Sjödin H, Wilder-Smith A. COVID-19 outbreak on the Diamond Princess cruise ship: estimating the epidemic potential and effectiveness of public health countermeasures. J Travel Med. 2020 Feb 28:taaa030. doi: 10.1093/jtm/taaa030. Epub ahead of print. PMID: 32109273.
7 – Brooks SK, Webster RK, Smith LE, Woodland L, Wessely S, Greenberg N, Rubin GJ. The psychological impact of quarantine and how to reduce it: rapid review of the evidence. Lancet. 2020 Feb 26:S0140- 6736(20)30460-8. doi: 10.1016/S0140-6736(20)30460-8. Epub ahead of print. PMID: 32112714. 6 – Rocklöv J, Sjödin H, Wilder-Smith A. COVID-19 outbreak on the Diamond Princess cruise ship: estimating the epidemic potential and effectiveness of public health countermeasures. J Travel Med. 2020 Feb 28:taaa030. doi: 10.1093/jtm/taaa030. Epub ahead of print. PMID: 32109273. 7 – Brooks SK, Webster RK, Smith LE, Woodland L, Wessely S, Greenberg N, Rubin GJ. The psychological impact of quarantine and how to reduce it: rapid review of the evidence. Lancet. 2020 Feb 26:S0140- 6736(20)30460-8. doi: 10.1016/S0140-6736(20)30460-8. Epub ahead of print. PMID: 32112714.

Laurent Lagrost a dirigé le centre de recherche UMR1231 de l’Inserm et de l’Université de Bourgogne à Dijon et a coordonné le Laboratoire d’Excellence LipSTIC. Didier Payen est Professeur Emerite à l ‘Université Paris 7 et Professeur d’Anesthésie-Réanimation.

Certes, la progression de l’épidémie de coronavirus est préoccupante.
Mais il faut rester optimiste.
En effet, jamais l’humanité n’a été aussi bien préparée à affronter une pandémie.
On considère qu’une maladie entre en phase pandémique lorsque sa transmission se fait de manière prolongée, efficace et continue, simultanément au sein de plus de trois régions géographiques différentes.

Peut-être sommes-nous donc déjà entrés en phase pandémique en ce qui concerne le COVID-19.

Mais cela ne signifie pas pour autant que nous sommes condamnés à mort : le fait qu’un virus soit à l’origine d’une pandémie ne reflète pas sa létalité, mais uniquement sa transmissibilité et son extension géographique.

Une chose est sûre : la peur, en revanche, est bel et bien entrée en phase pandémique.

Pour la première fois de l’histoire, nous vivons une épidémie en temps réel.

Nous sommes sous perfusion d’informations : partout sur la planète, les médias nous informent en temps réel de l’évolution de l’épidémie, plusieurs fois par jour, sept jours sur sept. Nous sommes tenus au courant en direct de chaque nouveau cas. Le fait que le coronavirus a muté trois fois au Brésil a même fait la une des journaux !

J’insiste, nous faisons face à un grave problème. Cependant, il faut se souvenir que l’une des premières victimes du coronavirus aura été l’économie.

S’il est important de rendre compte de l’évolution de la situation, il faut également mettre l’accent sur les informations positives.

Et elles existent aussi : voici dix bonnes nouvelles concernant le coronavirus.

1./ Nous savons ce qui est à l’origine de la maladie

Après la description des premiers cas de sida en juin 1981, plus de deux ans ont été nécessaires pour identifier le virus à l’origine de la maladie, le VIH. Concernant le nouveau coronavirus, les premiers cas de pneumonie sévère ont été signalés en Chine le 31 décembre 2019. Le 7 janvier, le virus responsable avait déjà été identifié. Au jour 10, la séquence de son génome était disponible.

Nous savons déjà qu’il s’agit d’un coronavirus appartenant au groupe 2B, autrement dit de la même famille que le SRAS, et nous lui avons donné un nom : SARS-CoV-2. La maladie qu’il provoque est elle aussi baptisée : Covid-19. Ce nouveau virus est apparenté à un coronavirus de chauves-souris. Les analyses génétiques ont confirmé qu’il est d’origine naturelle, qu’il a émergé récemment (entre fin novembre et début décembre), et que, bien que les virus s’adaptent en mutant, la fréquence de mutation du SARS-CoV-2 n’est pas très élevée.

2./ Nous savons comment détecter le coronavirus

Dès le 13 janvier, un test RT-PCR permettant de détecter le virus a été rendu accessible à tous. Ces derniers mois, les tests de ce type ont été perfectionnés, et leur sensibilité et spécificité évaluées.

3./ En Chine, la situation s’améliore

Les importantes mesures de contrôle et d’isolement imposées par la Chine portent leurs fruits : le nombre de cas diagnostiqués quotidiennement diminue depuis plusieurs semaines.

Dans d’autres pays, un suivi épidémiologique détaillé est en cours. Les flambées du nouveau coronavirus sont très spécifiques, ce qui peut permettre de les contrôler plus facilement. C’est par exemple le cas en Corée du Sud ou à Singapour.

4./ 81% des cas sont bénins

La maladie ne provoque aucun symptôme ou est bénigne dans 81 % des cas. Dans 14 % des cas, elle peut provoquer une pneumonie sévère et dans les 5 % restant, elle peut devenir critique, voire mortelle.

5./ Les gens guérissent

Screenshot_2020-03-08 file-20200301-166488-1muyflg png (Image WEBP, 1000 × 625 pixels)

Les médias ont parfois tendance à ne rendre compte que de l’augmentation du nombre de cas confirmés et du nombre de décès. Néanmoins, la majorité des personnes qui ont été infectées sont guéries. On dénombre en effet 13 fois plus de guérisons que de décès, et cette proportion est en augmentation.

6./ Les enfants ne sont (presque) pas affectés

Seul 3 % des cas concernent des jeunes de moins de 20 ans, et la mortalité chez les personnes de moins de 40 ans n’est que de 0,2 %. Chez les enfants, les symptômes sont si légers qu’ils peuvent passer inaperçus.

7./ Le coronavirus est facilement inactivé

Le virus peut être efficacement inactivé en nettoyant pendant une minute les surfaces contaminées avec une solution d’éthanol (alcool à 62-71 %), de peroxyde d’hydrogène (« eau oxygénée » à 0,5 %) ou d’hypochlorite de sodium (eau de javel à 0,1 %). Le lavage fréquent des mains avec du savon et de l’eau est le moyen le plus efficace pour éviter les transmissions.

8./ Il existe déjà plus de 250 articles scientifiques sur le nouveau coronavirus

L’heure est à la science et à la coopération.

En à peine plus d’un mois, 164 articles mentionnant les termes Covid-19 ou SARS-CoV-2 ont été référencés dans la base de données bibliographique PubMed, qui fait référence pour les sciences biomédicales.

De nombreuses autres publications ont également été référencées dans des dépôts d’articles encore non revisés. Ces travaux préliminaires traitent de vaccins, de thérapies, d’épidémiologie, de génétique et de phylogénie, de diagnostic, d’aspects cliniques, etc. Ils ont été élaborés par environ 700 auteurs, répartis partout sur la planète. Il s’agit de science coopérative, partagée et ouverte. En 2003, lorsque le SRAS est survenu, il a fallu plus d’un an pour obtenir un nombre d’articles moitié moindre.

Qui plus est, cette fois-ci la plupart des revues scientifiques ont laissé leurs publications traitant du coronavirus en libre accès.

9./ Il existe déjà des prototypes de vaccins

Notre capacité à concevoir de nouveaux vaccins est spectaculaire.

Plus de huit projets ciblant le nouveau coronavirus ont déjà été montés. Proposer un prototype de vaccin va très vite. Certains groupes qui travaillaient sur des projets de vaccination contre des virus similaires au SARS-CoV-2 n’ont eu qu’à réorienter leurs recherches vers ce nouveau virus. Le développement est cependant ralenti par les indispensables tests visant à évaluer la toxicité ou les effets secondaires potentiels des candidats-vaccins, ainsi que leur sécurité, leur immunogénicité (capacité à induire une réponse immunitaire) et l’efficacité de la protection qu’ils confèrent.

Plusieurs mois ou années pourraient donc s’avérer nécessaires pour aboutir à un vaccin commercialisable, mais des prototypes sont déjà en cours de mise au point.

C’est par exemple le cas du vaccin ARNm-1273 de Moderna, qui consiste en un fragment d’ARN messager permettant de produire une protéine dérivée de la glycoprotéine S de surface du coronavirus. La société Moderna avait déjà travaillé sur des prototypes similaires pour d’autres virus tels que le virus respiratoire syncytial (VRS, ou HRSV pour Human Respiratory Syncytial Virus), le métapneumovirus humain, le virus parainfluenza de type 3, le virus de la grippe A(H7N9), le cytomegalovirus, le virus Zika ou le virus d’Epstein-Barr.

La société Inovio Pharmaceuticals a quant à elle annoncé travailler sur un vaccin à ADN synthétique ciblant le nouveau coronavirus. Baptisé INO-4800, il est également basé sur le gène de la glycoprotéine S de surface du virus.

De son côté, Sanofi utilisera sa plate-forme d’expression de baculovirus recombinants pour produire de grandes quantités de l’antigène de surface du nouveau coronavirus.

Le « groupe vaccin » de l’Université du Queensland, en Australie, a quant à lui annoncé qu’il travaillait déjà sur un prototype utilisant la technique appelée « pince moléculaire » (« molecular clamp »). Cette nouvelle technologie consiste à créer des molécules chimériques capables de maintenir la structure tridimensionnelle originelle de l’antigène viral. Cela permet de produire des vaccins en un temps record, en utilisant le génome du virus.

Une autre société de biotechnologie, Novavax, a également annoncé mener des travaux sur le coronavirus. Elle possède une technologie permettant de produire des protéines recombinantes assemblées en nanoparticules qui, avec leur propre adjuvant, constituent de puissants immunogènes. En Espagne, le groupe de Luis Enjuanes et Isabel Sola, du CNB-CSIC, travaille depuis des années sur des vaccins contre les coronavirus.

Certains de ces prototypes seront bientôt testés chez l’être humain.

10./ Plus de 80 essais cliniques concernant des antiviraux sont en cours

Les vaccins sont préventifs.

Dans l’immédiat, il est important de mettre au point des traitements permettant de soigner les personnes déjà malades. Plus de 80 essais cliniques visant à évaluer l’efficacité de traitements contre le coronavirus sont en cours. Il s’agit d’antiviraux qui ont été utilisés dans le cadre d’autres infections, qui sont déjà approuvés, et que nous savons sûrs.

Le remdesivir fait partie de ces antiviraux déjà testés chez l’être humain. Cet antiviral à large spectre, toujours à l’étude, a été employé contre Ebola et les coronavirus SRAS et MERS. Il s’agit d’un analogue de l’adénosine. Incorporé dans la chaîne d’ARN viral, il inhibe sa réplication.

La chloroquine est une autre candidate. Ce médicament antipaludéen s’est aussi révélé avoir une puissante activité antivirale. On sait que la chloroquine bloque l’infection virale en augmentant le pH de l’endosome (une sorte de petite structure sphérique délimitée par une membrane), nécessaire à la fusion du virus avec la cellule, inhibant ainsi son entrée. Il a été prouvé que ce composé bloque le nouveau coronavirus in vitro. La chloroquine est déjà utilisée chez des patients atteints de pneumonie causée par coronavirus.

Le Lopinavir et le Ritonavir sont deux inhibiteurs de protéase utilisés comme traitement antirétroviral dans la lutte contre le VIH, dont ils inhibent la maturation finale. Étant donné que la protéase du SARS-Cov-2 s’est avérée similaire à celle du VIH, cette combinaison a déjà été testée chez des patients atteints du coronavirus.

Parmi les autres essais proposés, certains sont basés sur l’utilisation de l’oseltamivir (un inhibiteur de la neuraminidase utilisé contre le virus de la grippe), de l’interféron bêta-1b (une protéine à fonction antivirale), d’antisérums de personnes déjà rétablies ou d’anticorps monoclonaux pour neutraliser le virus.

De nouvelles thérapies mettant en œuvre des substances inhibitrices ont aussi été proposées, telle que la baricitinib, un médicament déjà autorisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde dont l’efficacité potentielle contre le coronavirus a été identifiée grâce à l’intelligence artificielle.

Oui, jamais dans notre histoire nous n’avons été mieux préparés à lutter contre une pandémie 🙂

Par Ignacio López-Goñi, Catedrático de Microbiología, Universidad de Navarra

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

C‘est une des premières causes d’infertilité : l’endométriose touche une femme sur 10.

L’association EndoFrance organise du 2 au 8 mars – comme chaque année à Toulouse et dans tout l’hexagone – la 16ème semaine européenne consacrée à l’information et à la prévention de l’endométriose.

Depuis 15 ans chaque année, une semaine européenne est consacrée à l’information et à la prévention de cette affection.

Plus tôt elle est diagnostiquée, plus grandes les chances d’éviter une solution chirurgicale.

Plus tôt elle est diagnostiquée, plus grandes sont les chances d’éviter une solution chirurgicale.

Son dépistage se base sur des examens, au premier rang desquels l’IRM et la coelioscopie, et son traitement est prioritairement hormonal.

L’endomètre c’est la muqueuse qui tapisse l’utérus chez la femme en âge de procréer. Elle s’épaissit au début de chaque cycle menstruel, pour être en mesure d »accueillir un ovule fécondé et permettre sa nidation. Ensuite, elle s’assèche et est évacuée au moment des règles.

Mais chez une femme sur 10, cela ne se passe pas aussi simplement : l’endomètre ne s’évacue pas correctement, et vient boucher les trompes, voire envahir les ovaires, provoquant non seulement l’infertilité mais aussi des douleurs bien plus fortes que celles de règles habituelles.

Elles atteignent leur paroxysme au moment de l’ovulation, juste avant les règles et pendant les règles.

Les 2 obstacles au dépistage et au traitement de l’endométriose sont :

  • la banalisation
  • les tabous.

Banaliser, c’est dire – ou se dire – que les règles douloureuses c’est normal, que les femmes sont beaucoup moins douillettes que les hommes, etc.
Le tabou, c’est – surtout pour une jeune fille juste pubère – la crainte ou la honte d’en parler à sa mère, à ses copines, à l’infirmière scolaire, à son gynécologue…

Outre cette semaine européenne d’information et de prévention, dont la première édition a eu lieu en 2005, une « marche mondiale contre l’endométriose » existe depuis 7 ans : l’endomarch aura lieu le samedi 28 mars prochain à paris dans le 15ème arrondissement.

Il faut le faire savoir, l’endométriose n’a de bénigne que le nom : non seulement elle touche 1 femme sur 10, mais 50% d’entre elles sont contraintes de prendre plus de 20 jours d’arrêt de travail par an.

C’est aussi l’une des principales causes de l’absentéisme scolaire chez les jeunes filles.

C’est une question de santé publique !

« Il y a 20 ans on mettait en moyenne 10 ans à diagnostiquer une endométriose ; aujourd’hui ce délai est de 7 ans : nous souhaitons le ramener très vite à 5 ans »
explique le professeur Pierre Léguevaque, chirurgien gynécologue et spécialiste de l’endométriose à la clinique Pasteur à Toulouse.

L’objectif de cette campagne d’information et de sensibilisation, c’est d’inciter les jeunes filles et les jeunes femmes en âge de procréer, à se faire dépister dès qu’elles ont le moindre doute : des périodes de douleurs intenses en milieu ou en fin de cycle menstruel – au point d’être parfois invalidantes – une « stérilité » inexpliquée alors que l’on souhaite concevoir un enfant.

La meilleure solution c’est de passer une IRM ; elle est beaucoup plus précise qu’une échographie, laquelle ne peut détecter l’endométriose que lorsqu’elle a atteint les ovaires.

Bonne nouvelle à propos de la coelioscopie, l’autre forme d’examen – plus invasive – qui consiste à introduire une caméra endoscopique dans la zone pelvienne, pour détecter la présence d’endomètre au mauvais endroit et au mauvais moment : elle s’accompagne toujours de l’insufflation de gaz carbonique via une incision effectuée dans l’abdomen de la patiente, mais désormais le praticien s’attache à chasser au maximum ce gaz à la fin de l’intervention (sous anesthésie) pour réduire au minimum les douleurs sous les clavicules, qui ont si souvent tiré des larmes et traumatisé les patientes.

Dans les cas les plus poussés, seule une intervention chirurgicale – sous coelioscopie – permet d’essayer d’éliminer l’endométriose, mais seulement en dernier recours.

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Quelle tragédie !

Un enfant de 4 ans meurt après que des anti-vaccins ont conseillé sa mère.

Quelle tragédie !

Un enfant de quatre ans a perdu la vie cette semaine dans le Colorado.

Quelques jours auparavant, sa mère a suivi les conseils des membres d’un groupe Facebook anti-vaccins et a décidé de ne pas lui donner le Tamiflu que lui avait prescrit un médecin.

L’affaire fait grand bruit aux États-Unis.

Sur «Arrêter la vaccination obligatoire» («Stop Mandatory Vaccination»), l’un des plus grands groupes connus de désinformation sur la santé, avec plus de 139.000 membres, des internautes ont sollicité des conseils sur la façon de faire face à la grippe.

Les membres du groupe ont auparavant répandu des théories du complot, selon lesquelles les épidémies de maladies évitables sont des «canulars» perpétrés par le gouvernement. Ils ont contacté en masse les parents dont les enfants sont décédés, suggérant, sans preuves, que les vaccins pourraient être à blâmer.

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La mère d’un garçon du Colorado âgé de 4 ans, décédé de la grippe cette semaine, avait contacté l’un de ces groupes, en précisant qu’elle avait refusé de suivre la prescription de son médecin.

L’enfant n’avait pas encore été diagnostiqué, mais il avait de la fièvre, a écrit la mère. Elle a ajouté que deux de ses quatre enfants avaient reçu un diagnostic de grippe et que le médecin avait prescrit l’antiviral Tamiflu à tous les membres du ménage. «Le doc a prescrit du Tamiflu, je ne l’ai pas pris», a-t-elle écrit.

Le Tamiflu est le médicament antiviral le plus couramment prescrit pour traiter la grippe.

Il peut atténuer les symptômes et raccourcir la durée de la maladie, mais les inquiétudes concernant ses effets secondaires sont courantes, même en dehors des groupes anti-vaccination. La grippe a particulièrement touché les enfants cette saison. Les taux d’hospitalisation pédiatrique sont plus élevés que la normale et 68 enfants sont décédés, selon les centres de contrôle et de prévention des maladies aux Etats-Unis.

Les articles indiquent comment les groupes Facebook dédiés à la désinformation sur la santé tels que les vaccinations peuvent également être utilisés pour solliciter et partager des conseils médicaux potentiellement dangereux. Une étude de l’American Academy of Family Physicians (Académie américaine des médecins de famille) a révélé que 59% des parents ont déclaré que leur enfant avait raté le vaccin contre la grippe au moins une fois en raison de «désinformation ou de malentendu».

Aucun des 45 commentaires sous le post Facebook de la mère ne suggérait des soins médicaux. L’enfant a finalement été hospitalisé et est décédé quatre jours plus tard, selon une collecte GoFundMe lancée en son nom par sa famille.

La mère a également écrit que les «remèdes naturels» avec lesquels elle traitait ses quatre enfants – y compris l’huile essentielle de menthe poivrée, la vitamine C et la lavande – ne fonctionnaient pas, et a demandé au groupe plus de conseils. Elle a alors reçu des conseils sur le lait maternel, le thym et le sureau, dont aucun n’est un traitement médicalement recommandé pour la grippe.

«Parfait, je vais essayer ça», a-t-elle répondu sur le groupe.

Ses messages les plus récents ont désormais été supprimés de «Stop Mandatory Vaccination», mais dans d’autres remontant à 2017, elle a déclaré qu’elle n’avait pas vacciné ses enfants contre la grippe.

Un porte-parole de Facebook a déclaré dans un communiqué : «C’est une tragédie et nos pensées vont à sa famille et à ses proches. Nous ne voulons pas de désinformation sur les vaccins sur Facebook, c’est pourquoi nous travaillons dur pour la réduire partout sur la plate-forme, y compris dans les groupes privés».

Au cours de l’année dernière – au milieu des inquiétudes nationales concernant l’hésitation à l’égard des vaccins et la pire épidémie de rougeole depuis des décennies – Facebook a pris des mesures pour limiter le volume et la portée des groupes qui diffusent du contenu anti-vaccin.

À la suite de décisions similaires prises par Pinterest et YouTube, Facebook a annoncé en mars qu’il limiterait la portée du contenu anti-vaccination. Il a ajouté qu’il ne diffuserait plus de groupes et de pages anti-vaccination dans les résultats de recherche et la barre de recommandations, et n’autoriserait plus les utilisateurs et les groupes à diffuser de fausses informations sur les vaccins pour placer des annonces ou organiser des collectes de fonds. En septembre, Facebook a déployé des avertissements pour les utilisateurs à la recherche de contenu lié aux vaccins.

Mais Facebook a cessé d’interdire les groupes anti-vaccin eux-mêmes, citant la position délicate d’être érigé en arbitre de la vérité.

«Les groupes Facebook sont un foyer de désinformation», a déclaré Kolina Koltai, chercheuse à l’Université du Texas à Austin, qui étudie le comportement des médias sociaux et du mouvement anti-vaccination depuis 2015.

Kolina Koltai a déclaré avoir vu des publications similaires, dans lesquelles des femmes ont signalé que leurs enfants étaient atteints de rougeole ou de cancer et ont reçu des conseils médicalement douteux.

«Ces communautés sont devenues un refuge pour les parents et les femmes, pour se connecter avec les autres et demander de l’aide», a déclaré Koltai.

Lorsque ces groupes recommandent des conseils potentiellement dangereux sur le plan médical, cela peut avoir des conséquences très graves, explique la spécialiste.

 

Sources: nypost.com, Dr. Joseph Mercola (anti-vaccin), etc

 

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Médicaments à éviter : la revue Prescrire publie sa nouvelle liste de 105 produits

Une centaine de médicaments « plus dangereux qu’utiles », dont une douzaine de petits nouveaux.

Comme chaque année, la revue Prescrire a dévoilé ce jeudi sa nouvelle liste de produits « à écarter » en raison des risques sanitaires « disproportionnés » qu’ils font courir aux patients.

Parmi les douze médicaments ajoutés cette année à cette liste noire (consultable en intégralité sur le site de Prescrire ), figure le fameux Ginkgo biloba pour les troubles cognitifs (de la mémoire, de la compréhension, etc.) des patients âgés, qui comporte un risque d’hémorragies, de troubles digestifs, ou encore de convulsions.

La revue relève en outre que le Ginkgo biloba est par ailleurs utilisé combiné à d’autres molécules, sous le nom de Ginkor fort, dans l’insuffisance veineuse, « sans plus d’efficacité ».

Des médicaments déconseillés, mais pas retirés du marché

Parmi les nouveaux, figurent aussi des sirops contre la toux dont on peut se passer comme Clarix toux sèche pour enfant et Vicks sirop pectoral 0,15 % pour adulte, à base de pentoxyvérine. Cet antitussif « expose à des troubles cardiaques » et « à des réactions allergiques graves », souligne la revue indépendante.

La contamination par du plomb des argiles médicamenteuses utilisées dans divers troubles intestinaux, dont les diarrhées, justifie de les écarter des soins. C’est le cas de l’attapulgite (Actapulgite, ou en association dans Gastropulgite), la diosmectite ( Smecta ou son générique).

Sont aussi concernés le Rennieliquo, le Bedelix, le Gelox, ou encore Gastropax et Neutroses.

La liste 2020, qui recense 105 médicaments (dont 92 commercialisés en France), à ne pas utiliser, à défaut de les voir retirer du marché, a été établie sur la base des analyses publiées dans la revue de 2010 à 2019, explique Prescrire.

Elle est régulièrement actualisée, certains médicaments étant retirés, d’autres ajoutés.

Le spectre d’un « nouveau » Mediator

Les médicaments visés dans cette liste sont des « causes de mortalité, d’hospitalisations ou d’effets nocifs graves ou très gênants, largement évitables », assure la revue.

Ce « ne sont pas forcément de futurs Mediator, au centre de scandales et de procès impliquant notamment une firme et l’agence du médicament. Surtout si tous les acteurs de santé réagissent à temps », ajoute-t-elle perfidement.

Parmi les douze nouveaux mis à l’index, on retrouve aussi l’alpha-amylase (Maxilase et équivalents) pour les maux de gorge qui peuvent engendrer des réactions allergiques parfois graves, voire mortelles (un décès enregistré en France en 2017), que l’Agence du médicament veut voir retirer de l’accès libre en pharmacie.

La fameuse liste des 105 médicaments à éviter:

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