médecin


F. Duval-Levesque, psychopraticien, hypnose, coach, mal-être, anxiété, angoisse, addiction, traumatisme, covid, vague

4ème vague : les psys se rendent encoreplus utiles.

Tous ensemble, pour aller de l’avant !

Pour certains d’entre nous, la perspective du déconfinement est plus angoissante que rassurante.

Vous, peut-être ?

Ce stress est parfaitement normal, et il devrait s’estomper au fil des jours.

Certains sont ravis que le déconfinement soit tout proche !

D’autres ont découvert ces dernières semaines un équilibre qui leur convient, un rythme moins effréné, des sources de satisfaction, un cocon dont il est difficile de sortir.

Mais pour d’autres encore, cette période entraîne du stress et des appréhensions.

Beaucoup d’entre nous ne sont pas sereins à l’idée de retrouver les autres, de retourner au travail, de devoir faire face à l’incertitude de cette nouvelle phase de la lutte contre le Covid-19.

La peur du changement et de l’incertitude est normale.

Les personnes inquiètes du déconfinement n’ont pas à se sentir comme des ovnis : l’appréhension face au changement est fréquente, voire normale.

Ma définition de l’anxiété : ne pas supporter l’incertitude, ou l’anticipation négative, de quelque chose qui n’est pas encore arrivé.

J’évoque aussi le changement de rythme auquel il va falloir faire face.

Tout le temps qui n’était pas passé dans les transports était peut-être utilisé en temps pour soi, pour se lever plus tard, pour faire un peu de sport…

Il va à nouveau falloir s’adapter.

On ne nous avait pas donné le choix avec le confinement.

Là, on va récupérer de la liberté.

Que va-t-on en faire ?

Comment allons-nous remplir cet espace en dehors de chez nous ?

D’autant que les règles édictées par le gouvernement laissent une large place à notre libre arbitre.

Les angoisses du déconfinement sont nécessaires. Aucune autorité n’a de sagesse suprême qui pourrait les apaiser. Tout ça va être individuel, et dépendre de la façon dont les gens ont déjà surmonté des événements traumatiques ou pas.

Faisons un parallèle.

Quand vous vivez un événement traumatique ou une maladie grave, qui vous fait hospitaliser très longtemps, avec des notions de vie et de mort très présentes, vous en retirez le relatif bénéfice secondaire d’avoir une légitimité ou un prétexte pour ne pas traiter tous les autres soucis ou aspects que vous auriez dû gérer à côté.

On voit ça aux grands extrêmes de la vie, enfants et personnes âgées.

Ils sont « bien » dans leur statut de malade et craignent de retourner dans la normalité. C’est-à-dire dans une vie où ils seront « déshéroïsés » et auront à affronter des problèmes qu’ils avaient laissés de côté, avec un retour à la banalité de la vie.

Evoquons également les soignants, qui n’ont certes pas été confinés, mais qui vont devoir faire face au changement : le retour à la vie normale va être bizarre pour eux aussi…

« Je préfère rester chez moi » : après huit semaines de confinement, la peur de sortir

À l’issue de ces huit semaines de confinement, lorsqu’il s’agira de retrouver son quotidien d’avant, il pourrait y avoir des troubles phobiques majeurs, et certainement des dépressions, comme on l’observe parfois à retardement après avoir surmonté une épreuve.

Elle a mangé des pâtes pendant deux semaines, pris une douche après chaque sortie pour le courrier… Depuis deux mois, Carole est cloîtrée chez elle et ne compte pas sortir lundi, rongée comme d’autres par la peur qui fait craindre aux médecins l’apparition de troubles psychiatriques.

Seule avec sa fille de deux ans, Carole, 42 ans, nourrice, n’a pas quitté son appartement, sauf pour faire le tour du pâté de maison, car son médecin avait insisté : « J’ai fait ça deux jours, mais voyant qu’il y avait toujours des morts, j’ai arrêté. Je préfère rester chez moi, je suis plus en sécurité » dit-elle.

Faute de créneau de livraison disponible, elle est restée presque deux semaines sans nourriture : « C’était pâtes et pâtes. L’essentiel était qu’il y ait du lait pour ma fille ».

« J’ai encore plus peur »

Le 11 mai, elle ne reprendra pas le travail. Elle restera chez elle en attendant de voir si un éventuel rebond de l’épidémie survient. « J’ai encore plus peur, car il y aura beaucoup plus de monde dans les rues » explique-t-elle. Elle prévoit d’aller consulter un psychopraticien ou un hypnothérapeute pour l’aider à combattre cette peur.

Une inquiétude partagée par les professionnels de la santé mentale dans l’ensemble des pays touchés par la pandémie, où les études montrent une hausse de l’anxiété et de la dépression.

Pour l’heure, les cas échappent de facto à l’observation, car les gens touchés par ces troubles restant scrupuleusement confinés. L’on entend parler de risque de troubles post-traumatiques, mais ils auraient alors une présentation clinique tout à fait inédite.

On peut aussi imaginer des réactions de peur ou colère irrationnelle, devant ce qui chez l’autre serait considéré comme irresponsable et non civique, notamment dans les transports en commun.

« Si on m’invite quelque part, je dirai non »

« Dans la rue, on va se regarder comme après les attentats, de manière un peu suspicieuse » prédit Nancy, 28 ans, parisienne. Graphiste freelance et vendeuse dans une boutique de vêtement le week-end, elle est stressée de devoir reprendre les transports en commun, après près de deux mois de strict confinement.

Son compagnon, Yves-Allan, explique n’être sorti que tous les 10 jours pour faire des courses, « pour minimiser les risques, préserver ma santé, et en me disant que si tout le monde le respectait, on s’en sortirait plus vite ».

À part pour le travail, le couple n’a prévu aucune sortie, en attendant de voir l’évolution de l’épidémie après le déconfinement. « Si on m’invite quelque part, je dirai non » explique Nancy. « Je sais ce que moi j’ai fait, les précautions prises, mais les autres non ».

Ghania, elle, ne sortira pas après le 11 mai. Cette mère de deux jeunes enfants qui vit en famille a « peur pour eux ». « Même si on dit qu’ils sont immunisés, ils peuvent quand même l’attraper » craint-elle. Dans sa ville, les écoles ne rouvriront pas.

« Ce nombre énorme de morts »

À l’annonce du confinement, elle dit s’être « pris un coup sur la figure ». « Après nous avoir dit que c’était rien ce virus, on a tout fermé, les écoles… Du coup je ne suis plus sortie du tout, et les enfants non plus » explique-t-elle.

Le décompte macabre des victimes du virus l’a aussi traumatisée : « J’évite de regarder les infos. Ce nombre énorme de morts, tous les jours, je ne supporte pas. Ça me stresse de voir autant de personnes mourir, je pense à leur famille. À la mienne, en Algérie, où les hôpitaux ne sont pas aussi bien qu’ici… »

Sinon, quelques séances d’hypnose profonde chez le psy vous permettra vous sentir plus fort et confiante.

Son père était condamné à mourir du coronavirus, voici comment il l’a soigné

Tout le monde le croyait condamné, sauf son fils.

Au Royaume-Uni, un homme de 81 ans malade du Covid-19, qui demandait à mourir chez lui, a survécu au coronavirus. Le plan de son fils a déjoué tous les pronostics.

– Parfois, ce n’est pas votre heure

C’est probablement ce que se sont dit les membres de cette famille britannique, dont le grand-père de 81 ans, porteur du nouveau coronavirus et atteint d’une maladie respiratoire, semblait condamné. Jusqu’à ce que son fils prenne les choses en main.

Dès le 25 mars, l’état de Suryakant, surnommé Suri, octogénaire souffrant déjà d’une maladie pulmonaire obstructive chronique, commence à se dégrader.

Ses balades censées durer dix minutes se transforment en excursions poussives de 45 minutes. Et même s’il ne présente pas de fièvre ou de toux, ses problèmes respiratoires s’aggravent. Le vieil homme semble fatigué et apathique.

– « Tu ne vas pas mourir, on va s’occuper de toi »

Quand ses poumons commencent à se remplir de liquide, Suri est transporté à l’hôpital de Watford, dans la banlieue de Londres. Sûrs à 95 % qu’il est atteint du coronavirus, les médecins préviennent : si l’état de Suri venait à s’aggraver, ils ne pourront pas l’intuber pour le placer sous respiration artificielle, car ses poumons n’y résisteraient pas. Ils décident alors de le renvoyer à la maison.

De retour chez lui, l’octogénaire saisit la main de son fils et lui fait promettre de ne pas le renvoyer à l’hôpital. « Si je dois mourir, je veux que ce soit ici », dit-il, comme le rapporte son fils Raj Nathwani, 55 ans, à la chaîne de télévision américaine CNN.

Un fils qui n’est absolument pas prêt à accepter la mort de son père : « Tu ne vas pas mourir. On va s’occuper de toi à la maison », lui répond-il.

– Collecter des données pour sauver son père

Raj met alors en place un véritable plan d’action pour sauver son père. Il passe l’après-midi à nettoyer la maison à fond, isole sa mère de 80 ans au rez-de-chaussée et transforme la chambre de ses parents, à l’étage, en chambre d’hôpital de fortune.

Outre ses minces connaissances médicales et les conseils de l’hôpital pour administrer des soins palliatifs à son père, le fils, responsable de clientèle dans une société de publicité, décide alors de faire ce qu’il connaît le mieux : la collecte de données.

Raj achète le matériel médical de base et crée alors une feuille de calcul qui permet de suivre l’évolution de la température, de la pression artérielle et la saturation en oxygène de Suri.

Pour limiter le temps passé dans la chambre de son père, il l’équipe d’une tablette, sur laquelle il installe une application de babyphone, ce qui permet à tous les membres de la famille, dont certains vivent aux États-Unis, de rester en contact et de surveiller Suri.

Le fils stratège a également pu se reposer sur les conseils d’un ami de la famille, médecin généraliste, qui a pu interpréter les données enregistrées dans sa feuille de calcul et donner des recommandations concernant l’hydratation du patient.

– « Ne pas réanimer »

Mais trois jours plus tard, Suri commence à délirer, peine à s’alimenter et confie à Raj qu’il pense être proche de la fin. Le lendemain, le diagnostic tombe : l’octogénaire est bien atteint du coronavirus. Le médecin de famille prescrit alors des antibiotiques et recommande que l’on couche le malade sur le ventre le plus possible afin de l’aider à mieux respirer.

« Je ne suis pas un parieur. Mais si j’avais dû miser de l’argent, je n’aurais pas donné cher de la vie de cet homme », a confié le Dr Bharat Thacker à CNN.

Au regard de l’état de santé de Suri, des directives anticipées destinées aux soignants sont même rédigées : « Ne pas réanimer. » Heureusement, nul n’a eu besoin de respecter ces consignes.

Peu à peu, l’état de l’octogénaire commence à s’améliorer. Son fils comprend qu’il est sur la voie de la rémission quand Suri se remet à le houspiller. « Il recommençait à se plaindre de son thé qui n’était pas bien préparé. Puis il a réclamé de la pizza et des frites. »

– « Pas son heure »

Une des clés de la rémission de l’octogénaire pourrait aussi venir du fait que la maison était déjà équipée d’une ventilation à pression positive continue, pour traiter son apnée du sommeil.

La semaine dernière, après que les médecins lui ont donné le feu vert, Suri a pu marcher de nouveau dans son jardin à l’aide d’un déambulateur. « On a eu la chance d’avoir une équipe de référents en qui j’ai confiance, ainsi je n’ai pas eu à me fier uniquement au docteur Google », ironise Raj.

Quant au Dr Thacker, dont plusieurs patients sont décédés des suites du nouveau coronavirus, il reste réservé sur les facteurs qui ont permis à Suri de vaincre la maladie.

Sont-ce les soins apportés par sa famille ou bien les données collectées par son fils et transmises aux médecins qui ont fait la différence ? Difficile à dire pour le médecin, qui ajoute : « Peut-être aussi la chance. Ou ce n’était tout simplement pas son heure. »

Source: ouest-france.fr

Les conséquences psychiques du confinement, que plusieurs pays touchés par la pandémie de coronavirus ont prolongé cette semaine, inquiètent les professionnels de la santé mentale.

« L’extension du confinement était attendue, mais la nouvelle va profondément décevoir beaucoup de gens » notait Linda Bauld, professeur en santé publique à l’université d’Édimbourg, après l’annonce jeudi de la prolongation pour trois semaines du « lockdown » en Grande-Bretagne. « Les conséquences indirectes s’accumulent », poursuivait-elle, soulignant que « de récentes études montrent une augmentation inquiétante de l’anxiété et de la dépression«  dans la population générale.

Détresse psychologique

Le constat se répète dans tous les pays soumis à cette mesure drastique, oubliée depuis des décennies dans nos sociétés modernes.

Ainsi en France, un consortium d’unités de recherche, dont l’École des hautes études en santé publique, a lancé CoConel (coronavirus et confinement), « étude longitudinale » (sur la durée) d’un panel d’un millier de personnes, réalisée par l’Ifop.

Au terme de la deuxième vague, sortie le 8 avril, avant l’annonce du prolongement d’un mois du confinement en vigueur depuis le 17 mars en France, « globalement 37% des enquêtés présentent des signes de détresse psychologique », sans variation notable avec la première vague publiée en mars.

« La comparaison avec les dernières données collectées en population générale en 2017 suggère une dégradation de la santé mentale au cours du confinement. Si cette situation perdure encore plusieurs semaines, elle pourrait favoriser la survenue de pathologies psychiatriques sévères, et un rebond de la demande de soins en levée de confinement, auquel il convient de se préparer », avertissent les chercheurs.

Sérieusement affecté

Même préoccupation aux États-Unis, où « plus d’un tiers des Américains (36%) disent que le coronavirus affecte sérieusement leur santé mentale » soulignait l’American psychiatric association (APA) dans une lettre adressée le 13 avril aux dirigeants du Congrès.

Alertant sur le risque de voir « encore plus d’Américains ayant besoin de soins psychiatriques », l’APA réclamait des investissements pour les besoins immédiats « et pour la période de rétablissement », notamment en matière de téléconsultations et d’accès aux soins.

« Appel à l’action » également en Grande-Bretagne, signé jeudi par 24 professionnels dans la revue Lancet Psychiatry, le matin même de l’annonce de la prolongation du confinement dans le pays. Ils réclament notamment une surveillance renforcée des conséquences psychiatriques de l’épidémie, s’appuyant eux aussi sur des enquêtes d’opinion révélant une crainte plus forte des impacts psycho-sociaux de l’épidémie que de tomber soi-même malade.

« Isolement social accru, solitude, inquiétudes sur sa santé, stress et plongeon économique : les conditions sont réunies pour nuire au bien-être et à la santé mentale », résumait un des signataires, Rory O’Connor de l’université de Glasgow dans une conférence téléphonique.

De fait, les praticiens « commencent déjà à voir une incidence, sur des patients déjà suivis ou nouveaux », abonde le professeur Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie au CHU Henri-Mondor, en région parisienne. « Et on va avoir d’autres complications, ainsi que les conséquences psycho-sociales de la crise qui va suivre, créant forcément de la détresse« .

Hallucinations

Et c’est donc l’accès à une aide professionnelle qui va être un des enjeux de la sortie de crise. Avec des freins déjà identifiés, à commencer par l’image des troubles mentaux dans le public, vite renvoyés « aux fous ».

« La déstigmatisation est cruciale » souligne Anne Giersch, directrice de l’unité de neuropsychologie cognitive de l’Inserm à l’université de Strasbourg. « Il y a par exemple un lien entre isolement et hallucinations, mais encore faut-il pouvoir poser ces questions taboues. Quand on présente certains symptômes, ça paraît normal d’aller consulter pour un infarctus, pourquoi pas en psychiatrie ? »

Encore faut-il avoir facilement accès aux soins, deuxième écueil. Dès le 23 mars, le Syndicat des psychiatres français (SPF) demandait ainsi « que soient déployés les moyens nécessaires (pour) assurer la prévention comme la continuité des soins ».

La crise pourrait ainsi être « l’occasion de tenter de voir comment on pourra redémarrer différemment, sans devoir attendre des mois pour un rendez-vous » espère son président, Maurice Bensoussan. D’ores et déjà, le SPF cherche à « mettre en place un lien plus étroit avec la médecine de ville, développer des pratiques collaboratives » afin d’être disponibles pour répondre à de nouvelles demandes » et « préparer l’après-Covid ».

Avec en ligne de mire l’objectif que résume le professeur Pelissolo : « Faire passer le message que ça peut concerner tout le monde, et que c’est normal. Mais qu’il y a des choses qu’on peut faire ».

Coronavirus : ce qu’il faut savoir sur le Covid-19

C’est quoi le Covid-19 ?

Le Covid-19 est un coronavirus. Observé au microscope, il a une sorte de « couronne ». Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), le Covid-19 se manifeste par une infection respiratoire plus ou moins aiguë (fatigue, fièvre, toux difficultés respiratoires…) avec des anomalies pulmonaires radiologiques (infiltrats bilatéraux étendus). Ces symptômes sont comparables à ceux de la grippe ou d’un rhume. En cas de doute, il est nécessaire d’appeler le 15 (Samu) pour se faire dépister.

Comment se transmet-il ?

Le virus se transmet par contact direct avec les gouttelettes respiratoires produites par une personne infectée (lorsqu’elle tousse ou éternue) et au contact de surfaces contaminées par le virus. Il peut survivre sur une surface pendant plusieurs heures. La période d’incubation serait de 14 jours et le malade serait contagieux pendant trois à quatre jours.

Comment s’en protéger ?

L’institut Pasteur de Lille recommande de «  se couvrir la bouche et le nez avec le pli du coude ou avec un mouchoir en cas de toux ou d’éternuement, et jeter le mouchoir immédiatement après dans une poubelle fermée, (…) se laver les mains régulièrement avec une solution hydroalcoolique ou à l’eau et au savon  ».

Dois-je m’inquiéter ?

La grippe saisonnière tue en moyenne 10 000 personnes par an en France. Pour autant, il ne faut pas sous-estimer le Covid-19 car son taux de létalité (le rapport entre le nombre de personnes décédées et celui des cas détectés) est encore incertain. Après, il faut se rappeler que cette pneumonie s’avère bénigne dans quatre cas sur cinq et mortelle dans seulement 2,3 % des cas. Les personnes âgées de plus de 80 ans sont les plus à risque, avec un taux de mortalité de 14,8 %. Les patients déjà atteints de maladies cardiovasculaires sont les plus menacés par une issue fatale, devant les diabétiques ou les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques ou d’hypertension.

Est-ce que je peux être remboursé si j’annule mon voyage ?

Les touristes qui avaient prévu de séjourner dans une zone touchée par l’épidémie de coronavirus peuvent reporter ou annuler sans frais s’ils sont passés par un voyagiste. Mais s’ils ont acheté leur billet ou leur voyage en direct, il leur faudra négocier… ou payer des frais.

Est-ce que je suis payé si je suis placé en quatorzaine ?

Les personnes placées en isolement par précaution pour éviter un risque de propagation du nouveau coronavirus en France bénéficient « d’un arrêt de travail et d’indemnités journalières  » pouvant aller jusqu’à 20 jours.

Quid des enfants placés à l’isolement ?

Les établissements scolaires sont fermés «au moins jusqu’aux vacances de printemps ». Les écoliers, collégiens, lycéens, étudiants et apprentis doivent rester à la maison. Ils sont moins gravement touchés, mais sont des vecteurs de la maladie. Il est possible à l’un des parents, en accord avec l’employeur, de demander un arrêt de travail. Jean-Michel Blanquer a assuré que l’État sera en capacité «  de déclencher de l’enseignement à distance massif  ». Cet enseignement s’effectue en France via le Centre national d’enseignement à distance (Cned) grâce au site maclassealamaison.

 

L’urine des enfants, l’ail, la cocaïne, la neige, ou encore l’huile de sésame : faites attention aux fausses bonnes idées qui circulent sur internet pour lutter contre le Covid-19.

Aide aux devoirs à distance, courses pour les personnes confinées… Postez vos annonces et vos questions sur cette page, les lecteurs vous répondront !

Dans le Lauragais, les professionnels de santé s’organisent pour faire face à l’épidémie du coronavirus. « Mini-urgences », téléconsultation, consignes sanitaires…

Coronavirus oblige, le Lauragaiss’organise pour faire face à l’épidémie de Covid-19 et cette situation sanitaire qui évolue rapidement.

Les médecins généralistes de Gardouch, Nailloux, Villenouvelle, Saint-Léon ou encore de Villefranche-de-Lauragais et Avignonet-Lauragais, se structurent conjointement aux infirmiers pour assurer une permanence des soins.

Des lieux dédiés aux consultations médicales sont par ailleurs en cours d’aménagement afin de traiter au mieux – si besoin – les patients tout en limitant la propagation du virus.

Bernard Garnier, président de la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) du Lauragais, détaille :

Afin de faire face à la situation sanitaire exceptionnelle, la communauté professionnelle territoriale de santé du Lauragais a déployé une coordination à grande échelle. L’accès aux soins de la population est assuré. Les médecins généralistes assurent les consultations médicales sur tout le territoire.

Lire aussi : Coronavirus. Report de manifestations, fermetures d’établissements… La situation en Lauragais

Premier contact : le médecin traitant

La première chose à savoir, c’est qu’il est demandé aux habitants de contacter prioritairement leur médecin traitant. Mais attention : ne vous rendez pas au cabinet médical sans avoir pris un rendez-vous téléphonique au préalable.

Lors de ce premier appel, il vous faudra énumérer vos symptômes pour que le docteur puisse évaluer la situation et donner les premières consignes et le protocole à suivre.

Bernard Garnier poursuit :

Les patients suivis par un médecin traitant sont invités à s’orienter prioritairement vers celui-ci en cas de nécessité. Une orientation par téléphone pour une prise de rendez-vous est à privilégier. Un système de téléconsultation est mis en place et peut être proposé aux patients.

La mise en œuvre, progressive, de cette solution de téléconsultation permettra d’assurer des consultations à distance, le suivi des patients ainsi que la délivrance des ordonnances.

Lire aussi : Coronavirus : Emmanuel Macron impose des déplacements réduits pendant 15 jours minimum

Une coordination importante

Il est aussi important de noter que les Maisons de santé de Gardouch et de Nailloux ainsi que les cabinets médicaux de Saint-Léon, Villenouvelle, Avignonet-Lauragais et Villefranche-de-Lauragais, coordonnent leur action afin d’assurer un service de « mini-urgences » si besoin est.

Par ailleurs, le président de la CPTS du Lauragais souligne que « les infirmiers et infirmières du territoire sont associés à cette organisation exceptionnelle » :

En complément de leur activité de soins, ils pourront assurer de manière coordonnée avec le médecin généraliste, le suivi des patients.

Une coordination entres mairies, services sociaux et médico-sociaux est également nécessaire. « Les établissements sanitaires sont en lien avec les professionnels de santé de ville. L’Autorité régionale de santé (ARS) d’Occitanie soutient la Communauté Professionnelle de Santé du Lauragais dans la gestion de cette situation », précise le docteur.

Rappelons que le maintien à domicile des personnes en situation de fragilité et de vulnérabilité est primordial.

Bernard Garnier conclut :

La solidarité et l’entraide et le partage doivent permettre à tout et chacun de prévenir des situations d’isolement et de précarité

Contacter la maison de santé de Gardouch : 05 61 81 21 44.

Propagation géographique, contagion, mortalité, etc…

Cliquez sur ce lien:

https://www.chinadaily.com.cn/china/special_coverage/2020latestdata

Cliquez sur le lien ci-dessous:

http://players.brightcove.net/610043537001/B1mU8K2zl_default/index.html?videoId=6144656537001

 

.

Pourrait-on, en France,

s’inspirer de ce qui a fonctionné

dans d’autres pays ?

L‘épidémie de coronavirus justifie-t-elle d’attenter à nos libertés?

C’était le 4 mars dernier.

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement était l’invitée du «Grand entretien» de France Inter.

Emmanuel Macron n’avait pas encore qualifié d’«inexorable» la progression du phénomène épidémique.

Interrogée sur la politique de l’exécutif confrontée à l’épidémie de nouveau coronavirus, la porte-parole eut ce mot: «[Lorsque nous serons] au stade 3, les métros continueront à circuler jusqu’à nouvel ordre, les transports en commun continueront à circuler jusqu’à nouvel ordre… la vie du pays ne s’arrêtera pas à cause du coronavirus.»

Les auditeurs et auditrices citoyennes se seront peut-être interrogées sur ce «nouvel ordre».

– Qui le donnerait ?

– Pourquoi ?

– Et quand ?

Moins d’une semaine plus tard, les transports en commun continuent à circuler mais les questions quant à «la vie du pays» se sont multipliées.

Le 8 mars, au terme d’un nouveau Conseil de défense tenu au palais de l’Élysée, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, a prévenu: «Les semaines à venir vont être difficiles.»

Sans décider de passer au stade 3 de la lutte contre l’épidémie, le gouvernement a choisi d’interdire sur tout le territoire national les rassemblements non plus de 5.000, mais de plus de 1.000 personnes. Les préfets devront toutefois constituer des listes de rassemblements «utiles à l’intérêt de la nation, comme les manifestations, les concours, les transports en commun», qui seront exemptés d’interdiction.

«Le stade 3 ou stade épidémique correspond à une circulation active du virus, peut-on lire sur le site du gouvernement. La stratégie repose alors sur l’atténuation des effets de l’épidémie. L’organisation prévoit la mobilisation complète du système sanitaire hospitalier et de ville, ainsi que les établissements médico-sociaux pour protéger les populations fragiles, assurer la prise en charge des patients sans gravité en ville, et des patients avec signes de gravité en établissement de soins. Les activités collectives sont fortement impactées.»

L’évolution rapide de la situation épidémiologique conduit aussi, dans le même temps, à l’émergence de nouvelles questions éthiques et déontologiques.

Le 8 mars sur BFMTV, le Pr Gilles Pialloux, chef du service d’infectiologie de l’hôpital Tenon (Paris) a exposé les interrogations relatives au respect du secret professionnel et aux libertés individuelles.

Faut-il par exemple, au nom de l’efficacité de la lutte contre l’épidémie, révéler les identités des personnes infectées et de celles dites à risque?

Ces mêmes questions, et de multiples autres, sont désormais soulevées en Italie où le gouvernement vient de décider, par décret, la mise en place dans le nord du pays d’un confinement géant concernant plus de quinze millions de personnes.

Comment, pour résumer,

concilier la santé publique

et le respect des libertés individuelles ?

Ces dernières sont-elles compatibles avec l’émergence d’un possible fléau épidémique ?

Subordonner les libertés individuelles à d’autres valeurs ?

On trouvera, en France, les réponses à ces questions dans le prochain avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

La Croix révélait le 2 mars qu’Olivier Véran avait demandé à cette institution de rendre rapidement un avis sur les «mesures de santé publique contraignantes» pouvant être prises dans le cadre de le lutte contre l’épidémie. Le CCNE va rendre son avis «rapidement» après avoir constitué un groupe de travail ad hoc pour cette «mission flash».

Cet avis devra «éclairer le lien entre impératifs de santé publique et respect des droits humains fondamentaux», selon le CCNE. Et La Croix de voir, dans cette saisine, «un signe supplémentaire que le gouvernement envisage activement le passage à la troisième phase de l’épidémie de coronavirus, correspondant au seuil d’alerte sanitaire maximale».

À dire vrai, le gouvernement aurait pu faire l’économie de cette démarche. Le CCNE avait déjà longuement travaillé cette question.

C’était il y a une décennie, lors de la pandémie grippale due au virus A (H1N1) qui suscitait alors des frayeurs collectives équivalentes à celle que nous observons aujourd’hui –à cette nuance près que l’agent pathogène était un virus grippal contre lequel un vaccin protecteur pouvait être utilisé.

Le document du CCNE («Questions éthiques soulevées par une possible pandémie grippale», avis n°106, 5 février 2009) traite de l’ensemble des questions relatives aux rapports entre le respect des droits individuels et les impératifs de sécurité sanitaire dès lors qu’une pandémie due à un agent pathogène contagieux menace de larges fractions de la population.

Précision: cette analyse concerne des sociétés démocratiques, les régimes autoritaires s’embarrassant généralement assez peu de la dimension éthique des mesures qu’ils décident de prendre –comme en témoigne depuis peu l’exemple de la Chine confrontée au nouveau coronavirus.

En vingt-et-une pages, l’avis de 2009 résume parfaitement les éléments du sujet et les dilemmes auxquels sont confronté·es aujourd’hui les responsables de l’exécutif.

Le virus aviaire A (H5N1) touchait alors de nombreux pays d’Asie et laissait très sérieusement redouter la survenue d’une pandémie grippale chez l’être humain – au point d’inquiéter le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) et la Délégation interministérielle à la lutte contre la grippe aviaire (DILGA).

D’emblée, quelques questions parurent essentielles aux yeux du Comité.

À commencer par celle de savoir s’il faut subordonner les libertés individuelles à d’autres valeurs «plus ajustées à l’efficacité de la stratégie de lutte contre ce fléau sanitaire».

Ou encore: jusqu’où une limitation aux allées et venues des personnes peut-elle être imposée?

Ces questions ne furent pas posées, du moins sous cette forme, lors des trois périodes pandémiques grippales du XXe siècle (en 1918, en 1957 et en 1968).

Elles émergent aujourd’hui et conduisent, comme le fait le CCNE, à évoquer, dans un État de droit, la formule de Montesquieu dans L’Esprit des lois: «Il y a des cas où il faut mettre, pour un moment, un voile sur la liberté, comme l’on cache les statues des dieux.»

En pratique, deux situations peuvent justifier une mise entre parenthèses de l’application du droit législatif:

  • l’état de siège et l’état d’urgence
  • les «circonstances exceptionnelles».

«La théorie des circonstances exceptionnelles […] repose sur la constatation que, parfois, du fait des circonstances, l’Administration est dans l’impossibilité d’agir conformément aux principes ordinaires de la légalité. Dès lors, pour assurer les besoins de la défense nationale, du rétablissement de l’ordre, et de la continuité des services publics essentiels à la vie nationale ou locale, l’autorité publique peut prendre, à titre provisoire, les mesures imposées par les circonstances, sans respecter ni les procédures habituelles, ni la législation en vigueur

Protéger prioritairement certaines catégories de personnes

Aux yeux des sages du CCNE, il ne fait aucun doute que dans le cas d’une pandémie grave et intervenant brutalement, le gouvernement pourrait prendre, soit sur le fondement d’un décret proclamant l’état d’urgence, soit sur la base de la théorie des circonstances exceptionnelles, des mesures telles que la réquisition ou le confinement de certaines catégories de citoyen·nes, ou des restrictions à la circulation.

D’ailleurs, tout est en place dans le code de la santé publique.

Comme on l’observe en France depuis plusieurs semaines, un plan de prévention et de lutte envisage des mesures destinées à limiter les déplacements, les rassemblements de personnes ou le fonctionnement de la vie scolaire, culturelle ou économique afin de prévenir la contagion.

Le CCNE ne cache pas ici une forme d’embarras.

Il est «bien conscient que ces restrictions aux libertés fondamentales pourraient s’avérer nécessaires».

Mais dans le même temps, «il attire l’attention sur le danger qu’il y aurait à les étendre au-delà de ce qui est nécessaire à la lutte contre la pandémie».

Il s’inquiète aussi «d’une conception maximaliste du principe de précaution», ou des tentations «d’affichage démagogique».

Il rappelle, enfin, «que tous les droits et libertés qui n’auront pas été spécifiquement écartés devront continuer à être appliqués». Le code de la santé publique dispose d’ailleurs «que l’état d’urgence sanitaire ne dispense pas du respect de la vie privée des personnes et de la confidentialité des informations relatives à leur santé».

Le CCNE rappelait aussi qu’une pandémie peut susciter des réactions de stigmatisation qu’il faut anticiper. On le voit aujourd’hui avec le nouveau coronavirus qui a émergé en Chine.

«Éviter de telles réactions doit être l’un des objectifs de la communication des pouvoirs publics, écrivaient les auteurs et autrices de l’avis en 2009. Pour empêcher qu’une peur collective, alors inévitable mais compréhensible, ne dégénère en phénomènes de panique irrépressible, les grands médias doivent prendre toute la mesure de leur potentiel d’influence sur les comportements individuels et collectifs. Le poids considérable de leur implication dans l’amplification des réactions émotionnelles collectives, et des effets corrélatifs de stigmatisation qui peuvent en résulter, devraient d’ores et déjà inciter à engager un travail de concertation aboutissant à la mise en place d’un comité de réflexion dédié au rôle des médias, en termes d’anticipation et de responsabilité, en cas de pandémie

D’autres questions éthiques, d’une autre nature, pourraient aussi rapidement se poser.

À commencer par les limites à la disponibilité de thérapeutiques, comme les médicaments antiviraux (actuellement en cours d’expérimentation) voire, plus tard, de vaccins préventifs.

– Comment trancher lorsque des biens de santé ne peuvent être mis à la disposition de tous et de toutes du fait de leur insuffisance ?

– Comment, et sur quelles bases, établir des priorités, hiérarchiser?

«Chacun devra être convaincu que c’est sans favoritisme mais uniquement dans le souci de limiter l’extension de la pandémie que la puissance publique agit, souligne le CCNE. En vertu du sens égalitaire de la justice, il s’agit en premier lieu de rappeler que le but est de protéger toute la population, quelle que soit la position de ses membres dans l’échelle sociale et son âge

Pour autant, il existera immanquablement des «priorités opposées».

Ainsi, dans la plupart des plans de lutte, les personnes à haut risque de complications et celles dont l’activité est nécessaire à la prise en charge des malades et à la vie du pays pendant la pandémie sont considérées comme devant être prioritairement protégées.

Mais attention, pour le CCNE, «sélectionner les personnes à protéger en priorité en fonction de leur seule valeur “économique” immédiate ou future, c’est-à-dire de leur “utilité” sociale, n’est pas acceptable. La dignité d’une personne n’est pas tributaire de son utilité, qui est du reste une notion extrêmement difficile à cerner, notamment en la circonstance».

Et de souligner, en 2009, que si son taux d’attaque était comparable à celui des trois pandémies du XXe siècle, et en l’absence de toute mesure de lutte, la prochaine pandémie pourrait être responsable, ne serait-ce qu’à l’échelle nationale, «de dizaines de milliers de décès».

Outre les priorités visant l’ensemble de la population, les plans de lutte contre les pandémies prévoient la protection prioritaire des personnes exerçant des activités jugées essentielles au fonctionnement du pays pendant la pandémie.

Les personnels de santé, plus précisément les personnels soignants, seraient naturellement les premiers à être protégés contre une pathologie contagieuse vis-à-vis de laquelle ils sont plus exposés, du fait de leur profession, que celui de l’ensemble de la population. Cette priorité est, pour le CCNE, d’autant plus légitime que le système de santé doit pouvoir faire face à la crise sanitaire et éviter que sa désorganisation soit source de décès ou de complications graves potentiellement évitables.

En dehors du système de santé, les pouvoirs publics ont également le légitime souci du maintien d’activités essentielles au pays (transports, sécurité, production d’énergie, etc.) et certaines personnes travaillant dans ces secteurs d’activité seraient prioritairement protégées.

Chaque personne doit être consciente de ses responsabilités

Au terme de son analyse, le CCNE formulait des recommandations qui, onze ans plus tard, n’ont perdu ni de leur pertinence, ni de leur actualité.

À commencer par le fait que, quelle que soit l’incertitude sur la date de survenue d’une future pandémie grippale (et en raison même de cette incertitude), la population française devrait être mieux informée de la nature et des conséquences possibles d’une infection due à un nouveau virus.

«Un des objectifs essentiels des pouvoirs publics, avec le soutien des grands moyens d’information, doit être de rassurer, préparer et éviter le plus possible les réactions de panique avec leurs corollaires de violences.

Les préoccupations pragmatiques et stratégiques visant à enrayer au plus vite l’extension de la pandémie ne sont pas incompatibles avec les exigences éthiques.

La connaissance par la population des règles éthiques qui devront être appliquées en cas de crise sanitaire pandémique, conditionne, au contraire, l’efficacité de la stratégie de lutte contre la propagation virale

Le plan de lutte français devrait aussi, selon le CCNE, être parfaitement connu, afin que chaque personne, dans son environnement familial et social, puisse être consciente de ses propres responsabilités dans ce plan.

«Pour être efficace, cette communication devrait être faite par différents canaux et sous différentes formes et être répétée au cours du temps, comme les pouvoirs publics ont su le faire pour d’autres questions de santé publique majeures, comme la préconisation de la limitation à la prescription d’antibiotiques», ajoutait ainsi le Comité.

Et de conclure, il y a onze ans, avec des accents que l’on peut aujourd’hui, au vu de la crise hospitalière, qualifier de prophétiques:

«Les difficultés chroniques de certains maillons de notre système de santé (urgences en particulier) imposent une évaluation approfondie, par des études ad hoc, de l’impact d’une pandémie sur le système de soins hospitaliers.»

 

Source: slate.fr

« Nous sommes très préoccupés ».

Pour les médecins qui souhaiteraient avoir un panorama complet des connaissances sur le nouveau coronavirus, deux scientifiques proposent une revue exhaustive de la littérature.

Laurent Lagrost est Directeur de recherche à l’INSERM. Didier Payen est l’ancien chef du service d’anesthésie-réanimation de l’Hôpital Lariboisière à Paris.

Après deux mois d’annonces, de révélations, d’étonnements et de réactions, nous y voyons un peu plus clair, grâce à la fulgurance de la réaction sanitaire, épidémiologique, scientifique, sociologique, politique et économique.

La lecture attentive des données récentes, et maintenant disponibles, semble confirmer l’impérieuse nécessité de considérer la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), maladie infectieuse causée par le coronavirus SARS-CoV-2, avec beaucoup de sérieux et de pragmatisme.

Ceci n’exclut pas, bien au contraire, de rester positif et optimiste grâce à la rigueur d’analyse des faits, en évitant la panique née de l’ignorance, de l’incohérence d’attitude ou de la course au sensationnel.

Ainsi, les sources les plus sérieuses comme le relevé global des cas rapportés chaque jour par l’Université Johns Hopkins CSSE, les publications volontairement rapides en accès libre dans les prestigieux Lancet, Journal of American Medical Association et New England Journal of Medicine par des équipes chinoises en collaboration avec des auteurs extérieurs, nous éclairent et nous instruisent (1-3). Le SARS-CoV-2 qui nous touche (ou peut-être les SARS-CoV-2 comme il ressortira peut-être un jour des études rétrospectives) est un réel danger.

Si les comparatifs en vogue mais nécessaires avec le SRAS, le MERS, Ebola ou autres épidémies H1N1 présentent un réel intérêt pour les experts épidémiologistes et cliniciens, leur présentation « à la découpe » dans les médias semble pouvoir produire aujourd’hui un effet contre-productif et erratique dans l’esprit du grand public, premier concerné.

La transparence, si nécessaire pour tous, semble trouver des limites dictées parfois par des connotations affairistes et/ou politiques, arguant de la nécessité d’éviter la « panique ».

Celle- ci naît pourtant de l’ignorance ou pire du doute sur l’information donnée.

Ainsi, s’il est reconnu aujourd’hui que la pandémie de grippe espagnole de 1918, due à une souche H1N1, a tué entre 50 et 100 millions d’individus, plus que la peste noire, bien peu de nos compatriotes la placeraient pourtant d’emblée devant la première guerre mondiale et la considèreraient tout aussi massacrante que la seconde. Et pourtant.

Ainsi, les virus de l’infiniment petit semblent précipiter l’humanité dans un abîme de perplexité et d’oubli.

Aujourd’hui, le vaccin contre la grippe saisonnière existe, mais le citoyen français rechigne pourtant à se faire vacciner, devant le doute semé sur l’innocuité du vaccin.

Pied de nez à notre histoire, à celle des grandes guerres ou à celle de Louis Pasteur ?

Fruit d’une désinformation coupable auprès d’esprits rebelles ?

Il demeure que la grippe saisonnière tue entre 6 000 et 15 000 personnes chaque année dans notre pays pour un taux de mortalité de l’ordre de 0,1%, soit 20 à 25 fois plus faible que le taux de mortalité évalué pour l’instant pour le SARS-CoV-2.

Au passage, les nouvelles pour la grippe saisonnière au cours de l’hiver 2019-2020 ont été exceptionnellement bonnes avec seulement 52 morts à ce jour.

Il est raisonnable de considérer le taux de mortalité du SARS-CoV-2 beaucoup plus élevé que celui de la grippe.

Si le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ont un taux de mortalité beaucoup plus élevé que celui de la grippe saisonnière et de la Covid-19, leurs propagations ont été relativement lentes et ont concerné finalement beaucoup moins de cas.

Enfin, si Ebola fait trembler l’Afrique et le Monde, avec un taux de mortalité considérable (de l’ordre de 40 à 50% avec 15.000 décès depuis 1976), sa dissémination a été beaucoup, beaucoup plus lente que celle du SARS-CoV-2.

Une illustration nouvelle d’un principe : un virus qui tue moins a plus de chances de se propager qu’un virus qui tue davantage ou le résultat d’une arithmétique dans laquelle le premier aura plus d’opportunités, et donc une plus grande probabilité de se reproduire et se transmettre que le second.

En fait, considérer chacun des paramètres (contagiosité, stabilité et affinité du virus, mortalité…) de manière isolée expose à des biais.

Seule une combinaison complexe de toutes les caractéristiques d’un virus est de nature à en qualifier sa dangerosité.

Et puis, à la complexité de la froide équation du calcul de risque vient s’ajouter le vertige immense de l’univers des grands nombres, malheureusement trop souvent galvaudé par le confort facile des fractions et des pourcentages. Le passage de 10 à 20 cas fin 2019 en chine n’a pas inquiété ni impressionné grand monde, contrairement à celui de de 20.000 à 40.000 un mois plus tard. Et pourtant, il s’agissait bien dans les deux cas d’un doublement du nombre de cas.

Enfin, et au-delà des chiffres et du décompte froid et glacial des cas et des décès, quid des femmes et des hommes, de leurs existences, de leurs relations et de leurs expériences en somme ?

Quid des formes sévères et des séquelles de celles et ceux qui ne sont pas morts mais n’ont pas encore récupéré, des comorbidités, des complications, de leurs conséquences sur la qualité de vie future, des cicatrices aux us et coutumes et aux mœurs sociales et culturelles, des liens transgénérationnels, des impacts économiques ?

Au cœur de la cellule familiale, les individus trouveront-t-il vraiment du réconfort au pied du gisant de leur aïeul dès lors qu’ils seront instruits que le taux de létalité reste tout de même moins élevé pour celles et ceux qui sont dans la force de l’âge ?

Les hommes jalouseront-ils les femmes pour leur plus grande résistance au SARS-CoV-2 ?

Commettront-ils la maladresse de ne plus contrôler leur température sous prétexte que d’autres l’ont masquée en prenant du paracétamol ?

Oublieront-ils de se laver les mains au savon au prétexte que la fiole de gel hydroalcoolique est vide ?

Leur refusera-t-on l’accès aux masques FFP2 ou FFP3 au prétexte qu’ils ne serviraient à rien quand on ne sait pas s’en servir ?

Celles et ceux avec qui nous avons échangé ces dernières semaines connaissent déjà notre opinion et notre position sur la Covid-19 et ses conséquences.

Nous sommes très préoccupés.

Cela n’engage que nous et beaucoup restent très dubitatifs et auraient tendance à ramener et résumer notre position à celle de pessimistes rabat-joie, de bougons invétérés ou bien encore d’oiseaux de mauvais augure.

Nous n’en voulons à personne bien sûr mais, au risque de nous tromper et de nous couvrir de ridicule, nous insistons tout de même…

La Covid-19 est un réel danger, alors… agissons !

Coronavirus SARS-CoV-2, de qui parle-t-on ?

Les virus sont aussi vieux que les cellules constituant les organismes terrestres et certains scientifiques pensent même que les premiers sont probablement issus des seconds.

Le virus de la Covid-19, le SARS-CoV-2, comme les autres betacoronavirus, appartient à la très large famille des Coronaviridae.

Constitués notamment d’un ARN simple-brin de grande taille, ils sont en constante mutation et évolution.

Bien que capables d’infecter plusieurs espèces, au premier rang desquelles les chauve-souris, à ce jour, 7 types de coronavirus ont été identifiés comme pouvant infecter l’Homme, avec des conséquences allant de bénignes à graves (comme pour le SRAS-CoV en 2002 et le MERS-CoV en 2012).

Pourquoi donc ces yeux hagards et dubitatifs découvrant aujourd’hui sur les flacons de gel hydroalcoolique, fabriqués avant l’arrivée du nouveau SARS-CoV-2, l’indication « Coronavirus » ?

La raison pour laquelle les coronavirus sont mentionnés sur les étiquettes des produits, pourtant manufacturés il y a quelques années, est… qu’ils existent depuis des millions d’années et ont suscité une inquiétude particulière depuis 2002, année d’apparition du SRAS.

Tout simplement.

Les rois des imbéciles à la source des versions complotistes les plus délirantes circulant aujourd’hui sur la toile et concernant l’origine douteuse des coronavirus ont donc, eux aussi, droit à leur couronne.

Le SARS-CoV-2 est plutôt discret et très contagieux.

Il sera donc difficile à contenir.

Son affinité pour les cellules humaines et pour le récepteur ACE-2 (l’enzyme de conversion de l’angiotensine), sa porte d’entrée dans la cellule, serait 10 à 20 fois plus élevée que celle du SRAS-CoV, d’où une très forte transmissibilité, y compris par des sujets asymptomatiques.

Un vrai problème.

Chez les patients infectés, le SARS-CoV-2 a pu être retrouvé dans de nombreux fluides et excrétions biologiques (sécrétions de la bouche et du nez, sang, selles, urines…). Les possibilités et modalités de transmission sont donc multiples. Elles augmentent ainsi les incertitudes et compliquent les recommandations.

La survie du SARS-CoV-2 sur surface inerte serait de l’ordre de 1 à 9 jours, en particulier en atmosphère humide et à basse température.

Une bonne nouvelle tout de même : le SARS-CoV-2 est sensible aux désinfectants usuels tels que l’eau de Javel à 0,5%, l’eau oxygénée ou l’alcool à 70% (source : Société Française de Microbiologie (SFM) – 21/02/2020).

En France, le diagnostic spécifique de la COVID-19 est réalisé actuellement par une méthode de biologie moléculaire (RT-PCR spécifique) sur un écouvillonnage nasopharyngé dont le résultat peut être obtenu entre 1 et 4 heures selon la technologie utilisée. Aucun test commercial simple n’est actuellement disponible.

Les caractérisitiques des personnes infectées

Plusieurs articles ont été récemment publiés et donnent un premier aperçu des caractéristiques des patients infectés par le SARS-CoV-2 en Chine.

Ils portent sur des groupes de 52 à 72.314 cas (1-3).

Comme pour le SRAS-CoV et le MERS-CoV, le SARS-CoV-2 peut entraîner des infections respiratoires dont les manifestations vont du simple rhume à un syndrome respiratoire sévère, pouvant nécessiter intubation et ventilation.

En bref, comme communiqué par l’OMS et dans l’ordre, les symptômes de la Covid-19 sont la fièvre (88%), la toux sèche (68%), la fatigue (38%), la production d’expectorations (33%), le souffle court (19%), la gorge irritée (14%), les maux de tête (14%), les douleurs musculaires (15%), les frissons (11%), la nausée ou les vomissements (5%), la congestion nasale (5%) et la diarrhée (4%).

Certains patients infectés n’ont aucun symptôme et déclarent se sentir bien (4, 5).

Il ressort des études récemment publiées que 80 à 85% des sujets infectés par le SARS-CoV-2 n’ont pas ou peu de symptômes, alors que 15 à 20% développent une maladie plus sévère, souvent associée à un âge avancé ou à d’autres comorbidités.

Enfin, et c’est là le point le plus inquiétant, environ 5% des sujets infectés entrent dans une phase critique de la maladie et sont admis dans les services de maladies infectieuses et de réanimation médicale, pour un taux de mortalité de l’ordre de 50% dans ce groupe, un même ordre de grandeur que pour les patients présentant un choc septique.

Au total, sur l’ensemble des patients infectés symptomatiques, le taux de mortalité est de l’ordre de 2,3%.

Beaucoup plus que pour la grippe saisonnière donc.

Le SARS-CoV- 2 infecte toutes les classes d’âge, mais de façon différenciée. 87% des patients ont entre 30 et 79 ans, alors que moins de 1% sont dans la classe d’âge inférieure à 10 ans.

La fréquence des formes sévères et le taux de mortalité augmentent avec l’âge (15% chez les patients de plus de 80 ans et 8% chez les patients entre 70 et 79 ans) (2).

Il est donc temps de se questionner sur l’origine de l’hétérogénéité de la réponse des individus face à ce virus, entre l’absence de symptôme et la survenue d’un état grave potentiellement mortel.

Cette question suggère l’impérieuse nécessité de connaitre la réponse de l’hôte à cet antigène viral. Elle reste, pour le moment, relativement méconnue et doit faire l’objet d’un énorme effort de recherche. Nous devrons en avoir les moyens. Les crédits de recherche permettront d’approfondir la virologie, mais aussi la connaissance de la réponse inflammatoire de l’hôte. A défaut, le clinicien se cantonnera à des traitements de support, dans l’espoir d’une issue positive.

Pour l’heure, on ne peut que recommander la vigilance, la protection et le confinement.

La nation chinoise a été remarquable de réactivité, de lucidité, de sérieux, même si cela s’est traduit par une dimension politique forte. Hommage à la mémoire du Docteur Li Wenliang, lanceur d’alerte.

Une situation totalement inattendue et inimaginable, notamment à titre expérimental, concerne le navire de croisière Diamond Princess (6).

Ce bateau transportait 3700 passagers, parmi lesquels 10 cas d’infection au SARS-CoV-2 ont été détectés dès le 3 février 2020.

Le 20 février 2020, soit 17 jours plus tard, 619 passagers et personnels de bord (17%) ont été détectés positifs. En fait, le taux de reproduction de base (R0 ou nombre de cas secondaires produits par un individu infectieux) a été évalué 4 fois plus élevé que celui mesuré au cours de la même période dans la ville de Wuhan en Chine.

Illustration et confirmation, si besoin était, que le rassemblement de nombreuses personnes dans un même endroit est propice à la propagation très rapide du virus si les conditions d’isolement ne sont pas parfaites.

Sans intervention (confinements et quarantaine sur le bateau), une publication récente a toutefois estimé que 79% des passagers (en place des 17% constatés) auraient été contaminés sur la même période (6).

Donc, il faut être proactif car la promiscuité amplifie considérablement le risque de transmission du virus.

Mais prendre les bonnes mesures n’est pas une affaire aussi simple.

Ainsi, des chercheurs ont récemment calculé que, si la mise en quarantaine et l’isolement dans leurs cabines des passagers du Diamond Princess a de fait prévenu l’apparition de quelques 2000 cas supplémentaires sur le bateau, une évacuation précoce du navire, dès le 3 février, aurait permis de détecter et d’isoler les 76 porteurs du virus estimés à la date du 3 février et aurait permis d’éviter la propagation qui a suivi à bord.

Une autre illustration donc, celle de la complexité des situations, des approches, des prises de décision et de la mise en œuvre des dispositifs de prévention.

Que faut-il en déduire enfin ?

Que le diagnostic précoce, sur une très large échelle et y compris chez des patients asymptomatiques, permettrait d’identifier et d’isoler très tôt les sujets porteurs dans des conditions appropriées en terme de confinement et d’acceptation psychologique.

La mesure a été récemment appliquée en France mais à petite échelle et pour des groupes de patients de retour de zones à risque, mais asymptomatiques et finalement non-infectés, donc, comme ce fut le cas, sans transmission et amplification au sein du groupe.

Heureusement.

Mais cette situation n’a pas permis d’évaluer en conditions réelles le risque de créer un nouveau cluster au sein duquel le virus se propage en touchant une majorité si ce n’est la quasi-totalité des individus, amplifiant ainsi l’infection que l’on souhaite pourtant combattre.

Il faudrait donc dépister largement pour identifier, puis isoler les individus positifs, mais pas en cluster !

Donc travailler urgemment à l’échelle du foyer familial en prônant les mesures hygiéniques et l’isolement individuel, et non plus travailler seulement à l’échelle d’un large groupe d’individus, ce qui peut être contreproductif et augmenter le réservoir à virus.

Il est possible d’affirmer aujourd’hui sans détour que la Covid-19 est au moins autant contagieuse que la grippe saisonnière mais est, aussi et surtout, beaucoup plus mortelle.

L’assomption fausse « la Covid-19 n’est pas plus grave que la grippe saisonnière », que nous avons maintes fois entendue ces dernières semaines, y compris après la publication des données chinoises, illustre à elle- seule l’incrédulité.

Elle préfigure la difficulté pour certains de nos concitoyens à accepter, sans broncher, la perspective d’une mise en quarantaine au domicile familial.

Elle pourrait pourtant s’avérer incontournable et se pratiquer sur une large échelle dans les semaines qui viennent.

Dans ce contexte, les impacts psychologiques d’une mise en quarantaine ne sont pas à négliger et doivent être anticipés.

Ils peuvent aller jusqu’aux symptômes du stress post-traumatique et incluent pêle-mêle la confusion, la colère, la frustration, l’ennui, ainsi que la crainte du rationnement, du défaut d’information, de la perte financière et de la stigmatisation (7).

Mais, en situation de crise, nos compatriotes ont montré par le passé qu’ils savent, dans des conditions critiques et dramatiques, faire preuve de réalisme, de courage, de responsabilité et de cohésion.

Il faut donc faire confiance aux citoyens et à leurs valeurs en diffusant largement et sans détours les vraies informations, seules capables de combattre les fake news, même si elles sont inquiétantes.

Cacher les informations, masquer nos ignorances et nier nos limites ne sert à rien, si ce n’est à inquiéter davantage, à instiller le doute, à réduire l’adhésion à une démarche responsable et altruiste et à renforcer les comportements compulsifs.

Le sentiment d’appartenance et l’adhésion à un protocole d’isolement se conjugueront et se nourriront toujours davantage d’une démarche éclairée et volontaire que d’une disposition contrainte et mal comprise, qui sera souvent perçue comme liberticide.

Comment se protéger ?

Alors, comment s’y prendre ? Le virus de la Covid-19 se transmettant principalement de personne à personne, une première et sage précaution consiste à se tenir à distance (de l’ordre de 2 mètres) de son interlocuteur, tout particulièrement en cas de toux et d’éternuements puisque le virus est contenu dans les gouttelettes respiratoires. Ainsi, les contacts physiques doivent être bannis, du moins temporairement…

Mais, écartons d’emblée certaines craintes.

Le modèle social à la française persistera et survivra bien à l’abolition temporaire de la poignée de main et de la bise. Faisons fi de cette épitaphe aux câlins et aux bisous. Notre combat face au virus et notre reconquête sociale passeront par : « je me protège et je m’isole, donc je protège les autres ». Et gardons à l’esprit que si les personnes malades sont les plus susceptibles de transmettre le virus, les sujets asymptomatiques le peuvent également.

Une autre possibilité est la contamination au contact de surfaces ou d’objets sur lesquels le virus est présent. Ensuite, le simple geste de se toucher la bouche, le nez ou les yeux peut constituer un mode de contamination. Le nettoyage des surfaces de façons répétées deviendra un réflexe, sachant que le virus peut rester sur une surface non nettoyée pendant 7 à 9 jours.

La durée d’incubation, évaluée en moyenne à 7 jours, s’échelonnerait entre 2 et 14 jours, avec des durées beaucoup plus longues récemment rapportées, et pouvant aller jusqu’à 28 jours.

Les précautions et consignes doivent donc s’inscrire dans la durée.

Une sage décision en cas d’épidémie de Covid-19 est de décider soi-même de rester à la maison, en limitant au maximum ses déplacements et contacts avec les autres, évitant ainsi toute contamination de personne à personne.

Et ça fonctionne dans les deux sens !

Il convient alors de s’assurer que les éléments essentiels sont à disposition à la maison : produits en quantités suffisantes pour l’entretien des surfaces et le lavage des mains, stock de médicaments pour les personnes sous traitement, réserves raisonnables de nourriture pour éviter de courir au supermarché du quartier, utiliser des chambres et des salles de bain séparées quand disponibles, reporter les rendez-vous et les agapes en famille ou entre amis et interdire à Gros Toutou et Petit Minou de quitter la maison.

Si nos animaux n’ont aucune chance d’être malades et de transmettre le SARS-CoV-2 des humains, ils demeurent très câlins et leur pelage peut alors constituer un hébergement et un véhicule idéal pour les gouttelettes contagieuses des personnes rencontrées à l’extérieur au cours de rendez-vous aussi tendres que secrets. A ne pas négliger : l’accès à l’eau de boisson. Disposer d’un appareil à osmose inverse pour purifier l’eau du réseau est un atout dans ce contexte. La panoplie et les préconisations du survivaliste en somme !

Il faut utiliser des mouchoirs jetables, et observer une hygiène des mains irréprochable.

Le gel hydroalcoolique est bien sûr une solution, mais de seconde intention. En effet, un lavage des mains au bon vieux savon de Marseille sous le robinet fait parfaitement l’affaire lorsqu’il est pratiqué pendant une vingtaine de seconde, et ceci après chaque contact potentiellement contaminant.

Le port de gants jetables constitue également un excellent réflexe, à condition de s’en débarrasser correctement. Outre l’hygiène du corps, l’entretien méticuleux des surfaces et des objets est un Must.

Et les masques enfin ? Bien que largement et injustement dénigrés, ils sont pourtant très utiles et très efficaces.

Leur inefficacité apparente provient, pour une très grande part, d’erreurs et d’un déficit de formation à leur bonne utilisation. Ainsi, contrairement au masque chirurgical classique, seuls les masques de norme FFP2 ou FFP3 bloquent l’entrée du virus dans les voies respiratoires.

Ceci reste vrai que si le masque est bien adapté et positionné sur le visage sans fuites sur les bords. Les masques FFP2 et 3 deviennent vite humides et, donc, la barrière qu’ils constituent inefficace.

Ils doivent être renouvelés toutes les 2 à 3 heures avec précaution, le filtre du masque lui-même constituant un piège à virus potentiellement contaminant.

Les masques FFP2 sont essentiels aux personnels soignants pour lesquels il est impératif d’y accéder de façon prioritaire et non-contingentée.

L’épisode que nous traversons a une valeur éducative, en permettant de répéter et d’imprimer des réflexes bien maitrisés. Gardons à l’esprit que la mise en œuvre de ces bonnes pratiques appelle de la systématicité et de la rigueur et doivent être observées sur la durée.

Mais avec le temps et l’expérience, les habitudes se prennent vites. Elles ajoutent une dimension citoyenne à la crise, des citoyens aidant d’autres citoyens quand ils faillissent.

Les occasions manquées

Notre pays a pourtant déjà connu des alertes, chaque année avec la grippe saisonnière et en 2009 avec la grippe H1N1.

Cette dernière a conduit à l’achat de doses vaccinales en très grand nombre (pour un coût total de l’ordre de 400 millions d’euros) et au stockage de très nombreuses boites de Tamiflu dans les hôpitaux, médicament qui n’a malheureusement aucun intérêt dans le contexte de la Covid-19.

Le vaccin est arrivé rapidement, mais moins vite que la décroissance de l’épidémie qui était déjà amorcée.

Ceci a laissé des traces dans les esprits, la population pensant avoir été alertée pour des raisons futiles et, même, pour rien. Inutile de ressasser les regrets, mais il y eut bien des rendez-vous manqués, notamment celui de l’information et de la formation du grand public.

Par exemple, on peut déplorer que des masques FFP2 n’aient pas fait l’objet d’une fabrication anticipée et sur une très large échelle, d’une distribution large et d’une formation à leur utilisation adéquate au sein de la population de notre pays.

Plus simple encore, les réflexes de base concernant l’évitement des contacts, les distances de sécurité entre individus, le lavage soigneux des mains et les précautions de décontamination ne sont pas, ou sont mal maîtrisés, encore aujourd’hui.

A méditer en comparaison à la culture et aux pratiques courantes dans d’autres pays, comme le Japon.

La détresse et le démantèlement de l’hôpital public au cours des dernières années n’arrangent en rien la situation.

Comme quoi, dans notre pays, nous savons dépenser beaucoup pour de petits riens et économiser peu pour de fâcheuses conséquences.

Et si, pour une fois, nous osions investir beaucoup et nous réinvestir ensemble pour une juste récompense ?

Toutefois, nous risquons d’entrer très prochainement en phase d’épidémie, ce qui malheureusement ne constituera pas le moment le plus opportun pour informer et former efficacement, dans le calme et la sérénité.

On sème mal par temps d’orage…

Les espoirs

Le virus SARS-CoV-2 fait actuellement l’objet d’une recherche intense et acharnée.

Les connaissances progressent chaque jour, qu’elles concernent la nature du virus, son évolution, ses modalités d’entrée dans la cellule, ses conséquences physiopathologiques, la fabrication d’un vaccin, la recherche de nouveaux traitements ou bien encore le repositionnement d’anciens.

Des dizaines d’essais cliniques sont en cours, par exemple avec des molécules antivirales ou des plasmas de patients précédemment infectés. Les objectifs primaires sont notamment d’améliorer les symptômes et de réduire ou supprimer la charge virale.

Une très bonne nouvelle semble peu à peu émerger, même s’il est encore trop tôt pour l’affirmer : le SARS-CoV-2 n’aime pas le beau temps et pourrait être sensible aux UV et au temps chaud et sec.

L’examen attentif et quotidien, depuis près de deux mois, de la progression pays par pays du nombre de cas est très éclairant.

Actuellement, la Covid-19 se limite principalement à l’hémisphère nord, en se propageant sur un axe est-ouest. La progression sur un axe nord-sud est très faible et les pays de l’hémisphère sud qui ont importé le SARS-CoV-2 ne semblent pas connaître d’explosion de la propagation et du nombre de cas. Il nous faut donc garder espoir et nous montrer attentifs et patients en attendant… le réveil de la marmotte !

De plus, et avec les beaux jours, les comportements changeront. Avec la vie au grand air, moins de temps passé dans les espaces clos, donc moins de risque de transmission.

Enfin, les coronavirus contiennent un ARN simple-brin de grande taille, sujet aux erreurs au moment où il est recopié dans la cellule, contrairement à la molécule d’ADN double brin beaucoup plus stable. Les coronavirus ne disparaitront pas, mais il est raisonnable de penser que l’ARN de grande taille et son instabilité constituent le talon d’Achille du SARS-CoV-2.

Très probablement, comme ce fut toujours le cas par le passé, le coronavirus mutera, encore et encore. Le vent mauvais pourrait donc finir par tourner et la mauvaise pioche de 2019 pourrait très bien ne pas durer et laisser la place à un nouveau modèle de coronavirus beaucoup moins méchant.

Puissions-nous un jour dire : le SARS-CoV 2019 est mort, vive le SARS-CoV 2020 ou 2021…

Une crainte subsistera

Si l’on espère une accalmie de la météo virologique au cours de l’été prochain dans notre pays, il faut garder à l’esprit que le SARS-CoV-2 aura contaminé un très grand nombre d’individus.

De fait, il s’est d’ores et déjà exporté dans les pays de l’hémisphère sud.

Si aucune solution n’est trouvée dans les mois qui viennent, une propagation du SARS-CoV-2 peut être redoutée dans les pays du sud au cours de l’hiver austral.

Nous pourrions alors connaitre un effet boomerang, du sud vers le nord, à l’automne prochain.

Il ne faudra donc pas baisser la garde et l’été prochain dans notre pays pourrait ouvrir une fenêtre propice au lancement d’une grande campagne d’information et de formation et ainsi combler nos retards et déficits en termes d’éducation et de prévention auprès de l’ensemble des citoyens, en plus des grands plans pandémie déjà opérationnels à l’hôpital.

Si ça ne sert pas pour la Covid-19, ça pourra toujours servir pour d’autres menaces de pandémie qui risquent de se répéter dans le futur…

1 – Yang X, Yu Y, Xu J, Shu H, Xia J, Liu H, Wu Y, Zhang L, Yu Z, Fang M, Yu T, Wang Y, Pan S, Zou X, Yuan S, Shang Y. Clinical course and outcomes of critically ill patients with SARS-CoV-2 pneumonia in Wuhan, China: a single-centered, retrospective, observational study. Lancet Respir Med. 2020 Feb 24:S2213- 2600(20)30079-5. doi: 10.1016/S2213-2600(20)30079-5. Epub ahead of print. Erratum in: Lancet Respir Med. 2020 Feb 28;: PMID: 32105632.
2 – Wu Z, McGoogan JM. Characteristics of and Important Lessons From the Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) Outbreak in China: Summary of a Report of 72 314 Cases From the Chinese Center for Disease Control and Prevention. JAMA. 2020 Feb 24:10.1001/jama.2020.2648. doi: 10.1001/jama.2020.2648. Epub ahead of print. PMID: 32091533.
3 – Guan WJ, Ni ZY, Hu Y, Liang WH, Ou CQ, He JX, Liu L, Shan H, Lei CL, Hui DSC, Du B, Li LJ, Zeng G, Yuen KY, Chen RC, Tang CL, Wang T, Chen PY, Xiang J, Li SY, Wang JL, Liang ZJ, Peng YX, Wei L, Liu Y, Hu YH, Peng P, Wang JM, Liu JY, Chen Z, Li G, Zheng ZJ, Qiu SQ, Luo J, Ye CJ, Zhu SY, Zhong NS; China Medical Treatment Expert Group for Covid-19. Clinical Characteristics of Coronavirus Disease 2019 in China. N Engl J Med. 2020 Feb 28:10.1056/NEJMoa2002032. doi: 10.1056/NEJMoa2002032. Epub ahead of print. PMID: 32109013.
4 – Organisation Mondiale de la Santé – https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel– coronavirus-2019/advice-for-public/q-a-coronaviruses
5 – Boston University Medical Campus – https://www.bumc.bu.edu/2020/02/29/a-covid-19-primer– for-the-boston-university-community/
6 – Rocklöv J, Sjödin H, Wilder-Smith A. COVID-19 outbreak on the Diamond Princess cruise ship: estimating the epidemic potential and effectiveness of public health countermeasures. J Travel Med. 2020 Feb 28:taaa030. doi: 10.1093/jtm/taaa030. Epub ahead of print. PMID: 32109273.
7 – Brooks SK, Webster RK, Smith LE, Woodland L, Wessely S, Greenberg N, Rubin GJ. The psychological impact of quarantine and how to reduce it: rapid review of the evidence. Lancet. 2020 Feb 26:S0140- 6736(20)30460-8. doi: 10.1016/S0140-6736(20)30460-8. Epub ahead of print. PMID: 32112714. 6 – Rocklöv J, Sjödin H, Wilder-Smith A. COVID-19 outbreak on the Diamond Princess cruise ship: estimating the epidemic potential and effectiveness of public health countermeasures. J Travel Med. 2020 Feb 28:taaa030. doi: 10.1093/jtm/taaa030. Epub ahead of print. PMID: 32109273. 7 – Brooks SK, Webster RK, Smith LE, Woodland L, Wessely S, Greenberg N, Rubin GJ. The psychological impact of quarantine and how to reduce it: rapid review of the evidence. Lancet. 2020 Feb 26:S0140- 6736(20)30460-8. doi: 10.1016/S0140-6736(20)30460-8. Epub ahead of print. PMID: 32112714.

Laurent Lagrost a dirigé le centre de recherche UMR1231 de l’Inserm et de l’Université de Bourgogne à Dijon et a coordonné le Laboratoire d’Excellence LipSTIC. Didier Payen est Professeur Emerite à l ‘Université Paris 7 et Professeur d’Anesthésie-Réanimation.

Des dizaines de millions de patients font transiter par la plateforme des informations hautement sensibles : l’historique de leur rendez-vous avec des praticiens, parfois le motif de leur consultation, et même des ordonnances après des téléconsultations.

Lancée fin 2013, l’application qui permet aux patients de prendre rendez-vous avec un médecin en quelques clics et aux professionnels de santé de faciliter la gestion de leur cabinet a connu une croissance fulgurante.

Avec ses 1 300 salariés et ses embauches à tour de bras, Doctolib a même rejoint en mars 2019 Deezer et Blablacar dans le cercle très fermé des licornes françaises, ces entreprises valorisées à plus d’un milliard d’euros.

Doctolib doit sa réussite à un véritable trésor de guerre : son nombre d’utilisateurs.

Selon ses chiffres, pas moins d’un Français sur deux utiliserait ses services pour gérer ses rendez-vous médicaux.

Des dizaines de millions de patients qui font transiter par la plateforme des informations importantes, et hautement sensibles : l’historique de leur rendez-vous avec des praticiens, parfois le motif de leur consultation, et, depuis quelques mois, des ordonnances après des téléconsultations.

Que dit la réglementation sur la gestion de ces données ?

Doctolib la respecte-t-elle ?

Comment sont protégées ces informations sensibles ?

Lorsque vous utilisez Doctolib pour prendre rendez-vous chez votre dermatologue, par exemple, vous transmettez deux types d’informations bien distinctes à la plateforme : d’un côté, vos données personnelles (nom, adresse e-mail, numéro de téléphone…) ; de l’autre, vos données de santé (rendez-vous avec un praticien, motif de la consultation, ordonnance numérisée après une téléconsultation…).

Si cette distinction peut sembler évidente, elle est en fait assez récente.

« Auparavant, la loi ne qualifiait de données de santé que les données relatives aux pathologies, comme par exemple le fait d’indiquer que Monsieur X est atteint de tel type de cancer », explique à franceinfo Guillaume Desgens-Pasanau, ancien directeur juridique de la Cnil, le gendarme français du respect des données personnelles.

Des informations comme le niveau de correction visuelle ou la prise de rendez-vous avec tel ou tel praticien bénéficiaient d’une sorte de ‘zone grise’, et n’étaient pas formellement considérées comme des données de santé.

Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) dans l’Union européenne a considérablement changé les choses.

Entré en vigueur en mai 2018, ce texte a élargi la conception de données de santé, notamment aux cas cités plus haut.

Avec cet élargissement de la notion légale de données de santé, « de nombreuses entités qui manipulaient ce type d’informations ont eu une responsabilité plus importante vis-à-vis de la réglementation », poursuit Guillaume Desgens-Pasanau.

La nouvelle législation demande en effet des précautions particulières aux entreprises ou administrations qui collectent ces données jugées sensibles. Ce qui est le cas de Doctolib.

Comme l’indique le guide pratique (PDF) coédité par la Cnil et le Conseil national de l’Ordre des médecins à destination des professionnels de santé, le RGPD impose que les données issues de la prise de rendez-vous soient traitées de la même manière que les dossiers médicaux des patients.

Pas question par exemple de vous réclamer des informations autres que celles « strictement nécessaires » à votre parcours de soin – la collecte d’informations sur votre vie familiale n’est par exemple en principe pas appropriée. L’accès aux données de santé doit également être restreint autant que possible, leur contenu sécurisé et la Cnil doit être prévenue en cas de violation de celles-ci.

Le RGPD impose également que vos données de santé ne soient pas conservées indéfiniment, et que vous puissiez y accéder facilement, voire les effacer.

Vous devez enfin donner votre consentement libre, spécifique, éclairé et univoque à la collecte de vos données de santé si l’entité qui récupère ces informations n’est pas un professionnel de santé ou un prestataire agissant pour son compte. Ce qui est loin d’être un détail, comme nous le verrons plus tard.

Interrogé par franceinfo, Stanislas Niox-Chateau martèle que les utilisateurs de Doctolib ont « le contrôle exclusif » de leurs données de santé.

Hélas, il leur est assez difficile de le constater : si vous réclamez à Doctolib de vous communiquer les données qu’ils possèdent à votre sujet, comme le RGPD le prévoit, ne vous attendez pas à recevoir un énorme fichier récapitulant votre parcours de soin ces dernières années. La plateforme ne vous communiquera que des informations succinctes, comme votre identité, votre date de naissance, coordonnées et la date de création de votre compte, comme le signale sur Twitter un internaute qui a tenté sa chance.

Pourquoi Doctolib ne communique pas à ses utilisateurs l’historique de leurs rendez-vous médicaux, alors même que celui-ci est accessible en un clic depuis la page d’accueil de son site internet ?

La réponse se trouve là encore dans l’application du RGPD recommandée par la Cnil et le Conseil national de l’ordre des médecins : en tant que plateforme de prise de rendez-vous en ligne, Doctolib n’est considérée que comme un simple prestataire des 115 000 praticiens de santé et près de 2 000 établissements de soin qui font appel chaque jour à ses services.

Ce sont eux qui, individuellement, restent légalement considérés comme les « responsables de traitement », c’est-à-dire les gestionnaires des données de santé qui leur sont confiées.

Et le patron de Doctolib de préciser que sa plateforme aide les professionnels de santé à garder la main sur leur base de données à l’aide d’une fonctionnalité leur permettant d’exporter les informations concernant leurs patients qui souhaiteraient accéder à leurs données médicales.

Des explications qui ne convainquent pas Guillaume Desgens-Pasanau. « Imaginez la difficulté pour un patient s’il doit contacter chaque médecin consulté pour exercer son droit d’accès, alors que toutes les données sont facilement accessibles par Doctolib !«  proteste l’ancien directeur juridique de la Cnil.

« L’esprit du RGPD est au contraire de faciliter l’exercice de leurs droits par les personnes concernées, et responsabiliser des ‘prestataires’ informatiques qui en réalité sont seuls décisionnaires sur les modalités de fonctionnement de leur système d’information. » Guillaume Desgens-Pasanauà franceinfo

Selon ce spécialiste, il conviendrait de distinguer juridiquement l’activité d’aide à la gestion de cabinet de Doctolib de celle de prise de rendez-vous, bien connue du grand public.

L’entreprise pourrait ainsi être considérée comme simple prestataire des professionnels de santé mais aussi être qualifiée de responsable ou de co-responsable du traitement des données de ses utilisateurs. Une pratique « tout à fait possible sur le plan juridique et courante dans la pratique », estime GuillaumeDesgens-Pasanau.

Le fait que Doctolib soit considéré par la réglementation comme un prestataire des praticiens de santé qui font appel à ses services a de nombreuses conséquences.

Outre le fait que le géant de la santé numérique ne communique pas à ses utilisateurs l’historique de ses rendez-vous médicaux, l’entreprise n’a sur le papier pas besoin d’obtenir votre consentement pour collecter vos données, tant que celles-ci sont utilisées pour la finalité recherchée, à savoir la prise de rendez-vous de santé.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes se sont ainsi étonnés de recevoir des SMS de la part de Doctolib pour leur rappeler l’approche d’une consultation, alors même que ces patients ne disposaient pas de compte sur la plateforme et avaient pris rendez-vous par téléphone avec leur praticien de santé.

Surprenant, mais pas illégal : si leur professionnel de santé utilise Doctolib comme logiciel de gestion de ses rendez-vous, il n’a juridiquement aucune obligation d’informer ses patients avant d’entrer leurs coordonnées dans la plateforme. Doctolib n’aura toutefois pas l’autorisation de les utiliser à d’autres fins que celles prévues par le praticien de santé.

D’autres patients se sont émus de recevoir de la part de Doctolib un courriel contenant un questionnaire leur demandant leur avis sur une consultation récente. Là encore, l’entreprise joue un rôle d’intermédiaire : dans un billet de blog, elle rappelle qu’aucun système d’évaluation publique n’est intégré à son logiciel et assure n’envoyer ce questionnaire qu’à la demande du praticien concerné, ne pas publier les résultats ni même y accéder.

Les médecins sont-ils au fait de ces subtilités juridiques et de leurs implications ?

Sur son site internet, Doctolib indique informer « clairement les professionnels de santé et les patients sur sa politique de protection des données personnelles de santé avant qu’ils utilisent ses services » et précise que les documents détaillant sa politique de protection des données « sont joints au contrat d’abonnement des professionnels de santé et ces derniers doivent en accepter les termes pour pouvoir utiliser Doctolib ».

En pratique, les choses sont un peu différentes, et le corps médical n’est pas davantage porté sur la lecture des conditions d’utilisation d’un service que le commun des mortels.

« Il y a peut-être 10% de la profession qui est au fait de ces sujets. La majorité n’en a rien à faire et se concentre sur les soins », répond avec une franchise désarmante le professeur Stéphane Oustric, délégué général aux données de santé et au numérique du Conseil national de l’ordre des médecins.

« La plupart des médecins disposent d’une messagerie sécurisée, achètent un logiciel dont l’éditeur se dit certifié ou garanti conforme au RGPD et ne se pose pas de question tant que le programme est sympa et facile d’utilisation. » Stéphane Oustricà franceinfo

« Il y a une certaine impréparation » de la profession, acquiesce Pascal Charbonnel, médecin généraliste anciennement chargé des questions numériques au sein du Collège de la médecine générale. Pour ce spécialiste, « il y a une vraie différence entre la culture du secret médical, bien connu et pratiqué de manière cohérente chez les médecins, et le niveau d’information sur la protection des données » récoltées par les plateformes en ligne.

Afin de rendre plus intelligible son fonctionnement sur ces sujets, Doctolib a publié mercredi 12 février deux chartes de protection des données de santé, signées de la main de Stanislas Niox-Chateau, l’une destinée aux professionnels de santé et l’autre aux patients (PDF).

Vous l’ignorez peut-être mais Doctolib ne stocke pas lui-même les données de santé de ses millions d’utilisateurs.

L’entreprise sous-traite en fait cette activité à plusieurs prestataires – dont la division « Web Services » du géant Amazon – labellisés « hébergeurs de données de santé » (HDS) par des organismes de certifications agréés par les autorités.

« Nous travaillons avec plusieurs dispositifs de sécurité informatique », comme des antivirus, des pare-feu ou des mécanismes de protection contre les attaques par déni de service, détaille auprès de franceinfo Camille Cacheux, directeur général de Coreye, l’un de ces hébergeurs de données de santé, qui travaille avec plus d’une centaine de clients, dont Doctolib.

« Nous utilisons également des clés de chiffrement spécifiques, que nous transmettons à nos clients de telle sorte qu’ils soient les seuls en mesure d’avoir accès aux données de santé. » Coreye indique être également en mesure d’identifier les éventuelles tentatives d’intrusion dans leurs bases de données, et de rétablir l’intégrité des informations stockées en cas d’attaque.

Doctolib, qui revendique le chiffrement « systématique » de toutes les données de santé de ses utilisateurs, assure que seuls les praticiens de santé et les patients sont techniquement en mesure de consulter leur contenu grâce à un système d’identification par adresse e-mail et mot de passe.

A deux exceptions près, précise Stanislas Niox-Chateau à franceinfo : « Quand nous créons le compte Doctolib d’un praticien et que nous y importons la base de données du logiciel qu’il utilisait auparavant, ce que font également tous nos concurrents, et quand un professionnel nous demande des opérations de maintenance ou d’assistance. » Un bouton lui permet alors de donner aux équipes de Doctolib un accès temporaire à ses données, tout en restant sous sa supervision et avec une obligation de confidentialité.

Doctolib pourrait-il décider de vendre vos données de santé ? Non.

Comme l’indique Doctolib dans sa charte récemment publiée, la vente de données personnelles de santé est de toute façon punie par la loi de 5 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. Mais l’article L1111-8 du Code de la santé publique qui définit cette infraction précise qu’il n’est interdit de vendre que les données de santé qui peuvent être directement ou indirectement liées à l’identité des patients.

Or, Doctolib est assis sur une montagne de données que l’entreprise pourrait en théorie monnayer au plus offrant, tant que la fameuse ligne rouge de l’identification des patients n’est pas franchie.

L’entreprise de Stanislas Niox-Chateau ne se prive d’ailleurs pas d’utiliser ces données anonymisées pour vanter les mérites de son offre. La plateforme précise d’ailleurs sur son site internet le faire au nom de « l’intérêt légitime de Doctolib à produire des données statistiques anonymisées relatives à [son] impact sur l’activité des professionnels de santé (…) afin de communiquer sur son outil ».

« Je suis sûr que le ministère de la Santé serait prêt à payer fort cher l’accès aux données de Doctolib, pour par exemple l’aider à étudier à la loupe les délais de prise en charge dans les hôpitaux où ce système est installé », estime le docteur Pascal Charbonnel, membre du Collège de la médecine générale.

Un avis partagé par Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, qui juge auprès de franceinfo que les « fichiers de Doctolib valent de l’or«  et qui se dit convaincu que « l’ambition de l’entreprise, dont le fondateur a participé au développement du site de réservation LaFourchette, ne s’arrête pas à la prise de rendez-vous mais vise à dominer tout le secteur de la santé numérique« .

Cette crainte de voir Doctolib vendre des données anonymisées a le don d’agacer Stanislas Niox-Chateau, qui préfère insister sur « l’amélioration de l’accès aux soins » apportée par son application, et répète qu’il est « difficile d’être plus jusqu’au-boutistes » que ses équipes sur les questions éthiques.

« Plusieurs de nos concurrents anonymisent leurs données et les vendent à l’industrie pharmaceutique sans que personne n’y trouve rien à redire ! » s’insurge l’entrepreneur, qui dénonce la « désinformation » et les « procès d’intention » qui viseraient trop souvent son entreprise. Et martèle que le modèle économique de Doctolib restera basé sur l’abonnement versé chaque mois par les praticiens et les établissements de santé.

Valorisé à plus d’un milliard d’euros, leader européen d’un secteur de la santé numérique unanimement considéré comme porteur…

Sur le papier, Doctolib a des arguments solides pour séduire l’un des géants américains de la technologie.

Vos données de santé seraient-elles en péril si la licorne française venait à passer sous pavillon américain ? « Non ! » répondent en chœur tous les spécialistes du sujet interrogés par franceinfo.

« Si Doctolib était racheté par un acteur américain, les mêmes obligations au sens du RGPD pèseront sur lui car le RGPD a un effet extraterritorial : il s’applique à des responsables de traitement établis en dehors de l’Union européenne, mais qui traitent des données concernant des personnes établies dans l’Union », détaille Guillaume Desgens-Pasanau.

Mais l’ancien directeur juridique de la Cnil s’empresse d’apporter une précision : « Si Doctolib n’était qu’un simple sous-traitant des praticiens de santé comme il prétend l’être, il ne serait certainement pas susceptible d’intéresser l’un des Gafam [acronyme de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft], car sa vraie valeur réside dans le contenu de sa base de données, et pas le fait qu’il soit un prestataire de prise de rendez-vous !« 

Source: francetvinfo.fr/sante/professions-medicales/enquete-franceinfo-comment-doctolib-se-sert-de-nos-donnees-de-sante_3825805.html

.

Complément d’information:

Doctolib vend donc une partie des données « pseudonymisées », sans être hors la loi.

Et pourtant… les IA (intelligence artificielle) peuvent, plus ou moins facilement, faire les liens..

Regardez cette excellent vidéo qui vous l’explique (juste moins de 3 minutes) :

Certes, la progression de l’épidémie de coronavirus est préoccupante.
Mais il faut rester optimiste.
En effet, jamais l’humanité n’a été aussi bien préparée à affronter une pandémie.
On considère qu’une maladie entre en phase pandémique lorsque sa transmission se fait de manière prolongée, efficace et continue, simultanément au sein de plus de trois régions géographiques différentes.

Peut-être sommes-nous donc déjà entrés en phase pandémique en ce qui concerne le COVID-19.

Mais cela ne signifie pas pour autant que nous sommes condamnés à mort : le fait qu’un virus soit à l’origine d’une pandémie ne reflète pas sa létalité, mais uniquement sa transmissibilité et son extension géographique.

Une chose est sûre : la peur, en revanche, est bel et bien entrée en phase pandémique.

Pour la première fois de l’histoire, nous vivons une épidémie en temps réel.

Nous sommes sous perfusion d’informations : partout sur la planète, les médias nous informent en temps réel de l’évolution de l’épidémie, plusieurs fois par jour, sept jours sur sept. Nous sommes tenus au courant en direct de chaque nouveau cas. Le fait que le coronavirus a muté trois fois au Brésil a même fait la une des journaux !

J’insiste, nous faisons face à un grave problème. Cependant, il faut se souvenir que l’une des premières victimes du coronavirus aura été l’économie.

S’il est important de rendre compte de l’évolution de la situation, il faut également mettre l’accent sur les informations positives.

Et elles existent aussi : voici dix bonnes nouvelles concernant le coronavirus.

1./ Nous savons ce qui est à l’origine de la maladie

Après la description des premiers cas de sida en juin 1981, plus de deux ans ont été nécessaires pour identifier le virus à l’origine de la maladie, le VIH. Concernant le nouveau coronavirus, les premiers cas de pneumonie sévère ont été signalés en Chine le 31 décembre 2019. Le 7 janvier, le virus responsable avait déjà été identifié. Au jour 10, la séquence de son génome était disponible.

Nous savons déjà qu’il s’agit d’un coronavirus appartenant au groupe 2B, autrement dit de la même famille que le SRAS, et nous lui avons donné un nom : SARS-CoV-2. La maladie qu’il provoque est elle aussi baptisée : Covid-19. Ce nouveau virus est apparenté à un coronavirus de chauves-souris. Les analyses génétiques ont confirmé qu’il est d’origine naturelle, qu’il a émergé récemment (entre fin novembre et début décembre), et que, bien que les virus s’adaptent en mutant, la fréquence de mutation du SARS-CoV-2 n’est pas très élevée.

2./ Nous savons comment détecter le coronavirus

Dès le 13 janvier, un test RT-PCR permettant de détecter le virus a été rendu accessible à tous. Ces derniers mois, les tests de ce type ont été perfectionnés, et leur sensibilité et spécificité évaluées.

3./ En Chine, la situation s’améliore

Les importantes mesures de contrôle et d’isolement imposées par la Chine portent leurs fruits : le nombre de cas diagnostiqués quotidiennement diminue depuis plusieurs semaines.

Dans d’autres pays, un suivi épidémiologique détaillé est en cours. Les flambées du nouveau coronavirus sont très spécifiques, ce qui peut permettre de les contrôler plus facilement. C’est par exemple le cas en Corée du Sud ou à Singapour.

4./ 81% des cas sont bénins

La maladie ne provoque aucun symptôme ou est bénigne dans 81 % des cas. Dans 14 % des cas, elle peut provoquer une pneumonie sévère et dans les 5 % restant, elle peut devenir critique, voire mortelle.

5./ Les gens guérissent

Screenshot_2020-03-08 file-20200301-166488-1muyflg png (Image WEBP, 1000 × 625 pixels)

Les médias ont parfois tendance à ne rendre compte que de l’augmentation du nombre de cas confirmés et du nombre de décès. Néanmoins, la majorité des personnes qui ont été infectées sont guéries. On dénombre en effet 13 fois plus de guérisons que de décès, et cette proportion est en augmentation.

6./ Les enfants ne sont (presque) pas affectés

Seul 3 % des cas concernent des jeunes de moins de 20 ans, et la mortalité chez les personnes de moins de 40 ans n’est que de 0,2 %. Chez les enfants, les symptômes sont si légers qu’ils peuvent passer inaperçus.

7./ Le coronavirus est facilement inactivé

Le virus peut être efficacement inactivé en nettoyant pendant une minute les surfaces contaminées avec une solution d’éthanol (alcool à 62-71 %), de peroxyde d’hydrogène (« eau oxygénée » à 0,5 %) ou d’hypochlorite de sodium (eau de javel à 0,1 %). Le lavage fréquent des mains avec du savon et de l’eau est le moyen le plus efficace pour éviter les transmissions.

8./ Il existe déjà plus de 250 articles scientifiques sur le nouveau coronavirus

L’heure est à la science et à la coopération.

En à peine plus d’un mois, 164 articles mentionnant les termes Covid-19 ou SARS-CoV-2 ont été référencés dans la base de données bibliographique PubMed, qui fait référence pour les sciences biomédicales.

De nombreuses autres publications ont également été référencées dans des dépôts d’articles encore non revisés. Ces travaux préliminaires traitent de vaccins, de thérapies, d’épidémiologie, de génétique et de phylogénie, de diagnostic, d’aspects cliniques, etc. Ils ont été élaborés par environ 700 auteurs, répartis partout sur la planète. Il s’agit de science coopérative, partagée et ouverte. En 2003, lorsque le SRAS est survenu, il a fallu plus d’un an pour obtenir un nombre d’articles moitié moindre.

Qui plus est, cette fois-ci la plupart des revues scientifiques ont laissé leurs publications traitant du coronavirus en libre accès.

9./ Il existe déjà des prototypes de vaccins

Notre capacité à concevoir de nouveaux vaccins est spectaculaire.

Plus de huit projets ciblant le nouveau coronavirus ont déjà été montés. Proposer un prototype de vaccin va très vite. Certains groupes qui travaillaient sur des projets de vaccination contre des virus similaires au SARS-CoV-2 n’ont eu qu’à réorienter leurs recherches vers ce nouveau virus. Le développement est cependant ralenti par les indispensables tests visant à évaluer la toxicité ou les effets secondaires potentiels des candidats-vaccins, ainsi que leur sécurité, leur immunogénicité (capacité à induire une réponse immunitaire) et l’efficacité de la protection qu’ils confèrent.

Plusieurs mois ou années pourraient donc s’avérer nécessaires pour aboutir à un vaccin commercialisable, mais des prototypes sont déjà en cours de mise au point.

C’est par exemple le cas du vaccin ARNm-1273 de Moderna, qui consiste en un fragment d’ARN messager permettant de produire une protéine dérivée de la glycoprotéine S de surface du coronavirus. La société Moderna avait déjà travaillé sur des prototypes similaires pour d’autres virus tels que le virus respiratoire syncytial (VRS, ou HRSV pour Human Respiratory Syncytial Virus), le métapneumovirus humain, le virus parainfluenza de type 3, le virus de la grippe A(H7N9), le cytomegalovirus, le virus Zika ou le virus d’Epstein-Barr.

La société Inovio Pharmaceuticals a quant à elle annoncé travailler sur un vaccin à ADN synthétique ciblant le nouveau coronavirus. Baptisé INO-4800, il est également basé sur le gène de la glycoprotéine S de surface du virus.

De son côté, Sanofi utilisera sa plate-forme d’expression de baculovirus recombinants pour produire de grandes quantités de l’antigène de surface du nouveau coronavirus.

Le « groupe vaccin » de l’Université du Queensland, en Australie, a quant à lui annoncé qu’il travaillait déjà sur un prototype utilisant la technique appelée « pince moléculaire » (« molecular clamp »). Cette nouvelle technologie consiste à créer des molécules chimériques capables de maintenir la structure tridimensionnelle originelle de l’antigène viral. Cela permet de produire des vaccins en un temps record, en utilisant le génome du virus.

Une autre société de biotechnologie, Novavax, a également annoncé mener des travaux sur le coronavirus. Elle possède une technologie permettant de produire des protéines recombinantes assemblées en nanoparticules qui, avec leur propre adjuvant, constituent de puissants immunogènes. En Espagne, le groupe de Luis Enjuanes et Isabel Sola, du CNB-CSIC, travaille depuis des années sur des vaccins contre les coronavirus.

Certains de ces prototypes seront bientôt testés chez l’être humain.

10./ Plus de 80 essais cliniques concernant des antiviraux sont en cours

Les vaccins sont préventifs.

Dans l’immédiat, il est important de mettre au point des traitements permettant de soigner les personnes déjà malades. Plus de 80 essais cliniques visant à évaluer l’efficacité de traitements contre le coronavirus sont en cours. Il s’agit d’antiviraux qui ont été utilisés dans le cadre d’autres infections, qui sont déjà approuvés, et que nous savons sûrs.

Le remdesivir fait partie de ces antiviraux déjà testés chez l’être humain. Cet antiviral à large spectre, toujours à l’étude, a été employé contre Ebola et les coronavirus SRAS et MERS. Il s’agit d’un analogue de l’adénosine. Incorporé dans la chaîne d’ARN viral, il inhibe sa réplication.

La chloroquine est une autre candidate. Ce médicament antipaludéen s’est aussi révélé avoir une puissante activité antivirale. On sait que la chloroquine bloque l’infection virale en augmentant le pH de l’endosome (une sorte de petite structure sphérique délimitée par une membrane), nécessaire à la fusion du virus avec la cellule, inhibant ainsi son entrée. Il a été prouvé que ce composé bloque le nouveau coronavirus in vitro. La chloroquine est déjà utilisée chez des patients atteints de pneumonie causée par coronavirus.

Le Lopinavir et le Ritonavir sont deux inhibiteurs de protéase utilisés comme traitement antirétroviral dans la lutte contre le VIH, dont ils inhibent la maturation finale. Étant donné que la protéase du SARS-Cov-2 s’est avérée similaire à celle du VIH, cette combinaison a déjà été testée chez des patients atteints du coronavirus.

Parmi les autres essais proposés, certains sont basés sur l’utilisation de l’oseltamivir (un inhibiteur de la neuraminidase utilisé contre le virus de la grippe), de l’interféron bêta-1b (une protéine à fonction antivirale), d’antisérums de personnes déjà rétablies ou d’anticorps monoclonaux pour neutraliser le virus.

De nouvelles thérapies mettant en œuvre des substances inhibitrices ont aussi été proposées, telle que la baricitinib, un médicament déjà autorisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde dont l’efficacité potentielle contre le coronavirus a été identifiée grâce à l’intelligence artificielle.

Oui, jamais dans notre histoire nous n’avons été mieux préparés à lutter contre une pandémie 🙂

Par Ignacio López-Goñi, Catedrático de Microbiología, Universidad de Navarra

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

C‘est une des premières causes d’infertilité : l’endométriose touche une femme sur 10.

L’association EndoFrance organise du 2 au 8 mars – comme chaque année à Toulouse et dans tout l’hexagone – la 16ème semaine européenne consacrée à l’information et à la prévention de l’endométriose.

Depuis 15 ans chaque année, une semaine européenne est consacrée à l’information et à la prévention de cette affection.

Plus tôt elle est diagnostiquée, plus grandes les chances d’éviter une solution chirurgicale.

Plus tôt elle est diagnostiquée, plus grandes sont les chances d’éviter une solution chirurgicale.

Son dépistage se base sur des examens, au premier rang desquels l’IRM et la coelioscopie, et son traitement est prioritairement hormonal.

L’endomètre c’est la muqueuse qui tapisse l’utérus chez la femme en âge de procréer. Elle s’épaissit au début de chaque cycle menstruel, pour être en mesure d »accueillir un ovule fécondé et permettre sa nidation. Ensuite, elle s’assèche et est évacuée au moment des règles.

Mais chez une femme sur 10, cela ne se passe pas aussi simplement : l’endomètre ne s’évacue pas correctement, et vient boucher les trompes, voire envahir les ovaires, provoquant non seulement l’infertilité mais aussi des douleurs bien plus fortes que celles de règles habituelles.

Elles atteignent leur paroxysme au moment de l’ovulation, juste avant les règles et pendant les règles.

Les 2 obstacles au dépistage et au traitement de l’endométriose sont :

  • la banalisation
  • les tabous.

Banaliser, c’est dire – ou se dire – que les règles douloureuses c’est normal, que les femmes sont beaucoup moins douillettes que les hommes, etc.
Le tabou, c’est – surtout pour une jeune fille juste pubère – la crainte ou la honte d’en parler à sa mère, à ses copines, à l’infirmière scolaire, à son gynécologue…

Outre cette semaine européenne d’information et de prévention, dont la première édition a eu lieu en 2005, une « marche mondiale contre l’endométriose » existe depuis 7 ans : l’endomarch aura lieu le samedi 28 mars prochain à paris dans le 15ème arrondissement.

Il faut le faire savoir, l’endométriose n’a de bénigne que le nom : non seulement elle touche 1 femme sur 10, mais 50% d’entre elles sont contraintes de prendre plus de 20 jours d’arrêt de travail par an.

C’est aussi l’une des principales causes de l’absentéisme scolaire chez les jeunes filles.

C’est une question de santé publique !

« Il y a 20 ans on mettait en moyenne 10 ans à diagnostiquer une endométriose ; aujourd’hui ce délai est de 7 ans : nous souhaitons le ramener très vite à 5 ans »
explique le professeur Pierre Léguevaque, chirurgien gynécologue et spécialiste de l’endométriose à la clinique Pasteur à Toulouse.

L’objectif de cette campagne d’information et de sensibilisation, c’est d’inciter les jeunes filles et les jeunes femmes en âge de procréer, à se faire dépister dès qu’elles ont le moindre doute : des périodes de douleurs intenses en milieu ou en fin de cycle menstruel – au point d’être parfois invalidantes – une « stérilité » inexpliquée alors que l’on souhaite concevoir un enfant.

La meilleure solution c’est de passer une IRM ; elle est beaucoup plus précise qu’une échographie, laquelle ne peut détecter l’endométriose que lorsqu’elle a atteint les ovaires.

Bonne nouvelle à propos de la coelioscopie, l’autre forme d’examen – plus invasive – qui consiste à introduire une caméra endoscopique dans la zone pelvienne, pour détecter la présence d’endomètre au mauvais endroit et au mauvais moment : elle s’accompagne toujours de l’insufflation de gaz carbonique via une incision effectuée dans l’abdomen de la patiente, mais désormais le praticien s’attache à chasser au maximum ce gaz à la fin de l’intervention (sous anesthésie) pour réduire au minimum les douleurs sous les clavicules, qui ont si souvent tiré des larmes et traumatisé les patientes.

Dans les cas les plus poussés, seule une intervention chirurgicale – sous coelioscopie – permet d’essayer d’éliminer l’endométriose, mais seulement en dernier recours.

L’épidémie de Covid-19

fait (beaucoup) moins de morts que la grippe

mais suscite

beaucoup d’inquiétudes

Le nombre de contaminations en Chine continentale a grimpé, mardi 18 février, à 72 300, alors qu’ailleurs dans le monde environ 900 personnes contaminées ont été recensées dans une trentaine de pays et territoires.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est toutefois voulue rassurante lundi : en dehors de la province chinoise du Hubei, épicentre de l’épidémie, la maladie, dite Covid-19, « touche une très petite proportion de la population » et son taux de mortalité n’est, pour l’heure, que d’environ 2 %, a-t-elle indiqué.

Que sait-on de la période d’incubation du coronavirus et de sa contagiosité ?

Les estimations actuelles sur la durée moyenne de la période d’incubation convergent vers six jours, avec une durée maximale de douze jours. La période de contagiosité débuterait avec les symptômes, voire, dans quelques cas, avant les premiers signes.

Quels sont les signes précurseurs d’une contamination au SARS-CoV-2 ?

Il faut d’abord savoir s’il y a eu un voyage dans une zone épidémique ou un contact avec une personne infectée dans les quatorze jours précédents. Ensuite, les symptômes sont : fièvre, malaise général, douleurs musculaires, toux sèche et éventuellement gêne respiratoire. Douleurs de gorge, nez qui coule ou diarrhée sont rarement retrouvés (5 à 10 % des cas).

Comment faire la différence avec une forte grippe ?

Il n’y a pas de différences notables entre les formes sévères du Covid-19 et une forte grippe et, comme pour la grippe, il existe fréquemment des formes bénignes.

Est-ce que le coronavirus tue principalement les personnes âgées ou avec des faiblesses immunitaires ?

Une publication récente du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) chinois sur 45 000 cas confirmés rapporte que 80 % des décès ont lieu chez des plus de 60 ans, le plus souvent avec des maladies associées comme le diabète ou l’hypertension artérielle (HTA). Il y a quelques décès parmi les sujets jeunes et en bonne santé, comme on l’a vu avec d’autres virus respiratoires comme le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ou la grippe pandémique de 2009-2010 [A (H1N1)].

Le taux de mortalité du coronavirus est-il sous-estimé ?

Il est actuellement à 2 %, ce qui est vraisemblablement une surestimation. Certes, il y a un retard dans la comptabilisation des décès, car le délai entre l’apparition des signes et le décès, en cas d’évolution défavorable, est de deux à trois semaines, mais on ne connaît pas le nombre réel de personnes infectées. En effet, une part notable des formes est bénigne, voire asymptomatique, et n’amène pas les patients à consulter un médecin.

Le nombre de décès doit donc être rapporté à un nombre encore plus grand de cas d’infection et le taux de létalité serait donc inférieur à 2 %. Il sera possible de mieux estimer le nombre de personnes infectées lorsque nous disposerons de tests sérologiques (qui dépistent la présence d’anticorps dans le sang témoignant qu’il y a eu une infection par le coronavirus).

Pourquoi la maladie due au coronavirus fait-elle apparemment moins de victimes chez les nourrissons ?

D’une façon générale, les enfants et les nourrissons font des formes bénignes de la maladie. Même lorsque le scanner révèle des images de pneumonie franche, les enfants semblent mieux tolérer la maladie. Il pourrait s’agir d’une réponse immunitaire mieux adaptée. Cela a été observé pour d’autres maladies virales infantiles.

Les personnes vaccinées contre la grippe sont-elles davantage protégées contre le SARS-CoV-2 ?

Non. Mais, outre le fait que la vaccination protège contre la grippe et diminue la surcharge pour le système de santé, le fait de savoir qu’une personne a été vaccinée contre la grippe oriente davantage le diagnostic vers une autre cause.

Que donnent les essais d’antiviraux en vue d’un traitement curatif ?

Un essai utilisant la combinaison lopinavir-ritonavir a été mené en Chine. Nous en attendons les résultats. D’autres essais sont en cours ou programmés avec diverses molécules : interféron bêta, remdesivir, chloroquine. Des transfusions de plasma de patients guéris et contenant donc des anticorps contre le SRAS-CoV-2 sont également envisagées.

Est-il possible de mettre au point un vaccin dans un court délai ?

De nombreuses équipes dans le monde y travaillent. Il faut compter dix-huit mois pour espérer disposer d’un vaccin dont la tolérance et l’efficacité seraient démontrées et dont la production à grande échelle pourrait démarrer.

Quand peut-on espérer une fin de l’épidémie de Covid-19 ?

Il semble qu’il y ait un tassement de l’épidémie dans la province chinoise du Hubei. Néanmoins, nous craignons l’apparition et le développement de foyers épidémiques dans d’autres provinces ou hors de Chine qui pourraient prendre le relais. On ne s’attend cependant pas à ce qu’ils soient aussi actifs que celui parti de Wuhan.

Le coronavirus peut-il survivre aux températures estivales ?

Il est vrai que les coronavirus associés au rhume sont saisonniers, mais c’est en grande partie lié au fait que les gens vivent en espace plus confiné au cours de l’hiver. Le MERS-Coronavirus se transmet toute l’année dans les pays du Golfe. Il est donc trop tôt pour conclure sur l’impact des variations de température sur le cours de l’épidémie.

Faut-il éviter les rassemblements, les trajets en avion, les croisières, pour éviter une contamination ?

Cela dépend de la situation épidémique dans l’endroit où vous vivez. En France, il n’y a pas, à l’heure actuelle, de raisons de s’inquiéter. En revanche, les mesures de prévention classiques des infections respiratoires, comme la grippe qui circule actuellement – tousser dans son coude, mouchoirs à usage unique, hygiène des mains… – sont recommandées.

Pourquoi s’inquiéter de ce coronavirus alors que la grippe saisonnière a déjà fait bien plus de victimes ?

Même si l’épidémie de Covid-19 entraîne moins de morts que la grippe saisonnière, le fait qu’il s’agisse d’un nouveau virus suscite beaucoup d’inquiétudes légitimes, mais aussi des réactions disproportionnées qui peuvent avoir un impact sociétal, politique et économique considérable. La Chine en est l’exemple. Il est donc important d’en parler et d’informer afin que la réponse à l’épidémie soit bien adaptée.

Si l’inquiétude ou l’anxiété est trop forte, et vous gène, n’hésitez pas à vous faire aider avec un thérapeute, qui vous apportera le soutien psychologique utile.

Page suivante »